La France, avec sa diversité biogéographique, offre un terrain de chasse riche pour le gibier d'eau. Environ 90 espèces issues de la faune sauvage, dont une soixantaine d’oiseaux, sont chassables en France. Cette spécificité s’explique par la diversité des 4 régions biogéographiques (atlantique, alpine, continentale et méditerranéenne) qui la compose, ce qui est plus que dans aucun autre pays européen, et la qualité de ses biotopes. Parmi ces espèces, on distingue les oies sauvages, les canards de surface et les canards plongeurs.
Parmi les oies sauvages que l’on peut rencontrer à la chasse en France, on compte 4 espèces différentes, mais parfois confondues :
L'oie dont l'identification ne fait pas de doute, la plus répandue du reste, surtout dans les régions littorales, est l'oie rieuse, encore appelée oie à front blanc. La tête, le cou et la couverture du dos sont gris cendré plus ou moins brun, le ventre gris plus ou moins blancs, tachetés de plaques noires. A la base du bec et sur le front, l'oie rieuse porte une garniture de plumes blanches. La couleur du bec est jaune orange, les pattes jaunâtres, l'iris de l'oeil brun.
De son nom latin “Anser Anser”, l’oie cendrée est la plus grande des oies grises. Son plumage gris est tacheté de blanc. On la reconnait aussi facilement par son bec orange et ses pattes de couleur rose. En vol, l’oie cendrée a une envergure d’environ 175 cm, mesure de la tête aux pattes 90 cm et peut peser jusqu’à 4 kilogrammes. Simple différence entre le mâle et la femelle, la taille. On retrouve le mâle légèrement plus grand. L’oie cendrée est reconnaissable de loin, surtout par son cri extrêmement bruyant. C’est d’ailleurs lui qui trahit sa position. Lorsque l’on entend le cri des oies cendrées, elles peuvent se trouver au sol, comme dans les airs ou bien encore posées sur un plan d’eau.
Le régime alimentaire de l’Oie cendrée est composé exclusivement de végétaux qu’elle consomme sous forme de racines, rhizomes, bulbes, tubercules, graines et feuilles. Localement, l’Oie cendrée fréquente des terres cultivées et peut y déterrer racines et tubercules de carottes, pommes de terre, navets, rutabagas et betteraves. Elle se nourrit parfois de céréales (blé, orge, avoine et maïs), le plus souvent laissées au sol après la récolte. En hivernage et lors de la migration prénuptiale, il lui arrive de brouter les jeunes pousses de céréales d’hiver et de colza.
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L’oie des moissons possède un plumage totalement gris, avec en fonction des individus, une intensité de gris qui peut varier. Elle a une tête beaucoup plus sombre que la poitrine, plus claire, dispose d’un bec jaune avec quelques nuances de noirs, des pattes oranges et la partie ventrale qui est blanche. Elle est également de la même taille que l’oie cendrée, mais différenciable par les caractéristiques ci-dessus.
La Bernache du Canada est la plus grande oie que l'on peut observer en Europe elle peut mesurer 1m de long. Reconnaitre une oie bernache est facile: son cou et sa tête sont noirs exceptés sa joue qui comporte une ocelle blanche. Il n'y pas de dimorphisme sexuel, que ce soit en terme de taille ou de couleurs, seuls les oisons présentent une différence de couleurs... et de tailles évidentes!
Espèce originaire d'Amérique du Nord introduite en Europe. Attention de ne pas la confondre avec la bernache nonnette au dessin blanc différent sur la tête, au dessus gris foncé et au dessous gris clair. Parmi les bernaches, la Canada est la plus grosse espèce représentée en Europe. En période hivernale, elle se mêle à des troupes d'autres bernaches comme la nonnette. Les populations nicheuses françaises se situent surtout dans le nord de la France. Elles sont sédentaires. Une partie de la population scandinave est migratrice. Les quartiers d'hiver sont en Pologne, Allemagne et au Danemark. Lors de la migration la bernache du Canada vole en grands groupes en forme de V, ou diagonalement mais en ligne droite. Généralement bruyante en vol. La bernache du Canada niche sur le sol, près de l'eau. La femelle dépose de 4 à 8 oeufs blancs. L'incubation dure environ de 23 à 30 jours, assurée par la femelle, tandis que le mâle défend le territoire. Cette espèce produit une couvée par an.
Les canards de surface barbotent dans l’eau à la recherche de la nourriture : pour eux, des flaques d’eau de faible profondeur suffisent amplement puisqu’ils ne doivent pas nager en plongée pour s’alimenter. Ils cherchent également leur nourriture dans les prairies et les cultures. On les distingue des canards plongeurs : à l’envol, ils ne courent pas à la surface de l’eau mais décollent directement d’un seul élan sur l’eau, leur silhouette est relevée vers l’arrière.
Voici quelques exemples de canards de surface chassables :
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Le Canard colvert (Anas platyrhynchos), canard mallard au Canada ou canard français en français cadien1, est une espèce d'oiseau de l'ordre des ansériformes, de la famille des anatidés et de la sous-famille des anatinés. C'est certainement le plus connu et reconnaissable de tous les canards, du fait de l'existence de races de canards domestiques issues de cette espèce.
La sarcelle d'hiver est le plus petit canard d'eau douce d'Europe. Son plumage nuptial est très attrayant : la tête est rousse avec une large bande verte sur les joues. La poitrine est crème tachetée de noirâtre, prolongée par un ventre blanc et un dessous de la queue jaune bordé de noir. Le dessus du corps et les flancs adoptent une coloration grise. Les ailes sont marquées par une fine bande blanche sur leur avant et par un miroir noir et vert sur la partie centrale. Le reste de l'année, après la mue, le mâle porte des couleurs assez ternes comme la femelle. Il est entièrement brun et beige.
Ce canard de surface est légèrement plus grand, possède un cou un peu plus long et un bec plus important que la sarcelle d'hiver. En livrée nuptiale, le mâle est typique et immédiatement identifiable : une large bande blanche en forme de demi-cercle démarre en arrière de l'oeil et aboutit jusqu'à la nuque. Le reste de la tête, du cou et de la poitrine sont brun rougeâtre sombre et provoque un contraste saisissant avec les flancs gris pâle accentué encore par les scapulaires allongées et rayées de noir et de blanc. La femelle, le mâle en éclipse et le juvénile sont plus difficilement repérables, rappelant beaucoup d'autres petits canards. Il faut faire preuve alors de nombreuses qualités d'observation. Les caractères discriminants les plus probants sont sans doute la calotte et le trait oculaire très sombres, ce dernier étant mis particulièrement en valeur par le fond chamois clair qui l'environne.
Le mâle souchet est reconnaissable entre tous grâce à son gros bec gris, très élargi à l'extrémité, à sa tête vert-bouteille et ses iris jaunes. Sa poitrine est blanche, ses flancs et son ventre marron, son dos noir. Les ailes sont bleu clair à la base avec une tache anguleuse vert et blanc. Dans la continuité du dos ; la queue est noir et blanc dessus, noire dessous. Les pattes sont rouge-orange. La femelle porte une livrée marron. Le souchet est légèrement plus petit que le canard colvert à qui il ressemble un peu par l'agencement de ses couleurs.
Les mâles siffleurs sont très caractéristiques ; leur dos gris métal, leur poitrine rosée et leur tête brune coupée d’un trait jaune paille ne peut pas tromper. Leur bec gris clair à pointe noire est également caractéristique surtout lorsque celui-ci est en ellipse. On remarquera une bande alaire blanche. Comme chez tous les canards, la femelle du canard siffleur est beaucoup plus terne que le mâle. Sa robe est quasiment uniquement brune, avec un peu de gris sur la queue.
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En hiver, on peut l’observer dans les secteurs lacustres, les marais d’eau douce, les fleuves, les lacs et les régions agricoles bordant le littoral. Sur les côtes proprement dites, il peuple les lagunes, les baies, les estuaires, les plages dans l’espace compris entre le niveau le plus élevé et le plus bas des marées, là où l’apparition de matière végétale est la plus importante (zone intertidale). En période de reproduction, le canard siffleur préfère les tourbières et les marécages situés à proximité d’une importante couverture boisée. Les prairies humides pourvues en herbes rases et variées sont des endroits privilégiés pour la nidification.
Ce canard svelte et élégant donne l'illusion d'être plus long que que le canard colvert principalement à cause de son grand cou et de sa longue queue éffilée noire et jaune crême alors que la réalité est toute autre. Le mâle possède une tête brun chocolat, un cou blanc qui se prolonge par une bande blanche qui remonte en arrière des joues. Le dos est gris, l'extrémité des aile noire. Un miroir vert bronze orne la partie centrale de l'aile. Crâne arrondi, bec mince gris sombre et ventre blanc. Le dessus de la queue est noir. La femelle ressemble aux autres femelles de canard : livrée marron terne avec des stries grises, beiges et brunes. Les critères de détermination sont la queue pointue, le cou mince et le bec gris assez long et étroit. Il fréquente les côtes marines en hiver mais aussi les tourbières inondées et les eaux douces.
Le canard chipeau est un canard de surface aux couleurs ternes : Le mâle est gris avec un croupion noir et le ventre blanc. Il a un miroir alaire blanc bordé de noir et de roux que l'on peut observer aussi bien en vol qu'au repos. Le bec est gris. La femelle est difficile à distinguer de celle du colvert. Outre sa taille plus petite, la couleur orange des côtés du bec et le ventre blanc permettent de différencier les deux espèces. Sinon, elles présentent la même livrée marron finement tachetée de noir, légèrement plus grise toutefois en ce qui concerne la femelle du canard chipeau.
Les canards plongeurs ont besoin de pièces d’eau d’une certaine profondeur qui leur permette de plonger à la recherche de la nourriture. On les distingue des canards de surface : à l’envol, ils courent sur l’eau avant de décoller et sur l’eau, leur silhouette est plongeante vers l’arrière.
Voici quelques exemples de canards plongeurs chassables :
Les canards plongeurs sont de grands voyageurs qui répondent aux même exigences migratrices que leurs cousins dit “de surface”. Néanmoins, ils n’hivernent généralement pas sur les mêmes zones. Comme de nombreux canards de surface, les plongeurs du paléarctique occidental nichent au Nord de l’Europe (Russie, Scandinavie, Europe centrale) mais se distinguent des “barboteurs” par leur reproduction plus tardive. Ainsi leur migration se trouve décalée et le pic d’arrivée sur les sites d’hivernages se situe en janvier alors qu’il a lieu en décembre pour les canards de surface. Ces zones d’hivernage sont peu méridionales, ainsi le bassin méditerrannéen n’est guère fréquenté. Généralement grégaire, les canards plongeurs aiment hiverner sur des sites dégagés assurant sécurité et ressources alimentaires abondantes.
Les plongeurs ne portent pas de miroirs colorés aux ailes mais des taches blanches diversement disposées. Celles-ci jouent aussi un rôle de signaux optiques très utiles en vol nocturne. Le dimorphisme sexuel est prononcé comme chez les barboteurs et le déroulement des mues, comparables. Plus volontiers grégaires que les barboteurs, ils recherchent les grandes étendues d’eau claire et libre dont la profondeur n’excède pas leur capacité de plongée (1,5 à 7 - 8 mètres) et où ils se rassemblent en grande troupe en hiver. La végétation palustre n’est recherchée qu’en période de nidification. Les plongeurs pondent moins d’oeufs (7 à 10 en moyenne) que les barboteurs et se reproduisent l’année qui suit leur naissance.
L’eider à duvet, le garrot et les macreuses fréquentent presque exclusivement les régions côtières et les estuaires tandis que les fuligules milouins et morillons affectionnent particulièrement les étendues d’eau douce que sont les lacs, les réservoirs et les grands fleuves. Les plongeurs aiment ces grands espaces aquatiques sur lesquels ils se déplacent parfois en bandes compactes. Davantage carnivores, les canards plongeurs ont développé des particularités anatomiques (voir tableau des différence morphologiques). Ils sont capables d’aller chercher profondément leur nourriture (jusqu’à 10 mètres pour les morillons et les milouins). Leurs pattes, disposées très en arrière du corps, sont munies de grandes palmes qui leur donnent une grande habileté sous-marine. Ils possèdent également un bec robuste pour déguster moules et mollusques.
Le Fuligule milouin (Aythya ferina) est un oiseau de la famille des Anatidés. C’est un canard de taille moyenne avec une courte queue et un long cou. En plumage nuptial, le mâle a le dos gris très clair finement vermiculé, encadré de noir à la poitrine et à l'arrière. Le cou et la tète sont d'un brun rouge éclatant, terminés par un bec noir barré de bleu. Les yeux sont rouge orangé et les pattes grisâtres. En plumage internuptial, l'essentiel du corps vire au gris sale tandis que les couleurs de la tête, de la poitrine et l'arrière sont plus ternes. Les femelles sont grises brunâtres avec la poitrine, la calotte et le cou brunâtres, plus foncés. Le dos, les flancs, les scapulaires et les couvertures alaires présentent des marbrures grises et brunes, plus sombres à l'arrière du corps. Elle possède des motifs diffus, clairs et foncés, sur les côtés de la tête. L’œil est brun rouge.
Le mâle dans son ensemble est noir, hormis les flancs et le ventre blancs. Une huppe noire pend sur la nuque, le bec est gris sauf l'extrémité noire, séparée par une fine ligne blanche. Les pattes palmées sont grises. La femelle a un plumage brun dessus et brun plus clair dessous, un bec et des yeux de même couleur mais sa crête est plus courte. On note parfois une tache blanche à la base du bec. En vol, les deux sexes montrent une barre alaire blanche. Le fuligule morillon émet une variété de cris rauques.
Comme la totalité des anatidés, il fréquente les étangs, les lacs, les rivières lentes et les fleuves. En hiver, il pousse des incursions jusque dans les villes où on le retrouve principalement sur les grandes pièces d'eau des parcs ou a proximité des ponts qui enjambent les cours d'eau. Canard d'eau douce, le fuligule morillon est rarement observé en mer, sauf pendant les migrations ou pendant les grands froids. Présent dans les régions tempérées d'Eurasie, il est sédentaire en Europe Occidentale seulement. Ailleurs, il est migrateur, nichant jusqu'en Laponie et hivernant jusqu'en Ethiopie.
En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées. Certaines espèces dites « menacées » selon le classement de l’UICN peuvent donc continuer à être chassées car cette pratique règlementée et encadrée n’a pas impact significatif sur leur état de conservation. Certaines de ces espèces sont chassables car ces experts considèrent que la chasse n’a pas d’impact significatif sur leur état de conservation.
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