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La France, avec sa diversité de régions biogéographiques (atlantique, alpine, continentale et méditerranéenne) et la qualité de ses biotopes, possède une faune sauvage riche et variée. Environ 90 espèces issues de cette faune, dont une soixantaine d'oiseaux, sont chassables. C'est plus que dans d'autres pays européens.

En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées. Cet arrêté fixe la liste des espèces chassables.

Le Cadre Juridique de la Chasse en France

L'encadrement juridique de la chasse a été successivement remanié par plusieurs lois :

  • Loi du 26 juillet 2000
  • Loi du 30 juillet 2003
  • Loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux
  • Loi du 31 décembre 2008 pour l’amélioration et la simplification du droit de la chasse
  • Loi du 12 mai 2009 sur l’allègement des procédures administratives
  • Loi du 7 mars 2012 portant diverses dispositions d’ordre cynégétique
  • Loi du 24 juillet 2019 portant création de l'Office français de la biodiversité, modifiant les missions des fédérations des chasseurs et renforçant la police de l'environnement.

Un plan sécurité à la chasse a été annoncé le 9 janvier 2023, pour renforcer la sécurité des chasseurs et des autres usagers de la nature.

Voici les principales modifications réglementaires apportées de 2013 à 2023 :

Lire aussi: Tout savoir sur l'arbalète de chasse

En 2023 :

Le plan sécurité à la chasse présente 14 mesures destinées à renforcer la formation des chasseurs, renforcer les règles de sécurité pendant la chasse, et assurer le partage des espaces et une meilleure information des usagers de la nature. Il prévoit notamment :

  • l’interdiction de la pratique de la chasse sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants ;
  • la création d’une application numérique d’État sur les lieux et temps de chasse ;
  • le renforcement de la formation des chasseurs.

En 2020 :

  • La mise en place d’une gestion adaptative pour plusieurs espèces.
  • La possibilité de rétention et de suspension administrative du permis de chasser par les agents de police judiciaire en cas d’accident ou d’incident matériel grave.

En 2019 :

  • Le renouvellement des conditions de location par l’État du droit de chasse du gibier d’eau sur son domaine public fluvial.
  • Le renouvellement du classement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts du groupe 2.

En 2018 :

  • La mise à jour des modalités de vénerie sous terre et de grande vénerie.
  • L'interdiction des pièges noyants.

En 2017 :

  • La mise en oeuvre d'une expérimentation "sanglier" pour limiter les dégâts de gibier dans le Gard.
  • La mise à jour des statuts des fédérations des chasseurs.

En 2016 :

  • L’actualisation des dispositifs autorisés à la chasse.
  • La régulation par la chasse des espèces non indigènes classées nuisibles.
  • La liste des espèces chassables, en distinguant les espèces indigènes et les espèces exotiques envahissantes.

En 2015 :

  • L’interdiction de l’utilisation de chiens de type dogue ou molosse pour la chasse.
  • L’actualisation des dispositifs autorisés à la chasse.
  • Les nouveaux classements des espèces classés nuisibles, indigènes et non indigènes.

En 2014 :

  • L’encadrement renforcé de la pratique de la vénerie sous terre.
  • Le renouvellement des conditions de location par l’État du droit de chasse sur le domaine public maritime du 1er juillet au 30 juin 2023.

En 2013 :

  • La mise en place des nouvelles modalités de l’examen préalable à la délivrance du permis de chasser ainsi que la mise en place des nouvelles caractéristiques techniques des installations de formation et d’examen pour la délivrance du permis de chasser.
  • L’optimisation du dispositif d’indemnisation des dégâts agricoles occasionnés par le grand gibier suite à un accord majoritaire entre chasseurs et organisations agricoles.
  • Le renouvellement des conditions de location par l’État du droit de chasse du gibier d’eau sur son domaine public fluvial pour la période du 1er juillet 2013 au 30 juin 2019.
  • Le renouvellement des moratoires sur la chasse de la barge à queue noire (Limosa limosa) et du courlis cendré (Numenius arquata) jusqu’au 30 juillet 2018.

Le Plan de Chasse : Un Outil de Gestion Durable

Rendu obligatoire en France en 1978, pour certaines espèces, le plan de chasse assure le développement durable des populations de gibier et préserve leurs habitats, en conciliant les intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques.

Dans ce contexte, les chasseurs ont obligation de recueillir des données sur l’état des populations de gibier et de suivre leur tendance d’évolution : observations de terrain et résultats de comptages. Ces derniers précisent le nombre minimal et maximal de prélèvements autorisés afin de participer à une gestion équilibrée des animaux et des cultures agricoles ou forestières.

Toutes les espèces de gibiers peuvent être soumises à plan de chasse. Pour les autres espèces (lièvre, faisan, perdrix grise), l’application d’un plan de chasse peut être décidée par le Préfet sur demande du président de la fédération départementale des chasseurs sur tout ou partie du département.

Elle ne peut être déposée que par la personne physique ou morale (société de chasse, ACCA, etc.) détenant le droit de chasse sur le territoire concerné. Lors de l’instruction de la demande, la Fédération des Chasseurs peut exiger du demandeur qu’il justifie de son droit de chasse. Toutefois, lorsque le contrat de location ou de mise à disposition gratuite du droit de chasse le prévoit expressément, la demande est faite par le propriétaire ou son mandataire.

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Comment Fonctionne le Plan de Chasse ?

  1. Demande à la Fédération Départementale des Chasseurs un nombre d’animaux à prélever sur son territoire pour la saison de chasse à venir.
  2. Recueille toutes les demandes et organise des consultations nécessaires à la préparation des plans de chasse .
  3. Au vu de l’avis de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage des minima et maxima de prélèvements à faire dans le département ou par unité de gestion des espèces ainsi que des modalités d’application du plan de chasse.
  4. Décide des plans de chasse individuels pour chaque territoire en ayant recueilli les avis nécessaires (étape 2) en respectant les fourchettes préfectorales (étape 4).
  5. Auprès de la Fédération Départementale des Chasseurs. Le détenteur du plan de chasse, muni de sa décision d’attribution, doit retirer les bracelets accordés auprès de la FDC.

Les attributions, suite aux demandes de plan de chasse, font l’objet d’une seule décision. Toutefois, concernant le sanglier, une attribution supplémentaire est possible, sur la base de demandes complémentaires. Ces demandes sont légitimes dès lors que l’attribution initiale se révèle notoirement insuffisante.

Chaque animal tiré dans le cadre du plan de chasse attribué par la Fédération départementale des Chasseurs doit être marqué d’un bracelet à l’endroit même où il a été tué avant tout déplacement de celui-ci. Il est interdit de transporter le gibier sans avoir posé ce bracelet qui comporte un code assurant la traçabilité de l’espèce. Il identifie le gibier et sa classe d’âge. Une couleur unique est fixée annuellement par arrêté ministériel.

Il convient donc que le chasseur porte toujours sur lui le(s) bracelet(s) qu’il a commandé(s) en accord avec le plan de chasse qui lui a été notifié par arrêté individuel d’attribution.

Le nombre d’animaux à prélever est fixé pour un détenteur et un territoire déterminé : les animaux figurant sur un plan de chasse ne peuvent en aucun être prélevés sur des parcelles non comprises dans ce plan de chasse.

Toutefois, la réglementation offre la possibilité aux bénéficiaires de plans de chasse individuels de gérer ensemble leurs territoires : on parle alors de mutualisation des bracelets accordés à chacun des intéressés. Les intéressés informent le président de la fédération départementale des chasseurs par lettre recommandée avec accusé de réception.

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Espèces Chassables et Particularités

Les espèces chassables en France sont réparties entre gibier sédentaire, gibier d’eau et oiseaux de passage. C’est l’arrêté du 26 juin 1987 qui fixe la liste des espèces chassables. Un arrêté du 2 septembre 2016 vise à inscrire dans un arrêté distinct les espèces exotiques envahissantes qui peuvent être piégées ou détruites à tir.

Il existe actuellement un moratoire sur la chasse de la barge à queue noire, du courlis cendré, de la tourterelle des bois et du grand tétras compte-tenu de leur état de conservation.

Le Gibier d'Eau

La réglementation pour le gibier d’eau est strictement encadrée au niveau national, avec des dates fixes et des horaires précis (2h avant le lever, 2h après le coucher du soleil). Maîtriser ces règles garantit des sorties légales tout en préservant l’écosystème.

Les dates de chasse du gibier d’eau sont fixées par arrêté ministériel, pas par les préfets. Cette spécificité découle de la dimension européenne des oiseaux migrateurs, encadrée par la directive européenne 2009/147/CE. Vérifiez toujours l’arrêté en vigueur : il garantit la préservation des effectifs et s’applique à des espèces comme le courlis cendré ou la barge à queue noire, interdites de chasse jusqu’au 1er juillet 2025.

La passée se pratique 2h avant l’aube et 2h après le coucher. La chasse de nuit, réservée aux huttes, tonnes ou gabions créés avant 2000, implique une déclaration préfectorale et un carnet de prélèvements. Une tradition encadrée pour sa pérennité. Le chasseur moderne doit respecter ces règles, entre légitimité légale et préservation du patrimoine cynégétique.

Marais, lacs, étangs, fleuves ou zones maritimes : votre terrain de jeu est large. Mais deux limites strictes s’imposent : un rayon de 30 mètres autour de l’eau, et la possession du droit de chasse sur le plan d’eau concerné. Même en cas de gel prolongé, ces règles tiennent.

Les 27 départements autorisant la nuit (Aisne, Bouches-du-Rhône, Finistère, Haute-Garonne, Hérault…) conservent des détails locaux à vérifier.

Espèces de gibier d'eau autorisées en France

Le tableau ci-dessous résume les principales espèces de gibier d’eau autorisées en France, avec leurs statuts réglementaires et périodes d’ouverture. Attention : cette liste évolue chaque année selon les arrêtés préfectoraux et les mesures de conservation. Les moratoires sur le Courlis cendré et la Barge à queue noire montrent l’adaptation des règles pour préserver les populations.

Espèce Statut Réglementaire
Canard colvert Chassable (avec PMA possible)
Canard pilet Chassable
Canard siffleur Chassable
Canard souchet Chassable
Sarcelle d'hiver Chassable
Courlis cendré Moratoire jusqu'au 1er juillet 2025
Barge à queue noire Moratoire jusqu'au 1er juillet 2025
Foulque macroule Chassable

Les appelants sont des oiseaux captifs utilisés pour attirer le gibier. Attention : leur usage est encadré par la réglementation. Vous ne pouvez pas dépasser 100 oiseaux par installation, toutes espèces confondues. Un registre des appelants est obligatoire, avec un suivi annuel renforcé depuis l’émergence de la grippe aviaire.

Chasse en bateau : le moteur doit être éteint et l’embarcation immobile pendant la chasse.

L’interdiction du plomb reste un point critique : son usage est interdit sur les zones humides pour protéger les écosystèmes. Les alternatives sont performantes : l’acier reste économique, le bismuth offre des balistiques proches du plomb, et le tungstène combine densité et précision. Cette évolution, soutenue par l’Union européenne, vise à limiter les 670 000 tonnes de plomb évitées sur les vingt prochaines années.

Le carnet de prélèvements, la biosécurité et l’entretien des zones humides représentent 78% des responsabilités méconnues des pratiquants. Ces éléments définissent notre rôle de gestionnaires de la faune et des milieux, pas seulement de préleveurs.

Le carnet de prélèvements (article L424-5 du code de l’environnement) est la mémoire des populations d’oiseaux. Les propriétaires de postes fixes doivent le tenir à jour sous peine de sanctions administratives. C’est notre contribution citoyenne à une chasse durable, reconnue par le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage.

Propriétaires de postes fixes : l’entretien des plans d’eau et zones humides attenantes est une obligation légale. Vos actions profitent à toute la biodiversité. Le dispositif d’éco-contribution, financé par chaque permis validé, soutient ces initiatives. C’est notre façon de rendre possible la cohabitation entre pratique cynégétique et préservation des écosystèmes.

Contrairement aux idées reçues, la chasse du gibier d’eau reste autorisée par temps de neige.

Autres Espèces

Voici quelques informations sur d'autres espèces couramment chassées en France :

  • Sanglier : Le sanglier est sans aucun doute le plus populaire. Un plan de gestion du sanglier existe. Les chasseurs d’un même canton se réunissent pour décider ensemble du nombre de sangliers qu’il est possible de tirer en fonction des dégâts observés localement et de l’état des populations. La battue en forêt est son principal mode de chasse.
  • Chevreuil : Le chevreuil est le plus petit des cervidés de France. Un plan de chasse chevreuil est instauré reposant sur des quotas de tir. Chaque chevreuil tiré à la chasse est muni d’un bracelet. La battue en forêt, aux chiens courants, est son principal mode de chasse.
  • Lièvre : Le lièvre est nettement plus grand que le lapin, avec une morphologie taillée pour la course. Les prélèvements de lièvres du Rhône sont soumis à de nombreuses limitations réglementaires liées à la spécificité des différents territoires et des densités de lièvres qu’ils habitent.
  • Lapin de garenne : Le Lapin de garenne est sans doute l’espèce dont les effectifs ont le pus fluctués au cours du temps. Le Lapin, comme l’ensemble des espèces de petit gibier, est une espèce très appréciée des chasseurs. Il se chasse le plus souvent devant soi, avec un ou plusieurs chiens courants et plus récemment avec des chiens d’arrêt.
  • Perdrix rouge : La Perdrix rouge aime surtout les lieux secs et ensoleillés de basse et moyenne altitude. Dans le Rhône, la majorité des cantons ont des dates d’ouverture retardée ou de fermeture anticipée de la chasse de la perdrix.
  • Renard : C’est l’une des espèces de mammifères les plus communes. Le renard peut être chassé l’été à l’approche ou à l’affût ou de septembre à février en battue à l’aide de chiens courants.
  • Blaireau : Le blaireau est essentiellement nocturne. Lorsquela présence du blaireau nuit aux activités agricoles, des équipages de chasse spécialisés appelés “déterreurs“ accompagnés de chiens de terrier (fox, teckel), sont chargés de les débusquer.
  • Bécasse : La bécasse est un oiseau forestier au beau plumage brun-rouge. La bécasse se chasse au chien d’arrêt.
  • Pigeon ramier : Le pigeon ramier est un pigeon sauvage que l’on trouve en plaine comme en forêt. Le pigeon est chassé à l’affût le matin et le soir sous les chênes ou hêtres ainsi qu’à l’approche le long des haies.

Le Rôle de l’Office Français de la Biodiversité (OFB)

L’Office français de la biodiversité (OFB) est un établissement public administratif créé au 1er janvier 2020 et placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Les représentants de la Fédération nationale des chasseurs, des fédérations départementales des chasseurs et de la Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu aquatique représentent 10 % des membres du conseil d'administration.

L'Office français de la biodiversité contribue à l'exercice des missions de police administrative et de police judiciaire relatives à l'eau, aux espaces naturels, aux espèces, à la chasse et à la pêche ainsi que des missions de police sanitaire en lien avec la faune sauvage. Il fournit également une expertise et une assistance en matière d'évaluation de l'état de la faune sauvage et de gestion adaptative des espèces.

Responsabilité et Accès au Territoire

On ne part pas à la sauvette dans la forêt sans s’assurer des droits. En forêt domaniale (publique), c’est l’ONF qui gère, avec des zones chassables ou non selon les périodes. En forêt privée, l’accord du propriétaire est OBLIGATOIRE. Sans cela, on bascule en délit de braconnage, avec amendes et annulation du permis de chasser.

Chasser sans autorisation sur un terrain privé, c’est du braconnage, point barre. Même si la parcelle est en friche, même si personne ne semble s’y intéresser, l’accord du propriétaire (ou de l’exploitant agricole) reste impératif. Sans cela, les sanctions tombent lourdes : jusqu’à 15 000 € d’amende et 6 mois de prison.

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