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L'automne marque le début de la saison de chasse pour plus d'un million de personnes en France. Que l'on soit propriétaire d'un domaine de chasse ou non, cette activité est strictement encadrée par l'administration française. Les dates d’ouverture de la saison de chasse en France sont gérées au niveau régional, en se basant sur les besoins écologiques de la région, de sa faune et de sa flore.

Les dates d’ouverture et de fermeture des saisons de chasse dépendent donc du département et de l’espèce animale. Alors que la saison débute généralement en septembre et se termine fin février, le jour exact d’ouverture est fixé par le préfet. La chasse au petit gibier d’eau débute en août, mais la chasse de nombreuses espèces comme la perdrix et les oiseaux migrateurs peut être limitée à une période plus courte. La chasse encadrée des chevreuils mâles peut être autorisée de juin à septembre, mais un permis spécifique est nécessaire.

Contrairement à de nombreux autres pays européens, la chasse est autorisée le dimanche. La loi fédérale ne prévoit pas d’interdiction particulière pour certains jours de la semaine, mais les arrêtés préfectoraux peuvent décider d’interdire la chasse certains jours de la semaine. Si vous souhaitez organiser des chasses dans votre propriété, sachez tout de même que celles-ci prennent habituellement place le week-end pour permettre aux gens actifs d’y participer.

Environ 90 espèces issues de la faune sauvage dont une soixantaine d’oiseaux sont chassables en France. C’est plus que dans d’autres pays européens. Cette spécificité française s’explique par la diversité des 4 régions biogéographiques (atlantique, alpine, continentale et méditerranéenne) qui la compose, ce qui est plus que dans aucun autre pays européen, et la qualité de ses biotopes. En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées.

Espèces de gibier d'eau et pratiques de chasse

La chasse au canard fait l’objet d’une réglementation au niveau national, comme pour tous les autres gibiers d’eau ou gibier de passage. Pour pouvoir chasser, il est nécessaire d’être en possession d’un permis de chasse à faire valider chaque année. On obtient ainsi une validation au choix régionale, nationale ou temporaire. Les licences nationales et régionales sont valides du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020.

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Deux méthodes de chasse aux oiseaux d’eau sont pratiquées : celle à la hutte et celle à la passée. La première consiste à tirer sur les canards, principalement à la tombée de la nuit, lors de leur arrivée sur un plan d’eau où ils sont attirés à l’aide d’appelants et de leurres en plastique disposés face aux ouvertures de tir. La seconde, également appelée à l’affût, consiste à tirer, dissimulé dans la végétation le long d’un cours d’eau ou d’un étang, sur le gibier d’eau en vol lors des dé- placements crépusculaires. Ceux-ci également appelés « passées », débutent deux heures avant le lever du soleil pour celle du matin tandis que celles du soir se terminent deux heures après le coucher du soleil.

Impact de la chasse sur les populations d'anatidés

La chasse au gibier d’eau telle que pratiquée dans la zone humide française limitrophe entre Condé-sur- l’Escaut et Saint-Aybert prélève chaque année un contingent important d’anatidés séjournant sur ce site. Même si ce fait est connu de longue date, aucune étude n’a encore été menée jusqu’à présent pour tenter d’estimer, même partiellement, son impact sur cette zone humide majeure de Wallonie.

En août, hormis pour quelques nichées tardives, la reproduction des anatidés est terminée et, bien que le grégarisme hivernal ne soit pas encore totalement adopté, plus d’un millier de canards de diverses espèces se regroupent déjà sur les étangs des marais d’Harchies.

Le 21 août 2016 vers 21h, entre les premiers canards de la passée du soir et les derniers visibles dans l’obscurité, 750 individus sont observés dans le sens Harchies - Condé. Bien que paniqués, mais trop habitués à trouver de la nourriture, ceux-ci ne fuyaient pas mais volaient d’une mare de chasse à l’autre tentant coûte que coûte de s’y poser. Comme l’indique le nombre de coups de fusil (879) notés ce soir-là, un passage plus important eut certainement lieu hors du champ de vision des observateurs.

Le résultat des observations des différentes pas- sées vespérales montre une grande variabilité annuelle du nombre d’oiseaux. Lors de la passée du soir, entre chien et loup, il est vite compliqué voire impossible de différencier un Canard colvert Anas platyrhynchos d’un Chipeau Anas strepera. Les observations ont cependant montré que la toute grande majorité était des Colverts accompagnés de quelques individus d’autres espèces : Sarcelles d’hiver Anas crecca, Sarcelle sp., Chipeaux, Souchets Anas clypeata, Fuligules sp.

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En 2017, deux observateurs présents dans l’observatoire de l’étang Van Damme, le plus proche de la frontière française, notèrent que des 43 canards ayant quitté cet étang, aucun n’avait survécu une fois la frontière passée et que 130 coups de feu avaient retenti au-dessus de l’étang Poujet (P. Desablens, V. Swinnen, obs.

Le 19 août 2017 entre 1.600 et 1.700 canards se reposaient sur les étangs d’Hensies et d’Harchies. Le lendemain de l’ouverture de la chasse, entre 1.200 et 1.300 y stationnaient encore, soit un écart minimum de 400 oiseaux. Malgré les difficultés d’observation occasionnées par la concentration et l’éloignement dans la ripisylve, l’évaluation de la composition de la population visible d’anatidés le 19 août 2017 était de 200 Milouins, 30 Souchets, 25 Chipeaux et entre 1 350 et 1 450 Colverts (L.

Pour estimer le nombre de canards tirés pro- venant des marais d’Harchies lors de la seule journée de l’ouverture, il aurait fallu avoir accès aux carnets de tir dans lesquels les chasseurs doivent renseigner leurs prises et les comparer aux différents dénombrements (Tableau 1) réalisés dans le cadre de ce suivi. En l’absence de ces informations, l’estimation la plus fiable est celle basée sur la différence entre des passées crépusculaires qui incluent celle de l’ouverture de la chasse du gibier d’eau (Tableau 1). Elle est de 480 oiseaux en 2016, et de 429 en 2017.

Des agents de l’ONCFS qui connaissent bien cette zone et qui avaient précédemment réalisé des comptages équivalents à partir de Saint-Aybert, estimaient le prélèvement pour l’unique jour- née de l’ouverture de la chasse à minimum 750 individus (agents de l’ONCFS com.

Techniques d'agrainage et lâchers

Pour fixer et renforcer une population locale d’anatidés aux fins d’augmenter le tableau de chasse, le chasseur à la sauvagine (celle dédiée aux oiseaux d’eau sauvages) recourt à diverses pratiques. La plus efficace est celle de l’agrainage qui consiste en un apport de nourriture, exclusivement de céréales (maïs, lentille cultivée, avoine, blé…). Dès qu’un canard sauvage a trouvé un étang où cette ressource alimentaire est présente en quantité et facile à atteindre, il y retournera tous les soirs.

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Compléments indispensables pour attirer les canards sauvages, des appelants issus de captivité ou des formes plastique sont disposés sur les plans d’eau (Photos 9 et 10). Les appelants vivants sont majoritairement des femelles de Colvert sélectionnées sur base de critères de vocalisation bien précis. Lorsque les besoins en prélèvements dépassent ce que la nature peut offrir, les sauvaginiers peuvent renforcer l’effectif local par des lâchers massifs d’anatidés, principalement de Canards colverts.

Dans les cas les plus courants, des individus âgés de moins 10 semaines sont relâchés sur place un à deux mois avant l’ouverture. Sur certaines chasses dites « commerciales », des lâchers peuvent même avoir lieu quelques jours avant la chasse, voire le jour même. En Europe, plus de trois millions de Colverts sont lâchés chaque année à des fins cynégé- tiques (Champagnon et al, 2013). Il est estimé qu’en France, plus grand contributeur européen, environ 1.500.000 Colverts d’élevage sont relâchés annuellement (Champagnon et al, 2013).

Tableau récapitulatif des espèces mentionnées

Espèce Nom scientifique
Canard colvert Anas platyrhynchos
Chipeau Anas strepera
Sarcelle d'hiver Anas crecca
Souchet Anas clypeata
Fuligule Aythya

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