Le Mauser G98, ou Gewehr 1898, est une icône parmi les fusils militaires du XXe siècle. Il incarne l’excellence de l’ingénierie allemande. Conçu par Paul Mauser et introduit réglementairement dans l’armée allemande en 1898, ce fusil devint l’arme standard des forces armées allemandes pendant la Première Guerre Mondiale puis, à peine modifié, de la seconde.
Doté d’un mécanisme de verrouillage à deux tenons indestructible, d’un magasin à lames-chargeur et de toutes les améliorations brevetées par Paul Mauser depuis 1871, le G98 se distingue de sa concurrence par son exceptionnelle robustesse, sa puissance de feu, sa qualité de production irréprochable et sa précision qui en feront une arme de guerre de choix sur tous les continents, de l’Afrique du Sud à la Chine en passant par l’Amérique Latine.
L’œillet de démontage du percuteur apparait en 1916 ainsi que les rainures de préhension donc effectivement ça ne peut être son bois original mais changé quand...?
Dans les divers systèmes nationaux de 98 existant au monde, peut-être plus de 25 millions d’armes produites. Mais ici nous sommes devant une des raretés de ce système.
Typique des fabrications turques, ce fusil est en fait un fusil G98, certainement fourni par l'Allemagne et remis aux standards turcs : changement de hausse, de canon, adjonction d'un garde main spécifique, oeillet de démontage de la culasse également spécifique. Une arme intéressante et qui possède l'énorme avantage d'avoir un canon en très bon état avec de belles rayures. La crosse est belle avec très peu de coups ce qui est rare, le bronzage est encore présent bien qu'ayant viré « tabac ». Tonnerre marqué du croissant et ASFA ANKARA 1948.
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Peu après l’adoption du 98 par la Heer, Mauser met quand même à son catalogue de quoi pratiquer ces épreuves là avec un fusil militaire pour civils qui n’est autre qu’un G98 canonné en 8,15, calibre roi des tireurs sportifs germaniques de l’époque, et auquel Mauser donne bel et bien le nom de Wehrmannsgewehr. De 1909 à 1913, Mauser produira environ 1.800 de ces fusils militaires civilisés à destination des Sociétés de Tir et au calibre 8,15X46R.
Aussi sur réaliste que cela puisse paraître, ils en produiront encore quelques uns de ces Wehrmannsgewehr de concours pendant la guerre alors que les commandes militaires tournent à plein et que l’industrie de guerre allemande est déjà à la peine pour produire ce que la guerre demande. Sans doute pour contribuer aux préparations militaires en stand de tir.
On peut donc distinguer, en gros, trois types de G98 spécifiquement conçus pour ces compétitions Wehrmanns Gewehr:
Notre arme de ce jour est typique des quelques uns produits pour les compétiteurs Wehrmanns dans les années 20/30 - Elle est bien 100% civile sur base d’un G98 en culasse et boitier qui sort de chez VCS (Shilling à Sühl). Ce marquage est le seul subsistant d’une possible utilisation militaire originelle - en bord de boite de culasse. Le marquage traditionnel de fabricant et la date de production figurant usuellement sur le dessus de chambre ont été effacés très professionnellement ou bien n’a même jamais été apposé.
Le bois est ce qui se faisait de plus perfectionné à l’époque avec rainures de préhension en fût (qui apparaissent fin 1916 sur les réglementaires) et œillet de démontage en crosse qui ne se sont généralisé qu’en extrême fin de guerre. A noter que dans cette production civile un l’œillet de démontage est présent des deux cotés de la crosse et bronzé (impensable dans un réglementaire qui ne comportait qu’un seul œillet et encore assez rarement et non bronzé évidemment). Le bois, c’est du beau hêtre de qualité et pas du noyer comme 95% des militaires. Aucun marquage militaire en bois évidemment.
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Entre les deux œillets, le bois et l’absence de trace du moindre marquage, il n’est même pas sûr que ces bois aient connus l’armée un jour. N’ayant pas fait la guerre, leur état est proche du neuf avec très peu de marques de manipulations. Aucun coup important ou enture.
Dans la suite du Traité de Versailles de 1919 qui interdisait à l’Allemagne de produire des armements, il a bien fallu trouver quelque chose pour entrainer la jeunesse au maniement d’armes et au tir dans la perspective de la revanche. Ce quelque chose prit deux formes : la multiplication des clubs de tir qui passèrent d’environ 1.600 en 1919 à plus de 100.000 en 1925 (!
Tous les grands producteurs allemands (Mauser, Walther, Simson, Geco….) produisirent de telles armes et de plus petits fabricants aussi. A l’avènement du III° Reich, ces carabines d’entrainement furent elles aussi standardisées pour assurer un entrainement uniforme pour toutes les organisations de jeunesse. Deux modèles furent définis avec des mentions que l’on retrouve sur ces carabines : DSM 34 puis 36 - pour Deutshe Sport Modell Model 1935 puis 1936 (modèle sportif allemand 1934 et 1936) et KKW pour Kleine Kaliber Wehrsport Model (ou « modèle militaire de sport de petit calibre »). Ces carabines étaient éprouvées de poinçons civils et vendues dans les catalogues des fabricants privés pour camoufler autant que faire se pouvait le réarmement en cours.
Ces carabines qui ont entrainé la jeunesse allemande dans une période charnière de son histoire sont à juste titre réputées pour leur qualité et leur précision. La notre est une modèle DSM 34. Elle porte bien les poinçons d’épreuve civils U et B couronnés qui n’avaient pas changé depuis l’époque impériale. Le canon est bien net quasi miroir avec de belles rayures et la culasse est très bon état. Le fonctionnement mécanique est parfait avec une culasse bien fluide et un démontage sans souci.
Son œillet de démontage de culasse en crosse (pour un démontage plus facile en campagne comme sur les vraies K98!) porte une attribution au « N.S.D.M.B. ».
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Durant la seconde guerre mondiale, seuls les œillets de démontage des K98 de la Kriegsmarine ont été encore ainsi marqués. Les derniers.
Et bien, c’est le « National Sozialistische Deutscher Marine Bund » ou Association Nationale-Socialiste de la Marine Allemande. L’association qui regroupaient les officiers de Marine d’active et retraités (seulement les officiers).
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