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Né en 1939 à Fulda en Allemagne, Franz Erhard Walther est un artiste conceptuel allemand. Il est considéré comme l’un des précurseurs de l’esthétique dite relationnelle et d’un art participatif dont il a posé les jalons dès la deuxième moitié des années 1950 à travers des travaux sur papier sollicitant des spectateurs invités à projeter des images mentales par l’entremise de signes langagiers ou graphiques mis à leur disposition.

De 1957 à 1967, Franz Erhard Walther fait des études aux Arts appliqués d’Offenbach, aux Beaux-arts de Francfort et aux Beaux-arts de Dusseldorf. Sa première exposition personnelle a lieu en 1966 à Aix-la-Chapelle. Il s’installe à New York de 1967 à 1973. Il vit et travaille à Hambourg.

L'évolution de son travail artistique

Au début des années 1960, l’artiste commence à concevoir des objets en volume encourageant une manipulation physique. Au début des années soixante, Franz Erhard Walther s’intéresse » au processus et à la dimension temporelle de l’œuvre ». Il réalise des dessins, des pliages de papiers, des installations de formes simples, des collages.

La découverte du tissu et de la couture comme moyens d’expression lui permettront à partir de 1962-1963 de prolonger ces expérimentations et de les convertir en un ensemble de 58 pièces s’étalant jusqu’en 1969 intitulé le 1er Werksatz. En 1963, il introduit l’action comme » forme de l’œuvre [Werkform] »; son intervention et celle du spectateur deviennent déterminantes [Série d’œuvres n° 1 [1. Werksatz]), 1963-1969).

Celui-ci servira de base à l’exploration d’interrogations où le corps, le temps, l’espace, le langage et le dessin seront négociés à des fins incessamment renouvelées et déclinées par le biais de multiples familles d’œuvres qui s’étalent jusqu’à aujourd’hui.

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Dans les années soixante-dix, il réalise des architectures et des socles et tient compte de leur lien au lieu de l’exposition (Série d’œuvres n°2 [2. Werksatz]). Il crée des Formations murales, d’immenses panneaux muraux comme lieu à construire. Dans les années quatre-vingt-dix, il propose des installations, les Configurations. La participation du spectateur est toujours nécessaire pour donner vie à ces œuvres «de sol et de mur», les manipuler, écrire le «livre ouvert» avec les mains, les pieds et la pensée.

Artiste conceptuel, il se préoccupe des rapports entre langage, espace et œuvre. En fonctionnant comme élément plastique, comme élément spatial, comme élément sculptural classique le corps peut devenir lui-même sculpture.

Le langage à travers l’écriture, Walther y est venu lui-même avec une formidable série de pages crayonnées sur lesquelles, évitant la biographie, il raconte son œuvre depuis 1947, alors qu’il est âgé de 8 ans ! D’autres salles sont consacrées aux œuvres de jeunesse. De quoi se rendre compte que, très tôt, Walther s’attelle à la déconstruction des codes classiques de la sculpture, comme avec Grands travaux de papier. 16 inclusions d’air, en 1962.

Expositions récentes

Le travail de Franz Erhard Walther a fait ces quinze dernières années l’objet de nombreuses expositions personnelles au - liste non exhaustive - MAMCO de Genève, à la DIA : Beacon de New York, à la Kunsthalle de Hambourg, au Wiels de Bruxelles, au CAPC de Bordeaux, au MUDAM de Luxembourg, au Power Plant de Toronto, au Reina Sofia de Madrid, au Museo Jumex de Mexico City et au Haus der Kunst de Munich.

Qui aurait cru sortir repu de la belle rétrospective que consacrait au printemps dernier le centre d’art contemporain Wiels (Bruxelles) à Franz Erhard Walther devrait se rendre à Bordeaux, et qui ne l’aurait pas vue devrait y courir. Coproducteur de l’exposition, le CAPC en accueille en effet la seconde et ultime étape, dans une version élargie mais nullement diluée.

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L'interaction avec le spectateur

Ce qui interpelle d’entrée le regard embrassant les travaux réunis dans la nef et les pièces qui se dévoilent dans les galeries latérales, c’est une impression d’attente si ce n’est de latence. Comme si la souplesse et la légèreté des formes dispersées, pour beaucoup confectionnées en tissu, n’étaient pas figées mais contenues dans un état transitoire participant à la constitution d’un vocabulaire. Certes, il est notoire que, depuis le début des années 1960, l’art de Walther n’existe pleinement qu’à travers l’action des spectateurs qui vont lui donner vie par l’usage et l’activation - ce que pointe le titre de l’exposition, « The Body Decides » [le corps décide].

L’accrochage déploie toutes les installations importantes de l’artiste, à commencer par Werksatz, une première série de 58 éléments protégés par des housses de coton et réalisés entre 1963 et 1968, dont des copies d’exposition invitent à la manipulation, laissant au spectateur une responsabilité dans l’accomplissement d’une sculpture.

Quant à la question du langage à proprement parler, certaines galeries révèlent quelques Images Mots, soit des dessins de moyen format exécutés à la fin des années 1950 dont une centaine a été conservée sur les 220 exécutés. Sur chaque feuille l’artiste a appliqué à un mot choisi des combinaisons de typographie, couleur et taille variables, comme s’il anticipait là à la fois la multiplicité et l’unicité à venir de ses sculptures.

« Ma véritable intention est de faire prendre conscience qu’en me positionnant à l’intérieur de l’œuvre, je suis, en tant que personne, totalement un matériel plastique au sens classique du terme [. . . ]. Je complète l’œuvre, je lui apporte son intégrité, et c’est seulement par la présence de mon corps qu’elle devient ce qu’elle doit être.

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