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La Ford T, surnommée familièrement "Tin Lizzie" ou "Flivver" aux États-Unis, est une automobile fabriquée de 1908 à 1927 par la Ford Motor Company sous la direction de Henry Ford. La Ford T fait de 1908 l'année historique où l'automobile entre dans l'ère de la grande série. Elle est généralement considérée comme la première voiture accessible au plus grand nombre, celle qui « mit l'Amérique sur des roues ».

La première Ford T de série sort de l'usine Ford de l'avenue Piquette à Détroit le 27 septembre 1908.

La Ford T pendant la Première Guerre Mondiale

Durant la Première Guerre mondiale, la Ford T a été largement utilisée par les forces armées américaines en 1917-1918 comme camion léger, ambulance ou véhicule de reconnaissance.

En 1917, les Américains sont arrivés en France, sous les ordres du Général Pershing pour participer à la plus grande tragédie humaine encore jamais vue en Europe. Pour transporter leurs blessés, certains eurent l'idée de transformer des Ford T en ambulances.

L'Auto Mitrailleuse Ford Russe

Le châssis est un Ford T, aménagé par l'Amirauté Britannique pour la Russie de 1916-17. L'équipage est composé de 3 hommes: un pilote et deux mitrailleurs. Le blindage est de 5 mm, sauf pour le compartiment de la mitrailleuse Maxim où il est de 9 mm. Les roues sont en bois, à rais cachés et blindés par un disque métallique.

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Les Automitrailleuses de la Première Guerre Mondiale

L’automitrailleuse Renault ED de 1915 est l’un des premiers véhicules blindés français, conçu pendant la Première Guerre mondiale. Elle a été utilisée principalement pour des missions de reconnaissance, de patrouille et parfois de soutien à l’infanterie.

L’automitrailleuse White TBC est un blindé français conçu à la fin de la Première Guerre mondiale. Produite très tardivement, l’automitrailleuse ne joue qu’un rôle très limité avant le 11 novembre 1918 mais jusqu’en 1933 il s’agit de la principale automitrailleuse de la cavalerie française.

Le Garford-Putilov est un exemple frappant de l’expérimentation des véhicules blindés durant la Première Guerre mondiale, combinant un châssis de camion américain avec l’armement russe pour créer un véhicule lourdement armé et blindé.

Le plus réussi des premiers véhicules blindés russes était la gamme de véhicules blindés Russo-Balt. La plupart d’entre eux montaient des mitrailleuses, mais quelques canons montés.

L'Évolution des Véhicules Blindés : L'Exemple du Marmon-Herrington en Afrique du Sud

En 1938, le gouvernement sud-africain passa commande de deux autos blindées à monter sur son propre sol. Le premier modèle était basé sur un châssis classique de camion Ford 4x2 de 3 t. Le second était pourvu de la conversion américaine Marmon-Herrington pour traction 4x4. C’est ce dernier qui, après des essais intensifs, fut choisi pour être mis en production, bien que quelques 4x 2 aient également été construits.

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Le premier modèle fut appelé Mark I, mais seulement 113 exemplaires de ce 4x2 avaient été construits lorsqu’il fut suivi du Mark II à traction 4x4. La caisse des premiers modèles était rivée mais elle fut bientôt remplacée par une caisse toute en acier corroyé.

Le Mark II était armé, d’origine, d’une mitrailleuse de .303 refroidie par eau et montée en tourelle, ainsi que d’une arme similaire à gauche de la caisse. On vit diverses versions locales du Mark II en Afrique du Nord : sur certains, la tourelle était remplacée par un canon italien de 20 mm, sur d’autres, on avait monté un 2-livres britannique, un 37 mm allemand ou un 47 mm italien, afin d’augmenter leur puissance de feu.

Le Mark III succéda au Mark II en mai 1941. Il était basé sur un châssis Ford à empattement de 2,971 m (au lieu de 3,40 m pour le Mark II). Le Mark III bénéficiait aussi de plusieurs amélio­rations mécaniques inspirées par l’expérience acquise au combat en Afrique du Nord. Son armement était semblable à celui du Mark II, sauf qu’il n’avait pas de mitrailleuse en tourelle.

Puis vint le Mark IV, doté d’une nouvelle caisse et d’une nouvelle tourelle en acier corroyé. Son moteur était à l’arrière et non à l’avant comme sur les modèles précé­dents. Il était armé, normalement d’un canon de 2 livres, d’une mitrailleuse coaxiale de .30, d’une mitrailleuse de .30 ou .50 montée sur la tourelle pour la défense antiaérienne et d’un lance-pots fumigènes sur le côté de la tourelle.

L'Utilisation de la Ford T Modifiée dans les Expéditions Désertiques

Ralph Alger Bagnold est considéré comme le pionnier de l’exploration du désert en automobile. À bord d’une Morris, il réalise tout d’abord de courtes expéditions, sans que l’auto lui donne toutes satisfactions. Puis il constitue des équipes, avec notamment le topographe Pat Clayton, pour s’aventurer dans le désert libyque. Les voitures utilisées sont des Ford T modifiées, à l’image des véhicules des Light Car Patrols.

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Dès 1929, Bagnold effectue de nombreuses expéditions avec des Ford T et A en Libye, au Tchad et au Soudan. Les Ford sont allégées en ôtant plusieurs panneaux de la carrosserie, notamment le capot, ce qui évite aussi les surchauffes moteur, dotés de vases d’expansion.

À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939, des troupes britanniques stationnées en Égypte et commandées par le général Wavel font face aux nombreuses divisions italiennes du général Graziani. S’étant fait réintégrer et promu major, Bagnold se retrouve au Caire le 18 juin 1940. Ainsi, Bagnold va créer le Long Range Desert Group (LRDG, dont les commandos sont appelés les Scorpions du désert).

Cependant les missions des Scorpions du désert continuent, et avec l’arrivée de l’Afrikakorps en janvier 1941, l’unité se dote de Ford CMP F 30 à quatre roues motrices, malheureusement plus lourds et plus gourmands en carburant que les Chevrolet WB 30.

Les Technicals : Un Héritage de la Ford T Mitrailleuse ?

Ainsi, durant la Première Guerre mondiale, des Ford T avaient pu être équipées avec des MMG Vickers pour accompagner les forces australiennes sur le théâtre du Levant. Ainsi, le système, que l’on associait surtout aux milices sous équipées de la « Great Toyota War »[5], a tout aussi bien pu être utilisé par des armées régulières. Et c’est justement ce qui a été observé en Ukraine.

Le technical a évidemment suivi les évolutions technologiques et les exemples d’ingéniosité mécanique et stratégique se multiplient autour de cette « cavalerie des conflits asymétriques contemporains »[6].

Diversité et Ingéniosité des Technicals

Les occurrences naturelles du technical relèvent davantage du bricolage : le véhicule qui est détourné avait originellement un usage civil. La plupart des équipements montés observés sont des mitrailleuses lourdes ou moyennes. Ce sont souvent des armes volées, datant de conflits antérieurs ou en dotation.

Autre modification que l’on retrouve fréquemment sur certains véhicules civils : les dispositifs antichars ou d’artillerie. Là aussi, la récupération est de mise. On retrouve à nouveau des armes plutôt anciennes et qui avaient originellement vocation à rester au sol.

Ainsi, des véhicules, non blindés, originellement dédiés au transport de troupes ou de matériel, ont été observés avec des armes ajoutées a posteriori. On retrouve les mêmes logiques d’armement que pour les modifications de véhicules civils : on ajoute tantôt des mitrailleuses, des armes antichars ou de l’artillerie.

Amélioration du Blindage

Une autre modification que l’on retrouve souvent : la constitution ou l’amélioration d’un blindage avec des pièces de récupération. C’est ce que l’on appelle communément des hillbilly armour à base de tôles, de planches et de sacs de sable.

Ainsi, le technical peut véritablement se transformer en blindé léger capable de couvrir une avancée de troupe avec une protection, certes dérisoire face aux explosifs, mais pertinente face à des armes de petit calibre.

Les Technicals et les Forces Spéciales

Le technical est aussi utilisé par les forces spéciales. Cela montre bien que ce système n’est pas toujours qu’une affaire de bricolage, mais parfois un choix tactique cohérent. En effet, ce système d’arme a été adapté aux opérations commando avec une accointance pour le « tout-terrain ».

Les forces spéciales russes ne sont pas en reste puisqu’elles utilisent également des technicals. Leur stratégie d’utilisation semble néanmoins différer. Là où les Ukrainiens innovent avec le tout-terrain, les Russes ont surtout été observés selon une utilisation low profile[12] bien plus classique.

Le Technical : Symbole d'une Double Logique de Conflit

Le technical incarne clairement une double logique de conflit. D’un côté, il est le véhicule type des forces paramilitaires et s’illustre dans des stratégies de guérilla et de harcèlement. De l’autre, on le voit associé à des technologies modernes lui permettant d’acquérir une puissance de feu jusque-là réservée aux armées modernes.

Ce nouveau type d’affrontement met un terme au mythe de la supériorité technologique garantissant la victoire. L’actualité s’illustre avec des attaques ukrainiennes qui relèvent de cette stratégie. La conception de la défense ne relève plus de la « Ligne Maginot », mais plutôt de la « toile d’araignée »[16].

Le Conflit Ukrainien : Un Exemple de Guerre Hybride

Le conflit ukrainien est ainsi véritablement hybride : des troupes adoptent une stratégie irrégulière tout en étant soutenues par des actions de stratégie directe menée par une armée de métier (au travers de son aviation ou de son artillerie).

On retrouve une logique similaire en Ukraine, mais sans la dimension « conflit proxy[18] » : la guerre est parfois menée selon une logique irrégulière, mais elle est alors soutenue par des forces régulières via différents moyens.Parmi ces moyens de soutiens, on trouve la livraison d’armes, le renseignement[19], ou encore des opérations de l’armée régulière via son aviation ou son artillerie.

Les Limites du Technical dans un Conflit de Haute Intensité

Cette stratégie incarnée par le technical est-elle pour autant valable dans le cadre d’un conflit de haute intensité très coûteux en munitions ? La réponse est ambivalente. Le technical est très pratique dans ce contexte par son faible coût d’achat ou d’entretien.

L’Ukraine est, en effet, devenue dépendante de cette puissance de feu qui est très coûteuse en munitions : si cela ne coûte pratiquement rien de remplacer un technical, le NLAW qui lui est rattaché est bien plus précieux.

Les technicals sont des véhicules caractéristiques des affrontements asymétriques contemporains. À ce titre, il est normal d’en voir utilisés durant le conflit ukrainien.

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