Dès le commencement de la Première Guerre mondiale, une arme de petit calibre va démontrer une efficacité redoutable sur les champs de bataille : la mitrailleuse. Cependant, ce type d’arme, par essence lourde, sur affut et donc peu mobile ne se prêtait pas un usage « polyvalent » dans son rôle d’appui de l’infanterie. Aussi, une arme d’appui dotée d’une « portabilité » appropriée, dont les prémices précèdent la guerre de quelques années (avec par exemple, les fusils-mitrailleurs Madsen ou Hotchkiss M1909, Benét-Mercié) sera au cœur de la recherche et développement pendant et après la Première Guerre Mondiale.
David Numovich Bolotin, historien soviétique de l’armement, nous raconte dans son excellent livre « Soviet Small-Arms and Ammunition », que les études Russes sur la conception d’un fusil-mitrailleur, pré-date en réalité la Première Guerre Mondiale, mais que ces projets ont été tout simplement selon ses dires « enterrés dans les archives militaires ». Ainsi, face à ce besoin, la Russie Impériale aura recours à des armes de conception étrangères, et notamment, à des fusils-mitrailleurs Madsen, Lewis, Benet-Mercier Mle. 1909 et CSRG Chauchat. Le tout, dans des calibres différents…autant dire une joyeuse pagaille logistique. Mais aussi sans doute, une mine d’informations et d’inspirations pour les concepteurs en herbe !
Héritant de cette situation éclectique et très dégradée par des années de conflits, la première action des Soviétiques sur la voie d’une adoption d’un fusil-mitrailleur indigène sera de commander une « adaptation » de la mitrailleuse Maxim en fusil-mitrailleur. Ainsi, suivant ce qui deviendra avec le temps une habitude (sans être systématique) en Union Soviétique, différents concepteurs d’armes seront appelés aux planches, dans une compétition dont l’unique but sera d’offrir à la Mère Patrie le meilleur des outils. Ici, les deux élus sont Ivan Nikolaevich Kolesnikov et Fedor Vasilievich Tokarev (le même qui concevra ultérieurement le TT-33 et les SVT 38 et 40). L’idée est évidemment de mettre à contribution les infrastructures de production des mitrailleuses Maxim, existantes en Russie depuis le début du XXe siècle. De même, l’utilisation d’une conception et de pièce commune est un avantage évident d’un point de vue opérationnel et logistique.
Cependant, si l’idée était séduisante sur le papier, la mitrailleuse Maxim, utilisant un mécanisme de court recul du canon associé à un encombrant verrouillage « par genouillère », ne se prête que difficilement à l’exercice. Les deux fusils-mitrailleurs issus de ces travaux (tous deux refroidis par air et non par eau comme la MG 08/15), les « Maxim-Koleshnikov » et « Maxim-Tokarev », seront évaluées, ce qui conduira le 26 Mai 1925 à l’adoption du fusil-mitrailleur Maxim-Tokarev ou « MT ».
Ce premier fusil-mitrailleur de l’Union Soviétique sera donc sans surprise, profondément imparfait : outre un problème évident de poids et d’encombrement (et ce malgré le choix du refroidissement par air), l’arme ne s’avéra pas particulièrement fiable… Si F.V. Tokarev fera bien des propositions visant à corriger ces problèmes, les solutions envisagées comportaient un désavantage de taille : s’éloignant un peu trop de la mitrailleuse Maxim 1910 réglementaire, elles exigeaient la mise en production de nouvelles pièces et perdaient l’avantage de l’interchangeabilité et de la rationalisation productique, qui était une des principales raisons de faire un portage de la mitrailleuse Maxim en fusil-mitrailleur. Ces solutions ne furent donc pas retenues.
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Le fusil-mitrailleur MT fut tout de même produit à 2450 exemplaires à Tula (dans l’usine fabricant également la mitrailleuse Maxim 1910) entre 1926 et 1927. Alors que seulement 50 exemplaires du très imparfait MT avaient été produit (et sans doute pas encore intégrés à l’arsenal des forces armées) au 1er Juillet 1926, un rapport du comité d’artillerie stipula très clairement le 31 Juillet de cette même année (soit environ 4 ans après la fin de la Guerre Civile) : « il est devenu évident que l’URSS ne dispose pas d’assez de fusils-mitrailleurs, et que parmi les armes en stock, aucune n’est chambrée pour la cartouche Russe ».
Vassili Alexeïevitch Degtyarev, née à Tula en 1880, commença sa carrière dans l’armurerie en tant qu’apprenti à l’usine de Tula à l’âge de…11 ans ! Il était issu d’une famille travaillant dans la région de Tula, sans doute dans des activités liées à l’armurerie. À partir de 1906, il travaille avec Vladimir Grigoryevich Fedorov sur la conception d’un fusil automatique. Comme évoqué dans un autre de nos articles, V.G. Fedorov, fut un pionnier de l’armement petit calibre Russe et Soviétique, mais aussi à de nombreux égards, un des mentors de toute une génération de concepteur d’arme. V.A. Degtyarev conçu sa première arme - un fusil automatique - en 1916. Au dire, de D.N. Bolotin, cette arme utilisait un système associant un emprunt de gaz à une culasse à verrou mobile (parfois qualifier « d’ailettes de verrouillage ») qu’on retrouvera sur ses fusils-mitrailleurs.
Il commença ses travaux sur un fusil-mitrailleur de sa propre initiative en 1923. Se type d’initiative sera en réalité assez courant en Union soviétique et un certain M.T. Kalashnikov commencera sa carrière armurière environ 20 ans plus tard de cette façon, en concevant, de sa propre initiative, un pistolet-mitrailleur. Le fusil-mitrailleur de V.A. Degtyarev sera testé en 1924 et sera remarqué pour - nous citons D.N. Bolotin - son originalité, sa fiabilité, sa cadence de tir et sa maniabilité. Notons ici que nous avons choisi la traduction de « скоро-стрельность» du texte original par « cadence de tir » et non par « rapidité de tir » utilisé dans la version anglaise du livre (« fire rapidity »), ce qui n’a que peu de sens dans le contexte. En effet, la cadence de tir de la DP n’est pas particulièrement élevée…bien au contraire ! Il faut savoir se méfier des traductions…et en cas de besoin, retourner à langue d’origine.
De façon assez amusante, il semblerait que le fusil-mitrailleur eut été à cette époque, considéré par certaines autorités en URSS, comme un phénomène de mode plus que comme une avancé tactique. La chose nous parait amusante, car c’est exactement le même genre de considérations qui conduiront à l’adoption tardive d’un pistolet-mitrailleur en URSS (cf. notre article sur la PPSh-41 en lien ici). Fort heureusement pour l’URSS, comme mentionné plutôt, cette pensé ne sera pas dominante concernant le fusil-mitrailleur.
Cette même année (1924), V.A. Degtyarev et V.G. Fedorov seront convoqués à une importante réunion organisée par le « Vice-Président du Comité Révolutionnaire Militaire de l’URSS », Mikhaïl Vassilievitch Frounze, un des pères de la pensée militaire soviétique de l’époque. Au cours de cette réunion, V.A. Degtyarev se verra encourager dans la poursuite de ses travaux, notamment par l’adjonction de tout moyen nécessaire à cette tâche. Les effets de cette réunion seront pérennes, malgré le décès de M.V. Frounze en 1925. Ainsi, avec l’aide notable de V.G. Fedorov, mais aussi dans son entourage Georgy Semyonovich Shpagin et Sergueï Gavrilovitch Simonov, le prototype de ce qui aller devenir la « Degtyarev Pekhotiny » (comprendre ici, « le Degtyarev d’infanterie ») sera prêt en 1926.
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Si l’arme était résolument moderne dans sa conception (étant notablement plus simple aussi bien d’un point de productique qu’opérationnelle que la vaste majorité des fusils-mitrailleurs produits partout ailleurs dans le monde), l’arme se heurta néanmoins à plusieurs bris de pièces lors des essais qui auront lieu en à partir de septembre 1926 et qui pousseront l’arme dans ses retranchements en termes d’endurance. On peut noter ici qu’on la voit parfois dénommée « DP-27 » ou « DP-28 » : ses deux appellations n’ont rien d’officiel en URSS mais ont couramment été employées dans la littérature spécialisée. De façon assez amusante (et pour le moins anecdotique), l’appellation DP-27 est plutôt utilisée à notre connaissance par les Anglophones et DP-28, par les francophones.
Au moment de son adoption, la mise en production de la DP avait en réalité déjà commencé à l’usine de Kovrov au cours de l’année 1927, avec une première commande de 2500 armes. Le développement de l’arme ne s’arrêtera pas avec son adoption : au cours de l’année 1928, elle sera améliorée notamment du point de vue de sa durabilité (utilisation de meilleurs aciers, emploi de traitements thermiques mieux maitrisés) mais aussi sur l’interchangeabilité des pièces entre les armes, enjeu crucial pour une arme de guerre, surtout prévue pour une production en grande quantité. Car c’est bien le cas de la DP : compte tenu des moyens de l’époque, elle constitue bien une avancée d’un point de vue productique, divisant de façon considérable le temps de travail et la matière consommé par rapport à une mitrailleuse Maxim. Attention toutefois à ne pas se méprendre ici : on ne peut pas encore parler d’arme de « production de masse ».
L’arme sera également déclinée en mitrailleuse de char (Degtyareva Tankovy) et d’aviation (Degtyareva Aviatsionny). Le « Degtyareva Pekhotiny Modernizirovanniy » (Degtyarev d’Infanterie Modernisé)ou DPM: version « modernisée » de l’arme adoptée au cours de l’année 1944. Supervisée par V.A. Detyarev lui-même, cette modernisation corrige les défauts de la DP…car oui des défauts persistent ! Nous allons y revenir plus loin, mais parmi les modifications, on peut énumérer : un bipied repensé, une relocalisation de l’ensemble récupérateur derrière l’ensemble mobile, un re-dessin total de l’extracteur (dont le dessin est proche de celui de la SG-43, qui inspira probablement l’extracteur de la AK), le remplacement de la sûreté à pédale par un levier de sureté, et un re-dessin complet de la crosse avec l’ajout d’une poignée pistolet.
Le « Rotnyy Pulemet 1946 » (fusil-mitrailleur de Compagnie 1946) ou RP-46 : il s’agit d’une version de la DPM qui se voit adjoindre un système d’alimentation à bande, qui s’installe, (avec de légères modifications), en lieu est place du chargeur habituel, ce qui permet la conversion à moindre frais des stocks de DPM existant. L’arme se voit dotée par la même occasion d’un nouveau canon (plus lourd) et surtout d’un nouveau régulateur d’emprunt de gaz plus pratique et plus adapté aux spécifications de l’arme. Cette évolution est le fruit du travail de Petr Petrovitch Polyakov, Aleksey Alexandrovitch Dubynin et Aleksandr Ivanovitch Shilin, vraisemblablement sans l’intervention de V.A. Degtyarev. L’arme utilise les mêmes bandes que les mitrailleuses SG-43 et SGM.
Au sein de l’Union Soviétique, le fusil-mitrailleur DP passera glorieusement à la postérité, car il fit partie des armes clefs de la Grande Guerre Patriotique. Construit en nombre conséquent avant même la guerre, son atout tactique et ses qualités en feront une arme de prise de choix, aussi bien par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale (sous l’appellation MG 120(r)) que par les Finlandais pendant la Guerre d’Hiver qui précéda le conflit mondial (le conflit Finno-Soviétique débutant pendant la Second Guerre mondiale étant baptisé « Guerre de Continuation »). On la rencontre encore fréquemment sur bon nombre de zone de conflit, et notamment en Afrique ainsi qu’au Moyen-Orient…et même en Ukraine notamment au début du conflit.
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La carrière de V.A. Degtyarev ne se limitera bien évidemment pas à la conception de ces fusils-mitrailleurs et mitrailleuses. Pendant plusieurs décennies, il sera présent sur la majorité des projets d’arme à feu (et notamment, les pistolets-mitrailleurs PPD-34, PPS-34/38 et PPD-40, du fusil anti-char PTRD-41, évoqué dans notre article sur le PTRS-41 en lien ici), devenant lui aussi, à l’instar de V.G. Fedorov, un des pères de la pensée Soviétique en matière d’arme petit calibre. Il sera également nommé général, directeur de l’usine de Kovrov (qui sera même rebaptisé en son nom en 1949, juste après ça mort), et sera décoré à de très nombreuses reprises (dont bien évidemment, les plus hautes distinctions du régime : trois fois par l’Ordre de Lénine et Héros de l’Union Soviétique,). On peut lire dans la biographie de M.T. Kalashnikov « Ma Vie en Rafale », qu’il était « un des préférés du régime ». Staline lui offrit même une luxueuse voiture ZiS, luxe suprême et marque de très haute reconnaissance en URSS. V.A. Degtyarev est décédé à Moscou le 16 janvier 1949, à l’âge de 69 ans.
Parmi les traits de caractère notables de V.A. Degtyarev, il faut souligner qu’a au moins deux reprises, il prit parti pour le travail de ses « concurrents » au détriment de ses propres conceptions. Il milita en faveur de la mitrailleuse SG-43 de Petr Maximovitch Goryunov face à sa DS-39, devant Staline même et alors que son arme avait les faveurs du dictateur ! De même, il abandonna publiquement ses travaux sur son Avtomat afin de favoriser les travaux du jeune M.T. Kalashnikov.
Le Général Vilhelm Herman Oluf Madsen, officier danois ayant vécu la guerre des Duchés contre la Prusse en 1864, se distingue par son intérêt marqué pour l’armement et son évolution. En 1896, il invente un fusil semi-automatique, modèle 1896, et réalise plusieurs innovations dans le domaine des armes à feu. Grâce à son expérience, le Général Madsen constate les limitations en termes de mise en place et de flexibilité opérationnelle des mitrailleuses du système Maxim. En 1902, il concrétise cette vision en inventant le premier fusil mitrailleur moderne pleinement opérationnel, transportable par un seul homme.
Conçu pour des utilisations variées, que ce soit en attaque, en soutien ou en défense, l’arme est équipée d’un bipied pour le confort de tir et d’une poignée cross. Un manchon perforé permet à l’air de refroidir le canon et le ressort récupérateur. Un chargeur de 40 cartouches, positionné au-dessus de l’arme, assure la fiabilité de l’alimentation lors des tirs. À partir de 1904, suite à des essais militaires réussis, plusieurs armées à travers le monde adoptent le fusil Madsen. Son succès international est particulièrement marqué pendant la guerre russo-japonaise en 1904, lors du siège de Port Arthur.
Pendant la Première Guerre mondiale, les Allemands l’utilisent massivement avec le modèle MADSEN M1914, compensant le manque de mobilité des MG08. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands continuent à l’employer en grande quantité avec la version MADSEN M1942, en complément des MG34 et MG42 ainsi que du zb26.
Un fusil mitrailleur est une arme automatique fonctionnant généralement par emprunt de gaz en un point du canon. La cadence de tir automatique se situe entre 500 et 600 coups par minute. Ces armes sont souvent équipées d'un bipied et d'une béquille amovible pour améliorer la stabilité lors du tir. Elles sont conçues pour être compatibles avec divers accessoires, tels que des aides à la visée, grâce à des rails Picatinny supérieurs et secondaires.
Le HK 416 F est un fusil au calibre Otan 5,56 mm, reconnu pour sa fiabilité et sa sécurité accrue. Il dispose d’une crosse réglable et de talons de crosse permettant de s’adapter à la morphologie de chaque tireur. Le HK 416 F est compatible avec toutes les munitions de 5,56 mm homologuées OTAN. La version standard permet le tir de grenades à fusil en tir tendu jusqu’à 100m. Englobant de nombreux accessoires (sangle ISTC, poignée de tir amovible incluant le bipied, bipied amovible…), le HK 416 F est conçu comme un système d’armes permettant d’intégrer l’ensemble des dispositifs existants, et notamment les aides à la visée.
Le HK 416 a véritablement été pensé pour s’adapter aux besoins de chaque tireur. Plus de droitier ou de gaucher : l’arme offre une seule configuration. Sa sécurité de percuteur lui permet également d’éviter tout départ de coup non-voulu, notamment en cas de chute, lorsque le fusil est approvisionné et armé.
Les fusils mitrailleurs peuvent utiliser différentes cartouches. Par exemple, la cartouche modèle 1924 C, à balle légère, du calibre de 7,5 mm, ou encore la cartouche à balle fraisée et la cartouche à blanc modèle 1905. L’arrivée des HK 416 F a été anticipée, avec les premières livraisons prévues en 2017. L’option retenue privilégie la fonction combattants débarqués avec effort sur l’infanterie. Pour autant dès 2017 des régiments de cavalerie, du génie, de l’artillerie mais aussi des écoles verront le début des livraisons du HK 416 F. L’appropriation du HK 416 est vraiment très simple.
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