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Les fêtes musulmanes, moments de joie et de communion, sont parfois entachées par des incidents et des violences. Ces actes, souvent motivés par l'islamophobie ou des tensions religieuses, suscitent l'inquiétude et la condamnation à travers le monde.

Montée de l'Islamophobie en Australie

Depuis l’attentat antisémite à Sydney, survenu le 14 décembre, les musulmans d’Australie font face à une hausse des actes islamophobes. Après l’attentat antisémite sur la plage de Bondi à Sydney, le 14 décembre dernier, la communauté musulmane d’Australie est confrontée à une montée de violence à son encontre, relate le média ABC. Le conseil national des imams australiens a enregistré une augmentation de près de 200 % des incidents anti-musulmans.

« Les personnes qui appellent font état d’une escalade des insultes, de commentaires menaçants en ligne, d’une peur accrue pour leur sécurité personnelle et d’une anxiété grandissante quant à une possible aggravation de la situation dans les jours et les semaines à venir », dénonce le conseil. Selon l’Islamophobia Register Australia, organisation indépendante à but non lucratif, les signalements d’attaques islamophobes sont passés d’une à deux en moyenne par jour à environ 18, soit + 740 %. La plupart concernent des crachats, insultes, agressions et menaces à l’encontre de femmes musulmanes, précise une chronique parue dans The Guardian.

Au moins neuf mosquées et centres islamiques ont déploré des actes de vandalismes ou des graves incidents de sécurité ayant entraîné l’intervention de la police. Des têtes de porcs avaient été jetées dans un cimetière musulman de Nouvelle-Galles du Sud au lendemain de l’attentat. Des symboles nazis et des insultes ont aussi été tagués sur une mosquée de Brisbane, tandis que des actes de vandalisme ont été constatés dans un collège islamique de Melbourne.

Dans cette même commune, une importante mosquée située dans le quartier de Carlton a reçu son premier courrier haineux, qualifiant l’islam de « culte de la mort » et exigeant que la communauté « quitte la société judéo-chrétienne ». « C’est inquiétant, car on se demande où cela peut mener, commente Selima Ymer, la présidente du comité des femmes de la Société islamique albanaise australienne. Ce n’est qu’un simple courriel un jour, et le lendemain, cela pourrait se transformer en quelque chose de plus grave. »

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« Il est important que les gens se souviennent que lorsqu’ils disent quelque chose en ligne, ils le disent en réalité dans le ‘monde réel’ et que cela peut avoir des conséquences graves et importantes », a réagi la police du Victoria, par la voix de son porte-parole. Cela inclut la possibilité d’être accusé d’infractions criminelles. Après l’attentat, les organisations musulmanes et les mosquées avaient publiquement condamné l’attaque antisémite, marquant leur solidarité avec la communauté juive.

Dans une déclaration publique, le conseil national des imams australiens avait aussi affirmé que les « actions et l’idéologie de l’État islamique s’opposent totalement aux enseignements de l’islam et aux valeurs défendues par les musulmans du monde entier ». Tous redoutent de subir des « représailles » et une « punition collective ».

Répression de la Communauté Ahmadiyya au Pakistan

Les autorités pakistanaises doivent immédiatement mettre fin à la répression systémique exercée contre la communauté ahmadiyya, et faire respecter le droit à la liberté de croyance et de religion, a déclaré Amnesty International jeudi 5 juin. À l’approche de l’Aïd al Adha, qui aura lieu le 7 juin au Pakistan, cette minorité religieuse a fait l’objet d’une multiplication des actes d’intimidation, des manœuvres de harcèlement et des agressions.

Les autorités locales et régionales à travers le pays ont pris des mesures pour empêcher les ahmadi·e·s de célébrer cette fête, notamment en les obligeant à signer des déclarations sous serment selon lesquelles ils s’engagent à ne pas participer aux prières et aux rituels de l’Aïd, et en donnant des ordres à la police. Depuis la mi-avril, de nombreux cas de violences perpétrées par des groupes religieux majoritaires contre la communauté ahmadiyya ont été recensés, dans le cadre desquels au moins trois personnes ont été tuées.

« Les violences et le harcèlement dont sont victimes les ahmadi·e·s à l’approche de la fête musulmane de l’Aïd al Adha s’inscrivent dans un contexte de répression persistante de la part des autorités pakistanaises », a déclaré Isabelle Lassée, directrice régionale adjointe pour l’Asie du Sud à Amnesty International. « Non seulement les autorités locales et les organes chargés de l’application des lois au Pakistan ne protègent pas les ahmadi·e·s, mais ils restreignent en outre activement le droit de ceux-ci à la liberté de croyance et de religion. »

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Amnesty International a examiné plus de 15 déclarations sous serment, ou cautionnements, signées par des ahmadi·e·s s’engageant à s’abstenir d’acheter des animaux ou de procéder à leur abattage rituel pour marquer l’Aïd al Adha. Certaines déclarations sous serment contenaient même des engagements selon lesquels les signataires s’abstiendraient de prononcer les prières de l’Aïd.

Les documents signés indiquent que tout manquement à ces conditions entraînerait des amendes d’un montant pouvant s’élever jusqu’à 500 000 roupies pakistanaises (1 765 dollars américains) ou exposerait les signataires à des sanctions judiciaires en vertu du Code pénal pakistanais. Amnesty International a analysé ces documents dans cinq districts : Chakwal, Narowal, Toba Tek Singh, Khanewal et Faisalabad.

Amnesty International a également examiné de nombreux avis émis par divers responsables administratifs à Lahore, Karachi, Mirpur, Sargodha et Rawalpindi, ordonnant à la police de prendre des mesures à l’encontre des ahmadi·e·s qui célèbrent l’Aïd. Ces ordonnances ont été émises en réponse à des demandes émanant de personnes appartenant à des groupes religieux tels que le Tehreek e Labbaik Pakistan et à des associations juridiques, notamment diverses associations du barreau.

Des ordres de détention provisoire ont également été émis à Sialkot, en vertu de l’ordonnance relative au maintien de l’ordre public, contre des membres de la communauté Ahmadiyya, afin de les empêcher de célébrer l’Aïd. L’ordonnance précise qu’elle vise à empêcher des personnes d’agir « d’une manière préjudiciable à la sécurité publique et au maintien de l’ordre public ». Récemment, un membre de la communauté ahmadiyya aurait été arrêté de manière arbitraire pour avoir tenté d’acheter un animal destiné à un abattage rituel à Chiniot.

« Chaque année, les ahmadi·e·s se préparent à la possibilité d’une action policière, de menaces ou même de violences », a déclaré Mahmood Iftikhar, porte-parole de la communauté. « Les demandes arbitraires de l’État ne font que renforcer le message selon lequel les ahmadi·e·s ne sont pas protégés par la loi », a-t-il ajouté.

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Contexte Législatif Discriminatoire

L’ordonnance XX de 1984 a ajouté au Code pénal pakistanais les articles 298-B et 298-C, qui interdisent à tout ahmadi de se qualifier de musulman ou de prêcher et de propager sa foi. Cela inclut l’utilisation d’« épithètes, de descriptions et de titres » relatifs aux musulman·e·s. La loi, et son interprétation ultérieure par la Cour suprême en 1993, dispose que les ahmadi·e·s ne peuvent pas se déclarer musulman·e·s ni pratiquer des activités qui pourraient être interprétées comme le fait de se faire passer pour des musulman·e·s.

Un arrêt de la Cour suprême de 2022 a toutefois confirmé le droit des ahmadi·e·s à pratiquer leur foi à l’intérieur de leur domicile. En 2024, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale s’est déclaré préoccupé par « le harcèlement et l’intimidation dont les musulmans ahmadis font l’objet au cours de la période précédant l’Aïd al Adha et pendant celle-ci ».

Ce n’est pas la première fois cette année que l’Aïd s’accompagne d’actes de harcèlement visant des ahmadis. Durant l’Aïd al Fitr, à la fin du mois de mars, les prières de l’Aïd ont été perturbées par des groupes religieux et des militant·e·s dans cinq lieux de culte ahmadis à Lahore, et quatre à Karachi. Lors d’un incident survenu à Karachi le 18 avril, une foule violente a tué un homme après la prière du vendredi devant un lieu de culte ahmadi.

« Les violences contre les ahmadi·e·s sont devenues monnaie courante, atteignant souvent un point d’incandescence à l’occasion d’événements religieux tels que l’Aïd. Les autorités pakistanaises ont à maintes reprises manqué à leur obligation de protéger cette population, et ont même activement discriminé et harcelé des ahmadi·e·s par le biais d’ordres de détention, de poursuites et d’ordonnances imposant des restrictions au droit de cette communauté à la liberté de croyance et de religion », a déclaré Isabelle Lassée.

Amnesty International demande aux gouvernements, au niveau des provinces et de l’État, de supprimer les consignes empêchant cette communauté d’observer la fête islamique de l’Aïd al Adha, de prendre des mesures de protection en faveur des ahmadi·e·s contre diverses formes de violence, et d’enquêter de manière efficace et impartiale sur les allégations d’agressions contre des membres de cette communauté.

Violences Islamophobes à Ajaccio

Au lendemain des violences islamophobes perpétrées vendredi soir à Ajaccio, la ministre de la Justice a promis que le groupe d’individus, qui a pénétré dans une salle de prière musulmane située à proximité de la cité des Jardins de l’Empereur, l’a saccagé et a tenté d’y mettre le feu, abîmant de nombreux livres dont des exemplaires du Coran, « en répondra ». « Cinquante livres de prières ont été jetés sur la voie publique (seules quelques feuilles ont été consumées) », avait précisé le sous-préfet de Corse. Un restaurant kebab a également été endommagé.

Ces violences ont eu lieu en marge d'un rassemblement de plusieurs centaines de personnes. Scandant pour certaines « Arabi fora [les Arabes dehors, NDLR] » ou « On est chez nous », encadrés par des policiers déployés pour tenter de maintenir le calme, elles ont essayé d’identifier et de retrouver les auteurs d'une agression qui avait eu lieu la veille : deux pompiers et un policier avaient été blessés dans des échauffourées.

La droite a également condamné ces violences, tout en mettant en cause la réaction du gouvernement. « A Ajaccio, pompiers agressés, lieu de culte saccagé, plus qu’un appel au respect de la loi, on attend de l’État autorité et fermeté », a twitté Alain Juppé (Les Républicains). Le Front national a estimé que « quand les citoyens ont le sentiment légitime que l’Etat ne fait plus régner l’ordre républicain, quand ils voient des pompiers et des policiers pris en embuscade dans un des innombrables ghettos que compte la France, il y a le risque évident qu’ils veuillent se faire justice eux-mêmes (...) ».

L’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a « condamné avec force » ces faits, dénonçant une agression « qui se déroule en un jour de prière pour les musulmans et pour les chrétiens », puisque cette année Noël tombait juste après le Mouled, la fête musulmane qui commémore la naissance du prophète Mahomet.

Une centaine de manifestants venus protester pour la seconde journée consécutive dans plusieurs quartiers populaires d'Ajaccio contre l'agression de deux pompiers et un policier la nuit de Noël ont scandé "On est chez nous", "Arabes dehors". Un dispositif conséquent de gendarmes mobiles et CRS veillait à empêcher tout débordement dans ce quartier où les manifestants sont arrivés en milieu d'après-midi, avant de se diriger vers les quartiers voisins de Saint-Jean et Sainte-Lucie.

Attaques et Deuil lors de l'Aïd al-Adha au Nigeria

Les habitants de Damaturu, dans le nord-est du Nigeria, ont célébré dimanche dans un climat de peur et de deuil la grande fête musulmane de l'Aïd al-Adha après des attaques revendiquées par des islamistes radicaux qui ont fait au moins 150 morts. Vendredi soir, la capitale de l'Etat de Yobe a été secouée par plusieurs attaques contre des postes de police et des églises, dont une menée par un kamikaze en voiture, selon le chef de la police de cet Etat, Suleimon Lawal.

Au moins 150 personnes ont été tuées et une centaine blessées dans ces "actes haineux" dénoncés par le président Goodluck Jonathan. Le pape Benoît XVI a lancé un appel pour le Nigeria, dimanche, lors de la prière de l'Angelus, afin qu'il soit mis "fin à toute violence", en soulignant que la haine et les divisions ne peuvent pas résoudre les problèmes.

La secte radicale islamiste Boko Haram a revendiqué les attaques à Damaturu ainsi que celles survenues quelques heures plus tôt à Maiduguri, capitale de l'Etat voisin de Borno, où quatre kamikazes se sont fait sauter sans faire d'autre victime. Un homme affirmant parler à l'AFP au nom de la secte, Abul Qaqa, a menacé de continuer "à attaquer" des cibles gouvernementales".

En prévision des festivités, la police nigériane avait été placée dès vendredi en "état d'alerte rouge" dans tout le pays. A Abuja, des policiers gardaient l'entrée de mosquées et d'églises, où les fidèles étaient parfois passés au détecteur de métaux à leur arrivée, a constaté un correspondant de l'AFP.

Incident Armé lors de l'Aïd-El-Kébir à Bonneuil-sur-Marne

Un jeune homme de 24 ans a pénétré avec une arme à feu dans un gymnase du Val-de-Marne où de nombreux habitants fêtaient l’Aïd-El-Kébir. Environ 2 000 habitants de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) se sont réunis dimanche 16 juin 2024 dans le gymnase Cotton de la commune pour célébrer ensemble l’Aïd-El-Kébir, une grande fête musulmane.

L’homme a toutefois été rapidement maîtrisé et désarmé par plusieurs témoins, indique le maire de Bonneuil-sur-Marne, Denis Öztorun, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Je me suis personnellement interposé physiquement, avec d’autres concitoyens courageux, pour que la situation ne dégénère pas et pour éviter le pire », écrit-il. La police est ensuite arrivée sur place pour interpeller le suspect et le placer en garde à vue pour « tentative d’extorsion avec arme et menaces de mort ».

Violations de la Trêve en Syrie lors de l'Aïd el-Adha

À l'appel de l'émissaire international Lakhdar Brahimi, rebelles et armée s'étaient engagés jeudi à faire taire leurs armes durant les quatre jours de l'Aïd el-Adha, la fête musulmane du sacrifice, mais chaque partie se réservait le droit de riposter. « La trêve a volé en éclats dans plusieurs régions de Syrie mais il y a malgré tout moins de violences et moins de victimes que d'ordinaire », a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée a riposté en bombardant le village limitrophe de Deir Charqui, et des accrochages ont eu lieu dans la province de Damas, à Homs (centre) et brièvement à Alep (nord), selon l'OSDH. Des tirs à l'arme lourde et au mortier pouvaient être entendus depuis la Turquie à la frontière syrienne, a rapporté l'agence de presse turque Anatolie.

Vendredi matin, la télévision d'Etat a montré le président Bachar al-Assad priant dans une mosquée du quartier chic de Mouhajirine à Damas, affichant un sourire et une déconctraction contrastant avec le conflit meurtrier qui a fait dans son pays, selon l'OSDH, plus de 35.000 morts depuis mars 2011.

Au Caire, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed Ben Hilli, a déclaré à l'AFP que la trêve semblait tenir "selon les premières indications", et a estimé que le régime et les rebelles se devaient de la respecter malgré les incidents isolés. Selon lui, au-delà des quatre jours de fête religieuse, l'idée est d'aboutir à un cessez-le-feu prolongé.

Manifestations et Tensions Communautaires en Syrie

Des milliers de Syriens alaouites ont manifesté, dimanche 28 décembre, dans plusieurs villes pour réclamer la fin des violences après l'attaque meurtrière d'une mosquée de cette communauté musulmane minoritaire dans le pays. Les Alaouites, une branche de l'islam chiite dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, sont la cible d'attaques depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir à Damas fin 2024.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, a fait état de plusieurs blessés. Le dignitaire Ghazal Ghazal, président du Conseil islamique alaouite en Syrie et à l'étranger, avait appelé samedi à "montrer au monde que la communauté alaouite ne pouvait pas être humiliée ou marginalisée".

Tableau Récapitulatif des Incidents

Pays/Région Type d'Incident Fête/Période Conséquences
Australie Actes islamophobes (vandalisme, insultes, menaces) Post-attentat antisémite Augmentation de la peur et de l'anxiété au sein de la communauté musulmane
Pakistan Répression et harcèlement de la communauté Ahmadiyya Aïd al-Adha Restrictions à la liberté religieuse, arrestations arbitraires, violences
Ajaccio, France Saccage d'une salle de prière musulmane, slogans islamophobes Période de Noël / Mouled Condamnations, tensions communautaires
Nigeria Attaques terroristes Aïd al-Adha Morts et blessés
Bonneuil-sur-Marne, France Intrusion armée dans un lieu de célébration Aïd-El-Kébir Incident maîtrisé, arrestation
Syrie Violations de trêve, manifestations, tensions communautaires Aïd el-Adha Morts, blessés, instabilité

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