La balistique existe depuis des millénaires, en effet, elle existait au temps de la chasse et des guerres. Les Romains sont les précurseurs de la balistique. En effet, ils utilisaient de nombreuses armes de guerre, développées pour l’époque comme la baliste ou la catapulte.
La balistique sert à déterminer la nature de l’arme utilisée, le nombre de coups de feu tirés et aussi la direction et la distance de tir. Elle étudie aussi les effets subis par les projectiles pour retrouver l’arme utilisée mais aussi les impacts et les blessures. Les enquêteurs font appel à un spécialiste, le balisticien, quand une arme à feu a été utilisée sur la scène de crime.
La balistique interne est l’étude du mouvement d’un projectile à partir du moment où l'on appuie sur la gâchette jusqu’à ce qu’il quitte le canon du fusil. Elle dure environ 5 millièmes de seconde. Une balle provient d’une munition qui est constituée d’un étui, rempli de poudre et fermé par une balle. La balle doit tourner sur elle-même pour partir en ligne droite et atteindre la cible visée.
Le mouvement est provoqué par des rayures qui sont sculptées à l’intérieur du canon. Le diamètre de la balle doit être plus gros que celui du canon pour qu’elle puisse pénétrer en force et se mettre à tourner sur elle-même. La balle va s’imprimer des rayures du canon.
La balistique externe est la science qui étudie la trajectoire du projectile entre sa sortie de l’arme et le moment où il atteint sa cible. Les projectiles peuvent être ralentis par la gravité, le vent… La gravité entraîne une accélération vers le bas du projectile, et le vent le dévie de sa trajectoire. Donc, pour le calcul de la trajectoire, il faut prendre en compte le milieu où traversent les projectiles car il a un impact majeur sur la trajectoire.
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La balistique terminale est la science qui étudie les effets du projectile sur la cible.
Les armes de poing sont les plus utilisées lors de crimes. Le pistolet est une arme très ancienne (en effet, l’utilisation la plus ancienne connue date de 1461 lors de la bataille de Towton en Angleterre.) Le pistolet semi-automatique est apparu à la toute fin du XIXème siècle, et sa popularité n’a cessé d’augmenter. Les militaires l’ont utilisé les premiers, puis les civils et finalement les policiers.
C’est le type d’arme de poing le plus populaire, et le plus utilisé, car il contient plus de coups, est plus puissant et rapide que le revolver. Le revolver est apparu en 1837. Il fut l’arme de poing la plus utilisée jusqu’à la fin du XIXème siècle car elle permettait de tirer plusieurs coups sans recharger, contrairement aux pistolets de l’époque.
La balle (ou projectile) est le corps projeté par l’arme. La douille est une cartouche faite de laiton ou d’acier. Elle contient l’amorce, la poudre et le projectile. La poudre brûle alors très rapidement et graduellement.
Pour relever les indices, la police scientifique possède plusieurs techniques, comme la photographie, les mesures et plans de la scène de crime, le polilight. Pour prélever une douille, on utilise la prise d'échantillon. Le technicien en scène de crime récupère les indices avec précaution. Il a des vêtements blancs, et aussi des gants pour ne pas contaminer les échantillons et la scène de crime.
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Chaque arme marque d’une façon particulière les balles, elle possède son identité propre. Cela permet de savoir sur une scène de crime si une ou plusieurs armes ont été utilisées. Chaque balle possède des sillons ou des stries visibles sur la surface de la balle, caractéristique de l’arme utilisée et de la morphologie de canon de l’arme. Pour cela, le balisticien compare les projectiles avec le système IBIS.
Les balles et les projectiles trouvés sur chaque scène de crime sont numérisés. Ils sont enregistrés dans une base de données qui permet de comparer les marques d’un projectile suspect avec d’autres affaires criminelles. Puis au macroscope, il compare les types de trace. Le macroscope est un microscope de comparaison avec deux objectifs ce qui permet de comparer deux objets simultanément.
Pour comparer les balles, il fait glisser les images jusqu’à ce que les marques semblent continues. Pour vérifier que le projectile trouvé sur la scène provient de l’arme suspecte, on doit le comparer avec un autre projectile. Pour cela, l’expert tire dans un puits spécial rempli d’eau ou dans un tube d’acier rempli de coton qui permet de freiner le projectile et donc de le récupérer sans dommage.
Puis, si l'expert a repéré une correspondance, alors il fait tourner les deux balles dans la même direction et à la même vitesse pour voir si d’autres marques apparaissent simultanément. Cependant, la procédure n’est pas une science exacte. Deux balles ne sont jamais exactement les mêmes, elles peuvent avoir subi des marques particulières quand elle a atteint la victime ou heurté un objet.
On peut savoir si un suspect a tenu ou actionné une arme récemment en tamponnant leurs mains (la zone palmée entre le pouce et l’index) pour détecter des traces chimiques. La spectrophotométrie, qui permet de mesurer l’absorbance d’une espèce chimique, est utilisée pour chercher les traces de substances présentes dans l’amorce (baryum, plomb, antimoine).
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L’analyse des vêtements et des plaies permet principalement d’étudier la trajectoire des projectiles mais aussi le champ de tir et les positions relatives de la victime et du tireur. L’orifice d’entrée comprend certaines lésions : l’orifice d’entrée (qui correspond au trou), la collerette érosive et d’essuyage, les brûlures, et les dépôts de résidus (suie ou tatouage). L’orifice de sortie n’a ni brûlures, ni collerette érosive et d’essuyage, c’est une plaie supérieure que celle de l’orifice d’entrée.
Un expert peut parvenir à recueillir des résidus de poudre même si l’agresseur se trouvait à 2 km et avait une arme surpuissante. Pour ce qui concerne les armes à canon lisse, plus la cible est éloignée, plus l’impact est étendu.
La plupart des pays européens possèdent la base de données IBIS (Integrated Ballistics Identification System), qui est d’origine canadienne.
Le choix du calibre de balle pour une carabine est une décision fondamentale qui impacte directement la performance, la sécurité et l'efficacité sur le terrain. Plus qu'une simple dimension, le calibre représente un ensemble de caractéristiques balistiques qui définissent l'aptitude d'une munition à répondre à un besoin précis, qu'il s'agisse de chasse, de tir sportif ou de défense.
Un calibre de balle désigne le diamètre intérieur du canon d'une arme à feu et, par extension, le diamètre de la balle qui y est propulsée. Il est exprimé de diverses manières, principalement en unités impériales (pouces) ou métriques (millimètres). Par exemple, un calibre .308 Winchester indique un diamètre nominal de .308 pouces, tandis qu'un 7x64 fait référence à un diamètre de 7 mm pour la balle et une longueur de douille de 64 mm.
Au-delà de la simple dimension du projectile, le calibre englobe également le type de douille, la quantité et le type de poudre, et la conception spécifique de la balle. Ces éléments sont intrinsèquement liés et définissent les propriétés balistiques de la cartouche, telles que sa vitesse, son énergie cinétique et sa trajectoire.
Une règle d'or en matière d'armes à feu est de toujours utiliser le calibre de munition spécifié par le fabricant de l'arme. L'utilisation d'un calibre inapproprié peut avoir des conséquences désastreuses, allant de l'endommagement irréversible de l'arme à des risques graves pour la sécurité du tireur et de son entourage. Chaque calibre est conçu pour des tolérances précises du canon et de la chambre.
Vérifier systématiquement le marquage sur le canon de l'arme et sur la boîte de munitions avant chaque utilisation est une pratique essentielle. Cette vigilance garantit non seulement la sécurité, mais aussi l'optimisation des performances de l'arme, puisque chaque ensemble calibre-arme est conçu pour fonctionner en parfaite synergie.
Le monde des calibres de carabine est vaste, chacun ayant ses spécificités et ses applications privilégiées. Voici un aperçu des plus répandus :
| Calibre | Vitesse Initiale (m/s) | Énergie (J) | Utilisations |
|---|---|---|---|
| .22 LR | 340 | 150 | Tir de loisir, nuisibles |
| .223 Remington | 975 | 1750 | Tir sportif, varminting |
| .308 Winchester | 820 | 3600 | Chasse gros gibier |
| 7x64 | 850 | 3800 | Chasse gros gibier |
| .300 Winchester Magnum | 910 | 4500 | Chasse très gros gibier, longue distance |
Ce tableau illustre la diversité et la spécialisation des calibres, chacun étant optimisé pour des conditions et des gibiers spécifiques.
Trois paramètres balistiques sont essentiels pour caractériser un calibre :
Ces paramètres sont interdépendants et doivent être considérés ensemble pour évaluer l'efficacité d'un calibre pour une application donnée. Un équilibre optimal est recherché pour chaque type de chasse ou de tir.
Au-delà du calibre nominal, le type de balle utilisé est crucial. Les fabricants proposent une vaste gamme de projectiles, chacun conçu pour un comportement spécifique à l'impact :
Le choix du type de balle doit correspondre précisément au gibier visé et aux réglementations locales de chasse.
La sélection d'un calibre doit être une démarche réfléchie, prenant en compte plusieurs facteurs :
Prendre le temps d'analyser ces points permet d'acquérir le calibre le plus adapté à votre pratique. Une compréhension claire des munitions disponibles par calibre est essentielle pour optimiser vos performances et garantir la sécurité.
La fabrication des différentes pièces constitutives d’une arme à feu laisse des traces sur leur surface due à l’action mécanique de matériaux plus durs sur des matériaux plus doux. Ces marques vont à leur tour laisser des traces sur les douilles et projectiles rentrant en contact avec ces différentes pièces. De ce fait, chaque arme possède sa propre empreinte. En effet, la combinaison des différentes traces laissées sur le percuteur, l’éjecteur, l’extracteur, le canon etc. permet de déterminer l’unicité d’une arme à feu.
Toutes les traces présentes sur les projectiles sont des traces glissées et concernent :
En matière de comparaison d’éléments balistiques, deux écoles prédominent :
Le processus de comparaison entre éléments balistiques est « l’habileté à faire des observations reproductibles de caractéristiques à l’intérieur d’une zone définie et à transformer ces observations en dessins reconnaissables ». L’expert en arme à feu interprète ses observations en fonction de ses connaissances, de son expérience, puis formule ses conclusions pour une identification ou une exclusion. Ces observations se font principalement sur les stries présentent sur les impressions de champs du projectile.
D’après le comité de l’AFTE (Association of Firearm and Toolmark Examiners) :
Cette approche est une méthode d’inférence permettant de déduire la probabilité d’un événement à l’aide d’autres probabilités déjà évaluées sous le jeu de plusieurs hypothèses. Cette approche est fondée principalement sur le théorème de Bayes. Cette méthode s’intéresse aux cas où une proposition pourrait être vraie ou fausse suivant des observations où subsiste une incertitude.
Dans cette approche, on attribue à toute proposition un chiffre compris entre 0 (faux absolu) et 1 (vrai absolu). Dans le cas spécifique d’une comparaison entre éléments balistiques, les principales hypothèses qui nous intéressent sont :
Ainsi, il va être possible d’évaluer un rapport de vraisemblance (likelihood ratio en anglais ou LR) permettant d’estimer dans quelle mesure l’observation des caractéristiques sur les éléments de munitions (concordances et discordances) est plus plausible suivant l’une ou l’autre des deux hypothèses considérées.
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