Dans l'arsenal du chasseur moderne, la cartouche de calibre 12 occupe une place de choix, reconnue pour sa puissance et sa polyvalence. Parmi celles-ci, la balle de calibre 12 est une cartouche de chasse spécialement conçue pour le gros gibier. C'est l’équivalent d'une grande balle de chasse, mais utilisable dans un fusil de chasse calibre 12. Dans les munitions de calibre 12, souvent utilisées pour le petit gibier, les battues ou le tir sportif, bien comprendre le fonctionnement et les spécificités des amorces est essentiel - que vous soyez rechargeur ou simple utilisateur.
Le schéma ci-dessous indique l’anatomie de la cartouche :
Les percuteurs du fusil viennent taper l’amorce, ce qui a pour effet d’enflammer la poudre et de propulser la grenaille à plus de 400 m/s à la sortie du canon.
Dans chaque cartouche de chasse, l’amorce joue un rôle clé : c’est elle qui initie l’explosion de la poudre et permet le tir.
L’amorce est une petite capsule métallique insérée à la base de la douille, contenant un mélange explosif très sensible à la percussion.
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L’amorçage est l’étape la plus délicate du rechargement. Un mauvais choix ou une erreur de manipulation peut entraîner une détonation accidentelle.
La poudre à canon a d'abord été utilisée comme amorce, mais elle ne s'allumait pas si elle était mouillée et n'était pas d'usage facile. C'est pourquoi les militaires l'ont remplacée par des produits chimiques protégés dans une capsule métallique étanche, qu'on appellera naturellement « amorce ».
C'est le dangereux fulminate de mercure qui a été le plus utilisé jusqu'au milieu du XXe siècle. Outre qu'il est toxique et libère dans l'air des vapeurs toxiques de mercure à l'explosion, il est instable et assez sensible à l'eau, aux chocs ou à l'électricité statique.
De plus, le mercure, s'il n'est pas stabilisé, est corrosif pour les métaux avec lesquels il s'amalgame naturellement. Enfin, l'un des additifs qu'on lui adjoignait volontiers (chlorate de potassium) corrodait aussi le canon des fusils.
Pour ces raisons, il était généralement mélangé avec un vernis pour le stabiliser, et enfermé dans une capsule métallique étanche et assez solide pour que seule une percussion précise et violente puisse déclencher son explosion.
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Remington, en 1927, fut le premier fabricant d'armes à diffuser l'une des premières amorces non corrosives (sous la marque "Kleanbore"), mais les amorces au fulminate ont néanmoins aussi longtemps été utilisé pour les cartouches de chasse et de ball-trap, et jusque dans les petites munitions d'armes de poing, exposant les tireurs en salle à de la vapeur de mercure.
Le fulminate a aussi été utilisé par Nobel pour l'amorçage d'explosifs destinés aux travaux miniers.
Le fulminate est depuis quelques décennies peu à peu remplacé par d'autres produits plus stables et non corrosifs (Styphnate de plomb ou azoture de plomb (PbN6) par exemple), le nitrate de baryum remplaçant le chlorate de potassium. Ces amorces sont moins toxiques que les anciennes, mais non anodines.
La fabrication des amorces, bien que soumise depuis longtemps à des principes de sécurité renforcée a donné lieu à de nombreux accidents, généralement à la suite d'erreurs humaines ou de malveillances.
L’amorce est un petit détonateur à percussion constitué de trois éléments :
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Corps: En général, il est en laiton, ou en acier laitonné ou nickelé, contient et protège les autres éléments. À sa base, il présente un petit rebord qui sert de frein lorsqu’on introduit l’amorce dans la douille. De l’autre côté, on trouve une ou plusieurs bouches, dites de flamme, car elles permettent le passage de la flamme, des gaz et des petites particules incandescentes produits par la détonation.
Capsule: Le mélange détonant est contenu dans la capsule. Celle-ci a sa partie externe tournée vers le centre de la douille et c’est l’action du percuteur sur cette partie qui provoque la détonation.
Enclume: Elle est réalisée en laiton ou acier nickelé. Elle a une forme de V avec sa pointe tournée vers le mélange d’amorçage. Le rôle de l’enclume est de créer un contraste mécanique avec la capsule lorsque celle-ci est frappée par le percuteur.
Il existe des amorces Communes et Double Force. Les Communes sont les plus faibles et la bouche est toujours découverte. Les Doubles Forces peuvent avoir la bouche découverte (DFS) ou couverte (DFC). Les couvertes résistent mieux à l’humidité et la bouche est couverte soit par un disque en carton, soit par une pellicule de vernis ; la couleur du carton ou du vernis indique la force de l’amorce.
La production des amorces communes a été abandonnée par les grands fabricants, mais il reste:
Les amorces DF ont été produites en différents diamètres : 5,68 - 5,75 - 6,10 - 6,40 - 6,65. Actuellement, elles ont une mesure standard Type .209 avec un diamètre de corps compris entre 6,15 mm et 6,20 mm. Elles contiennent en général entre 4 et 8 centigrammes de mélange explosif qui est toujours de nature INOX (anticorrosif), elles sont produites en différentes forces donc, nous pouvons les adapter aux différents types de poudre.
La force d’allumage est due principalement à la quantité de mélange explosif, mais aussi à :
Un mélange explosif est constitué de substances qui, sous l’action de facteurs externes (chocs, chaleur etc.) détonent avec violence et facilité. Ces produits sont donc employés comme initiateurs afin de provoquer la déflagration d’autres produits, des explosifs moins sensibles.
Les mélanges modernes produisent une quantité de gaz plus élevée par rapport aux anciens, avec une température moins élevée (2400°C pour les modernes contre 3560°C pour les anciens) mais avec une énergie supérieure (3900 Kg/cmq pour les modernes et 3200 Kg/cmq pour les anciens).
Les amorces modernes dites INOX contiennent une quantité de mélange explosif de plus en plus importante, pour générer une onde de choc qui démolie physiquement, au niveau moléculaire, la charge de poudre.
Parmi les fabricants, on trouve :
Les deux amorces sont de Type INOX (SUR) elles ont corps et capsule blanche nickelé. Exceptionnellement Fiocchi produits une amorce très légère, la 614 SUR.
Le corps des amorces est cuivré.
Produit le .209 Winchester, de faible puissance, avec environs 46 mg de mélange INOX. Le carton est blanc. Employé avec des poudres à DOUBLE BASE on peut le considéré de moyenne puissance.
Distribue les amorces de fabrication française GEVELOT.
Pour les deux, la bouche est recouverte d’un vernis noir.
Exporte le KEMIRA 20, 44 mg de mélange INOX de puissance moyenne. Le carton sur la bouche est gris clair et le corps de la capsule est en laiton.
Produit deux amorces avec 55 et 60 mg de mélange. La première a un carton de couleur bleu la deuxième de couleur Jaune.
Produit le SINOXID 209M, considéré de forte puissance. Corps en laiton est capsule nickelée, parfois les deux composants sont nickelés.
Corps et capsule en laiton, moyen à faible comme puissance.
Sur la capacité d’allumage des modernes amorces, le poids du mélange n’est pas le seul élément qui influx, il y a aussi sa qualité, la température de la flamme, le temps de détonation, la forme et la longueur de la flamme, la quantité de particules incandescentes émises.
Les amorces de forte puissance favorisent le chargement des cartouches à faible charge de plomb mais, limitent l’emploie de poudre vive ou semi vive avec des chargements moyens ou lourds.
Pour cette raison actuellement nous sommes obligés de réduire le poids de la poudre avec l’augmentation de la charge de plombs.
| Fabricant | Modèle | Puissance | Mélange Explosif (mg) | Caractéristiques |
|---|---|---|---|---|
| FIOCCHI | 615 SUR | Moyenne à Légère | 55 | Carton rouge orangé, Type INOX |
| FIOCCHI | 616 SUR | Forte | 75 | Carton blanc, Type INOX |
| MARTIGNONI | U684 | Moyenne | N/A | Carton jaune, Corps cuivré |
| MARTIGNONI | U686 | Moyenne à Forte | 65 | Carton rouge, Corps cuivré |
| MARTIGNONI | U688 | Très Forte | N/A | Carton vert, Corps cuivré |
| OLIN DI ANAGNI | .209 Winchester | Faible à Moyenne | 46 | Carton blanc, INOX |
| CHEDDITE ITALIA | CLERINOX MIL (CX1000) | Moyenne | N/A | Vernis noir, Corps laitonné |
| CHEDDITE ITALIA | CLERINOX 2000 (CX2000) | Forte | N/A | Vernis noir, Corps cuivré et nickelé |
| VIHTAVUORI | KEMIRA 20 | Moyenne | 44 | Carton gris clair, Corps en laiton |
| MAIONCHI | N/A | Variable | 55 / 60 | Carton bleu / jaune |
| RWS | SINOXID 209M | Forte | N/A | Corps en laiton, Capsule nickelée |
| CCI | .209 | Moyenne à Faible | N/A | Corps et capsule en laiton |
Hormis la poudre à canon d'abord utilisée, la plupart des corps chimiques qui ont été utilisés pour produire les amorces depuis le XIXe siècle sont polluants, non biodégradables et très toxiques et éco-toxique. Les tireurs qui respirent la vapeur dégagée au coup de feu sont exposés à l'inhalation de faibles quantité de vapeur de ces produits (mercure, plomb, etc.).
Le mercure est le seul métal liquide et qui passe en phase vapeur à température ambiante. C’est-à-dire qu'on le respire après l'explosion d'une amorce, mais que du mercure pourrait être émis dans l'air suite à la dégradation du fulminate de mercure des munitions perdues dans l'environnement ou immergées.
Les travailleurs des usines d'armement ou de production de mercure et/ou de fulminate ont été exposés au mercure, notamment lors des accidents ou incidents de fabrication. Il est plausible que les métiers exigeant un entraînement fréquent au tir en salle (police, armée, etc) aient exposé ceux qui les pratiquaient dans de mauvaises conditions à une intoxication chronique au mercure, de même pour les pratiquants de tir sportifs et ball-trap avant que le fulminate de mercure ait été remplacé par d'autres composés, moins toxiques mais néanmoins toxiques et éco-toxiques (azoture de plomb par exemple).
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