L'élevage de volailles, qu'il s'agisse de poulets ou de gibier, est une activité qui nécessite une connaissance approfondie des techniques et des réglementations en vigueur. Cet article détaille les aspects essentiels de cet élevage, allant des obligations administratives aux pratiques d'abattage, en passant par les mesures de biosécurité et le bien-être animal.
Pour toute personne détenant des volailles dans un but commercial, plusieurs obligations doivent être respectées :
Les obligations varient en fonction du nombre de poules pondeuses et des circuits de vente :
L'arrêté du 5 juin 2000 relatif au registre d'élevage explicite les documents à conserver dans l'élevage. Ce registre doit être renseigné chronologiquement et regrouper les données techniques et médicales (enregistrement pour chaque lot de la mortalité, consommation eau et aliment, enregistrement des interventions et des traitements). Il est à conserver pendant 5 ans.
Face au risque d’introduction de virus, notamment de type Influenza Aviaire Hautement Pathogène, la biosécurité est un outil de prévention majeur. L'arrêté du 29 septembre 2016 impose à chaque détenteur de volailles ou d'autres oiseaux captifs de mettre en place un plan de biosécurité pour l'ensemble de son exploitation qui vise la réduction du risque d'introduction, de développement et de propagation des virus de l'influenza aviaire. Des formations existent pour vous guider dans la réalisation et l’amélioration de ce plan.
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Depuis le 1er janvier 2022, tous les élevages doivent désigner un référent bien-être animal. Le référent peut être l'éleveur lui-même ou un membre de son personnel. Concernant les élevages de porcs et de volailles, le référent est soumis à une obligation de formation, prise en charge par les organismes VIVEA et OCAPIAT.
Les Chambres d’agriculture et leurs partenaires travaillent conjointement pour :
Les volailles peuvent être abattues à la ferme dans deux types d’établissements :
Pour tous les abattoirs de volailles, l’article 70 de la loi EGALIM rend obligatoire la désignation d’un responsable de protection animale (RPA). Celui-ci doit suivre une formation spécifique (RPA). Le personnel de tous les abattoirs agréés CE, quelle que soit leur taille, doit suivre une formation « Opérateur protection animale » (OPA).
Il existe aussi l’obligation (depuis le 1er janvier 2020) pour tous les abattoirs de dindes et/ou poulets de chair de transmettre leurs résultats d’autocontrôles (analyses) aux autorités compétentes. Les autocontrôles concernent le critère Salmonelles sur les carcasses de dindes et poulets de chair et le critère Campylobacter pour les poulets de chair.
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Aujourd’hui, l’élevage avicole en Normandie suit deux grandes orientations :
Cette filière organisée s’appuie sur de multiples acteurs de l’amont à l’aval qui sont réunis au sein de l’association AVI-Normandie, interprofession avicole de Normandie, ayant pour missions de :
Fin 2023, la Normandie comptait près de 9,5 millions de volailles élevées, dont la majorité étaient des poulets de chair (54 %), suivis des poules pondeuses (34 %) et des dindes (8 %).
Comme l’ensemble des filières agricoles, la filière avicole ne fait pas exception à l’enjeu du renouvellement des générations. Depuis plusieurs années et en partenariat avec l’ensemble des filières et des acteurs de l’emploi et la formation, la filière avicole normande mènent des actions de communication auprès des jeunes et des porteurs de projets pour susciter des vocations.
Les poules sont omnivores. Elles peuvent manger les restes de repas, ce sont de véritables solutions anti gaspillage. Pour obtenir des oeufs de qualité et une poule en bonne santé sont alimentation doit se composer de :
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Vous pouvez laisser la nourriture à volonté, les poules vont réguler leur consommation seules. Afin de garder le grain à l’abri de l’humidité, nous vous conseillons d’utiliser une mangeoire. L’eau doit bien sur être disponible en continu dans le poulailler. Il est important de veiller à la propreté de l’eau pour prévenir toute apparition de maladies. Il est recommandé de donner des compléments alimentaires (vitamines) en période de reproduction, de croissance ou de mue, pendant l’hiver ou encore après un traitement par antibiotique.
L'œuf ne peut être fécondé que s'il y a présence d'un coq. Il est conseillé pour obtenir un bon résultat de fécondation d’avoir :
La technique de reproduction consiste alors à ce que le coq monte sur la poule et ouvre son cloaque pour que le spermatozoïde entre dans le corps de la poule et pénètre ainsi l’œuf en formation. La poule pond à partir de l’âge de 6 mois. La période principale de ponte s'étale en général de février à avril. Une bonne poule pondeuse produira en moyenne 1 œuf tous les deux jours.
Les maladies fréquentes :
Sont également considérés comme maladies :
Différents prédateurs peuvent s’attaquer à vos poules : renards, chats, chiens, fouines, rats… etc. Il est donc important de protéger os poules grâce a un grillage solide et un filet de volière.
Afin d’empêcher tout prédateurs nocturnes (renards, rats…) d’entrer dans le poulailler et de s’attaquer à vos poules ou aux œufs, il est judicieux d’utiliser un portier électronique qui fermera votre poulailler dès la tombée de la nuit.
Le nuisible le plus rependu dans les poulaillers est le rat. Afin d’éviter de les attirer, il est recommandé d’utiliser une mangeoire anti nuisible. En cas d’invasion de rats, deux solutions existent : les pièges ou le poison.
Avant d’être abattues, les poules doivent être étourdies. Pour cela, des appareils d’électronarcose sont vendus sur le marché et se montrent des efficaces. Pour abattre la poule, utilisez une pince à sacrifier. Une fois abattue, la poule doit être placé dans un saignoir pour être saignée.
La poule pond à partir de l’âge de 6 mois. La période principale de ponte s'étale en général de février à avril. Une bonne poule pondeuse produira en moyenne 1 œuf tous les deux jours. Pour pondre, une poule a besoin d’une bonne alimentation, de ressource en minéraux et d’un espace intime, confortable et à l’abris (pondoir).
Tous les élevages de volailles sont tenus de respecter des obligations. Certaines obligations s'appliquent dès le premier animal détenu, d'autres à partir d'un seuil de 250 volailles.
Tout éleveur de volailles ayant une activité commerciale doit déclarer son activité, dès le premier animal détenu, à la DDPP de son département via le Cerfa n° 13990. Tout éleveur doit également déclarer chaque entrée et sortie de lot de volailles dans son établissement dans un délai maximal de 7 jours suivant le mouvement (déclaration à l'ATM Avicole pour les volailles de chair, ou à BD Avicole pour les poules pondeuses, le gibier à plume et les palmipèdes gras). Il doit également tenir un registre d'élevage.
Chaque éleveur doit obligatoirement suivre une formation biosécurité d'une journée et mettre en place un plan de biosécurité afin de lutter contre influenza aviaire. Afin de vérifier l'efficacité du plan de biosécurité, des contrôles sont réalisés tous les ans par la DDPP.
Tout responsable d'un élevage doit désigner un référent bien-être animal. Le référent doit obligatoirement suivre une formation labellisée bien-être animal d'une durée minimale de 7 heures, ainsi que 2 heures à distance.
Pour la vente d'œufs, les démarches dépendent du nombre de poules pondeuses et des circuits de vente.
Selon les volumes et les circuits de vente, deux cas sont possibles : l'Établissement d'abattage non agrée (Eana) ou l'abattoir agréé CE.
Pour les établissements abattants moins de 25 000 équivalents poulets/an (soit 500 équivalents poulets/semaine), l'établissement n'a pas besoin d'être agréé, on parle communément de tuerie ou d'Eana. L'abattage pour d'autres élevages est interdit.
Pour les abattoirs agréés CE, il n'y a pas de limite du nombre de volailles abattues. La prestation de service est autorisée et la commercialisation est possible dans tous les circuits de distribution, sans limite de distance.
L'exploitant prend les dispositions appropriées pour intégrer l'élevage dans le paysage. Tous les sols des bâtiments d'élevage, de la salle de traite, de la laiterie et des aires d'ensilage susceptibles de produire des jus, toutes les installations d'évacuation ou de stockage des effluents sont imperméables et maintenus en parfait état d'étanchéité.
Lorsque les volailles ont accès à un parcours en plein air, un trottoir en béton ou en tout autre matériau étanche, d'une largeur minimale d'un mètre, est mis en place à la sortie des bâtiments fixes. Les parcours des volailles et des porcs élevés en plein air sont herbeux ou ombragés et maintenus en bon état.
Un compteur d'eau volumétrique est installé sur la conduite d'alimentation en eau de l'installation. Toutes les eaux de nettoyage nécessaires à l'entretien des bâtiments et des annexes et les eaux susceptibles de ruisseler sur les aires bétonnées sont collectées par un réseau étanche et dirigées vers les installations de stockage ou de traitement des eaux résiduaires ou des effluents.
Les aliments stockés en dehors des bâtiments sont couverts en permanence par une bâche maintenue en bon état ou tout autre dispositif équivalent afin de les protéger de la pluie.
Les ouvrages de stockage des effluents sont dimensionnés et exploités de manière à éviter tout déversement dans le milieu naturel. En cas d'épandage sur des terres agricoles, la capacité de stockage permet de stocker la totalité des effluents produits pendant quatre mois au minimum.
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