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L'élevage de volailles, qu'il s'agisse de poulets ou de gibier, est une activité qui nécessite une connaissance approfondie des techniques et des réglementations en vigueur. Cet article détaille les aspects essentiels de cet élevage, allant des obligations administratives aux pratiques d'abattage, en passant par les mesures de biosécurité et le bien-être animal.

Obligations réglementaires pour les détenteurs de volailles

Pour toute personne détenant des volailles dans un but commercial, plusieurs obligations doivent être respectées :

  • Déclaration d'activité : Déclarer son activité à la Direction départementale en charge de la protection des populations (DD(ETS)PP) de son département dès le premier oiseau détenu.
  • Biosécurité : Respecter les exigences de biosécurité en matière de fonctionnement et de protection physique, applicables aux personnes et aux bâtiments d’élevage, listées dans l’arrêté du 29 septembre 2021.
  • Déclaration des mouvements : Déclarer par voie électronique chaque entrée ou sortie de lot de volailles dans son établissement dans un délai maximal de sept jours suivant le mouvement (déclaration à l’ATM Avicole pour les volailles de chair, ou à BD Avicole pour les poules pondeuses, le gibier d'élevage à plume et les palmipèdes gras).
  • Contrat d'équarrissage : Établir un contrat avec une société d'équarrissage pour la collecte des volailles mortes sur le site de détention OU cotiser obligatoirement à une structure ayant conclu un contrat avec une société d'équarrissage.

Obligations spécifiques pour les détenteurs de poules pondeuses

Les obligations varient en fonction du nombre de poules pondeuses et des circuits de vente :

  • Moins de 250 poules pondeuses et vente directe : Déclaration auprès de la DD(CS)PP à l’aide du CERFA 15296 pour obtenir un code œuf pour le marquage des œufs vendus hors du lieu de production.
  • Plus de 250 poules pondeuses et/ou vente à des intermédiaires : Passage par un centre de conditionnement agréé. Contacter l'Établissement départemental de l’Élevage (EdE) pour l’attribution d’un numéro d’exploitation et un code œuf. Déclaration en tant qu’exploitant de volailles auprès de la DD(CS)PP à l’aide du CERFA 13989.

Autres obligations spécifiques

  • Éleveurs détenant 250 volailles ou plus : Désigner un vétérinaire sanitaire à la DD(ETS)PP de son département à l’aide du CERFA 15983*1.
  • Éleveurs détenant 250 canards ou plus : Faire vacciner les canards contre l’IAHP et réaliser des prélèvements hebdomadaires sur un échantillonnage de cinq canards.

Registre d'élevage

L'arrêté du 5 juin 2000 relatif au registre d'élevage explicite les documents à conserver dans l'élevage. Ce registre doit être renseigné chronologiquement et regrouper les données techniques et médicales (enregistrement pour chaque lot de la mortalité, consommation eau et aliment, enregistrement des interventions et des traitements). Il est à conserver pendant 5 ans.

Mesures de biosécurité

Face au risque d’introduction de virus, notamment de type Influenza Aviaire Hautement Pathogène, la biosécurité est un outil de prévention majeur. L'arrêté du 29 septembre 2016 impose à chaque détenteur de volailles ou d'autres oiseaux captifs de mettre en place un plan de biosécurité pour l'ensemble de son exploitation qui vise la réduction du risque d'introduction, de développement et de propagation des virus de l'influenza aviaire. Des formations existent pour vous guider dans la réalisation et l’amélioration de ce plan.

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Bien-être animal

Depuis le 1er janvier 2022, tous les élevages doivent désigner un référent bien-être animal. Le référent peut être l'éleveur lui-même ou un membre de son personnel. Concernant les élevages de porcs et de volailles, le référent est soumis à une obligation de formation, prise en charge par les organismes VIVEA et OCAPIAT.

Les Chambres d’agriculture et leurs partenaires travaillent conjointement pour :

  • Satisfaire aux besoins physiologiques des animaux et à leur bien-être.
  • Maintenir un niveau de performance économique satisfaisant.
  • Permettre aux éleveurs d’être plus sereins pendant les périodes de canicule.

Abattage des volailles

Les volailles peuvent être abattues à la ferme dans deux types d’établissements :

  • EANA (Établissement d’Abattage Non Agréé) : Uniquement pour des volailles élevées sur la ferme avec un volume maximal de 500 équivalents poulet / semaine ou 25 000 équivalents poulets / an.

Pour tous les abattoirs de volailles, l’article 70 de la loi EGALIM rend obligatoire la désignation d’un responsable de protection animale (RPA). Celui-ci doit suivre une formation spécifique (RPA). Le personnel de tous les abattoirs agréés CE, quelle que soit leur taille, doit suivre une formation « Opérateur protection animale » (OPA).

Il existe aussi l’obligation (depuis le 1er janvier 2020) pour tous les abattoirs de dindes et/ou poulets de chair de transmettre leurs résultats d’autocontrôles (analyses) aux autorités compétentes. Les autocontrôles concernent le critère Salmonelles sur les carcasses de dindes et poulets de chair et le critère Campylobacter pour les poulets de chair.

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L'élevage avicole en Normandie

Aujourd’hui, l’élevage avicole en Normandie suit deux grandes orientations :

  • La première, de type fermier, privilégie la valorisation des produits en circuits courts, notamment via la vente directe. En 2020, 420 élevages normands commercialisaient tout ou une partie de leur production dans ces circuits courts.
  • La seconde orientation repose sur une filière longue, structurée et diversifiée. Celle-ci répond aux attentes de différents marchés grâce à une gamme variée de systèmes de production : standard, certifié, plein-air, Label Rouge, Agriculture Biologique.

Cette filière organisée s’appuie sur de multiples acteurs de l’amont à l’aval qui sont réunis au sein de l’association AVI-Normandie, interprofession avicole de Normandie, ayant pour missions de :

  • Rassembler les opérateurs de la filière volailles, œufs et lapins de Normandie.
  • Représenter 7 collèges : accouveurs et multiplicateurs, fabricants d’aliments, groupements de producteurs, producteurs indépendants et conditionneurs d’œufs, abatteurs, OPA et ODG.
  • Défendre les intérêts des filières concernées et représenter ses membres auprès des pouvoirs publics et des collectivités.
  • Mettre en place des programmes d’actions collectives au bénéfice de ces filières.

Fin 2023, la Normandie comptait près de 9,5 millions de volailles élevées, dont la majorité étaient des poulets de chair (54 %), suivis des poules pondeuses (34 %) et des dindes (8 %).

Comme l’ensemble des filières agricoles, la filière avicole ne fait pas exception à l’enjeu du renouvellement des générations. Depuis plusieurs années et en partenariat avec l’ensemble des filières et des acteurs de l’emploi et la formation, la filière avicole normande mènent des actions de communication auprès des jeunes et des porteurs de projets pour susciter des vocations.

Installations et équipements pour l'élevage de poulets

Logements des poules

  • Le parcours : Il faut prévoir environ 10 m² par poule. Le parcours doit être fermé par un grillage. Il est nécessaire de mettre un abri dans le parcours afin que les poules puissent se protéger en cas de vent ou de pluie. Séparer le parc en deux. Vous pouvez placer un bac rempli de sable.
  • Le poulailler : Il a pour but de protéger les poules du froid et des pluies mais aussi de les protéger des prédateurs (renards par exemple). favoriser la pierre, le bois ou le parpaing. Une ancienne grange peut également servir de poulailler le toit : en tuile avec une pente, pas en tôle car le froid et la chaleur rentrent plus facilement le sol : sain, sec, facile à nettoyer et à désinfecter donc il vaut mieux qu'il soit en béton l'espace : une poule doit disposer de 0,5 m2 au sein du poulailler l'orientation : sud ou sud est.
  • La poussinière : C'est un local spécial, destiné à l'élevage des poussins depuis leur éclosion jusqu'à leur entière autonomie (plumage). La poussinière doit assurer une bonne isolation thermique pour garantir la chaleur nécessaire. Une lampe Infrarouge pourra donner aux poussins la chaleur requise. La surface idéale est d'environ 1 m² pour 30 poussins.

Alimentation des poules

Les poules sont omnivores. Elles peuvent manger les restes de repas, ce sont de véritables solutions anti gaspillage. Pour obtenir des oeufs de qualité et une poule en bonne santé sont alimentation doit se composer de :

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  • Céréale (blé, mais, sorgho, poids, soja, tournesol...) ou granulés.
  • Insectes (présents naturellement dans leurs enclos et dans le sol)
  • Restes de cuisine (viande, pâtes, riz, légumes)

Vous pouvez laisser la nourriture à volonté, les poules vont réguler leur consommation seules. Afin de garder le grain à l’abri de l’humidité, nous vous conseillons d’utiliser une mangeoire. L’eau doit bien sur être disponible en continu dans le poulailler. Il est important de veiller à la propreté de l’eau pour prévenir toute apparition de maladies. Il est recommandé de donner des compléments alimentaires (vitamines) en période de reproduction, de croissance ou de mue, pendant l’hiver ou encore après un traitement par antibiotique.

Reproduction des poules

L'œuf ne peut être fécondé que s'il y a présence d'un coq. Il est conseillé pour obtenir un bon résultat de fécondation d’avoir :

  • 1 coq pour 10 poules en races légères
  • 1 coq pour 8 poules en races moyennes
  • 1 coq pour 6 poules en races lourdes

La technique de reproduction consiste alors à ce que le coq monte sur la poule et ouvre son cloaque pour que le spermatozoïde entre dans le corps de la poule et pénètre ainsi l’œuf en formation. La poule pond à partir de l’âge de 6 mois. La période principale de ponte s'étale en général de février à avril. Une bonne poule pondeuse produira en moyenne 1 œuf tous les deux jours.

Couvaison des poules

  • L’incubation naturelle : Après avoir fini de pondre un nombre d’œuf satisfaisants (6 à 12 œufs), la poule va entamer la période de couvaison. Elle dure 21jours. Dans certains cas, on pourra confier les œufs à une poule couveuse. Il est préférable d’isoler les poules couveuses des poules pondeuses pour éviter conflits et batailles. Une poule peut couver jusqu’a 15 œufs à la fois.
  • L'incubation artificielle : L'incubateur (couveuse) doit être réglé à une température de 37.5°C et sur un taux d’hygrométrie de X% les 19 premiers jours et de 40% les 3 derniers jours d’incubation. Les œufs doivent être retournés deux fois par jour. On peut effectuer deux mirages des œufs sur toute la période d'incubation.

Maladies des poules

Les maladies fréquentes :

  • La coccidiose : C'est une maladie parasitaire qui se manifeste par une anémie chronique et des diarrhées qui peuvent être parfois sanguinolente. Pour la soigner, vous pouvez utiliser des antibiotiques (fournis par votre vétérinaire) ou des anticoccidiens qui peuvent servir préventivement.
  • Le coryza : Cette maladie se manifeste par une baisse de la ponte, des éternuements, des écoulements nasal visqueux et purulent, une respiration difficile, une masse caséeuse aux yeux, une diarrhée et amaigrissement. La vaccination de la poule permet d'éviter cette infection.
  • La typhose(pour la poule) ou la pullorose (pour le poussin) : Chez le poussin, elle se manifeste par une diarrhée blanche et provoque une mortalité élevée. Chez la poule, elle se décèle par une diarrhée verte, une soif excessive et une baisse de la ponte.

Sont également considérés comme maladies :

  • Le piquage : Les poussins s'amusent à se piquer en se donnant des coups de becs mais dès qu'une goutte de sang apparaît les coups deviennent violents et pourrait aller jusqu'à la mort du poussin attaqué. Pour pallier ce phénomène, il est nécessaire de leur faire faire des exercices par exemple en agrandissant leur parcours herbeux et de les nourrir avec plus d’aliments variés.

Les parasites internes

  • Les ascaris : Ce sont des parasites internes. Ils peuvent provoquer la coccidiose et se développent généralement sur les élevages en semi-liberté. L'utilisation de vermifuges permet de les faire disparaître.
  • Les vers : Ils sont transmis par les limaces et les insectes et sont présents dans l’eau parfois souillée. Une poule atteinte de vers présentera différents symptômes comme le dos rond, la queue basse, une baisse d’activité et de ponte.

Les parasites externes

  • Les poux : il se manifeste par l'apparition de poux blancs ou rouges et provoque des irritations de la peau. Ce phénomène apparait généralement En été. Il est fortement conseiller d’utiliser des solutions préventives.
  • La gale des pieds : Elle est amenée par un acarien qui s'installe sous les écailles. Les pattes deviennent ainsi gonflées et déformées. Dans ce cas, il faut badigeonner les pattes de la poule avec du pétrole ou de la glycérine iodée.

Lutte contre les nuisibles

Différents prédateurs peuvent s’attaquer à vos poules : renards, chats, chiens, fouines, rats… etc. Il est donc important de protéger os poules grâce a un grillage solide et un filet de volière.

Afin d’empêcher tout prédateurs nocturnes (renards, rats…) d’entrer dans le poulailler et de s’attaquer à vos poules ou aux œufs, il est judicieux d’utiliser un portier électronique qui fermera votre poulailler dès la tombée de la nuit.

Le nuisible le plus rependu dans les poulaillers est le rat. Afin d’éviter de les attirer, il est recommandé d’utiliser une mangeoire anti nuisible. En cas d’invasion de rats, deux solutions existent : les pièges ou le poison.

Abattage des poules

Avant d’être abattues, les poules doivent être étourdies. Pour cela, des appareils d’électronarcose sont vendus sur le marché et se montrent des efficaces. Pour abattre la poule, utilisez une pince à sacrifier. Une fois abattue, la poule doit être placé dans un saignoir pour être saignée.

Les œufs de poule

La poule pond à partir de l’âge de 6 mois. La période principale de ponte s'étale en général de février à avril. Une bonne poule pondeuse produira en moyenne 1 œuf tous les deux jours. Pour pondre, une poule a besoin d’une bonne alimentation, de ressource en minéraux et d’un espace intime, confortable et à l’abris (pondoir).

Obligations et règles à respecter

Tous les élevages de volailles sont tenus de respecter des obligations. Certaines obligations s'appliquent dès le premier animal détenu, d'autres à partir d'un seuil de 250 volailles.

Déclarer son activité

Tout éleveur de volailles ayant une activité commerciale doit déclarer son activité, dès le premier animal détenu, à la DDPP de son département via le Cerfa n° 13990. Tout éleveur doit également déclarer chaque entrée et sortie de lot de volailles dans son établissement dans un délai maximal de 7 jours suivant le mouvement (déclaration à l'ATM Avicole pour les volailles de chair, ou à BD Avicole pour les poules pondeuses, le gibier à plume et les palmipèdes gras). Il doit également tenir un registre d'élevage.

Mesures de biosécurité

Chaque éleveur doit obligatoirement suivre une formation biosécurité d'une journée et mettre en place un plan de biosécurité afin de lutter contre influenza aviaire. Afin de vérifier l'efficacité du plan de biosécurité, des contrôles sont réalisés tous les ans par la DDPP.

Bien-être animal

Tout responsable d'un élevage doit désigner un référent bien-être animal. Le référent doit obligatoirement suivre une formation labellisée bien-être animal d'une durée minimale de 7 heures, ainsi que 2 heures à distance.

Vente d'œufs

Pour la vente d'œufs, les démarches dépendent du nombre de poules pondeuses et des circuits de vente.

Abattage à la ferme

Selon les volumes et les circuits de vente, deux cas sont possibles : l'Établissement d'abattage non agrée (Eana) ou l'abattoir agréé CE.

Pour les établissements abattants moins de 25 000 équivalents poulets/an (soit 500 équivalents poulets/semaine), l'établissement n'a pas besoin d'être agréé, on parle communément de tuerie ou d'Eana. L'abattage pour d'autres élevages est interdit.

Pour les abattoirs agréés CE, il n'y a pas de limite du nombre de volailles abattues. La prestation de service est autorisée et la commercialisation est possible dans tous les circuits de distribution, sans limite de distance.

Règles d'aménagement

L'exploitant prend les dispositions appropriées pour intégrer l'élevage dans le paysage. Tous les sols des bâtiments d'élevage, de la salle de traite, de la laiterie et des aires d'ensilage susceptibles de produire des jus, toutes les installations d'évacuation ou de stockage des effluents sont imperméables et maintenus en parfait état d'étanchéité.

Lorsque les volailles ont accès à un parcours en plein air, un trottoir en béton ou en tout autre matériau étanche, d'une largeur minimale d'un mètre, est mis en place à la sortie des bâtiments fixes. Les parcours des volailles et des porcs élevés en plein air sont herbeux ou ombragés et maintenus en bon état.

Un compteur d'eau volumétrique est installé sur la conduite d'alimentation en eau de l'installation. Toutes les eaux de nettoyage nécessaires à l'entretien des bâtiments et des annexes et les eaux susceptibles de ruisseler sur les aires bétonnées sont collectées par un réseau étanche et dirigées vers les installations de stockage ou de traitement des eaux résiduaires ou des effluents.

Les aliments stockés en dehors des bâtiments sont couverts en permanence par une bâche maintenue en bon état ou tout autre dispositif équivalent afin de les protéger de la pluie.

Les ouvrages de stockage des effluents sont dimensionnés et exploités de manière à éviter tout déversement dans le milieu naturel. En cas d'épandage sur des terres agricoles, la capacité de stockage permet de stocker la totalité des effluents produits pendant quatre mois au minimum.

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