Le Musée de Bretagne, situé dans les Champs Libres à Rennes, est dédié à la société bretonne et à ses évolutions. Son exposition permanente gratuite et ses nombreux événements thématiques présentent un patrimoine populaire unique, constitué d’objets et de témoignages.
L'Arsenal de Rennes (ARS) a joué un rôle important dans la fabrication de munitions. Voici un aperçu du processus de fabrication des douilles :
Le laquage dans des fours et le zingage électrolytique étaient les deux modes de traitement des surfaces pratiqués par l'Arsenal de Rennes. Le laquage, clair ou sombre, n'est pas retouchable, et il est impossible de l'enlever. Cette technique a donc été arrêtée vers 1980. Le zingage peut quant-à-lui être entièrement retiré en plongeant la pièce dans un bain d'acide chlorydrique.
Les marquages sur les douilles fournissent des informations importantes sur leur origine et leur utilisation. Voici quelques exemples de marquages et leur signification :
Au moment du tir, la douille est chargée de sacs d'explosifs numérotés et pesés. Ceux-ci sont organisés autour du tube porte-amorce et constituent la charge propulsive de l'obus, c'est-à-dire qu'ils créent une explosion primaire qui va éjecter le projectile hors de la douille.
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Les sacs d'explosifs n'ont été fabriqués que de façon exceptionnelle à l'ARS. Ils étaient cousus par les femmes.
Cette douille a servi de pièce de démonstration pour les élèves artificiers ou pour les clients de l'ARS : les bords de la coupe sont peints en rouge et les sacs ont été collés.
Pour réaliser rapidement la production des munitions chimiques, on ne put envisager la fabrication d’enveloppes appropriées. On du se résoudre à utiliser les enveloppes existantes, en les modifiant pour les adapter à cet usage et en sélectionnant celles qui s’y prêtait le mieux.
Le chargement des obus toxiques se composait d’un liquide et très souvent, d’un fumigène. La présence de ce dernier s’imposa rapidement pour de nombreuses substances. Il permettait le repérage du tir mais surtout le nuage qu’il formait à l’explosion de l’obus avait la propriété d’enrober la substance agressive.
En 1915 et 1916, seul deux substances se prêtaient à un chargement direct dans le corps de l’obus. Il s’agissait de l’acide cyanhydrique et du phosgène, respectivement chargés dans les obus n°4 et n°5.
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Le chargement dans des ateliers spéciaux et dédiés à ce travail dangereux fut décidé dès juillet 1915. Trois spécialistes, le colonel Thouvenin, assisté du capitaine Schmidt et du lieutenant Pargond furent chargés de la mise en place de ces ateliers, l'un au Fort d'Aubervilliers pour les obus toxiques et un deuxième au fort de Vincennes pour les obus incendiaires et lacrymogènes. Un laboratoire de contrôle des chargements fut également créé à la Sorbonne et placé sous la direction du professeur Urbain.
L'atelier d'Aubervilliers fut équipé d'un système de refroidissement permettant de maintenir sous forme liquide le chargement et de maintenir également le corps de l'obus à des températures négatives. Cela était impératif pour les chargement en phosgène, qui est un gaz à température ordinaire. Dès fin août 1915, l'ateliers d'Aubervilliers fut opérationnel. Il resta spécialisé dans le chargement en phosgène jusque la création de l'atelier de Pont-de-Claix qui devint opérationnel en juillet 1918.
Deux grands ateliers furent créés en 1918 et entrèrent en service au printemps, Pont-de-Claix et Salaise, dédiés essentiellement aux chargement d'Ypérite.
Voici quelques marquages que l'on pouvait trouver sur les obus chimiques :
Ecologic est un éco-organisme (= entreprise à but non lucratif) agréé par l’État pour la prévention, la collecte et le traitement des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE) ainsi que les Articles de Sport et de Loisirs (ASL) sur le territoire national. L’aspect récupération des douilles usagées est en cours de mise en œuvre depuis début 2023.
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Voici comment collecter et recycler les douilles usagées :
La rareté des douilles peut varier en fonction du fabricant et de l'année de production. Voici quelques exemples de fabricants et leur niveau de rareté :
| Fabricant | Rareté |
|---|---|
| ARS (Ateliers de construction de Rennes) | Commun |
| ATS (Ateliers de construction de Tarbes) | Extrêmement rare |
| C (Compagnie Française des Métaux à Castelsarrasin) | Commun |
| D (Dives) [1914 -> 1918] | Commun |
| MAI (Manufacture d'armes d' ISSY LES MOULINEAUX) | 1 |
| PDPs (Pinchart Deny à Paris) | Commun |
| SC (Usine de Saint-Chamond (Industrie privée)) | Commun |
| SN (chantier de l'atlantique à Saint Nazaire) | Commun |
Il est également important de noter que les douilles avec rainure au culot sont rares. Ce procédé a été rapidement abandonné. Les douilles portant les mentions "REMANIE" (reworked) ou "REBUTE" (rejected) sont également considérées comme très rares.
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