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Le Musée de Bretagne, situé dans les Champs Libres à Rennes, est dédié à la société bretonne et à ses évolutions. Son exposition permanente gratuite et ses nombreux événements thématiques présentent un patrimoine populaire unique, constitué d’objets et de témoignages.

Fabrication des Douilles à l'Arsenal de Rennes

L'Arsenal de Rennes (ARS) a joué un rôle important dans la fabrication de munitions. Voici un aperçu du processus de fabrication des douilles :

  1. La pièce est d'abord bourreletée : le plateau (partie basse) est frappé à plusieurs reprises.
  2. On procède ensuite à la phase de rétreint, qui consiste à fabriquer le collet sur une presse.
  3. Toutes ces opérations se déroulant à froid, on procède entre chaque étape à un écrouissage.
  4. Le métal est chauffé entre 400 et 600°c pour le tranquiliser, afin d'éviter les tensions subies par le matériau, dont la structure est perturbée par la pression.
  5. Le produit est ensuite phosphaté. Cette opération consiste à provoquer une attaque superficielle de la couche de métal par germination de micro-cristaux qui permettent la porosité de la surface, ainsi plus à même d'emprisonner le lubrifiant.
  6. Lorsque le produit a atteint sa géométrie définitive, il est trempé dans un bain de sel à 910°c pour le durcir, chauffé par des électrodes dans un four d'austénisation, et trempé dans une solution d'eau et de sel à 11°c, le tout en dix secondes.
  7. Le revenu permet de caler la dureté souhaitée : il s'agit d'un dosage dans un bain de sel pendant 2 à 3 heures, à une température maximale de 400° pour les douilles du fait de la finesse du produit (pour les autres produits plus épais, on peut aller jusqu'à une température maximale de 520 °c).
  8. Enfin, la pièce subit un traitement des surfaces internes et externes pour éviter la corrosion.

Le laquage dans des fours et le zingage électrolytique étaient les deux modes de traitement des surfaces pratiqués par l'Arsenal de Rennes. Le laquage, clair ou sombre, n'est pas retouchable, et il est impossible de l'enlever. Cette technique a donc été arrêtée vers 1980. Le zingage peut quant-à-lui être entièrement retiré en plongeant la pièce dans un bain d'acide chlorydrique.

Marquages sur les Douilles

Les marquages sur les douilles fournissent des informations importantes sur leur origine et leur utilisation. Voici quelques exemples de marquages et leur signification :

  • CN 100-53 correspond au canon et au modèle du canon
  • DL désigne l'aciériste (Usine des Dunes de Dunkerque)
  • A signifie qu'il s'agit d'une pré-série
  • ARS désigne l'Arsenal de Rennes, 91 étant l'année
  • X signifie qu'il s'agit d'une munition d'exercice
  • 105-Mle-50 désigne le modèle du canon
  • INERTE signifie que l'obus n'est pas chargé
  • LOT1 est le numéro du lot (un lot correspond à une coulée de métal, ce qui garantit la traçabilité du produit)
  • ARS désigne l'Arsenal de Rennes, 63 étant l'année
  • Ch1à7 désigne le chargement

Fonctionnement des Douilles d'Artillerie

Au moment du tir, la douille est chargée de sacs d'explosifs numérotés et pesés. Ceux-ci sont organisés autour du tube porte-amorce et constituent la charge propulsive de l'obus, c'est-à-dire qu'ils créent une explosion primaire qui va éjecter le projectile hors de la douille.

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Les sacs d'explosifs n'ont été fabriqués que de façon exceptionnelle à l'ARS. Ils étaient cousus par les femmes.

Cette douille a servi de pièce de démonstration pour les élèves artificiers ou pour les clients de l'ARS : les bords de la coupe sont peints en rouge et les sacs ont été collés.

Les Obus Chimiques

Pour réaliser rapidement la production des munitions chimiques, on ne put envisager la fabrication d’enveloppes appropriées. On du se résoudre à utiliser les enveloppes existantes, en les modifiant pour les adapter à cet usage et en sélectionnant celles qui s’y prêtait le mieux.

Le chargement des obus toxiques se composait d’un liquide et très souvent, d’un fumigène. La présence de ce dernier s’imposa rapidement pour de nombreuses substances. Il permettait le repérage du tir mais surtout le nuage qu’il formait à l’explosion de l’obus avait la propriété d’enrober la substance agressive.

En 1915 et 1916, seul deux substances se prêtaient à un chargement direct dans le corps de l’obus. Il s’agissait de l’acide cyanhydrique et du phosgène, respectivement chargés dans les obus n°4 et n°5.

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Ateliers de Chargement des Obus Chimiques

Le chargement dans des ateliers spéciaux et dédiés à ce travail dangereux fut décidé dès juillet 1915. Trois spécialistes, le colonel Thouvenin, assisté du capitaine Schmidt et du lieutenant Pargond furent chargés de la mise en place de ces ateliers, l'un au Fort d'Aubervilliers pour les obus toxiques et un deuxième au fort de Vincennes pour les obus incendiaires et lacrymogènes. Un laboratoire de contrôle des chargements fut également créé à la Sorbonne et placé sous la direction du professeur Urbain.

L'atelier d'Aubervilliers fut équipé d'un système de refroidissement permettant de maintenir sous forme liquide le chargement et de maintenir également le corps de l'obus à des températures négatives. Cela était impératif pour les chargement en phosgène, qui est un gaz à température ordinaire. Dès fin août 1915, l'ateliers d'Aubervilliers fut opérationnel. Il resta spécialisé dans le chargement en phosgène jusque la création de l'atelier de Pont-de-Claix qui devint opérationnel en juillet 1918.

Deux grands ateliers furent créés en 1918 et entrèrent en service au printemps, Pont-de-Claix et Salaise, dédiés essentiellement aux chargement d'Ypérite.

Marquage des obus chimiques

Voici quelques marquages que l'on pouvait trouver sur les obus chimiques :

  • Sur le haut du projectile : numéro code de la substance utilisée, Initiales de la même substance, atelier de chargement.
  • Deux bandes jaune-orange : Toxique persistant d'agressivité retardée.
  • Pour tous les calibres, le numéro de l'obus est peint sur l'ogive.
  • Les lettres placées au dessous du numéro de l'obus sont les initiales des produits employés. Ceux contenant un fumigène portent également l'initial de celui-ci.
  • Les marques placés en troisième ligne indiquent l'atelier et la date du chargement. Les marquages d'atelier disparaissent après octobre 1918 pour être remplacés par des lettres code conventionnelles.

Récupération et Recyclage des Douilles Usagées

Ecologic est un éco-organisme (= entreprise à but non lucratif) agréé par l’État pour la prévention, la collecte et le traitement des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE) ainsi que les Articles de Sport et de Loisirs (ASL) sur le territoire national. L’aspect récupération des douilles usagées est en cours de mise en œuvre depuis début 2023.

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Voici comment collecter et recycler les douilles usagées :

  • Si vous collectez moins de 400 kg de douilles par saison de chasse, Ecologic met à votre disposition un petit contenant « de comptoir », ou vous pouvez en créer un.
  • Si vous collectez plus de 400 kg de douilles dans la saison, Ecologic vous met à disposition des big-bags (voir images ci-dessous).
  • Si vous collectez plus de 400 kg de douilles (= environ 2 big bag pleins), Ecologic peut vous mettre à disposition des big-bags (voir images ci-dessous). Vous signez un contrat avec Ecologic qui vient ramasser gratuitement le/les bag(s) sur place.
  • Si vous collectez moins de 400 kg de douilles, Ecologic met à votre disposition un petit contenant Ecologic peut aussi mettre à votre disposition un petit contenant « de comptoir », ou vous pouvez en créer un. La box doit être vidée dans un big bag ou son contenu peut aussi être apporté directement chez un recycleur.

Rareté des Douilles

La rareté des douilles peut varier en fonction du fabricant et de l'année de production. Voici quelques exemples de fabricants et leur niveau de rareté :

Fabricant Rareté
ARS (Ateliers de construction de Rennes) Commun
ATS (Ateliers de construction de Tarbes) Extrêmement rare
C (Compagnie Française des Métaux à Castelsarrasin) Commun
D (Dives) [1914 -> 1918] Commun
MAI (Manufacture d'armes d' ISSY LES MOULINEAUX) 1
PDPs (Pinchart Deny à Paris) Commun
SC (Usine de Saint-Chamond (Industrie privée)) Commun
SN (chantier de l'atlantique à Saint Nazaire) Commun

Il est également important de noter que les douilles avec rainure au culot sont rares. Ce procédé a été rapidement abandonné. Les douilles portant les mentions "REMANIE" (reworked) ou "REBUTE" (rejected) sont également considérées comme très rares.

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