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L'engagement en Afghanistan compte certainement parmi les principales opérations extérieures (OPEX) des dernières décennies.

Présence Militaire Française en Afghanistan

La présence militaire française en Afghanistan a débuté dans le cadre de l'opération "Liberté immuable" initiée par le gouvernement américain le 7 octobre 2001 pour lutter contre la menace terroriste.

La France a contribué dès le départ à cette opération, mais dans une lecture stricte du cadre défini par les Nations unies, n’agissant que sur le territoire afghan.

La France a tout d’abord conduit des actions de sécurisation, de stabilisation et de formation dans la région de Kaboul.

En 2003, l’engagement international en Afghanistan a connu une première inflexion majeure, liée à l’intervention des États-Unis en Irak qui a non seulement entraîné une mobilisation de leurs moyens sur un autre théâtre mais également modifié le prisme à travers lequel Français et Américains lisaient leur collaboration en Asie centrale.

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Loin de traduire les tensions diplomatiques entre les deux pays, le dispositif français a alors été revu, pour être réduit en volume mais plus concentré et offensif.

C’est ainsi que certaines des caveats ont été levées et, surtout, que la France a décidé le déploiement d’environ 200 membres des forces spéciales (jusqu’en 2007) et a pris le commandement de la FIAS entre août 2004 et février 2005.

Par la suite, lors du sommet de l’OTAN de Riga en novembre 2006, la France a accepté de lever l’ensemble de ses caveats.

Le groupe aéronaval a de nouveau été déployé dans l’océan Indien en 2006 et en 2007.

La même année, la France a assuré, conjointement avec la Turquie et l’Italie, le commandement régional de la capitale avant que les responsabilités sécuritaires ne soient transférées aux forces afghanes.

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Le sommet de l’OTAN de Bucarest a inauguré en 2008 une nouvelle stratégie de sortie de crise en transférant graduellement aux Afghans les responsabilités dans le domaine de la sécurité.

La France a fortement soutenu la nouvelle stratégie en acceptant la prise de responsabilité de la Kapissa, une zone de combat réputée difficile aux abords de Kaboul.

Comme il a été indiqué, c’est pour en autoriser le prolongement que les dispositions issues de la révision constitutionnelle de juillet 2008 relative aux opérations extérieures ont été appliquées pour la première fois.

D’un point de vue global, les effectifs déployés ont connu une croissance continue depuis 2002, pour atteindre un pic de 4 000 hommes au tournant 2011-2012.

Les actions de sécurisation ont principalement concerné la zone de Surobi-Kapissa où deux groupements tactiques interarmes (GTIA) ont été déployés.

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Un premier bataillon de 700 hommes a été envoyé en Kapissa en 2008 avant que l’ensemble des forces françaises présentes en Surobi-Kapissa, soit deux bataillons totalisant 2 200 hommes, ne soient regroupées sous le commandement unique de la brigade La Fayette le 1er novembre 2009.

L’embuscade d’Ouzbine a montré la difficulté du théâtre.

Afin de bien connaître le territoire et de le tenir, la durée standard de déploiement des troupes a été étendue de quatre à six mois, pour cette seule OPEX.

En outre, l’état-major des armées a rapidement renforcé les moyens, livrant jusqu’à la fin des missions de combat les matériels les plus performants à disposition, et ce dès leur mise en service opérationnel.

Ces éléments illustrent concrètement la priorité donnée par l’état-major des armées à la réussite du mandat en Afghanistan, et notamment de ses missions de combat.

La DRM a déployé une cellule renseignement ad hoc au sein du centre de planification et de conduite des opérations de l’état-major des armées, le CPCO, afin de centraliser et valider l’ensemble du renseignement avant de fournir son appui à la FIAS.

Défis et Adaptation de l'Armement

Les premières critiques concernant l'armement individuel des fantassins en Afghanistan remontent à la fin de l'année 2001, lorsque les forces spéciales étaient infiltrées dans le pays pour traquer les terroristes d'al-Qaïda.

Les opérateurs de ces unités spéciales rapportaient alors plusieurs incidents où des ennemis continuaient à charger après avoir reçu plusieurs blessures par balles.

Bien que la résistance inhabituelle de ces insurgés ait été parfois expliquée par la prise de stupéfiants, les soldats blamaient surtout le manque de stopping-power de leurs fusils d'assaut M4, chambrés en calibre 5.56mm OTAN.

Cette méfiance contre leur arme de dotation favorisa l'usage d'armes de calibre supérieur, telles que le fusil M14 tirant une munition de 7.62mm.

L'infanterie plus classique, qu'elle soit américaine, britannique ou encore française, rencontra elle aussi des déconvenues avec ses fusil d'assaut chambrés en 5.56mm, sur le théâtre afghan ou irakien.

Un stopping-power trop limité face à des ennemis parfois bardés d'explosif, le manque de létalité de la munition ou encore la trop faible précision du 5.56 au-delà de 300m, font partie des critiques régulièrement formulées à l'encontre du calibre qui équipe la plupart des fantassins.

Conscients des limites de la munition de 5.56mm OTAN qui équipent beaucoup des armes d'infanterie de l'ISAF (M4/M16, FAMAS, L85, G36, mitrailleuse Minimi...), les insurgés afghans ont pris l'habitude d'attaquer les patrouilles à plus de 300m de distance, en utilisant des mitrailleuses et des fusils de précision soviétiques chambrés en 7.62mm, armes qu'ils possèdent en bonnes quantités.

Bien que les soldats occidentaux disposent d'appuis aériens et d'artillerie, les armes légères d'infanterie constituent souvent le premier, voire l'unique moyen de riposte.

La plupart des armées présentes sur le théâtre afghan ont rapidement intégré à leurs sections au moins un soldat équipé d'un fusil de précision, généralement chambré en 7.62mm, permettant de délivrer des tirs précis au-delà de 300m.

Dans ce but, les Britanniques et les Américains ont souhaité aller encore plus loin, en fournissant à certaines unités des armes de calibre supérieur, afin de gagner en portée et en puissance de feu.

Les forces américaines ont multiplié l'attribution de fusils de précision Barrett de calibre .50, une arme puissante mais particulièrement lourde et encombrante.

En ce qui concerne les armes individuelles chambrées en 5.56mm, les débats ont été nombreux concernant l'emploi d'autres munitions ou l'abandon pur et simple de ce calibre standard OTAN.

La plupart des armées de la coalition emploient une munition de 5.56x51mm de type SS109 (balle de 4 grammes), qui constitue le standard OTAN.

Plusieurs unités de forces spéciales ont choisi d'utiliser la munition Mk262 Mod 1 produite par Black Hills, une munition de même calibre mais chargée d'une balle plus lourde (9 grammes), qui offrirait de meilleures performances en terme de portée effective et de transfert d'énergie.

Plusieurs voix au sein des forces américaines se sont faites entendre pour demander le passage à cette munition considérée plus performante ou à une munition d'un autre calibre, comme le 6.8mm.

L'Embuscade d'Uzbeen et les Défis Logistiques

Dix soldats français ont perdu la vie dans l’embuscade des talibans en vallée d’Uzbeen, le 18 août 2008. Un électrochoc pour l’Armée de terre, à l’époque, et pour dix familles.

En Afghanistan, en 2008, la guerre dure depuis déjà sept ans.

Les Américains ont envahi le pays pour en déloger les talibans qui avaient accueilli Ben Laden et son organisation Al-Qaïda, responsable des attaques du 11 septembre 2001.

La France a progressivement engagé des moyens sur ce théâtre complètement nouveau pour elle.

En 2007, là aussi pour des raisons politiques, Paris décide d’intensifier sa présence pour montrer sa bonne disposition envers l’OTAN, qui dirige les opérations en Afghanistan au sein de l’ISAF, créée en 2001.

D’une part, la France prendra la responsabilité d’une des quatre régions militaires de l’ISAF ; d’autre part, des militaires français se déploieront dans une zone totalement nouvelle, contigüe.

A Paris, on pense avoir fait une bonne affaire, car ces zones sont très éloignées de la région la plus difficile de l’Afghanistan, où elle a perdu ses commandos du COS.

Le 1er août 2008, la France a repris le commandement du Regional Command-Capital (RC-C), qui englobe Kaboul, la plaine de Shamali, au nord, et le district de Surobi, à l’est.

C’est en Surobi qu’est implantée une compagnie interarmes, sur la base avancée (ou FOB) de Tora, au pied d’une imposante montagne.

La base jouit d’une DZ nichée au pied de la FOB.

Une partie de la Surobi est relativement calme, notamment parce que les troupes de l’OTAN qui ont précédé les Français (des Turcs puis des Italiens) ont procédé sans embûches, en achetant littéralement la paix.

En tout état de cause, la mission en Uzbeen, en août 2008, visait à y reprendre pied.

Les Français savaient qu’ils partaient dans l’inconnu, donc en connaissaient les risques.

C’est le bataillon français ou BATFRA basé à Kaboul, sur le camp de Warehouse, qui arme la FOB de Tora avec une compagnie interarmes.

A cette époque, le BATFRA est armé par le régiment de marche du Tchad (RMT), mais détient sous sa coupe une compagnie du 8e RPIMa.

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