La question de la chasse et de la gestion des espaces naturels est un sujet de débat passionné en France. Des initiatives comme celle du domaine de Valfanjouse dans la Drôme, géré par l'ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages), mettent en lumière les tensions entre différentes visions de la nature et de son équilibre.
L'ASPAS revendique une doctrine : laisser faire la nature, sans aucune intervention humaine. L'exemple le plus éloquent reste celui du domaine de Valfanjouse dans la Drôme, autre “réserve” gérée par l’ASPAS.
L'ASPAS achète des territoires qu’elle laisse en libre évolution pour préserver les milieux depuis dix ans. Son objectif, dans l’idéal, serait que la France compte 10 % de surfaces ré-ensauvagées, contre 2 % aujourd’hui.
Cette vision romantique peut séduire dans un salon parisien ou derrière l’objectif d’un piège photo. Bienvenue dans un nouveau “havre de vie sauvage”, selon la novlangue militante.
En Dordogne, comme ailleurs, chaque espace retiré de la gestion cynégétique est un territoire de plus que les chasseurs devront compenser. Et plus ces “havres de vie sauvage” s’étendent, plus la tâche devient impossible.
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Interdire la chasse n’efface pas les problèmes, elle les déplace. La nature ne s’auto-régule pas, ou plutôt : elle le fait dans la douleur, au prix d’épidémies, de famines, de destructions d’habitats - tout ce que les partisans de la “libre évolution ” préfèrent ignorer.
En réalité ? La saison de chasse 2024-2025 en Dordogne a battu tous les records : près de 23 000 sangliers ont été prélevés, et la pression de régulation reste encore insuffisante tant la prolifération est incontrôlable. Les dégâts agricoles explosent, les collisions routières se multiplient, et la pression sur les milieux fragiles s’intensifie. C’est dans ce contexte que l’ASPAS encourage, via ses “havres de vie sauvage”, l’abandon complet de toute action de régulation.
En 2022, des cerfs sika s’en étaient échappés, menaçant de s’hybrider avec les populations locales de cerfs élaphes. Un scandale écologique, dénoncé par de nombreux experts, et qui a mis en lumière les carences graves dans la gestion de ces espaces soi-disant “protégés”.
Dix kilomètres de clôture sont installées autour du site pour empêcher les cerfs hybrides de sortir. L'ASPAS indique par la suite qu'une clôture s'est affaissée sous le poids de la neige.
L'ASPAS explique avoir voulu dans un premier temps récupérer les bêtes et les remettre dans l'enclos. "Malheureusement sans succès et la préfecture de la Drôme a autorisé l'abattage des individus identifiés", explique Clément Roche, responsable du pôle Milieux Naturels à l'ASPAS. L'association en a identifiés 13 grâce à des pièges photographiques, mais il n'est pas exclu que le nombre puisse être plus élevé.
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Si l’Aspas est connue pour ses positions anti-chasse, depuis dix ans elle cherche surtout à créer des réserves de vie sauvage, pas à acheter des enclos de chasse.
Si cela constitue un cas pratique inédit pour l’association, il ne faudrait pas non plus sous-entendre que l’Aspas est totalement anti-chasse : « On ne demande pas l’abolition de la chasse, on demande seulement une réforme majeure et en profondeur. Nous luttons contre les dérives, les abus, contre la chasse d’espèces en mauvaise voie de conservation, contre des pratiques inutiles de traditions [tels la chasse à courre, à cor et à cri, le déterrage, la chasse à la glue et cette fameuse chasse en enclos], et ce d’autant plus qu’il est prouvé que les animaux sont eux aussi doués de sensations », note encore la directrice de l’Aspas.
Ils se défendent d’ailleurs de vouloir mettre la nature sous cloche, comme cela a pu leur être reproché : « La part du sauvage est-elle raisonnable, équitable, et éthique aujourd’hui en France ? Vivre en symbiose et en harmonie, est-ce être partout, même dans les 3 % de vie sauvage qui sont encore préservés ? Ou est-ce accepter de laisser une place à l’autre ? », interrogent-ils en ce sens en expliquant comment l’Italie préserve ainsi 10 % de son territoire, comment la Suède et la Suisse ont été pionnières en ouvrant d’immenses parcs nationaux, etc.
Voici quelques exemples de domaines de chasse à la journée en France, offrant diverses expériences et tarifs :
| Domaine | Localisation | Type de Chasse | Particularités |
|---|---|---|---|
| Domaine de Montmorency | Allier (03) | Battue, approche | Enclos de 100 hectares |
| Domaine de Chasse de la Toupirie | Non spécifié | Non spécifié | Territoire clôturé, boisés de feuillus et résineux |
| Domaine de Raboulet | Carlucet (46) | Non spécifié | Ouvert toute l'année, parcelles spécifiques pour chiens |
| Domaine de l'Éminence | Nièvre (58) | Battue | 600 hectares clos, traque de grands gibiers |
| Domaine de la Maison Forestière de Germaine | Non spécifié | Grands gibiers | Référence pour la qualité et le professionnalisme |
| Domaine de la Reillane | Vendée (85) | Battue | Aménagé pour le grand gibier en battue |
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