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« Attention, traversée d’animaux sauvages ». Bon nombre d’automobilistes doivent apercevoir ce message de signalisation sur les routes. Malgré ces messages de prévention, les accidents impliquant des collisions d’animaux sur les routes sont de plus en plus fréquents. Le déconfinement n’a pas beaucoup arrangé les choses.

Une étude publiée dans Frontiers in Ecology and Environnement et combinant pas moins de 90 enquêtes issues de 24 pays européens a montré que chaque année, ce sont près de 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères qui sont tués après avoir été renversés ou écrasés. En France, on ne recense pas moins de 65 000 accidents par an, soit près de 180 par jour.

Détecteurs Préventifs : Une Solution Innovante

Afin d’éviter de tels accidents, le conseil départemental du Val-D’oise et la fédération interdépartementale des chasseurs d’Ile-de-France collaborent. À Seugy, une petite commune en région d’Ile-de-France, on a peut-être trouvé la solution. Ils ont décidé d’expérimenter un dispositif inédit. Les automobilistes peuvent désormais compter sur la présence d’un nouveau détecteur préventif.

Des caméras thermiques et infrarouges ont été dressés sur le bord de la départementale D 922. De nombreux animaux peuvent ainsi être détectés grâce à de telles caméras : lièvres, chevreuils, blaireaux, sangliers, cerfs, etc. Les radars détectent les animaux grâce à la chaleur qu’ils dégagent et préviennent les automobilistes via un panneau lumineux les invitant à lever le pied.

Une route stratégique puisque la D 922 « […] est identifié comme l’un des quatre secteurs les plus accidentogènes à cause du passage des animaux », indique Jean-Luc Barailler, président de l’association pour la gestion du grand gibier dans le Val-D’oise (AGGGVO).

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Ailleurs, le dispositif aurait déjà fait ses preuves. Depuis près de trois ans maintenant, des détecteurs de ce type ont été installés en Haute-Savoie, à Doussard. En 2018, 4 fois moins d’accidents auraient été répertoriés sur la départementale RD 1508. En Isère, près de Grenoble de tels radars se sont également montrés très utiles afin de prévenir les automobilistes d’éventuels risques de traversées.

Pourtant, si l’objectif premier de ce dispositif est de protéger la biodiversité, il a également un intérêt non négligeable quant à la réduction des sinistres avec les automobilistes et les deux roues. Il permettrait également via les caméras d’étudier le comportement et les habitudes des animaux.

Sifflets Anti-Gibier : Un Dispositif Simple et Abordable

Qui n'a jamais eu peur de percuter un gibier au moment d'emprunter une route départementale en bordure de bois ou en zone rurale ? Pour réduire les risques d'accident, nos confrères de l'Est républicain présentent un outil bien utile : le sifflet anti-gibier. Peut-être en êtes-vous déjà équipé.

Ce système, fixé sur le toit ou le pare-chocs de la voiture, émet un son à l'aide du vent dès que la voiture dépasse les 40 km/h. Un bruit qui laisse à distance le gibier et réduit donc le risque d'accident. Fixé sur le toit, l’appareil aurait une portée de 700 m et de 450 m sur les ailes ou les pare-chocs. Ces avertisseurs sont disponibles dans le commerce à moins de 10 €.

Ces sifflets peuvent se trouver pour 10 euros environ sur Internet et dans le commerce.

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Ultrasons et Lumière : Alternatives pour la Dissuasion

Depuis une vingtaine d’années, les véhicules de la famille de Michel Cadis, Morcenais de 60 ans, sont équipés d’un avertisseur à ultrason. Cet ancien assureur a écumé toutes les routes boisées des Landes et a profité de ces sifflets, mis à la disposition de ses sociétaires lors de stages de prévention, pour les essayer.

« Il semblerait que ce soit efficace, mais je ne suis pas catégorique, admet-il, avant de conjurer le mauvais sort. Il suffit que j’en parle pour percuter un animal demain. » Placé sous les rétroviseurs ou sur la calandre des voitures, ce petit outil prend la forme d’un cône de moins de 5 centimètres.

L’air entre en roulant et émet un ultrason en sortant qui est inaudible pour l’homme mais supposément dissuasif pour l’animal qui serait tenté par un petit passage sur l’asphalte. « Le seul jour où mon fils est venu au domicile familial sans son véhicule équipé des sifflets, il a percuté un chevreuil, raconte Michel Cadis.

Comme lui, Julie Ferio, habitante de Mont-de-Marsan, est convertie à la dissuasion par ultrason. « Au-delà de 50 km/h, ça fait aussi un petit bruit pour l’homme, tempère la Montoise, mais cela va faire un an que j’ai installé ces avertisseurs et je n’ai jamais rien eu, je vois les animaux faire demi-tour au bord des routes. »

Si aucune étude scientifique n’atteste de l’efficacité de ces sifflets, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) n’hésite pas à les commercialiser. Le coût : 9,90 € la paire. « J’ai trouvé moins cher sur Internet », promet Julie Ferio. Mais à la LPO, il s’en vend « une centaine à l’année », explique le service boutique de l’association, qui précise que l’ultrason ne perturbe pas leurs amis à plumes.

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Plus au nord des Landes, à Saint-Julien-en-Born, Benjamin, 19 ans, a opté pour une barre à Leds, montée sur la calandre de sa voiture. Ce chauffeur routier, voyageur des nuits, constate que « l’éclairage classique à ses limites » et a donc déboursé 180 euros pour voir et être vu dans l’obscurité.

« Je l’utilise à bon escient, j’ai un bouton pour l’éteindre, comme les feux de route, quand je croise quelqu’un ». Si son camion est pourvu d’un supplément de lumière en toute légalité, Benjamin sait que son système D n’est pas homologué pour son véhicule civil sur la voie publique.

« Je vois à plus de 300 mètres, j’ai évité pas mal d’animaux comme ça et ça marche aussi pour les cyclistes et les trottinettes. Je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas autorisé, cela ne présente que des avantages. »

Réflecteurs : Une Expérience Jurassienne

Dans le Jura, la Fédération départementale de chasse et le Conseil départemental ont pris le problème de l’accidentologie liée aux animaux à bras-le-corps. En 2016, un dispositif de réflecteurs a été mis en place sur différents tronçons, dits « sensibles », du territoire (12 kilomètres couverts au total).

Des petits piquets en inox réfléchissent la lumière des phares et effarouchent les animaux qui bordent les routes. « Ce n’est pas à 100 % efficace, mais les services des routes et les chasseurs ont constaté qu’il y avait moins de collisions », assure Jérôme Bonbois.

Le responsable faune et chasse de la Fédération de chasse du Jura est convaincu par le dispositif : « 15 euros le piquet, comparé à ce que peut coûter un accident et sans penser au pire, c’est très peu. »

Expérimentation en Ardèche : Baisse Significative des Collisions

En 2018, une expérimentation était lancée conjointement le Département et la fédération départementale de chasse : 240 de piquets avaient été installés sur une zone-test étendue sur un tronçon de deux kilomètres, sur la RD 103 reliant Vogüé et Lavilledieu. Le dispositif permet d’éblouir le grand gibier pour éviter les collisions.

Grâce aux phares de la voiture, une barrière lumineuse dissuade les animaux de franchir la chaussée lors du passage d’un véhicule. Le Département gère une grande partie des axes routiers du territoire. Ces derniers traversent souvent des espaces naturels où vit une faune sauvage, notamment représentée par les grands ongulés comme les sangliers et les chevreuils.

L’accroissement de cette population, recensée ces dernières années, entraîne une augmentation des collisions avec les automobilistes.

Durant l’année d’expérimentation, une baisse des collisions de 70 % a été constatée. La configuration de la RD 103 en ligne droite, la lisière de bois, qui favorise la présence immédiate des ongulés, et la végétation dense en bord de route, qui limite la visibilité des automobilistes, augmentent le risque de collisions.

Des conditions qui génèrent une trentaine de collisions par an sur cette portion de route.

Le Département accompagnera la fédération départementale de chasse sur l’extension du dispositif, en finançant 50 % de la prochaine installation, qui étendra la zone déjà existante et en créera une nouvelle, au lieu-dit Bannes, dans la commune de Vogüé, au mois de septembre.

Tableau Récapitulatif des Dispositifs Anti-Gibier

Dispositif Fonctionnement Avantages Inconvénients
Détecteurs thermiques et infrarouges Détection de la chaleur corporelle des animaux, alerte via panneaux lumineux. Détection précoce, alerte en temps réel. Coût élevé, nécessite infrastructure.
Sifflets anti-gibier Émission d'ultrasons dissuasifs à partir de 40 km/h. Facile à installer, peu coûteux. Efficacité non scientifiquement prouvée.
Avertisseurs à ultrasons Émission d'ultrasons inaudibles pour l'homme mais dissuasifs pour les animaux. Discret, potentiellement efficace. Efficacité non scientifiquement prouvée.
Barres à Leds Éclairage puissant pour une meilleure visibilité nocturne. Améliore la visibilité, dissuade les animaux. Non homologué pour tous les véhicules, peut éblouir.
Réflecteurs Réflexion de la lumière des phares pour créer une barrière lumineuse. Peu coûteux, installation simple. Efficacité variable selon les conditions.

Face au danger que peut représenter la traversée d’un animal sur la route, prudence reste mère de sûreté. Le plus pieux des conducteurs freinera droit, sans jamais dévier, l’intégrité des bêtes et du véhicule passant après la sienne. Mais pour éviter la maudite collision, certains usagers ajoutent à leur vigilance au volant un soupçon de gadgets.

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