Des bureaux de permanence d’élus La République en marche (LREM) ont été saccagés ces derniers temps, en signe de désaccord avec la signature du Ceta.
“Les députés du parti du président Macron sont de plus en plus souvent la cible d’actes de vandalisme et de menaces”, s’inquiète le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Et “tous les auteurs ne sont pas des ‘gilets jaunes’.” De fait, “l’inquiétude monte parmi les députés du parti de Macron”, note Politico.
Portes bloquées par des blocs de béton, tonnes de fumier déversées, graffitis ou encore vitres brisées : une dizaine de bureaux d’élus La République en marche (LREM) ont été vandalisés dernièrement.
Après les manifestations des “gilets jaunes”, “la contestation contre le gouvernement a été relancée avec la ratification ce mois-ci [le 23 juillet par l’Assemblée nationale] du Ceta, l’accord de libre-échange UE-Canada, dont les détracteurs estiment qu’il sape les normes sociales et environnementales européennes en autorisant l’importation de produits fabriqués dans des conditions interdites en Europe”, explique ainsi le titre britannique Daily Express.
Le mouvement contestataire “qui s’était affaibli ces derniers mois, s’est vu relancé par le volet agricole de l’accord”, poursuit le journal. En effet, “les agriculteurs redoutent en France une avalanche de produits canadiens à bas coût qui ferait dégringoler les cours et la demande de produits français”, complète The Te.
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Avant le Covid, la guerre en Ukraine, la réforme des retraites et les émeutes, le mouvement des gilets jaunes, dont l’acte I eu lieu le 17 novembre 2018, a été la première grande crise de la présidence d’Emmanuel Macron. Cinq ans plus tard, certains acteurs de l’époque - ministres, députés et conseillers - reviennent pour L’Express sur ces mois où se sont mêlées violences, craintes, décisions et innovations politiques. Comment les gilets jaunes ont bousculé le pouvoir : le récit, vu de l’intérieur.
En 2017, Emmanuel Macron s’installe à l’Élysée avec l’idée de réformer profondément le pays, en voulant libérer les énergies et promouvoir "l’émancipation individuelle".
Un ancien de l’Élysée : Jupiter a été inventé au début du quinquennat car il y avait un doute sur la présidentialité d’Emmanuel Macron. Ce qui est vrai, c’est qu’il a tenu, au début, un discours pour un socle électoral très urbain, celui de la mondialisation heureuse.
L'appel des députés au gouvernement est clair : il faut diffuser et rendre accessibles les cahiers de doléances des Gilets jaunes. Entre janvier et mars 2019, en réponse à la crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron avait organisé une consultation citoyenne à l'issue de laquelle 19.000 cahiers de doléances avaient été rédigés, recensant les "colères", "espoirs", "histoires de vie", "préoccupations" et "propositions" des Français, selon les mots de la députée écologiste de la Drôme Marie Pochon, à l'origine de cette résolution.
Adoptée à l'unanimité des députés dans l'hémicycle, de La France insoumise au Rassemblement national en passant par les macronistes, cette résolution appelle le gouvernement à "rendre publiques ces doléances sur une plateforme" en ligne ouverte à tous. Pour ce faire, l'État doit finaliser et financer "la numérisation de chaque cahier de doléances" mais aussi "leur anonymisation". Lorsque les citoyens ont écrit leurs doléances (parfois en-dehors du cadre du Grand débat national, certains gilets jaunes dès novembre 2018) ils ont souvent livré sur papier des récits très personnels, y laissant parfois des éléments susceptibles de les identifier.
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En réponse, le gouvernement a annoncé s'engager à chercher de "nouvelles solutions techniques pour anonymiser les contributions et permettre (ainsi) un accès en ligne au contenu des cahiers de doléances", selon le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, dans l'hémicycle.
Plusieurs élus de la majorité appellent l’exécutif à faire plus de pédagogie et revaloriser les corps intermédiaires. Côté face, la majorité « tient bon » face au mouvement des « gilets jaunes ». Mais côté pile, la mobilisation populaire lancée le 17 novembre pose aux députés macronistes un douloureux cas de conscience. L’heure est même au mea culpa à visage découvert.
Comme lui, plusieurs députés font état de leurs doutes sur la capacité de la majorité à se faire entendre et à convaincre. « On est à la tâche, au travail, mais peut-être que ce n’est pas assez bien expliqué », esquisse Thomas Mesnier, élu de Charente qui a reçu pendant deux heures, samedi, des « gilets jaunes » dans sa permanence, à Angoulême.
Mardi, lors de la réunion de groupe hebdomadaire de la majorité, Edouard Philippe a reproché aux députés leur silence au cours de ce week-end de crise. « Avons-nous su occuper le terrain ou répondre aux critiques ? Trop peu. On m’a rapporté que sur les plateaux de télévision, nous n’avons pas été suffisamment sonores, présents, audibles », a dit le premier ministre, selon plusieurs participants.
| Événement/Mesure | Réaction des Gilets Jaunes | Réaction des Députés LREM | Action du Gouvernement |
|---|---|---|---|
| Ratification du CETA | Saccage de permanences d'élus | Inquiétude croissante | Non spécifié |
| Consultation citoyenne et cahiers de doléances | Expression de "colères", "espoirs", etc. | Appel à la diffusion des cahiers | Engagement à anonymiser et diffuser les cahiers |
| Mobilisation des Gilets Jaunes | Revendications diverses | Doutes sur la capacité à convaincre | Remontrances d'Édouard Philippe sur le silence des députés |
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