La présence de dépôts de munitions américains en France a marqué l'histoire, notamment durant la guerre froide. Cet article explore la localisation de ces dépôts, leur impact et les vestiges qui subsistent aujourd'hui.
De 1951 à 1967, l’armée américaine avait implanté l’un de ses plus importants dépôts de munitions aux confins de la Champagne et de la Lorraine. Pourtant, jusqu’en 1967 et la fin du camp, le Trois Fontaines Ordnance Depot, l’un des plus importants dépôts de munitions de l’armée américaine en Europe, laissera comme un goût de nostalgie aux Bragards mais aussi aux habitants de Bar-le-Duc, où un Village La Fayette s’est construit pour accueillir les familles des militaires.
C’est l’organe régional du Parti communiste français (PCF) qui est violemment monté au créneau, en mars 1951, pour dénoncer cette présence « étrangère ». Pour le PCF, qui va jusqu’à parler, comme s’il assimilait les Etats-Unis au IIIe Reich, « de rampes de V2* dans les carrières de Savonnières », l’arrivée au printemps 1951 de l’armée américaine dans le Triangle Vitry-le-François - Saint-Dizier - Bar-le-Duc apparaît comme une provocation, en cette période de guerre froide. Avec des termes surprenants aujourd’hui, mais symptomatiques de cette époque. Depuis le 10 mars 1951, écrivaient alors les rédacteurs de La Champagne, « les nazis (sic) américains sont là en maîtres. Ils sont là pour préparer une base solide pour leur agression antisoviétique ».
Où sont-ils « en maîtres » ? A Saint-Eulien, à Robert-Espagne, et à l’intérieur du massif forestier de Trois-Fontaines, où « 400 000 tonnes de pierre » sont utilisées pour refaire les routes. Aujourd’hui, mis à part les routes forestières qui sillonnent la forêt, ou le casse auto de Robert-Espagne qui a pris place dans les anciens locaux de l’état-major américain, il ne subsiste pratiquement pas de vestiges de cette présence, qui avait valu à la région de recevoir par exemple, en 1955, la visite du général Mc Auliffe, le héros de Bastogne. A l’exception d’une plaque explicative, il convient d’être bien observateur pour repérer les endroits où ont été édifiés les dizaines de bâtiments en préfabriqué.
Le dépôt de munitions de Connantray a été construit par l’armée américaine en 1960, sous l’égide de l’Otan. En 1966, celui-ci était remis aux autorités françaises après la sortie de la France de l’Alliance Atlantique Nord. Trois ans plus tard, un détachement de la 771ème compagnie de munitions de Brienne-le-Château s’implantait sur le site de 250 hectares.
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Voici un aperçu de l'évolution de la gestion de ce dépôt :
Durant plusieurs années, « Connantray » a été rattaché à divers établissements de munitions. A la création du service interarmées des munitions en 2011, « Connantray » deviendra un groupement de munitions au sein de l’établissement principal de munitions Champagne-Picardie basé à Brienne-le-Château. Après la fermeture du dépôt de munitions en 2016, ce dépôt bien connu des pyrotechniciens jeunes et moins jeunes, mis en vente par le Ministère des armées, a été acquis par la communauté de commune du sud marnais (CCSM). La société EURO BENGALE en a fait l’acquisition en 2018, investissant 4,8 M€ pour exploiter le site de 220 ha et ses 100 magasins de type « igloo ».
Le 26 février 1951, une partie importante de la forêt de Chizé fut proposée par le gouvernement français pour être mise à la disposition des Américains. L’aménagement comprenait notamment la construction de routes, d’un embranchement de voie ferrée et d’aires de dépôt de munitions pour l’armée de l’Air américaine. En décembre 1953 la construction du camp débute, elle s’achèvera six mois plus tard.
La moitié du massif forestier de Chizé étaient enclose et 200 hangars de stockage de munitions étaient répartis le long de routes goudronnées, les arbres faisant fonction d’écran en cas de bombardement. C’était l’époque de la guerre froide, 450 soldats américains en assuraient la garde et étaient basés à l’entrée dans les bâtiments. En 1967, les soldats Américains quittent définitivement la forêt de Chizé, le capitaine Garnett fut le dernier commandant du camp.
En Alsace du Nord, une importante opération d'extraction de munitions d'un dépôt américain de la Seconde Guerre mondiale était en cours ce mardi 3 mai près du Liebfrauenthal, à Goersdorf. A la mi-journée, le service de déminage du Bas-Rhin avait déjà extrait 300 kg de munitions, essentiellement des mortiers de 80 mm de grande capacité, vestiges de munitions abandonnées par les soldats américains lors de leur retraite précipitée au cours de l'opération Nordwind en décembre 1944 et janvier 1945.
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Dans la forêt de Saint-Sever, la végétation efface progressivement les vestiges de la Seconde guerre mondiale. C’est ici, à seulement une quinzaine kilomètres de Vire Normandie (Calvados), que fut construit l’un des importants dépôts de munitions de l’Ouest, le camp Lager Michel. Les vestiges d’un bunker enterré dans la forêt de Saint-Sever-Calvados. Ils ont finalement été chassés par les Américains, qui ont recensé sur place près de 13 000 tonnes de munitions.
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