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Le Territoire de Belfort, situé entre les Vosges et le Jura, a été le théâtre de nombreux conflits au cours de l'histoire. Cette position stratégique a fait de la région un lieu de passage et de stockage de munitions, dont l'histoire est riche et complexe.

Rôle Militaire de la Place de Belfort

Avant la guerre malheureuse contre l'Allemagne, la frontière de l'Est était constituée par le Rhin. Cependant, la chaîne des Vosges constituait le principal obstacle à une invasion allemande. Une armée qui aurait traversé le Rhin en Alsace se serait retrouvée enserrée, obligée de passer par la trouée entre le sud des Vosges et le nord du Jura.

Quand on a franchi le Rhin en ce point, les voies de communication se présentent en deux faisceaux. Le premier passe à Belfort, où se trouve la jonction des lignes de Paris à Mulhouse et d'une des lignes du réseau de Lyon. L'autre aboutit à Montbéliard, où il rencontre le chemin de fer et la route de Belfort à Besançon.

Belfort se trouve à la jonction des voies ferrées et des routes qui peuvent servir à amener les forces du centre et du midi de la France pour envahir l'Alsace ou le duché de Bade. La place de Belfort pourrait jouer un rôle défensif et offensif important.

Description de la Place de Belfort et de ses Environs

La ville de Belfort est située sur la rive gauche de la Savoureuse. La ville est encore enserrée dans ses remparts. La place d’Armes est déjà le point central de Belfort, avec l’Hôtel de Ville, la prison, l’arsenal et l’église Saint-Christophe.

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Belfort est une petite ville avec une situation géographique unique entre Vosges et Jura, à la fois un nœud routier et ferroviaire. Les routes de Paris et Lyon se rejoignent sur la rive gauche de la Savoureuse. La ligne de chemin de fer allant de Paris à Mulhouse passe à Belfort, avec une bifurcation qui se dirige vers Besançon et Lyon.

La Guerre Franco-Prussienne de 1870-1871

La guerre franco-prussienne de 1870-1871 marque un tournant dans le destin de Belfort. Invaincu malgré un siège de 103 jours, Belfort devient un symbole de la résistance à l’ennemi.

En 1870, Belfort est le chef-lieu de l’un des trois arrondissements du Haut-Rhin. La ville, qui compte environ 6 000 habitants, est encore enserrée dans ses remparts. Au-delà de la Savoureuse, pas de grands immeubles mais un vaste espace dépourvu de végétation : c’est un « glacis », aménagé en avant des fortifications.

La présence de la garnison est un atout pour Belfort. Pour l’agrément de tout ce petit monde, la ville compte un nombre incroyable de cafés et d’auberges.

Après la déclaration de guerre du 19 juillet 1870, la mobilisation des soldats français s’est faite dans le plus grand désordre. Les Prussiens avancent de façon méthodique et organisée vers la frontière française. Depuis la déclaration de guerre, la gare de Belfort n’a cessé de voir passer des soldats. Les Belfortains se mobilisent pour accueillir les soldats.

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Au bastion 20 (tour des Bourgeois), il ne trouve par exemple qu’un canon au lieu de quatre, monté sur un châssis à moitié pourri ; tout autour poussent des herbes folles « qu’aucun pied n’avait foulées depuis longtemps ». Quant aux soldats, rien n’est vraiment prêt pour les recevoir.

En août 1870, à la nouvelle des défaites de l’armée française, Marcel Poilay décide avec deux amis de s’engager. Il arrive à Belfort le 15 août au soir et y découvre un « spectacle curieux » : « L’avenue de la gare est remplie d’une foule grouillante de soldats débraillés, déambulant au travers d’un nombre considérable de boutiques foraines chargées de montagnes de saucissons à l’ail et de monceaux de fromage fondant au soleil ».

Vers la fin du mois d’août, les convois de munitions, de vivres, d’armements et de vêtements destinés à Strasbourg sont arrêtés à Belfort, car Strasbourg est assiégé. Cela permet de mieux équiper les soldats.

Le 4 septembre, est annoncée la naissance de la llle République, avec la formation du gouvernement de la Défense nationale. Pour Marcel Poilay, cette annonce est « comme un éclair dans un ciel sombre. Une immense acclamation salua ce mot magique [république], ce mot réconfortant qui nous arrivait, portant avec lui les souvenirs de 1792, des engagés volontaires, des armées nationales repoussant l’étranger. Les désastres étaient oubliés. Une ère nouvelle allait commencer. Tous les cœurs s’ouvraient à l’espérance ».

À la mi-septembre, les travaux des lignes des faubourgs et aux Hautes-Perches sont assez avancés pour permettre de reprendre les travaux des Basses-Perches.

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La Résistance Pendant la Seconde Guerre Mondiale

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Territoire de Belfort a été un important centre de résistance. De jeunes résistants intrépides sont avides d’action. La proximité de la Suisse a été pour eux une issue de secours.

La frontière suisse a été aussi, à partir de 1942, une porte de secours inespérée pour les Juifs pourchassés en France ou dans l’Europe occupée. Résistants, membres de réseaux, aviateurs abattus en France et recherchés ont pu franchir la frontière guidés par des hommes et des femmes connaissant bien les différents passages. La région de Delle, frontalière de la Suisse, attire nombre de ces fugitifs.

Le corps franc de Grandvillars, compte une douzaine de membres en 1943 souvent très jeunes. Le passage de la frontière s’effectue la nuit, il fait passer plus d’une centaine d’aviateurs anglais abattus. En 1943, le groupe récupère l’officier anglais Harry Ree que le SOE avait parachuté dans la région pour coordonner l’action des maquis locaux.

Dans la nuit du 15 au 16 septembre 1944, le plus important sabotage effectué dans le Territoire de Belfort détruit 150 tonnes de munitions allemandes. Il est réalisé par deux résistants de Chèvremont, Pol Toussaint, du groupe Lorraine, sergent de la 6ème compagnie du groupement Est des FFI du Territoire de Belfort et par le responsable de la compagnie, son chef, le lieutenant Joseph Strnad.

Pour chacun des deux dépôts, ils laissent passer les sentinelles, rampent sous les barbelés, accrochent les sacs d’explosifs et allument la mèche. Puis ils détalent à toute allure à travers la forêt mais sont plaqués au sol pour deux terribles explosions.

Les Dépôts de Munitions et les Risques Actuels

Les déchets de guerre n’ont pas de filière. Les vieilles munitions tuent, polluent et sont les ennemis de la biodiversité. Dans le nord et l’est de la France, un milliard d’obus de tous calibres équivalant à 15 millions de tonnes de métaux ont été tirés entre 1914 et 1918. Un quart de ces obus n’ont pas explosé et 6% contenaient des gaz de combat.

Dans les 7 régions du nord et de l’est de la France, 25 millions de personnes vivent et travaillent sur un sol truffé de munitions non explosées ou cachées et morphologiquement déformé par les cratères, les boyaux, les sapes, les tranchées, les trous de bombe, les cratères, les entonnoirs de mines.

En avril 2007, deux démineurs de la Sécurité civile de Metz ont été tués dans l’explosion du dépôt de vieilles munitions de Ressaincourt. Ils étaient en train de manipuler des obus datant de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

Les munitions chimiques ne sont pas les seules à polluer. Dans le nord de la France, les concentrations élevées de sels de perchlorate dans l’eau du robinet sont attribuées aux effets différés des munitions enfouies dans les sols. Une corrélation est relevée entre les teneurs maximales et les régions les plus sinistrées par les deux dernières guerres.

Découvertes Récentes de Munitions

En juin 2008, sous la surveillance des services de déminage de Colmar, le cours de la Feschotte fait l’objet de curages précautionneux. 150 détections ressemblant à des munitions viennent d’être repérées à l’occasion de travaux de voirie.

Saulnot (70). Un conducteur de tractopelle découvre un obus de 155 mm « en parfait état de conservation » alors qu’il travaillait aux fondations d’une maison au lieu-dit Roselychamp. C’est la 4ème fois en 25 ans que des vestiges de guerre sont défouis dans la commune.

Nevy-lès-Dole (39). Les agents de la société d’autoroute procèdent à un débroussaillage sous des arbres et découvrent une grenade offensive datant de la Seconde Guerre Mondiale.

Reppe (90). Une caisse de TriNitroToluène américaine et 80 détonateurs datant de la Seconde Guerre mondiale sont découverts dans la grange d’un particulier.

Sainte-Suzanne (25). Lors des travaux de terrassement pour la réalisation d’un terrain de football, un obus de mortier est découvert.

Pontarlier (25). Un obus de 105 mm est retrouvé par des enfants du quartier dans le lit du ruisseau qui descend du Larmont.

Argillières (70). Une cinquantaine d’obus français datant de la Première Guerre mondiale sont mis au jour...

Un obus trouvé dans la forêt, près de la tour de la Miotte et du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, par des détectoristes. Il daterait de la Seconde Guerre mondiale.

Gestion des Munitions Découvertes

Seule la préfecture de région donne des consignes de comportement et d’alerte en cas de découverte d’un « engin explosif ». Les enfants doivent avertir immédiatement « un parent, un instituteur ou une personne adulte ».

Ecartelés entre les obligations de balisage des découvertes fortuites et de discrétion pour ne pas attirer les curieux et les collectionneurs, les autorités à tous les niveaux et parfois les journalistes restent très flous dans la localisation des munitions.

L'Affaire de Buxerolles (Vienne) en 2025

En juillet 2025, un important entrepôt allemand de munitions de la Seconde Guerre mondiale a été mis au jour dans une école élémentaire de Buxerolles, près de Poitiers, lors de travaux. Une partie des munitions découvertes ont été détruites en fin de journée du 30 juillet 2025, mais la plus grosse partie du dépôt reste encore sous terre.

Les munitions allemandes étaient entreposées en nombre sous la cour de l'école élémentaire. Parmi celles sorties de terre, une centaine de munitions de mortiers allemands de la Seconde Guerre mondiale d'une taille de 5 cm. Mais également des restes d'obus de 2 cm et 3,7 cm ainsi que des cartouches.

Les risques sont maîtrisés parce que les munitions ont l'air stables. Mais il y a quand même une sensibilité vis-à-vis du type d'amorçage qui est ici. On ne prendra pas de risque et on va les détruire rapidement", indique Claude Clares.

À présent, le danger immédiat est écarté du site, les services de déminages vont continuer leur travail pendant au moins une grosse semaine. Un scénario qui met grandement en péril l'ouverture de l'école Simone Veil pour la rentrée prochaine.

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