Le dépôt de munitions de Fontvieille, un site classé au même titre que les raffineries du golfe de Fos et du pourtour de l'étang de Berre, est un élément clé de l'infrastructure de défense française.
Les carrières de Fontvieille avaient été aménagées en dépôt de munitions par la Marine car elles étaient invulnérables à un bombardement naval et quasi invulnérables à un bombardement aérien, ce qui n'était pas le cas du dépôt de Lagoubran au bord de la rade de Toulon. En 1938, la Marine Nationale a racheté le site des « Champignonières de Provence » constitué de nombreuses galeries souterraines issues de l'exploitation des carrières de pierre de taille (pierre dite « de Fontvieille »).
Il s'agissait d'aménager un dépôt régional de munitions pour l'arsenal de Toulon (intitulé « Dépôt Régional Marine »), ce site ayant l'avantage d'être totalement à l'abri de l'artillerie navale et même d'un bombardement aérien, le stockage des munitions étant réalisé dans des alvéoles maçonnées aménagées à plusieurs dizaines de mètres de profondeur sous la roche calcaire et reliées par plusieurs kilomètres de tunnels.
Ce site comporte également trois routes en partie souterraines et une voie ferrée spécifique qui permettait de transporter des munitions par trains entiers. Les galeries les plus profondes forment un lac souterrain.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le site a été occupé par les Allemands, qui l'ont continué à aménager en 1943 et 1944 et qu'ils ont surchargé de munitions pour leur armée de terre et leur marine, il servait de « réserve » aux batteries d'artillerie et aux unités d'infanterie situées sur la côte. Le dépôt a été partiellement détruit lors du départ de la 338ème ID: d'après certains témoignages un soldat polonais aurait coupé la plupart des fils reliés aux détonateurs, sauvant ainsi le village tout proche, d'une destruction totale.
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Depuis lors, le site a continué d'évoluer, passant sous le contrôle du service interarmées des munitions et subissant des rénovations et améliorations constantes.
Le terrain de stockage des munitions de l'EPMu de Fontvieille est traversé d’Est en Ouest par un canal secondaire (filiole F2) sur une longueur de 2 kilomètres. Ce canal, d'une longueur totale de 9 km, est alimenté par le canal principal de la Vallée des Baux et dessert en eau brute un peu plus de 280 propriétaires Fontvieillois (exploitations agricoles, jardins), répartis sur une surface d'environ 65 hectares.
Le site, enterré ou semi-enterré, occupe une ancienne carrière répartie sur 90 hectares. Il cache un lac souterrain naturel de 5 hectares qui "participe activement à la protection incendie du site mais aussi des alentours".
Dans ces souterrains interdits au grand public, le taux d'hygrométrie est de l'ordre de 95 % pour une température constante autour de 10°.
Les zones de stockage se répartissent sur l'ensemble du site à différentes profondeurs, l'épaisseur de la roche calcaire variant de 3 à 26 mètres.
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La commune de Fontvieille est concernée de par la présence du dépôt de munitions de l'Armée, un site classé au même titre que les raffineries du golfe de Fos et du pourtour de l'étang de Berre, "Seveso", seuil "haut".
Le personnel est soumis à une batterie de formations et les installations, elles-mêmes, sont régulièrement contrôlées. Quant aux munitions proprement dites, toutes conventionnelles, elles sont stockées dans "des emballages qui peuvent résister à une chute jusqu'à 12 mètres de hauteur".
Une réunion publique a détaillé le plan particulier d'intervention et les consignes en cas d'accident majeur. En présence du maire, des services d'incendie et de secours, de représentants de la préfecture et de l'Armée, et de spécialistes des risques technologiques.
En cas d'alerte, il est impératif de se mettre à terre, à plat ventre, loin des fenêtres. Selon les modélisations, une explosion en masse du site entraînerait une surpression (une onde de choc) de 50 hectopascals (soit 500 kg par m²) à proximité.
Aujourd'hui géré par le service interarmées des munitions, le site est exploité par une dizaine de personnes : 5 militaires et 5 sous-officiers civils de la Défense, "très qualifiés et très investis". "Il est surveillé en permanence par un service de garde composé de militaires".
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Il assure le stockage et la surveillance technique de munitions classiques et conventionnelles, en emballages. En particulier des munitions de la Marine et de l'Armée de l'air. "Mais il n'y a pas de munitions historiques, ni d'armes chimiques, ni nucléaires... Pas de fantasmes !".
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