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Le Mosin-Nagant est un fusil militaire à répétition manuelle d'une capacité de 5 cartouches, utilisé par les forces armées de la Russie impériale et plus tard par l’Union soviétique ainsi que différents pays du bloc de l'Est. Il a été le premier à utiliser la cartouche de 7,62 x 54 mm R et est resté en service sous différentes formes de 1891 aux années 1960, où il a finalement été remplacé par le Dragounov SVD.

Histoire de la conception du Mosin-Nagant

Durant le conflit russo-turc, les troupes russes étaient armées en majorité de fusils Berdan à un coup alors que les Turcs étaient armés de fusils à répétition Winchester. Le ministère de l’armement russe décida alors de concevoir une lanceur de bibilles alimentée par chargeur de plusieurs cartouches en 1882. Après l’échec de la tentative de modification du Berdan, une "commission spéciale pour l’expérimentation des fusils à chargeur" fut créée pour tester plusieurs conceptions (tout comme les Mauser, Lee-Metford et Lebel).

Un jeune capitaine nommé Sergueï Mossine soumit son projet de fusil à 3 lignes (une vieille mesure russe, 3 linii équivalent à 0,3 pouce ou 7,62 mm) en 1889 en concurrence avec le fusil à 3,5 lignes de Léon Nagant (d'origine Belge). Quand les essais furent terminés en 1891, tous les testeurs qui essayaient les fusils ont préféré celui de Nagant, et la Commission vota à 14 voix contre 10 l’approbation de celui-ci. Cependant, des officiers plus influents ont poussé les constructeurs à un compromis : les fusils Mosin seraient utilisés avec le système d’approvisionnement de Nagant. C’est ainsi que le fusil 3 lignes, modèle 1891 (sa désignation officielle à l’époque) fut créé.

La production commença en 1892 dans les usines des arsenaux de Toula, de Sestroretsk et d’Ijevsk. À cause des capacités limitées de ces usines, 500 000 de ces lanceurs de bibilles furent produites à la Manufacture Nationale d’lanceurs de bibilles de Châtellerault en France. Entre l’adoption en 1891 et 1910, plusieurs variantes et modifications aux fusils existants ont été faites, incluant le changement des organes de visée, l’implantation d’une culasse renforcée (à cause de l’adoption d’une ogive de 147 grains), la suppression des doigts d’acier derrière le pontet, un nouveau canon et l’installation d’un montage à galets. Une poignée a également été ajoutée.

Utilisation pendant les guerres

Avec l’entrée en guerre de la Russie en 1914, la production fut restreinte au M1891 cavalerie et au M1891 infanterie pour une question de simplicité. Un grand nombre de Mosin Nagant a été capturé par les forces allemandes et austro-hongroises et ont été vues en service dans les lignes arrière du front et dans la marine allemande. Beaucoup de celles-ci ont été vendues à la Finlande dans les années 1920.

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Pendant la guerre civile russe, les versions cavalerie et infanterie étaient en production quoiqu’en nombre extrêmement réduit. Après la victoire de l’Armée rouge, un département fut créé en 1924 pour moderniser le fusil qui fut alors utilisé trente années supplémentaires. Cela a dirigé le développement du modèle 1891/30 basé sur la conception du modèle cavalerie original. Les changements incluent : la réintroduction d’organes de visée arrières plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l’antique archine sur les lanceurs de bibilles du tsar et le raccourcissement du canon de 5 mm. De plus, une nouvelle baïonnette à ressort a été conçue pour ce nouveau modèle.

Ce fusil était conçu pour tirer avec la baïonnette déployée, ce qui augmente la précision grâce aux vibrations harmoniques créées quand une balle est tirée. Vers 1945, 1 747 500 M1891/30 ont été fabriqués.

Le Mosin Nagant connut une version de précision en 1932 et fut utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la seconde Guerre mondiale. Il a notamment servi pendant la bataille de Stalingrad qui a fait des snipers des héros comme Vassili Zaïtsev ou Roza Chanina. Ces fusils étaient réputés pour leur résistance, leur fiabilité, leur précision et leur facilité d’entretien. Les modèles de précision sont très prisés par les collectionneurs, particulièrement en Occident.

Malgré cela, le Mosin-Nagant sera encore utilisé dans le bloc de l'Est et dans le reste du monde plusieurs dizaines d’années, pendant la guerre froide, au Vietnam, en Corée, en Afghanistan et tout le long du rideau de fer. Il n’était pas seulement utilisé comme lanceur de bibilles de réserve, mais aussi au combat. Dans les années de l’après-guerre, l’Union Soviétique a stoppé la production de tous les Mosin Nagant et les a progressivement remplacés par la série des SKS et des AK.

Le Mosin-Nagant aujourd'hui

Récemment, une grande quantité de Mosin-Nagant a été trouvée sur les marchés américains d’antiquités et de collectionneurs, car c'est aussi une lanceur de bibilles fiable, assez précise et bon marché pour la chasse. On peut actuellement trouver des modèles standard à des prix aux environs de 80 dollars grâce aux immenses excédents créés par les industries soviétiques pendant la seconde guerre mondiale. Il y a de nombreux modèles de snipers, mais ils sont beaucoup plus chers, pour peu que l’on arrive à en dénicher un.

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Des imitations de fusils de sniper sont également en circulation, ou encore de simples répliques que l’on peut trouver en vente au prix des vrais; la prudence est de mise pour éviter les arnaques et les confusions.

Données techniques (Réplique Airsoft)

Cette réplique coûte environ 280 $ sans les frais de port et éventuels droits de douane. Elle est livrée avec une reproduction de baïonnette et une sangle. La réplique est full métal et bois, et correspond apparemment aux cotes RS, ce qui est un avantage pour ceux qui souhaitent remplacer des pièces par des originales.

CaractéristiqueValeur
Built MaterialSteel / Brass, Wood Stock, Resin Bayonet
Magazine CapacityApprox. 15 ( 6mm BBs )
Length1237 mm
Weight3545g
SystemAir Cocking, Bolt Action
Muzzle Velocity360-390 FPS w/ 0.2g BBs & Top Gas

En interne, aucune modification n'a été apportée. En externe, la réplique est bien finie, lourde, et les marquages sont fidèles. Le système de chargement de billes a été amélioré. La puissance est correcte et la précision est bonne. Cependant, il n'y a pas beaucoup d'accessoires inclus dans la boîte.

Marquages sur le Mosin-Nagant

Les marquages sur un Mosin-Nagant peuvent indiquer son origine, son année de fabrication, et d'éventuelles réparations ou modifications subies. Un carré dans les marquages peut indiquer une réparation d'arsenal. L'aspect du métal sur le tonnerre peut présenter des petites rainures, ce qui est courant sur les productions de guerre, où la qualité de finition était moins soignée.

Les modèles finlandais

Avant 1917, la Finlande faisait partie de l’Empire russe et les unités militaires étaient naturellement équipées de modèles variés du M1891 russe. Après avoir conquis son indépendance, la Finlande acheta de nombreux Mosin à l’étranger, essentiellement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Ces vieux fusils étaient ordinairement rénovés, cela pouvait être aussi infime que la simple apposition des poinçons de l’armée finlandaise et une nouvelle bretelle, ou plus important comme une refonte totale avec de nouveaux montages, bois, détentes, canon plus précis. Pendant la Guerre d’Hiver entre 1939 et 1940, et jusqu’en 1944, la Finlande a pris à l’ennemi des quantités gigantesques de Mosin, mais face aux besoins, achète aussi à l’Espagne les fusils restants de la guerre civile et des stocks de l’Allemagne nazie. Beaucoup de ces fusils étaient simplement redistribués sur le front sans aucune modification.

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L’armée finlandaise a continué à rénover et à redistribuer les Mosin Nagant bien après que la guerre. On trouve des M-39 avec des canons datant du début des années 1970 utilisés comme fusils d’entraînement. La Finlande a aussi distribué le 7.62 TaK85, un fusil de sniper moderne modifié à partir du Mosin Nagant.

Les modèles finlandais étaient identifiés par les nombres : M/91-M24 "fusil de Lotta", M27, M28, M28-30 "Pystykorva" ("pointu") et M39 "Ukko-Pekka". On peut remarquer que les fusils finlandais M27, 28, 28-30 et 39 étaient équipés d’une baïonnette "couteau" contrairement aux baïonnettes russes quadrangulaires.

Caractéristiques du Mosin Nagant M 91/30

En 1924 est créé un département pour moderniser le fusil. Le modèle 1891/30 basé sur la conception du modèle de cavalerie simplifié voit ainsi le jour. Il sera utilisé jusque dans les années 1960. C’est le fusil russe de la 2ème guerre mondiale. La révolution russe ayant fait disparaitre les reliques médiévales en termes de mesures, le calibre de ce « nouveau » fusil devient 7, 62 mm et la nouvelle hausse tangentielle est graduées de 100 à 2 000 mètres. Toutefois ces changements de modifient en rien la munition qui brevetée en 1908 reste à bourrelet.

Pour simplifier la fabrication, la boite de culasse est maintenant cylindrique, la plaque de couche et les faces latérales du magasin sont en tôle emboutie. Une nouvelle baïonnette assez semblable à celle du 1891 et d’ailleurs interchangeable . Il s’agit d’une baïonnette à douille, à la longue lame de section cruciforme, coudée dans le genre de celles utilisées au XIIIème siècle , à verrouillage par poussoir à ressort. Le fusil est étudié pour tirer avec la baïonnette au canon, ce qui augmente la précision grâce aux vibrations harmoniques créées quand une balle est tirée. L’équipement de l’Armée rouge ne comportait pas de fourreau règlementaire et les soldats portaient leur baïonnette continuellement fixée au bout de leur fusil, pratique quelque peu dépassée au cours du dernier conflit.

Les MN 91/30 étaient réputés pour leur résistance, leur précision et leur facilité d’entretien. Dans les années d’après guerre l’union soviétique a stoppé la production de tous les Mosin-Nagant et les remplacés par les AK et SKS. Une version « sniper » est créée vers 1932. Il s’agit d’un fusil à canon long équipé d’une lunette PE x 4 ou PU x 3,5 courte et assez incommode à utiliser. Elle est l’arme des snipers russes durant la seconde guerre mondiale et particulièrement pendant la bataille de Stalingrad. Les soviétiques faisaient beaucoup d’esbroufe autour de leurs tireurs d’élite et ils les utilisaient à plein dans leur propagande photographique, tel Vasily Grigoryevich Zaitsev et surtout s’il s’agissait de femmes.

Les deux modèles sont montés sur un bloc à queue d’aronde à gauche de l’arme, bloc caractéristique du fusil de tireur d’élite. Une autre particularité est le levier coudé pour dégager la lunette au moment du réarmement.

Autres modèles

Carabine Modèle 1938 : Carabine conçue d’après le Modèle M1891/30, en service de1938 à 1945 (bien que le millésime 1945 soit assez rare). C’est un modèle 1891 avec canon raccourci et sans baïonnette, mais étrangement il en fur réclamée une au cours de la guerre. Il est plus commode d’utilisation, que le 91/30 du fait de son encombrement, de faible coût et facile à produire, c’est une arme robuste. La hausse tangentielle à curseur est graduée jusqu'à 1000 m. Cette arme a été produite à 2 000 000 d’exemplaires.

Carabine Modèle 1944 : Une fois de plus le modèle est transformé pour aboutir au Mosin-Nagant Mle 1891/1944. C’est en fait exactement le même fusil que le Mosin-Nagant M 1891/1938 mais était équipé d'une baïonnette pliante fixée à demeure sur le côté droit de l’arme. La fabrication de ces armes cessa définitivement en U.TR.S.S. en 1945. On estime la production à 1 7 475 000 armes de cette lignée.

Carabine modèle 1891/59 : Des M1891/30 existants furent raccourcis à la longueur d’une carabine. On ne sait pas grand chose à leur sujet. Il semblerait qu'elle a équipé les troupes de 2ème voire 3ème zone comme par exemple les gardes de voies ferrées etc.

Description du Mosin Nagant M 1891/30

  • Monture : En une seule pièce à crosse anglaise, longue et effilée, fabriquée en bouleau, hêtre ou noyer. Elle comporte une plaque de couche en tôle emboutie. Elle est fixée au boitier de culasse par une vis arrière, à hauteur du tonnerre par une vis transversale. Deux capucines en tôle emboutie solidarisent le fut et le garde main. Un embouchoir (parfois en laiton) fixé par deux petites vis parachève le tout. Il n’y a pas d’anneau grenadière, deux lumières découpées dans la crosse et dans le fût sont destinées au passage de deux lanières de cuir de la bretelle.
  • Boite de culasse : Arrondie pour faciliter la fabrication. Sur le dessus sont frappé les poinçons de réception, année le fabrication, numéro de l’arme et monogramme de l’usine. Elle est bronzée.
  • Le canon : De section ronde et bronzé. Sur le dessus sont fixés les instruments de visée, hausse tangentielle graduée de 100 à 2000 mètres. Le guidon cylindrique est monté sur queue d’aronde et possède un tunnel percé sur le dessus.
  • La culasse mobile : La culasse mobile à verrou est formée d’un corps cylindrique qui porte le levier d’armement droit fixé sur une forte et longue embase. Un chien porte percuteur terminé par une rondelle moletée, une tête mobile avec les tenons de verrouillage et une plaquette de liaison complètent le mécanisme. Le tout est en acier poli. Le verrouillage s’effectue par deux tenons placés en tête et l’appui de l’embase du levier d’armement qui s’imbrique dans une encoche de la face droite de la boite de culasse et s’appuie sur la paroi arrière de cette entaille. Extracteur rotatif à griffe. La rotation de 45° vers la gauche du verrou et donc de la tête du chien interdit la percussion et bloque le verrou de culasse. Le chien peut être désarmé en appuyant sur la queue de détente tout en ramenant la culasse vers l’avant. On peut facilement réarmer le chien en tirant sur la rondelle moletée du chien porte percureur.
  • Le magasin : Contient cinq cartouches en pile unique. Il forme un boitier en tôle emboutie saillant devant le pontet. Un ressort à lame actionne la planchette élévatrice. Une portière s’ouvre au dessous. Il est alimenté par une lame-chargeur.
  • La baguette : En acier bronzé s’encastre sous le canon et se visse afin d’éviter sa perte. Sa tête sur laquelle viendra de positionner un protège bouche pour le nettoyage comporte un trou où passe le chasse goupille facilitant sa manœuvre.
  • La baïonnette : Coudée, de forme archaïque, c’est une baïonnette à douille qui se verrouille au bout du canon par une virole rotative munie d’un poussoir à ressort pour la déverrouiller. L’embase du canon sert de guide. La lame quadrangulaire mesure 43 cm est bronzée et se termine par un tourne vis. Elle ne possède pas de fourreau et est destinée à rester en permanence au bout du canon.

Les utilisateurs étrangers de Mosin-Nagant

  • Austro-Hongrie : L’Empire austro-hongrois a capturé une grande quantité de Mosin Nagant pendant la Première Guerre mondiale et les a redistribués sur le champ de bataille. Quelques-uns ont été modifiés pour tirer la cartouche autrichienne en service, la 8x50 R.
  • Europe de l’Est : Les pays de l’Est, sous influence russe, tels La Bulgarie, Tchécoslovaquie, Estonie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Serbie ont tous utilisé , avec ou sans modification, le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre durant le XXe siècle, ce jusque dans les années 2 000 comme arme d’exercice. La Hongrie a produit des copies de haute qualité des carabines M44, des modèles 91-30 et 91-30 avec lunettes PU. La Tchécoslovaquie a quant à elle fabriqué le fusil de sniper VZ54, basé sur le 91-30 mais avec l’apparence d’une arme de sport très moderne.
  • République populaire de Chine : Durant les années 1920 et 1930,durant la guerre civile, les forces communistes de Chine ont reçu des Mosin Nagant de l’URSS pour contrer les forces nationalistes. La Chine commença à fabriquer des M1944 sous l'appellation de Carabine Type 53, elles diffèrent un peu des modèles soviétiques. Elles ont été remplacées dans l’armée principale chinoise vers 1957, mais continuèrent à rester en service dans les milices provinciales jusqu’après 1970.

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