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L'ambition de Panda, petit panda semble moindre par rapport à Horus, prince du soleil, précédent opus du duo Takahata-Miyazaki au sein de la Tôei Dôga. En effet, le scénario de Panda, petit panda est pour le moins ténu et est clairement destiné à un très jeune public, là où Horus se voulait l’un des premiers films d’animation pour adultes mettant en scène des sentiments complexes.

Similitudes avec les Œuvres de Miyazaki

Ce dernier a visiblement beaucoup puisé dans Panda, petit panda pour nourrir ces films suivants qu’il s’agisse de motifs graphiques comme des choix de mise en scène. Dès le générique de début, la ressemblance avec Mon voisin Totoro est flagrante. Miyazaki déclare d'ailleurs : « En passant, vous remarquerez que Papa panda à un très grand cœur, c’est un personnage au caractère facile à vivre. Il rend les gens heureux tout autour de lui juste par sa présence, sans rien faire en particulier. À cet égard Totoro et Papa panda sont semblables pour moi.

Les similitudes ne s’arrêtent pas là. D’autres gimmicks figureront dans le chef-d'œuvre de Miyazaki. Ainsi, lorsque Pandy saute sur le gros ventre de son papa, suivi de la petite Mimiko, on songe immédiatement au chibi-Totoro et Mei s’agrippant à Totoro. Beaucoup de scènes évoquent d’autres œuvres de Miyazaki. La plus flagrante est évidemment la scène du déluge de Ponyo sur la falaise, que l’on retrouve quasi à l'identique dans Panda, petit panda.

Ainsi la séquence débute sur un repas, lors duquel un orage violent se déchaîne. Puis le lendemain, la pluie cesse et le monde de Mimiko est envahi par les eaux. Les trois comparses partent ensuite en barque à la recherche du cirque. On retrouve d’autres allusions à Panda, petit panda dans la filmographie de Miyazaki. Ainsi la scène finale du premier moyen métrage évoque irrésistiblement le gang des Mamma Aiuto de Porco Rosso ou la police de Sherlock Holmes.

Le faciès d’un des employés du cirque fait furieusement penser au personnage de Lupin III, série à laquelle collaborera également Yasuo Ôtsuka, créateur des personnages et superviseur de l'animation des deux moyens métrages. Le policier est d'ailleurs doublé par Yasuo Yamada, la voix officielle de Lupin sur toutes les séries et presque tous les films de Rupan Sansei / Lupin III, jusqu’à sa disparition en 1995, et notamment sur Le château de Cagliostro. En tendant bien l’oreille, on reconnaît d’ailleurs facilement le ricanement caractéristique de l’arrière-petit-fils d’Arsène Lupin. Il double également le bras droit du directeur du cirque dans le second épisode.

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L'apport de Takahata

Les références sont donc nombreuses et en faire le référencement complet serait aussi rébarbatif que répétitif. Cependant, on ne doit pas oublier que Panda, petit panda est avant tout une réalisation de Takahata. Certes, on retrouve moins ensuite dans sa filmographie des gimmicks de Panda, petit panda. Peut-être parce que Takahata ne dessine pas et s’attache à explorer à chaque film de nouveaux horizons artistiques. Cependant, on retrouve une manière de raconter l’histoire et de représenter les personnages qui nous rappelle à quel point Takahata aime raconter ces scènes de la vie quotidienne.

La petite Mimiko, par son côté volontaire et raisonnable, laissée seule à gérer la maison, n’évoque-t-elle pas Kié, la petite peste ? Malgré le format court, l’absence d’intrigue complexe, on sent dans ces deux films une véritable volonté de « croquer » la vie quotidienne d’une petite fille mais aussi de tout un quartier.

Technique d'Animation et Contexte Social

De même, on ne peut que saluer le bond formidable de la technique d’animation. Certes, le film peut sembler dater à l’aune des récentes productions du studio. L'action de Panda, petit panda se déroule dans une petite ville du Japon des années 60. « Tout le Japon était beaucoup plus pauvre que maintenant ; les adultes et enfants vivaient accablés de difficultés et d’épreuves différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui.

Le monde dépeint dans Panda, petit panda n’est pas un produit de nostalgie pour ceux d’entre nous qui ont travaillé dessus. Le projet est un effort pour représenter, au moins dans le cadre d’un un film d’animation, le Japon tel qu’il aurait pu devenir, un paysage montrant des rues qui aurait dû être, un décor qui même maintenant a le potentiel d’apparaître tel que nous l’avons dépeint. Ainsi, le petit monde de Mimiko ne connaît pas la violence, ni même la délinquance, au point que la naïve Mimiko se réjouit de pouvoir un jour rencontrer de vrais voleurs. Chacun veille avec bienveillance sur son prochain, dans un cadre de vie idyllique.

Absence de Méchants et Acceptation de l'Extraordinaire

Les habitués du studio Ghibli ne s'étonneront évidemment pas de l'absence de méchants dans les deux films. Pourtant, la facilité aurait pu être de figurer le directeur du zoo ou celui du cirque comme de vils exploiteurs ou des tortionnaires cruels et sadiques. Dans ce monde déjà extraordinaire par sa perfection, il n'est donc pas étonnant qu'un panda parle, pêche à la ligne ou devienne le papa adoptif d'une petite humaine. Une fois passée la réaction d'étonnement ou de stupeur, tout le monde semble accepter ce lien de parenté.

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De même, les habitants sont ennuyés du déluge qui a noyé le village, mais finalement, ils ne s'étonnent pas de l'ampleur du phénomène et ne s'alarment pas outre mesure. Ce procédé sera utilisé de nombreuses fois ensuite par Miyazaki, notamment dans Mon voisin Totoro et Ponyo sur la falaise.

La Magie du Film

L'univers du conte n'est pas bien loin, un hommage très clair lui est même rendu dans le deuxième épisode. La magie de ce film est loin de l'imagerie disneyenne de l'époque (Alice au pays des merveilles, Merlin l'enchanteur, Mary Poppins...) qui déploient la magie et les faits extraordinaires. Ici, le merveilleux s'installe petit à petit, sans étonnement, sans émerveillement outrancier. Papa panda va travailler, Pandy rêve d'aller à l'école, tous se réunissent pour manger un bon repas le soir autour de la table.

Panda, petit panda devrait donc combler les enfants mais aussi les fans du studio Ghibli, qui découvriront avec plaisir la véritable genèse des œuvres de Hayao Miyazaki et de Isao Takahata.

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