La pression des gros gibiers se fait de plus en plus forte sur la grande majorité des vignobles français. Elle se fait notamment ressentir au moment du débourrement, ainsi qu’entre la véraison et la récolte. Au débourrement, ce sont les jeunes pousses qui sont appréciées, notamment par les cervidés. La vigne réussit malgré tout à repousser dans la plupart des cas.
En revanche, les dégâts ont plus de conséquences, lorsqu’il s’agit des grappes, principalement prélevées par les sangliers. Aussi, il n’est pas rare de voir un quart à un tiers de la récolte détruite dans les parcelles les plus reculées, si rien n’est fait. C’est pourquoi, de plus en plus de viticulteurs s’équipent pour tenir à distance le gros gibier des vignes. Plusieurs techniques existent et se côtoient pour y parvenir.
Solution relativement peu coûteuse, les effaroucheurs sonores émettent un signal sonore qui fait fuir le gibier, lorsque celui-ci est détecté. Plusieurs types de capteurs sont proposés : infrarouge, caméra avec reconnaissance de forme, reconnaissance de cri. Alimentés par une batterie, ces appareils peuvent bénéficier d’un panneau solaire, pour augmenter l’autonomie. Couvrant une zone de 2500 à 10 000 m², ces effaroucheurs émettent des signaux sonores ou ultrasonores rappelant les cris d’alerte des animaux concernés.
Proposés à un tarif de 500 à 1 500 euros, certains appareils disposent d’une large bande de canaux répulsifs pour éviter les effets d’accoutumance. L’effaroucheur n’est efficace que pour des durées d’utilisation relativement courtes.
Autres solutions employées par les viticulteurs, les répulsifs odorants. Ceux-ci sont placés tout autour de la zone à protéger. Propres à chaque espèce, ils se présentent sous la forme de liquides ou de granulés qui diffusent une odeur rédhibitoire pour les gibiers concernés. Veillez à appliquer le produit régulièrement autour de la parcelle, à défaut de quoi les sangliers se glisseront dans le petit passage sans odeur.
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Ces produits se montrent assez coûteux (autour de 200 euros pour 1 000 m²) et d’une durée d’action limitée dans le temps. Il faut revenir régulièrement (trois semaines à un mois) pour refaire le plein. Ce qui finit par être coûteux. Le technicien insiste également sur la nécessité que le produit appliqué soit homologué et sur les délais à respecter avant la récolte.
Pour une protection à plus long terme, les solutions du grillage et/ou de la clôture électrique se montrent plus durables. La solution du grillage constitue en effet une barrière physique que les animaux ne franchissent pas. Il nécessite bien souvent un entretien régulier, à savoir un désherbage mécanique ou chimique.
L’autre méthode qui a fait ses preuves avec les sangliers consiste à mettre en place une clôture électrique. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir une puissance très élevée. La puissance du courant électrique sera surtout fonction du kilométrage de fil à alimenter. Pour une efficacité maximale, il convient de poser trois hauteurs de fil, à 20 cm pour les jeunes, à 40 et 60 cm pour les adultes.
Pour fournir ce courant électrique, on connaît trois types d’électrificateur :
D’une puissance de 0,15 à 0,6 joule, les piles 9 volts sont à utiliser pour les petits parcellaires, jusqu’à 50 à 60 ares. Elles offrent une bonne autonomie, variant de 5 à 12 mois selon l’ampérage demandé (50 à 170 Ah selon les modèles). En revanche, les piles sont à usage unique, contrairement aux modèles à batterie 12 volts.
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Contenant de l’acide, ces batteries offrent selon les modèles, des puissances pouvant atteindre jusqu’à 5 joules. Elles conviennent donc aux grands parcellaires, pour une autonomie comprise entre 3 à 6 semaines. En option, un panneau solaire peut recharger la batterie et augmenter l’autonomie qui durera une saison si les conditions lumineuses et la maîtrise de l’enherbement le permettent.
Les appareils les plus performants adaptent la puissance aux conditions. Certains appareils proposent également la coupure à distance, tandis que d’autres, connectés, informent du niveau de la batterie et l’état de l’enherbement sous la clôture. Ce dernier est en effet un élément important dans l’autonomie de la batterie et nécessite un entretien régulier.
Enfin, les appareils sur secteur peuvent adapter la puissance fournie pour contrecarrer les pertes au sol à cause de la végétation.
Le château Sainte Marguerite, à La Londe-les-Maures dans le Var, s’est équipé de clôtures grillagées de type autoroutier depuis quelques années. Le domaine est également équipé de passages canadiens depuis 2014. Composées d’une fosse surmontée de tubes de gros diamètre capables de supporter le passage d’un camion, ces structures se positionnent sur les lieux de passage entre les clôtures.
La vue du vide dissuade les gibiers, petits comme gros, tandis que les piétons et véhicules circulent librement. « C’est une solution de tri durable, plus robuste qu’un portail électrique et plus pratique qu’une barrière à ouverture manuelle », apprécie Olivier Fayard.
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Le grand gibier peut occasionner des dégâts importants dans les truffières. Le bon choix d'une protection peut donc par de la prévention d'attaque de gibier, participer à l'optimisation des conditions de milieux du plant truffier et par là même favoriser la réussite de la truffière.
Une clôture complète de la parcelle peut être réalisée dans les secteurs ou la présence des chevreuils est importante mais le coût est relativement important. Des répulsifs peuvent s'installer mais il faut les repositionner ou renouveler fréquemment et les performances semblent moyennes. Une solution pas très coûteuse reste l'utilisation du grillage à mouton sur 1 mètre de haut.
Couper des tronçons d'environ 1,50m et entourer le tronc de chaque arbre avec en prenant soin de bien le fixer au sol avec des tiges métalliques, fer a béton par exemple. Cette solution est performante mais pose un peut problème pour récolter les truffes ou travailler le sol. Le filet plastique reste la meilleure protection contre le petit gibier, lièvres, lapins, rongeurs.
Les arbres, en particulier au printemps avec leurs bourgeons et jeunes feuilles tendres, sont très appréciés des chevaux. Les clôtures sont indispensables pour protéger vos arbres des chevaux et, dans certains cas, du gibier. Voici les principales options :
La distance idéale dépend de vos objectifs :
Il est toujours plus facile de contenir des animaux à l’intérieur du périmètre de garde. Au contraire, si les animaux se trouvent à l’extérieur du périmètre de garde, on peut s’attendre à ce que certains d’entre eux qui ne connaissent pas encore le système, s’approchent de la clôture. Dans ce cas, le choc électrique qu’ils recevront devra être suffisamment fort pour leur inculquer un respect durable de la clôture. C’est la raison pour laquelle on veillera toujours à utiliser des électrificateurs particulièrement puissant pour les clôtures de protection.
La protection des plantations est un sujet particulièrement sensible en période hivernale et printanière. En effet que ce soit en milieu naturel ou en agriculture-élevage, la raréfaction de nourriture pousse encore plus les animaux à s’attaquer aux jeunes plantations d’arbres et d’arbustes.
Avant tout, il convient d’identifier clairement les risques pour choisir la protection la plus adaptée.
Griffes, sabots, dents, langue, groin, cornes… toutes les parties du corps sont utilisées par les animaux pour arriver à leurs fins. Il convient donc de bien y penser avant d’investir dans une protection. La hauteur, la largeur, la finesse et la résistance des protections devront donc être bien adaptées à la ou les espèces d’animaux rencontrées.
| Type de Protection | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Manchons de dissuasion | Posés dès la plantation, diamètre étroit (10 cm), densité de 65g/m. | Rigidité naturelle, bonne résistance aux gibiers. | Réutilisation difficile, nécessite un échalas. |
| Gaine de protection agroforesterie | Résistante (450g/m), diamètre de 20cm, hauteur de 120cm. | Adaptée aux petits rongeurs, chevreuils, moutons et chèvres. | Solidité permet une réutilisation éventuelle. |
| Gaines de protection "pulvérisation" | Polyéthylène partiellement grillagées, courte durée (3 ans), hauteur de 30 à 40 cm. | Protection climatique, contre les petits rongeurs et les désherbants. | Chevreuils, chèvres et moutons peuvent dévorer ce qui dépasse. |
| Gaines de dissuasion « Forest » | Polyéthylène, hauteurs de 120cm et 180cm, différents diamètres. | Faciles à découper, s'adaptent à la croissance du tronc. | Durée de vie de 8 à 10 ans. |
| Protèges troncs ventilés | Tube rigide en plastique fendu, différentes hauteurs. | Mise en place facile, respiration du tronc. | Attention aux abrasions en cas de grand vent. |
| « Protecteur spirale » pour tronc | Spirale en PVC perforée, efficace sur des troncs jusqu’à 3,5 cm de diamètre. | Économique et simple à mettre en place. | Efficace sur des troncs jusqu’à 3,5 cm de diamètre. |
Abroutissement, écorcement , frottis,… les dégâts causés par les chevreuils et les cerfs peuvent se révéler très importants dans les cultures et préjudiciables à la santé économique des exploitations qui les subissent. Ce comportement alimentaire des cervidés est un complément à leur régime herbacé et semi-ligneux.
L’absence d’incisives à la mâchoire supérieure empêche les cervidés de cisailler les pousses. Ils saisissent les jeunes rameaux par pincement entre le bourrelet incisif et les incisives de la mâchoire inférieure. Ce mode d’alimentation donne à la blessure quasi horizontale un aspect mâchonné.
La clôture électrique constitue un moyen confirmé de prévention des dégâts du grand gibier. Son principe de fonctionnement est simple : suite au contact avec la clôture, l’animal ferme un circuit électrique et reçoit une décharge dissuasive et non mortelle. Il apprend rapidement que le contact avec le fil déclenche de la douleur.
Il s’agit d’un dispositif mécanique tissé, tressé ou soudé, qui empêche les animaux d’accéder à la zone menacée. Les caractéristiques techniques du dispositif sont fonction de l’animal dont on veut se protéger. L’engrillagement contre les espèces grand gibier repose la plupart du temps sur la clôture avec treillis en « ursus » et piquets en bois.
Globalement, le coût d’une clôture avec treillis en « ursus » varie de 8 à 20 € par mètre courant, en fonction de la longueur placée, des matériaux choisis et des conditions de terrain.
Ces produits ont un effet répulsif en agissant au niveau de l’odorat des animaux, du goût ou simplement de manière mécanique. Il existe sur le marché un produit à base de graisse de mouton, qui, par sa mauvaise odeur, éloigne les cervidés des cultures. D’un emploi facile, ce produit, appelé Trico, est un répulsif d’origine naturelle catégorisé "produit de biocontrôle".
Usage préventif : Mise en place de diffuseurs sur les parcelles concernées. Usage curatif : En pulvérisation, le Trico s’applique à la dose de 6 ml de bouillie par cep.
Il a été observé que le chevreuil ne sort pas sur les territoires parcourus par les troupeaux de moutons. Il semble incommodé par l’odeur ainsi que par l’important essaim de mouches qui accompagne les ovins. Il semble donc intéressant de disperser de la laine sur les végétaux. Certains utilisent une solution à vaporiser à base d’œufs (80 % d’eau avec 20 % d’œuf). L’odeur de la décomposition de l’œuf dissuaderait les cerfs en associant les senteurs de décomposition et de pourriture aux prédateurs.
Par émission répétée de bruits divers, on crée un climat d’insécurité qui a pour but de maintenir à distance les animaux de la zone à risques. Malgré l’irrégularité des sons, les animaux sauvages sont assez doués pour comprendre après quelques jours qu’il n’y a pas de réel danger : c’est le phénomène d’accoutumance.
Il consiste en l’utilisation de divers objets pour effrayer les animaux : épouvantail (mannequin), objets miroitants (CD), sacs de matière plastique, etc. Le matériel est placé sur les parcelles à protéger ou à leur périphérie. La pose de banderoles sur les clôtures permettrait de protéger temporairement des productions sensibles (céréales) contre les cervidés. Bien visibles, ces banderoles s’agitent et font du bruit au moindre souffle de vent.
La chasse, qui permet la régulation des populations, est au cœur du dispositif de prévention des dégâts de gibier. Depuis 1979, les plans de chasse sont obligatoires. Ils sont pris par arrêté du Préfet de chaque département, après avis de la commission départementale compétente en matière de chasse et de faune sauvage, en cohérence avec le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique.
Tous les types de cultures sont concernés par l’indemnisation grands gibiers : vigne, blé, maïs... A partir de la réception de la déclaration de dégâts, la Fédération des Chasseurs dispose d’un délai maximum de 8 jours pour réaliser l’expertise.
Planter un jeune arbre est un moment rempli de promesses : on imagine sa future silhouette, l’ombre qu’il apportera en été ou les fruits que l’on récoltera. Mais pour qu’un jeune arbre arrive à maturité, il a besoin d’un coup de pouce, surtout les premières années. Deux menaces sont particulièrement importantes : le gibier et le soleil, qui peut provoquer des échaudures.
Un arbre fraîchement planté est fragile. Son écorce est fine, son système racinaire encore faible, et sa croissance dépend de son bon état général. Sans protection, plusieurs risques peuvent rapidement compromettre son développement :
Leur efficacité varie selon les régions et la pression du gibier. Les échaudures sont des brûlures causées par une forte chaleur ou un rayonnement direct sur le tronc. Elles arrivent surtout sur les arbres récemment plantés, sur les essences sensibles (fruitiers, érables, jeunes chênes…), après un hiver froid suivi d’un soleil intense, et plutôt côté sud ou sud-ouest de l’arbre.
Les manchons blancs ou gaines anti-échaudures, ainsi que la toile de jute sont de bonnes protections contre le soleil. Protéger un jeune arbre du gibier et du soleil n’est pas compliqué, et c’est un investissement pour l’avenir. Quelques outils simples, un peu de vigilance au cours des 2 premières années et de bons gestes suffiront à assurer un bon départ à votre petit arbre.
L'installation d'une clôture forestière est une tâche délicate qui nécessite un certain savoir-faire. Il est important de bien choisir les matériaux, notamment les poteaux et les clôtures, pour garantir une clôture solide et durable. La selection des poteaux est la première étape de l'installation d'une clôture. Il est conseillé d'utiliser des poteaux en bois, qui offrent la meilleure résistance et stabilité tout en étant respectueux de l'environnement.
L'installation des portes et portails d'enclos est une autre étape clé de l'installation de clôtures forestières. Les portes doivent être solides et résistantes pour assurer la sécurité de l'espace clôturé. Les portails, quant à eux, doivent s'intégrer parfaitement à la clôture et être facilement manœuvrables. Il est donc nécessaire de bien choisir le type de porte et de portail et de les installer correctement pour garantir le bon fonctionnement de la clôture.
Comme l'a dit Dominique Gelin, du département de gestion de produits Forêt, "L'installation de clôtures forestières et d'enclos à gibier nécessite une grande précision et une attention particulière aux détails. Cela ne se limite pas à la pose des poteaux et à l'accrochage des clôtures. La qualité du confinement dépend aussi du type de porte et de portail que vous choisissez et de la manière dont vous les installez".
L'installation d'une clôture forestière est certes un travail de longue haleine, mais avec les bons matériaux et les bons outils, et en suivant les principes clés d'installation, vous pouvez créer une clôture durable qui protège efficacement votre forêt.
Dans le cadre de la gestion durable des forêts, le choix du matériel adéquat est essentiel. Parmi les éléments indispensables, les clôtures forestières et les enclos à gibier en bois sont particulièrement importants. Lorsqu'il s'agit de l'installation de clôture, les experts et les praticiens doivent prendre en compte de nombreux facteurs, tels que la durabilité du matériau, sa résistance aux conditions météorologiques et sa facilité d'installation.
Les poteaux, en particulier, jouent un rôle crucial dans la structure de la clôture. Ils soutiennent les barrières et maintiennent l'intégrité de la clôture, garantissant que le gibier reste à l'intérieur de l'enclos. De bonne qualité, ces poteaux en bois assurent la durabilité et la stabilité de la clôture.
Concernant la gestion du gibier, le choix des enclos est tout aussi important que la clôture elle-même. Un enclos à gibier approprié doit être humble, facile à entretenir et doit répondre aux besoins spécifiques de l'écosystème local.
Enfin, la gestion efficace des enclos à gibier ne serait pas complète sans l'intégration de portes et portails d'enclos bien conçus. Ces derniers permettent un accès aisé pour le personnel de gestion forestière tout en restant sûrs et sécurisés pour le gibier.
En se concentrant sur ces aspects, on peut assurer une protection efficace des forêts et, en même temps, encourager un environnement sain et équilibré pour le gibier.
La sélection d'un matériel résistant pour votre enclos à gibier constitue une préoccupation majeure pour assurer la durabilité et la sécurité. Le type de matériel varie largement selon le genre et la taille du gibier. Une évaluation de sécurité régulière doit également être effectuée pour prévenir d'éventuelles évasions.
En outre, l'entretien de l'enclos, y compris la taille des arbres et des buissons environnants, est essentiel pour garder le gibier en bonne santé et limiter la propagation des maladies. Ce guide vous orientera dans le processus de sélection du matériel, d'évaluation de la sécurité et de l'entretien général de votre enclos à gibier.
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