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Cet article explore en détail la fabrication des canons de fusil, en particulier le modèle 1777, en abordant son histoire, son évolution, ses caractéristiques techniques et les méthodes de fabrication de ses cartouches.

Le Fusil "Charleville" : Un Héritage de l'Ingénieur Gribeauval

Conçue par l’ingénieur Gribeauval, le fusil « CHARLEVILLE » fût employé massivement de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle sur de nombreux champs de bataille. De la révolution Française, au 1er Empire, de la guerre Anglo-Américaine de 1812 à la guerre d’indépendance des Etats-Unis, produit jusqu’en 1822 à deux millions d’exemplaires. Ce fusil est une évolution d’un autre fusil fabriqué en 1717 à la manufacture d’arme de Charleville et fait pour remplacer les différents fusils utilisés par les fantassins Français.

Fabriqué de la façon la plus pratique qui soit, ce fusil était prévu à devenir un modèle standard. Ce fusil, comptait 14 versions différentes, puis à été ramené à six. Le fusil 1717 est le premier fusil réglementaire français. Avant chaque régiment commandait son propre modèle de fusil, dorénavant c'est le Roi qui commande pour toute l'armée.

Fonctionnement et Caractéristiques Techniques

Arme à poudre noire, le fantassin pour tirer devait déchirer le papier de la cartouche avec les dents. Puis mettre un peu de poudre qui servait d’amorce dans le bassinet, refermer le bassinet mettre le reste de la poudre dans le canon avec le papier de la cartouche tasser le tout avec la baguette, ce qui devenait la bourre. Ensuite introduire la balle dans le canon et la pousser jusqu’à la bourre, armer le chien, viser et appuyer sur la queue de détente. Le soldat devait également s’assurer que sa pierre en silex était bien aiguisée.

Il était fréquent que le fantassin tirait les yeux fermés ou détournait la tête au moment du tir, la fumée étant très importante. La pluie était également très gênante pour le soldat, mais également pour la cartouche de papier.

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Quelques caractéristiques :

  • Poids 4,6 kg
  • Longueur 1,529 m
  • Calibre 17,48 mm
  • Diamètre de la balle : 16,54 mm
  • Poids de la balle : 27,2 g
  • Portée maximale 250m et pratique jusqu'à 150m
  • Prix du fusil : 25 à 34 francs (selon la manufacture)

Les manufactures : St Étienne - Tulle- Charleville- Maubeuge- Mutzig- Roanne- Versailles- Liège - Culembourg- Turin.

Ce fusil subit une modification en 1801 : Il garde l'aspect extérieur mais changement sur la fixation de l'embouchoir et de la baguette, modification de la grenadière, suppression du retroussis de la batterie. D'autres modifications interviendront par la suite portant principalement sur les garnitures.

Processus de Chargement

La cartouche, un tube de papier, contenait la balle, retenue par une ficelle liée autour du papier, puis la poudre. On plaçait le chien à demi armé, déchirait la cartouche avec les dents, emplissait le bassinet, vidait le reste de la poudre, environ 80 grains, dans le canon, puis insérait le papier avec la balle encore dans le restant de la cartouche papier. Au final on tassait le tout avec la baguette afin de s'assurer que tout était bien compressé au fond du canon. Il restait à armer le chien pour faire feu.

Fabriquer ses Cartouches à Blanc pour Fusils 1777 à 1859

Voici une méthode pour fabriquer des cartouches à blanc pour les fusils de 1777 à 1859 :

  1. Faire un mandrin en bois d'environ 15/17 mm de diamètre et environ 15/20 cm de long.
  2. Creuser un peu son extrémité.
  3. Découper des papiers trapézoïdaux d'environ 14 cm de grande base, 8 de petite base et 11 de hauteur.
  4. Présentez le mandrin contre le papier, bout creusé à environ 2,5 cm du bord de la grande base.
  5. Roulez serré.
  6. Faites un tortillon du bout toujours dans le sens de l'enroulement et bien serré.
  7. Bien écraser fortement ce tortillon sur une table.
  8. L'étui est terminé, faites ça à la chaîne.
  9. Remplissez de poudre noire, j'y mets entre 4 et 5 grammes c'est largement suffisant pour une arme à piston, puis aplatissez le bout de l'étui.
  10. Pour un silex on peut y mettre 1 gramme de plus, voir en bas)Pliez le bout aplati à 90°.
  11. Continuez à plier.
  12. Un dernier pli en long pour assurer la fermeture.

Pour une arme à silex, on peut ajouter en fin de chargement 1 gramme supplémentaire de poudre fine qui sera destinée à l'amorçage dans le bassinet. Pour éviter que les deux poudres se mélangent de trop, le mandrin peut être réduit à un diamètre de 13 mm.

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Techniques de Tir

Pour tirer avec une arme à piston (fusil 1822TBis par exemple) :

  • Mettez une capsule sur la cheminée.
  • "Couvrez" la avec le chien très délicatement.
  • Arrachez le bout plié de la cartouche avec les dents et recrachez le.
  • Versez la poudre dans le canon.
  • Faites une boulette de l'étui et mettez le aussi dans le canon.
  • Bourrez avec la baguette.

Pour tirer avec un silex (AN IX par exemple) :

  • Déchirez la cartouche avec les dents.
  • Armez le chien, ouvrez le bassinet et remplissez le avec la poudre fine située dans le haut de la cartouche.
  • Fermez le bassinet et mettez le chien délicatement en position demi-armé dite de sécurité.
  • Ensuite c'est comme ci-dessus à partir de "Versez la poudre..."

L'Évolution des Armes à Feu : Du Moyen Âge au XIXe Siècle

Le médiéviste Alain PARBEAU nous fait partager toute une vie de recherches et de connaissances sur le début de l’arme à feu. En Août 1324, apparait une des premières utilisations en France d’une bombarde pour l’attaque de la ville de la Réole (Gironde). Celle-ci est montée sur un fût en bois, et posée à même le sol. Son pointage rudimentaire, se fait à l’aide de cales de bois glissées sous le fût.

Innovations et Perfectionnements

Vers 1460 jusqu’à 1660 : L’arquebuse, ancêtre des carabines, mousquets et fusils, est mise au point. Vers 1510-15 : La platine à « rouet » permet un allumage sans mèche. En 1520 : L’arquebuse à canon rayé améliore la précision grâce à la stabilisation gyroscopique de la balle. Vers 1520 : Apparition du pistolet, rendu possible grâce à la platine à rouet. Vers 1600 : Invention de la platine dite à « Miquelet » en Espagne. 1703 : Généralisation de la platine à silex à la française sur les mousquets. 1728-40 : Généralisation en France de la cartouche de guerre en papier. 1763 : Modification définitive de la crosse du fusil réglementaire français. 1777 : Adoption du modèle de fusil de guerre à platine à silex, le 1822. Vers 1830 : Modification du fusil 1822 en platine à percussion.

L'Ère des Armées Nationales

Pendant trois siècles, L’Europe est travaillée par l’effort de construction des états-nations concurrents. La guerre exprime la puissance terrifiante et protectrice du souverain. Elle est indissociable des révolutions industrielles, de l’émergence du capitalisme, de l’existence de la classe ouvrière. A la veille de 1789, la France a environ 150 000 hommes sous les armes, effectif élevé jusqu’à 250 000 en temps de guerre, 500 000 en 1793. L’ère des armées nationales annonce ainsi celle des mobilisations générales, mais s’en distingue nettement.

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Fabrication d'un Canon vers 1790

La fabrication d'un canon est un processus complexe réalisé par des hommes de l'art, nécessitant un savoir-faire spécifique. Mouler et couler le canon n'est qu'une partie du processus. Il faut ensuite le polir et éventuellement le graver.

L'Évolution des Armes à Feu au XIXe Siècle : L'Exemple de la Guerre de Sécession

La guerre de Sécession (1861-1865) se déroule à un moment clé de l'évolution technique des armes à feu. Le fusil standard devient le Springfield modèle 1855, une arme moderne avec des innovations significatives.

Innovations Techniques

  • Platine à percussion : Remplace la platine à silex, augmentant la cadence de tir.
  • Canon rayé : L'intérieur du canon est creusé de fines rayures hélicoïdales pour stabiliser la balle.
  • Balle Minié : Une balle cylindro-conique qui, combinée au canon rayé, améliore la précision et la létalité.

Concrètement, cela signifie qu’un fusil à canon rayé a un tir plus précis, plus loin. Combinées à des tactiques n’ayant pas évolué aussi vite, ces performances accrues vont faire du fusil rayé d’infanterie une arme particulièrement meurtrière. Plus de 90% des blessés nordistes le seront par balles. Non seulement la balle Minié trouve plus facilement sa cible, mais elle cause également de terribles blessures.

Diversité des Modèles et Production

Le Springfield modèle 1855 est modifié pour devenir le Springfield modèle 1861, le fusil standard de l'infanterie nordiste. La Confédération produit des clones, mais doit recourir à l'importation, notamment du fusil Enfield modèle 1853.

La cavalerie utilise des carabines, versions allégées et raccourcies des fusils. La carabine-révolver Colt est une tentative précoce, mais peu fiable. Les carabines à chargement par la culasse, comme la Burnside et surtout la Sharps, deviennent populaires.

Nettoyage du Fusil 1777

Pour nettoyer un fusil modèle 1777, voici quelques conseils :

  • L'entretien se faisait par friction à l'émeri dans de l'huile pour enlever les taches de rouille.
  • En arsenal, les canons étaient "tirés en long" à la lime.
  • On peut aussi arriver à une résultat similaire avec de la laine d'acier assez grosse que l'on frotte en long.
  • On peut tricher en imbibant de la laine d'acier fine avec de l'acide oxalique en solution aqueuse.
  • Pour les petites pièces, immersion en solution aqueuse d'acide borique pour quelques jours, voire semaines. Pas d'attaque du métal sain.

Tir au 1777 Pedersolli

Voici quelques informations sur le tir avec une reproduction de 1777 de chez Pedersolli :

  • La plupart des tireurs utilisent du .575 avec un calepin de 0,3mm d'épaisseur et de diamètre 45mm environ.
  • Il est aussi possible d'utiliser une balle de .662 avec calepin de 0,5mm. Ce chargement est recommandé dans les armes d'origine qui sont forées un petit peu plus gros que la réplique transalpine.
  • La balle roulante à utiliser est la .682 mais attention aux risques de gonflement du canon, il convient de tasser vigoureusement la balle sur la charge.
  • La charge de précision se trouve entre 3,5 et 4 grammes de poudre noire.

Méthode de Chargement et de Tir

  1. On monte un silex.
  2. On épingle la lumière.
  3. On verse la poudre dans le canon.
  4. On peut verser une dose de semoule ou de polenta sur la charge. C'est indispensable avec une balle roulante.
  5. On descend la balle sur la charge entourée de son calepin (graissé ou huilé ou mouillé) si c'est le chargement choisi.
  6. On tasse fortement si la balle est roulante pour l’assoir et la coincer sur la semoule.
  7. On amorce le bassinet.
  8. On retire l'épinglette.
  9. On ferme la batterie et arme le chien.
  10. On vise (présence d'un guidon que l'on positionne sur la cible) un peu comme avec un fusil de chasse.
  11. On tire.

Démontage d'un Charleville 1777 Modifié An IX

Voici les étapes pour le démontage complet d'un Charleville 1777 modifié an IX :

  1. Dépose de la platine : mettre le chien au demi-armé, dévisser les vis de contre platine et les déposer, déposer la contre-platine, déposer la platine.
  2. Séparation de l'ensemble canon-culasse du bois : chasser la lame-arrêtoir de son logement sur l'embouchoir et déposer ce dernier, chasser la lame-arrêtoir de grenadière et déposer cette dernière, chasser la lame-arrêtoir de capucine et déposer cette dernière, déposer la vis de queue de culasse, séparer le canon du bois.
  3. Dépose des autres éléments de l'arme : dévisser les vis de la plaque de couche et les déposer, séparer la plaque de couche du bois, déposer la vis arrière de pontet, chasser la goupille conique située à l'intérieur de l'emplacement de la platine (de la droite vers la gauche), déposer l'ensemble sous-garde-pontet.
  4. Démontage de la platine : amener le chien à l'abattu, détendre le grand ressort et le déposer, dévisser la vis de fixation du chien et la déposer, séparer le chien du corps de platine, dévisser les vis de la bride de noix et les déposer, déposer la bride de noix, déposer la noix, séparer la chaînette de la noix, déposer la gâchette.
  5. Démontage de l'ensemble sous-garde-pontet : séparer le battant de bretelle et le pontet de la sous-garde, déposer la vis de détente et séparer la détente de la sous-garde.

Le remontage complet se fait dans le sens inverse du démontage en n'oubliant pas les coups de bon fonctionnement pour s'assurer de la réussite du remontage.

Matériel Nécessaire pour le Tir

Pour le tir récréatif avec un fusil Brown Bess ou 1777, le matériel de base comprend :

  • La baguette du fusil
  • Quelques cartouches de poudre maison
  • Un chiffon
  • Un jet d'eau

La baguette peut servir au chargement et au nettoyage. Le démontage du canon n'est pas obligatoire après chaque séance. Pour la platine, un nettoyage sans la démonter totalement suffit.

Tableau Récapitulatif : Évolution des Armes à Feu

Période Innovation Description Avantages
Avant XIXe siècle Platine à silex Système d'allumage par étincelle Simple, mais lent et peu fiable
Début XIXe siècle Platine à percussion Allumage par capsule de fulminate de mercure Plus rapide et fiable
Milieu XIXe siècle Canon rayé Rayures hélicoïdales à l'intérieur du canon Améliore la précision et la portée
Milieu XIXe siècle Balle Minié Balle cylindro-conique avec base creuse S'expanse pour épouser les rayures, augmentant la vitesse et la stabilité

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