Christian Panvert est depuis vingt ans la voix de la radio RTL pour la région Centre et une partie du grand Ouest. Christian est journaliste reporter, ça signifie qu’il « couvre » tous les grands faits d’actualité, qu’ils soient politiques, judiciaires, sociaux, culturels (dont les Francofolies de La Rochelle) et même sportifs, quand il commente en direct les matchs de Ligue 1 de football. Il est, lui aussi, un enfant des radios libres.
« C’était une interview d’Isabelle Aubret, j’utilisais un micro de fortune relié par un fil à un gros magnéto cassette, dit-il en souriant. C’est à l’âge de 20 ans, en 1986, qu’il réalise sa première interview, pour la jeune radio Alice FM, à Tours, alors qu’il est encore étudiant à la fac d’AES. »
« C’était une autre époque, nous n’avions ni portable, ni internet, on passait beaucoup de coups de fil avant de décrocher une interview ; les rencontres étaient moins formatées, les moyens techniques n’étaient pas les mêmes. Je me souviens avoir interviewé Peter O’Toole ou Demis Roussos, avec un petit dictaphone… » À l’époque, Christian est bénévole et c’est même lui qui se paie son matériel, ses cartes de visite « pour faire sérieux », et ses notes de téléphone avec ses cours d’éducateur de football au FCT.
Après sa maîtrise, il entre à l’École supérieure de journalisme, et intègre Europe 2, qui est alors associée à la société d’aviation tourangelle TAT. Christian découvre le Nagra à bandes, « qui pesait dix kilos et nous flinguait le dos ». Il fait une rencontre qui changera le cours de sa vie, avec Hubert Wayaffe, un grand nom de la radio, animateur de « Salut les copains ! » et qui a fait découvrir les Beatles aux Français.
Christian étoffe (déjà) son carnet d’adresses, fait le pied de grue des théâtres et des salles de concerts, passe des heures en coulisses pour décrocher son interview.
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Il rencontre Barbara, Léo Ferré, Goldman, Aznavour, Gainsbourg, Dave Stewart, du groupe Eurythmics. Et se fait embarquer dans la première tournée des Enfoirés avec Johnny, Sardou, Eddy Mitchell, Véronique Sanson, qu’il accompagne dans leur avion. « Je vivais un rêve éveillé, alors je faisais des photos pour que mes potes me croient. Je n’ai jamais été attiré par le côté people ou star. Ce qui m’a toujours motivé, c’est de rencontrer des artistes, ceux qui ont une vraie histoire culturelle, un parcours exceptionnel. »
Trente-cinq ans après ses débuts, Christian Panvert est toujours aussi investi, qu’il tende son micro au quidam du coin ou au président de la République. Mais sa véritable passion, ce sont les artistes. D’ailleurs, c’est ce qui l’a conduit à participer, dès 1995, à la première édition de La Forêt des livres, aux côtés de Gonzague Saint Bris.
Ca fait partie de ces matins tristes de la vie où la radio à peine allumée, la terre chavire… Et on se dit : Ah non pas lui ! Christian Panvert, journaliste basé à Tours pour RTL, travaille aussi pour l’AFP ou Associated Press. Le nouvel homme-orchestre de la Forêt des Livres, depuis le décès de son complice Gonzague Saint-Bris, fréquente le show-biz depuis trente ans. Et chaque disparition d’un « people » lui rappelle un moment privilégié, une interview, une rencontre… Hier matin, à l’annonce de la mort de Christophe, il nous confiait sa tristesse. « Nous n’étions pas vraiment des amis, mais j’ai eu la chance de souvent croiser son chemin… »
La dernière fois que notre confrère a rencontré Christophe, c’était au Mans, l’an dernier. « Il me disait qu’il voulait monter un spectacle qui mêlerait chansons et one-man-show, un truc iconoclaste, il aimait parler sur scène, raconter des anecdotes sur son vécu, avec beaucoup d’humour… » Christian Panvert a été invité plusieurs fois chez le chanteur, à Paris. « Christophe n’aimait pas les interviews conventionnelles, il préférait recevoir chez lui. Avec des toasts, des petits fours, et du Ruinart, son champagne. C’étaient de vrais moments de grâce à chaque fois. »
Le journaliste se souvient de cet appartement du 146 boulevard du Montparnasse, au troisième étage, empli de juke-boxes, avec le grand piano, les ordinateurs, les instruments et les machines à son partout, et aux murs, des photos encadrées, celles de son idole Elvis ou de son ami Bashung. « Christophe se passait de vieux albums de La Callas, il écoutait Björk et Camille, on parlait de tout et de rien et ça pouvait durer des heures… Il nous recevait vers 21 h, et on faisait des allers et retours entre le salon, la cuisine où il nous mettait parfois à contribution, et son mini-studio. Et ça durait des heures, ce grand noctambule aurait aimé tenir comme ça jusqu’à 6 h du matin », se souvient le reporter.
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« La dernière fois, chez lui à Paris, il était très affecté d’avoir perdu tous ses points pour excès de vitesse ! Je lui ai demandé s’il n’était pas tenté de prendre le volant quand même… Il m’a répondu en citant une chanson de Bashung : La Nuit je mens… C’était un passionné de belles voitures, il avait même consacré une très belle chanson à Enzo Ferrari, et une autre, Stand 14, qui racontait ses 24 Heures du Mans… »
Christian se rappelle d’un Christophe ému par un jeune de 25 ans qui lui confiait son admiration, « ça m’émeut plus qu’un mec de mon âge qui me parle encore d’Aline, me disait-il ! D’ailleurs je suis déçu que la plupart des chroniqueurs ne parlent que des Mots bleus, des Paradis perdus ou des Marionnettes, il faut écouter ses derniers albums. Ce type était encore d’un avant-gardisme fascinant. »
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