L’agrainage est une pratique de gestion cynégétique qui consiste à attirer les animaux sauvages en répandant du grain sur le terrain de chasse. Cette pratique, strictement régulée en France, vise à gérer les populations de gibier et à prévenir les dommages aux cultures.
On distingue différents types d’agrainage en fonction de leur finalité :
Le choix de l'agrainoir dépend de la finalité de l’agrainage et de l’animal visé. Pour le gros gibier (sangliers, cerfs, chevreuils, daims), une quantité de grain conséquente est nécessaire pour un agrainage dissuasif. Pour le petit gibier et le gibier d’eau, un simple seau avec des grains à un point fixe peut suffire.
La catégorie « Agrainage » réunit tout le nécessaire pour distribuer proprement et régulièrement vos céréales, en respectant les arrêtés locaux. Vous y trouverez des agrainoirs automatiques 6V/12V avec programmateur, des réservoirs 30-60 L, des trépieds acier, des panneaux solaires pour prolonger l’autonomie, des batteries étanches et toutes les pièces & protections utiles (boîtiers, couvercles, visserie).
Définissez d’abord votre objectif : observation, cantonnement ou prévention des dégâts. Un kit 6V suffit à la plupart des usages courants, tandis qu’un 12V s’impose pour des distributions plus longues, des trémies plus volumineuses ou des conditions climatiques exigeantes. Privilégiez un programmateur digital précis (plages multiples/jour, durée d’ouverture au dixième de seconde) et une goulotte réglable pour calibrer la quantité et limiter le gaspillage.
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Couplez la batterie (6V/12V) à un panneau solaire compatible afin de réduire les interventions, notamment en secteurs isolés. Vérifiez la polarité, la présence d’un régulateur et l’étanchéité des connexions. Une batterie AGM 6V 4,5 Ah ou 12V 7 Ah offre un bon compromis entre poids et tenue dans le temps.
Placez la trémie à hauteur suffisante, sur un trépied stable, avec ancrages au sol pour éviter le basculement. Orientez la sortie à l’abri des vents dominants et de la pluie directe (couvercle adapté). Sécurisez le boîtier programmateur par un cache métallique/verrouillable et utilisez une visserie renforcée pour prévenir les dégradations. Contrôlez régulièrement l’état du support, des câbles et du diffuseur.
La régularité prime. Mieux vaut des séquences courtes et fréquentes qu’un seul long cycle. Ajustez la durée d’ouverture et la granulométrie de la céréale pour éviter la pulvérisation et la dispersion au vent. Tenez un carnet de suivi (dates, horaires, quantités, météo, passages observés) afin d’objectiver les réglages et d’optimiser l’usage de l’aliment.
Nettoyez la trémie et le diffuseur pour éviter l’agglomération après pluie ou condensation. Dépoussiérez le panneau solaire, vérifiez l’étanchéité des boîtiers et testez le programmateur à intervalles réguliers. Remplacez les câbles, fusibles et connectiques dès usure visible.
Aux termes de l’article L.425-5 du code de l’environnement, « l’agrainage et l’affouragement sont autorisés dans les conditions définies par le schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) ». De même, l’article L.425-2 de ce code précise que dans les dispositions de la SDGC doivent obligatoirement figurer : « les prescriptions relatives à l’agrainage et l’affouragement prévues à l’article L.425-5 du code de l’environnement ».
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Cela signifie que la SDGC, rédigée par la Fédération départementale des chasseurs (FDC) et approuvé par le préfet, représente la base juridique en ce qui concerne les pratiques d’agrainage. Dans le cas où il n’existe aucun schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC), alors l’agrainage est interdit.
En effet, pour le gros gibier (p. ex. sangliers), l’agrainage et l’affouragement ont deux objectifs. D’une part, il permet de prévenir les dommages causés aux récoltes par les sangliers. Dans ce cas, c’est une pratique de gestion cynégétique qui favorise l’équilibre agro-cynégétique. D’autre part, le nourrissage des animaux sauvages peut aussi constituer un complément aux ressources alimentaires naturelles, nécessaire pour une alimentation moins riche, des conditions météorologiques difficiles.
Il est important de noter qu'il reste interdit d’attirer des animaux sur un territoire qui ne peut pas répondre à leur besoin dans le seul but de les chasser.
Installer un agrainoir gibier ne se résume pas à poser un bidon et y verser du grain. L’efficacité dépend du type d’installation, du troupeau visé (sangliers, cervidés, petit gibier), du matériau, du contrôle de distribution et de la facilité d’entretien.
Pour l’affouragement extérieur en forêt ou en zone pâturée, la structure doit être robuste. Les bidons en plastique renforcé ou polyéthylène haute densité sont fréquents, mais les versions métalliques ou galvanisées offrent une longévité supérieure. Les agrainoirs automatiques combinent moteur 6 V ou 12 V et trémie intégrée, souvent avec option panneau solaire ou batterie rechargeable. L’installation doit résister aux intempéries et à la fréquentation des animaux sauvages.
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La capacité doit être pensée en fonction de la densité du gibier et de la fréquence de remplissage. Un bidon 220 L permet une grande autonomie, utile sur site distant. Les agrainoirs automatiques équipés d’horloge digitale permettent de déterminer l’heure, la quantité et la fréquence de distribution - un atout majeur pour contrôler l’affouragement.
Le positionnement de l’agrainoir impacte directement son efficacité : privilégiez un site dégagé, protégé mais accessible aux animaux visés. Fixez solidement l’appareil (pied, ancrage, fixation murale) pour éviter le vandalisme ou le renversement par les sangliers. L’ergonomie du réservoir (ouverture large, couvercle) facilite le remplissage et l’entretien.
Un système d’affouragement mal entretenu peut devenir une source de perte et de contamination. Il est recommandé de vider régulièrement la trémie, de rincer et sécher, et de vérifier les composants (moteur, batterie, panneau solaire). Les spirales et grilles anti-gaspillage demandent un simple contrôle visuel mais s’avèrent efficaces pour maintenir la qualité du grain.
Pour sangliers ou cervidés, privilégiez un agrainoir automatique ou un bidon à grande capacité avec protection antiprédateur. Pour petit gibier ou volières extérieures, une spirale anti-gaspillage basique ou un bidon de capacité moyenne suffit.
Marques citées : Euro Hunt (kits et composants d’agrainage), Akah (accessoires et protections), Kerbl (énergie, batteries, fixations) et Vitex (compléments compatibles). Leur complémentarité permet de bâtir une installation fiable, autonome et suivie dans le temps.
Au printemps, les agriculteurs entrent dans la période sensible du semis des cultures dont les sangliers sont particulièrement friands. Quelles sont les solutions pour protéger les parcelles agricoles et limiter les dégâts de grand gibier ?
Depuis plusieurs années, la FDC consacre une enveloppe budgétaire à l’achat de matériel de protections électrifiées*. La Fédération finance une partie de ces kits pour les agriculteurs qui en font la demande auprès de ses services, et qui pourront les installer avant semis puis les retirer après la moisson. Des contrôles seront effectuées par les gardes-chasse particuliers pour mesurer l’impact de ce dispositif et s’assurer de la conformité de ces installations, l’usage de ces clôtures étant strictement réservé à la protection des cultures de maïs et de pois.
Évidemment, la méthode la plus efficace pour limiter l’impact du grand gibier sur les cultures reste encore la régulation du nombre de sanglier par la chasse.
Afin de faire baisser les populations, des mesures exceptionnelles ont été prises par la préfecture qui autorise le tir de protection sur l’espèce sanglier à partir du 1er mars et jusqu’au 31 mai, sur l’ensemble du département pour les parcelles dites « sensibles ».
Afin de permettre les conditions optimales lors du tir de protection, la Fédération départementale des chasseurs propose à ses adhérents de subventionner l’acquisition de miradors, à hauteur d'environ 75 %. Dans la limite de deux miradors** par société de chasse, ceux-ci sont proposés au tarif de 150 euros l’unité.
Dernier dispositif disponible dans la « boîte à outils sanglier », l’agrainage dissuasif est encadré par le Schéma départemental de gestion cynégétique, qui détermine la quantité d’aliments ainsi que le nombre de point de distribution selon les secteurs. Il a pour but de dissuader les sangliers d’aller chercher leur nourriture sur les parcelles cultivées et son renforcement est nécessaire en cette période de fort sensibilité des cultures.
L’ensemble de ces dispositifs met en évidence le rôle primordial des chasseurs dans la protection des cultures.
| Aspect | Recommandations |
|---|---|
| Type d'agrainoir | Adapté à l'espèce cible et à l'objectif (dissuasion, observation) |
| Emplacement | Dégagé, protégé, accessible aux animaux |
| Entretien | Régulier (nettoyage, vérification des composants) |
| Réglementation | Respect du SDGC (Schéma Départemental de Gestion Cynégétique) |
| Alimentation | Équilibrée et adaptée aux besoins des animaux |
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