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L'exercice de la chasse, selon Buffon, doit succéder aux travaux de la guerre, voire les précéder. Savoir manier les chevaux et les armes sont des talents communs au chasseur et au guerrier.

Le Cheval: Noble Allié du Chasseur

La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats.

Aussi intrépide que son maître, le cheval voit le péril et l'affronte; il se fait au bruit des armes; il l'aime, il le cherche, et s'anime de la même ardeur. Il partage aussi ses plaisirs; à la chasse, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle; mais, docile autant que courageux, il ne se laisse point emporter à son feu; il sait réprimer ses mouvements.

Non seulement il fléchit sous la main de celui qui le guide mais il semble consulter ses désirs et, obéissant toujours aux impressions qu'il en reçoit, il se précipite, se modère ou s'arrête, et n'agit que pour y satisfaire. C'est une créature qui renonce à son être pour n'exister que par la volonté d'un autre; qui sait même la prévenir; qui, par la promptitude et la précision de ses mouvements, l'exprime et l'exécute; qui sent autant qu'on le désire, et ne rend qu'autant qu'on veut; qui, se livrant sans réserve, ne se refuse à rien, sert de toutes ses forces, s'excède, et même meurt pour mieux obéir.

Choix et Qualités du Cheval de Chasse

En France, les meilleurs chevaux pour la chasse viennent du Limousin, de l'Auvergne et du Poitou. On doit les choisir de petite taille, légers, adroits, durs à la fatigue, se nourrissant vite et bien, et solides plutôt que beaux.

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La bouche bonne, des membres souples et nerveux, du liant, du fond, de l'haleine, un peu de froideur, sont des qualités essentielles pour les dresser à rester tranquilles, à ne jamais s'effrayer, et pour les rompre à une obéissance sans bornes.

Âge du Cheval

Le moyen le plus sûr de connaître l'âge du cheval, c'est l'inspection de ses dents. Les dents sont au nombre de quarante dans les chevaux, et de trente-six dans les juments. Chaque mâchoire a deux dents de la pince, deux dents mitoyennes, deux coins, deux crochets (manquent aux juments) et douze dents mâchelières.

  • Peu après la naissance, quatre pinces.
  • Peu après les pinces, quatre mitoyennes.
  • Trois ou quatre mois après, quatre coins.
  • A deux ans et demi, les pinces creuses.
  • A trois ans et demi, les mitoyennes creuses; les crochets d'en bas.
  • A quatre ans et demi, les coins bordent la gencive; les crochets d'en haut.
  • A cinq ans, les coins sortent de l'épaisseur d'un écu.
  • A cinq ans et demi, les coins sortent de l'épaisseur de deux écus; les crochets d'en bas tranchants et blancs.
  • De cinq ans et demi à six ans, les coins sortent de l'épaisseur du petit doigt; le germe de fève; le creux des pinces usé; celui des mitoyennes à demi usé.
  • A six ans complets, le germe de fève des coins diminue, et les crochets parvenus à leur longueur; les crochets d'en haut cannelés où raboteux en dedans.
  • A sept ans, les coins sortent de l'épaisseur du troisième doigt; le germe de fève beaucoup diminué.
  • A huit ans les coins longs du travers du second doigt, et le germe de fève tout-à-fait effacé; ce qui s'appelle ne plus signé de vieillesse.

Les crochets d'en haut arrondis et diminués le crochet d'en bas arrondi grossi et jaune; les dents avancées, jaunes et longues; les salières creuses; le cheval sellé; le palais décharné, l'os de la ganache tranchant, et le cheval gris devenu blanc.

Ferrure

Le cheval de chasse a besoin d'une ferrure particulière, légère et soignée. Il faut exiger que le fer soit forgé pour le pied, et ne pas souffrir qu'on façonne le pied pour le fer, en abattant trop de corne ou en la brûlant. Le fer doit s'ajuster à chaud et se poser à froid. Des clous bien brochés, bien rivés suffisent, et le parement à la râpe, qui amollit la corne, doit être sévèrement proscrit.

Une feuille de tôle, ajustée avec le fer, préserve la fourchette des chicots et des clous de rue. Si cet accident arrive, il faut déferrer le cheval, enlever en entier le chicot ou le clou, laver la plaie avec de l'eau fraîche d'abord, ensuite avec un mélange à parties égales de vin, de sucre râpé et d'huile d'olive, l'envelopper d'un linge, et laisser reposer l'animal. La térébenthine mise en usage dans ce cas par des maréchaux inhabiles donne lieu à une inflammation souvent très dangereuse.

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Au moment de la chasse, on garnit les jambes du cheval jusqu'à deux décimètres au-dessus du sabot, de bottes de cuir lacées, pour les préserver autant que possible de tout accident.

Nourriture et Pansage

La paille hachée avec des têtes de sainfoin et l'avoine sont la nourriture la plus convenable au cheval de chasse. Quand il est échauffé, et qu'il a peu d'appétit, on peut ajouter à l'avoine une demi-poignée de sel et de la farine d'orge. Quant au son, il ne mérite pas le nom d'aliment, et son usage souvent nuisible n'est jamais utile.

On doit faire boire avant de donner l'avoine, et dégourdir l'eau en la battant avec la main. On peut, pour rafraîchir la bouche du cheval, lui donner de temps à autre une poignée de fèves sèches, et dans la saison, quelques côtes de melon après en avoir ôté la chair.

Le pansage doit se faire régulièrement, au moins une fois par jour. On bouchonne fortement d'abord, à poil et contre-poil, on étrille à fond, on brosse ensuite, et on lave avec une éponge les yeux, les oreilles, la crinière, la queue et le fourreau. On passe le peigne huilé dans la crinière, dans le toupet, et légèrement à l'extrémité de la queue. On ne doit pas faire le poil dans les oreilles car ce poil empêche les insectes de s'y introduire et de tourmenter quelquefois l'animal au point de le rendre furieux.

Après la chasse, on débotte le cheval, on bouchonne légèrement, on visite les pieds, on laisse souffler une demi-heure sur la paille hachée; on fait boire; on donne l'avoine, et ensuite on desselle et on bouchonne à fond. Si la selle a porté sur les rognons ou sur le garrot, de manière à y produire de la chaleur et un peu de gonflement, il faut de suite frotter ces parties vigoureusement avec un peu de savon blanc mouillé d'eau-de-vie.

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Progression du Travail pour Dresser les Jeunes Chevaux

Il faut user avec les jeunes chevaux des plus grands ménagements; ne leur rien demander au-delà de leurs forces, et n'employer le châtiment qu'à la dernière extrémité, car la plupart ne se défendent que de faiblesse.

Il faut mettre au cheval que l'on veut dresser, un guidon d'abreuvoir, et un caveçon placé assez haut pour ne point gêner sa respiration. On l'habituera graduellement au bruit du cor et des chiens, à l'odeur, à la fumée, à la flamme, et à la détonation de la poudre.

Quand les chevaux trotteront bien également aux deux mains, s'arrêtant et reculant avec docilité, on leur mettra la selle et on les montera à droite et à gauche. Pour les habituer à connaître les jambes du cavalier, on fera usage de la chambrière, au moment où le cavalier fermera les jambes.

Il faut infiniment de ménagements pour montrer à un cheval à sauter. On devra commencer par le faire sauter en main. Le cavalier tenant la longe du bridon dans toute sa longueur, le conduira près de la barrière, de la haie ou du fossé, qu'il passera le premier; un valet se placera derrière avec une chambrière pour déterminer le cheval; le cavalier qui le tient lui donnera de l'avoine après qu'il aura sauté.

Il ne faudra monter un jeune cheval, pour le faire sauter, que lorsqu'il se décidera facilement et sur-le-champ à sauter en main. Quand on sera assuré que les chevaux connaissent les jambes, on leur donnera la bride; ils seront embouchés avec des mors très doux une embouchure hardie gâterait absolument les barres à de jeunes chevaux.

Les Chiens: Complices Essentiels

Le chien, indépendamment de la beauté de sa forme, de sa vivacité, de sa force, de sa légèreté, a par excellence toutes les qualités intérieures qui peuvent lui attirer les regards de l'homme.

Un naturel ardent, colère, même féroce et sanguinaire rend le chien sauvage redoutable à tous les animaux, et cède dans le chien domestique aux sentiments les plus doux, au plaisir de s'attacher et au désir de plaire; il vient en rampant, mettre au pied de son maître son courage, sa force, ses talents; il attend ses ordres pour en faire usage; il le consulte, il l'interroge, il le supplie; un coup d'oeil suffit, il entend les signes de sa volonté.

Sans avoir comme l'homme, la lumière de la pensée, il a toute la chaleur du sentiment; il a de plus que lui, la fidélité, la constance dans ses affections nulle ambition, nul intérêt, nul désir de vengeance, nulle crainte que celle de déplaire; il est tout zèle tout ardent et tout obéissance; plus sensible au souvenir des bienfaits qu'à celui des outrages, il ne se rebute pas par les mauvais traitements, il les subit, les oublie, ou ne s'en souvient que pour s'attacher davantage.

Loin de s'irriter ou de fuir, il s'expose de lui-même à de nouvelles épreuves; il lèche cette main, instrument de douleur qui vient de le frapper il ne lui oppose que la plainte, et la désarme enfin par la patience et la soumission.

Les chiennes ou lices, portent soixante à soixante-trois jours; elles produisent six, sept, et quelquefois jusqu'à douze petits.

Âge des Chiens

Les chiens naissent communément avec les yeux fermés, et la plupart n'ont les yeux ouverts qu'au dixième ou douzième jour. Quinze jours après que le chien est né, il lui pousse quatre dents, une de chaque côté de la gueule deux dessus et deux dessous. En moins d'un mois, les jeunes chiens apprennent à faire usage de tous leurs sens, et prennent ensuite de la force et un prompt accroissement.

C'est alors, au bout d'un mois ou six semaines, qu'on les retire de dessous la mère, et qu'on leur coupe la queue (aux chiens d'arrêt), avec une pelle rougie au feu. Depuis quelques années beaucoup de chasseurs ont pris l'habitude de ne pas couper la queue aux épagneuls, et surtout à la belle race dite anglaise. Ils en donnent pour raison que cette opération défigure l'animal.

Nous sommes de leur avis sous ce rapport, et nous pensons que la queue doit être conservée si l'on tient plus à la beauté du chien qu'aux services qu'il doit rendre à la chasse. Mais pour un véritable chasseur, c'est-à-dire pour les personnes qui ne considèrent un chien que comme un instrument, si je puis me servir de cette expression, il est certain qu'elles ne partageront pas cette opinion. La queue, qu'un animal remue toujours en chassant...

L'Éthique du Chasseur

L'éthique est fondamentale. Les prélèvements ne doivent pas se faire que sur les grands animaux. On prélève dans les classes jeunes de manière à laisser vieillir. Là, ce sont des cerfs morts à 15 ans. Je ne connais aucun autre territoire où les cerfs vivent jusque-là. Et j’espère que cela durera encore longtemps après moi.

Je procède à un tir raisonné, intelligent, j’observe. Sur un parc 400 animaux maximum sont autorisés, sur 400 hectares pour préserver le seuil du bien être.

Habituation et Sensibilisation des Chevaux

L’habituation et la sensibilisation sont des apprentissages dits « non associatifs ». Ces formes d’apprentissage se manifestent soit par l’atténuation soit par l’augmentation d’une réponse comportementale suite à la répétition d’un stimulus.

Habituation : Rendre Familier et Neutre

L’habituation est un processus par lequel l’intensité d’une réponse à un stimulus est diminuée suite à une exposition répétée à ce stimulus. Autrement dit, c’est rendre familier et neutre quelque chose (un nouvel objet, une nouvelle situation…) qui ne l’est pas au départ.

Le cheval va progressivement apprendre à moins réagir, voire à ne plus réagir du tout, à un stimulus qui n’est associé à aucune conséquence. Il va comprendre qu’une réaction calme est plus appropriée, car plus économe, que l’alerte ou la fuite.

Comment Procéder pour Habiter Mon Cheval à un Stimulus ?

Pour induire une habituation, il faut procéder par étapes, en augmentant l’intensité du stimulus de manière très progressive, sans jamais dépasser le seuil de tolérance, limite à partir de laquelle le cheval commence à avoir peur. L’intensité du stimulus nécessaire pour atteindre ce seuil diffère d’un cheval à l’autre et va évoluer au cours de l’habituation.

Étape 1 = Identifier le Seuil de Tolérance

Le seuil de tolérance correspond au moment à partir duquel le cheval manifeste une réaction face au stimulus présenté. Bien souvent, il s’agit du moment d’apparition des premiers signes de peur.

Étape 2 = Planifier les Séances en Définissant un Nombre de Paliers

En fonction de la sensibilité et du tempérament du cheval, il faudra définir à l’avance un certain nombre de paliers (distance objet-cheval, puissance…) à atteindre, le 1er palier étant le seuil de tolérance. Par la suite, chaque palier devra être confirmé avant de passer au palier supérieur, c’est-à-dire répété plusieurs fois (2-3 essais) sans que le cheval ne réagisse, faute de quoi il faudra redescendre au palier inférieur.

Étape 3 = Se Lancer dans un Environnement Calme

Au début, on privilégiera un environnement calme, dans des conditions favorables, pour avoir un cheval le plus disponible possible.

Étape 4 = Généraliser dans d’Autres Environnements

Une fois l’apprentissage réussi dans un environnement calme, la procédure sera recommencée dans son intégralité pour confirmer l’apprentissage dans différents environnements. Quand le cheval n’a plus peur, et ce, quel que soit l’endroit où il se trouve, on dit qu’il a généralisé.

Sensibilisation : Réaction Intensifiée

Si le seuil de tolérance du cheval est dépassé, la répétition d’un stimulus peut induire le phénomène inverse de l’habituation : la sensibilisation. Le cheval apprend alors à réagir très fortement au stimulus appliqué.

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