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Au cœur de chaque tir réussi avec une arme à poudre noire se trouve un élément fondamental : la charge de poudre. Dans les décennies qui ont précédé l’invention des cartouches métalliques, les tireurs du XIXe siècle devaient préparer eux-mêmes la quantité exacte de poudre à introduire dans leur arme. Que l’on utilise un revolver, un pistolet ou une carabine à canon rayé, chaque modèle avait sa charge optimale, exprimée en grains. Trop peu, et le tir manquait de force ou de portée. Trop, et le risque d’éclatement du canon devenait réel.

La poudre noire utilisée - un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon - était souvent conservée dans des poires ou des flasques, d’où l’on remplissait un doseur adapté au calibre de l’arme. Ce soin apporté au dosage permettait de garantir une pression constante, une combustion efficace et une trajectoire stable du projectile. Dans les mains des soldats, des pionniers ou des tireurs d’élite, une bonne charge valait autant qu’une bonne visée.

Choisir la Poudre Adaptée

Plusieurs types de poudre noire sont disponibles, chacun ayant des caractéristiques spécifiques. La PNF2 et la Swiss No. 2 sont fréquemment mentionnées pour les armes de poing. Il est important de noter que la vivacité de la Swiss 2 correspond à la Vectan PNF2.

La Suisse est souvent préférée pour son encrassement moindre par rapport à la Vectan. Certains tireurs utilisent même de la Swiss No. 3 pour le revolver et en sont très contents.

Toutes les poudres françaises sont bonnes et n'encrassent pas plus que les poudres suisses sous réserve que la charge et la poudre soient adaptées à l'arme et au calibre : aucune différence entra la PNF2 et la Suisse N°2, par contre la Suisse N°1 se trouvant entre la PNF4 et la PNF2 a une granulométrie et une vitesse d'inflammation plus adaptées aux petits calibres comme les .31 et .36, ce qui n'empêche pas de l'utiliser en arme de poing de plus gros calibre. Par contre le rendement de la N°1 est mauvais avec les armes longues (squirrels rifles par exemple) en calibre .31 et .36...

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Dosage Initial et Ajustements

Pour un pistolet Hawken Bondini, un dosage initial de 0,9 gramme de PNF2 est souvent recommandé avec une balle de .440 et un calepin de 0,15. L'arme peut supporter une charge plus forte, mais ce n'est peut être pas bien utile.

Pour un départ avec de la Swiss n°2, un dosage de 0,80 gramme avec une balle .440 et un calepin de 0,25 peut être envisagé. Il est conseillé de commencer avec une charge plus faible et d'augmenter progressivement pour trouver le dosage optimal.

Tableau des Dosages Recommandés

Type d'Arme Calibre Poudre Dosage Initial (grammes) Balle Calepin
Pistolet Hawken Bondini .45 PNF2 0.90 .440 0.15
Pistolet (Divers) .44 Swiss No. 2 0.80 .440 0.25
Mortimer (silex) .54 S2 4.00 - -

Techniques de Chargement

Il est inutile que la balle affleure la tranche avant du barillet. Au contraire, même. En effet, si elle passe le cône de raccordement avec une certaine vitesse, le passage se fait mieux. C'est pourquoi les revolvers modernes ont souvent des cartouches qui n'affleurent pas la tranche avant. Bien sûr pour les armes qui cherchent la grosse puissance, si on ne veut pas que le barillet soit trop long, on les étudie pour que la cartouche puisse contenir une forte charge et soit donc suffisamment longue. Mais il s'agit d'un compromis et cela impose un cône de forcement réduit et un excellent ajustage de l'indexation.

Pour nos armes du XIXe siècle et leurs répliques, il faut savoir que la longueur du barillet était étudiée pour que les chambres, balles comprises puissent contenir la charge maximale que le barillet était capable de supporter au combat. Pourtant les utilisateurs ne chargeaient que rarement leurs armes au maximum. Ils mettaient la charge qui leur permettait de tasser la poudre avec le bourroir - qui ne poussait pas la balle jusqu'au fond de la chambre - et s'il voulaient charger encore moins, ils compensaient le vide par une bourre de vieux chiffon ou de vieux papier journal. On a même vu l'utilisation de bourre de mousse sèche dans les endroits reculés où le papier manquait. La poudre était chère et il fallait l'économiser.

Importance du Graissage

Au tir à poudre noire, le graissage des projectiles, des chambres et de l'âme du canon a une importance primordiale. Il convient de graisser ses balles avant utilisation. Pour ce faire on les graisse avant de les mettre dans leur contenant pour le transport, mais cela ne suffit pas. Il est bon de mettre une bourre grasse entre la poudre et la balle. Seulement, la bourre grasse risque de graisser la poudre. Alors, ce que je fais, c'est que je colle une rondelle de vieille couverture en laine ou un tampon de kapok sur une rondelle taillée à l'emporte-pièce dans du carton de boite de lait. Une fois la colle sèche, je mets de la graisse dans la laine ou le Kapok et j'ai ainsi une bourre sèche à l'arrière et grasse à l'avant.

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Au départ du coup, les gaz poussent la bourre qui exprime sa graisse et dépose du gras sur les parois de la chambre puis du canon. Les gaz déposent de la suie sur ce gras formant de la calamine mais cette calamine reste molle. La balle, elle, graissée modérément, pousse la calamine molle du coup précédent vers la sortie du canon.

Jusqu'en 1860 on utilisait comme huile pour les mécanismes de précision de l'huile dite "de baleine" qui était en fait de l'huile de cétacé. On produisait déjà des graisses minérale avec le charbon. Le charbon était distillé pour donner du gaz de ville, des goudrons et du coke. Dans les produits de la distillation, entre le gaz et le goudron, il y avait de la graisse ; en fait une huile à chaud qui se figeait en graisse en refroidissant. On s'est rapidement rendu compte des inconvénients de ces graisses qui ne s'avéraient utiles que dans le graissage des essieux et manetons de bielles. Sur la calamine de poudre noire elles avaient une effets désastreux, elles durcissaient cette calamine qui devenait une vrai papier de verre, se chargeant de plomb arraché aux balles. Cela causait un emplombage nuisible au tir et cette calamine se dissolvait très mal à l'eau ce qui compliquait le nettoyage. donc les graisse d'arme étaient des graisses animales, saindoux, suif ou graisse de porc ou de bœuf. Pour ces mécanismes, il fallait de l'huile et il s'agissait alors d'huile de baleine. C’était cher.

En 1860 un chercheur allemand découvre en travaillant sur les paraffine de pétrole découvre un huile fine et très stable en viscosité même à température variable. en outre cette huile est hydrofuge et repousse l'humidité aqueuse. Il l'appelle Was-öl-ine de Wasser [eau parce qu'elle en a la fluidité] Öl [huile parce que c'est de l’huile] et met un suffixe français "ine" qui donne un aspect astucieux au nom, selon lui. Comme pour Catherine, Micheline, Adeline etc. Et il dépose cette découverte aux États-Unis sous le nom de vaseline, en 1860. C’est avec cette huile que je prépare ma graisse à balles. même masse d'huile de vaseline que de cire d'abeille. Je fais fondre le tout au bain marie et je mélange. Le mélange est facile parce que les densités sont proche et je laisse refroidir. J'obtiens ainsi une graisse de viscosité moyenne qui se conserve bien. Et l'effet sur larme est très bon. En une séance de tir au LeMat où je tire 45 coups rayés ( Calibre 44 et barillet à neuf coups) j'ai le premier tiers du canon qui est noirci mais où les rayure sont opérationnelles et les deux tiers du canon encore brillants. Le nettoyage est simple : un aller-retour de brosse nylon avec l'avant du canon dans un bol d'eau et je sèche. J’huile à la vaseline. pour le barillet, c'est plis long parce que je démonte les cheminées et qu'il y en a neuf.

Alors, attention : huile de vaseline et non graisse de vaseline. les graisses dites "de vaseline" sont en fait des paraffines qui durcissent la calamine de poudre noire.

Autres Considerations

Pour les revolvers chambrés en calibre .44, des charges propulsives Vectan sont disponibles, offrant une solution pratique et uniforme pour le rechargement. Ces charges, conditionnées individuellement, contiennent une dose optimale de substitut de poudre noire pour une combustion efficace et régulière.

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En 44 à poudre noire, une charge de 1 gramme suffit à 25 mètres. On économise la poudre, on économise l'arme. Si on charge avec des balles sèches (non graissées) il faut mettre un filet de graisse autour de la balle au contact entre la balle et la chambre. Il faut éviter de bourrer l'avant de la chambre à la graisse, cela risque de baguer le canon qui est alors fichu. Juste un fin filet de graisse.

La balle doit laisser à l'entrée dans la barillet une fine rondelle de plomb. Si elle ne laisse pas une rondelle continue, elle est trop petite. Ou alors, un goret a chanfreiné l'entrée de chambre ce qui est parfaitement hérétique. Les entrées de chambres sont très légèrement chanfreinées par les constructeurs et il ne faut pas jouer avec ça.

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