De nombreux chasseurs de gibiers d’eau sont encore et toujours réticents à passer aux munitions de substitution. Ceux-ci comparent simplement l’équivalent de leurs cartouches plombs habituelles à des munitions en acier d’entrée de gamme. Sur ce principe, ils ont raison. Une cartouche plombs en #4 36g offre de biens meilleures performances qu’une munition en #4 36g acier.
La densité du composant est donc primordiale pour offrir de bonnes performances : plus la bille est dense, plus elle emmagasine d’énergie, plus fort est l’impact et plus serrée est la gerbe, enfin plus la bille elle-même est petite. Cela s’explique par la densité des billes : une bille de plombs #4 offre une densité de 11,3 g/cc alors qu’une bille d’acier #4 affiche une densité de 7,9 g/cc. Ainsi, si 36g de plomb #4 conviennent à une cartouche de 70 mm, il faut passer sur le format magnum 76 mm pour un équivalent en acier.
Depuis, un nouveau composant est apparu sur le marché et il se fait de plus en plus populaire : le TSS. Le Tungsten Super Shot est un alliage entre de la poudre de tungsten et de fer. Les billes de Tungsten Super Shot sont tout à fait révolutionnaires pour une simple et bonne raison : elles sont, à l’heure actuelle, les billes les plus denses utilisées dans les cartouches de chasse grand public. La fabrication des billes de TSS a recourt à des procédés spéciaux qui assurent aux billes une forme ronde parfaite sans bavure et absolument identique.
Le TSS offre une densité de 18 g/cc (pour rappel, le plomb est à 11,3 g/cc) ce qui en fait le composant le plus dense, le plus lourd, jamais utilisé pour des cartouches de chasse. C’est cette caractéristique qui explique l’incroyable puissance du Tungsten Super Shot. A titre d’exemple, une cartouche de 50 g de plomb #5 contient 297 billes - une cartouche de TSS de 50 g #9 contient quant à elle pas moins de 630 billes !
Vous l’aurez remarqué dans notre exemple ci-dessus, étant donné la forte densité du Tungsten Super Shot, pour obtenir un poids de bille équivalent, il faut diminuer fortement la taille de cette bille. Pour obtenir le poids/densité d’une bille de plomb #5, il vous faudra opter pour du TSS #9. C’est par ailleurs ce point si particulier qui rend le rechargement des cartouches de TSS nettement plus complexes, nous détaillerons cela un peu plus loin.
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Avec le TSS, soyons concret, c’est désormais possible à chaque tir. Réaliser des tirs nets et propres jusqu’à 70 mètres ou plus, c’est un défi qu’une infime poignée de cartouches peut accomplir. Le Tungsten Super Shot n’est pas encore très connu en Europe, ce composant a cependant convaincu 100% de ses utilisateurs. Aux Etats-Unis, les plus fameuses marques de cartouches de chasse proposent désormais des munitions à base de TSS. Federal, Browning, Remington, Hevi-Shot ou encore Apex commercialisent des cartouches Tungsten Super Shot. Alors, bientôt en France ?
Tout d’abord, le TSS est extrêmement cher. Le cout de revient d’une cartouche à base de Tungsten Super Shot avoisine les 4 ou 5€. Bien évidemment ce prix chutera par l’industrialisation de la fabrication mais une chose reste sûre, la matière première, le TSS, restera quant à lui très excessif (env. Ensuite, la fabrication d’une cartouche à base de TSS n’a que peu en commun avec une munition à base de plomb. La bille de TSS étant si dense, donc beaucoup plus petite qu’une bille de plomb, il faut inclure d’autres composants (appelés Fillers) afin de combler l’espace vide laisser dans la douille.
Les cartouches XTREM 40 de Mary Arm ont été conçues pour la chasse du gibier d'eau. Leur composition en sphéro tungsten (substitut d'acier) permet leur utilisation en zone humide. Chargées de 40 grs de billes en sphéro tungsten, elles développent puissance et pénétration sur des distances de moyenne à longue distance.
Des tests ont été réalisés à 40 mètres avec un canardouze en full choke. Les cibles étaient des cercles de 30 cm de diamètre, divisés en quatre quartiers pour évaluer l'homogénéité de la répartition. La pénétration a été mesurée en utilisant des catalogues de vente par correspondance.
Les cartouches testées étaient toutes du même numéro de plomb et de la même charge pour comparer les pénétrations et les groupements.
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| Type de Munition | Charge (g) | Nombre d'Impacts | Pourcentage de la Gerbe | Pénétration (Pages Catalogue) |
|---|---|---|---|---|
| Plomb 6 | 36 | 52 | 17.8% | - |
| Acier 6 | 28 | 33 | 9.6% | 110 |
| Acier 3 (1370 bars) | 36 | - | - | - |
| Bismuth 6 (Bourre Grasse) | 36 | 34 | 11.6% | - |
| Tungstène Matrix 6 | 36 | 25 | 8.5% | - |
| Hevy Shot 6 | 35.5 | 82 | 28.1% | - |
La hevy-shot arrive nettement en tête en terme de groupement et d’homogénéité. La bismuth s’en tire très bien pour une bourre grasse mais avec une bonne régularité. L’acier et le plomb sont très proches en terme d’homogénéité/groupement. Le tungstène matrix est un peu derrière, limite décevant. Le plomb, le bismuth et le tungstène matrix ont des pénétrations similaires.
L’acier standard s’en tire plutôt bien et c’est clair qu’en tirant 2 numéros de plomb au dessus, on doit avoir une pénétration sensiblement égale à celle du plomb. L’acier high performance est encore un peu meilleure que le standard et à notre avis, on est limite à ne pouvoir tirer qu’un numéro de plomb d’écart (du 5 pour du 6 par exemple). La hevy-shot est impressionnante à tous les points de vue : groupement, homogénéité, pénétration et.......... prix.
Le médiéviste Alain PARBEAU nous fait partager toute une vie de recherches et de connaissances sur le début de l’arme à feu. Les données balistiques (performances des projectiles de tir) citées dans cet exposé, font suite à des tirs réalisés par l’auteur avec des répliques d’armes et des armes authentiques, avec des chargements soignés et estimés proches de ceux de leur époque d’origine. Elles sont publiées à titre indicatif, pour donner une idée de la puissance des armes anciennes. Il est évident que ces résultats peuvent s’avérer différents si l’on emploie d’autres charges.
Au VIIème siècle, on assiste à une attaque navale à l’aide du feu Grégeois, un mélange visqueux de poix, naphte, soufre, etc. qui, enflammé, est projeté chaud et liquide sur l’ennemi. Au VIIIème siècle, les Chinois inventent la poudre noire, un mélange de salpêtre, soufre et charbon de bois.
Vers 1150 - 1200, les Arabes utilisent la poudre noire, empruntée aux Chinois, sous la forme de canon rudimentaire à main, le « Madfaa », qui propulse une flèche trapue à courte distance. En Août 1324, une bombarde est utilisée en France pour l’attaque de la ville de la Réole. Vers 1380, l’hacquebute (primitive), littéralement « canon à croc », est destinée à tirer en crochetant un mur. Son calibre fait généralement de 18 à 28 mm.
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Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute, est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils. Vers 1520, apparition d’une forme très réduite de l’arquebuse à rouet, le pistolet.
L’arquebuse étant assez courte, se prêtait mal au tir de guerre sur plusieurs rangs, l’embouchure du canon se retrouvant au niveau de l’oreille du rang précédant. Il fut donc décidé de rallonger l’arquebuse et d’en augmenter le calibre, donc le poids du projectile et la puissance destructrice. Le mousquet était né.
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