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La cartouche à broche, popularisée par Casimir Lefaucheux, représente une avancée significative dans l'histoire des armes à feu. Les cartouches à broche se distinguent par une broche latérale qui, une fois frappée, initie la détonation de l'amorce. Bien que moins courantes aujourd'hui, ces cartouches demeurent essentielles pour les collectionneurs et les passionnés d'armes anciennes souhaitant utiliser leurs fusils et revolvers d'époque.

L'intérêt de recharger ces cartouches réside dans la possibilité de maintenir en état de tir des armes anciennes, qui présentent une importance pour l'histoire et qui ne représentent que peu de danger pour la sécurité publique.

Adoption du revolver Lefaucheux par la Marine Française

Ce fut la marine française qui allait adopter, pour la première fois au monde, en 1858, un revolver à cartouches métalliques : le modèle 1854 du fabricant réputé Lefaucheux. Cette aventure allait avoir une suite ! Techniquement parlant, cette arme n’avait rien de révolutionnaire et reprenait assez fidèlement l’organisation du Colt 1851 en la rendant plus rigide grâce à une amélioration dans la conception de la console du canon qui se prolongeait jusqu’au rempart.

Bien qu’Eugène Lefaucheux fut en admiration devant le génie de Samuel Colt, cela ne l’empêcha pas de frapper un grand coup en adaptant le modèle initial au chargement par l’arrière et à la cartouche métallique : la fameuse cartouche à broche invention de son père Casimir justement, dans le même calibre que son modèle, le puissant .45 ou 12 mm. Ce revolver révolutionnaire (modèle 1854), est admis à participer aux essais de la marine française dès le 16 septembre 1854, en concurrence avec des systèmes Colt et Adams. Il s’ensuivit son adoption par la marine le 8 mai 1858.

Fabrication et Évolution du Modèle 1854

Lefaucheux vendit donc le brevet à la Manufacture Impériale de St. Etienne et la fabrication put commencer très rapidement pour un prix de revient de 33 à 36 francs. L’arme est imposante mais pas disproportionnée, qu’on en juge : longueur hors tout : 295 mm pour un canon de 155 mm. Poids : 1 090 grammes.

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La technique évoluant très vite, E. Lefaucheux reçoit quelques années plus tard (23 mars 1868), une nouvelle demande de la marine pour 4 000 revolvers qui, après différentes évolutions, seront adoptés en 1870 en tant que revolvers à cartouche métallique et percussion centrale. Ce contrat définitif du 10 février 1870 ne sera réalisé qu’en 1872 sous la troisième république. Ces armes massives (carcasse monobloc en fonte malléable), et à simple et double action, donneront entière satisfaction à la marine qui, tout en souhaitant quelques modifications de détail, en commandera 4 000 autres à Lefaucheux dès le 24/09/1873.

Suite au refus brutal et définitif du ministère et rupture du contrat, c’est donc la M.A.S, en tant que manufacture d’État, qui hérite de la commande. Mais sur place, rien n’est prévu et surtout la maîtrise de la réalisation de la fonte malléable n’est absolument pas acquise, et ce n’est qu’après des difficultés sans nombre que les premiers exemplaires furent livrés…en février 1875, avec des carcasses en acier forgé, mais au prix unitaire de 65,88 francs !

« revolver de marine modèle 1870 N » sont donc toutes issues de la M.A.S. La production totale documentée (source TCAR), se résume en 3 806 armes commercialisées entre février et décembre 1875, il est cependant probable que les 194 manquantes aient été livrées dans l’année suivante, d’autres sources nous indiquant un total de 4 008 armes réalisées !

Le Modèle "Corto"

C’est donc un exemplaire de cette seconde commande, magnifiquement fabriqué en février 1875 (N°79), que je me propose de vous faire découvrir aujourd’hui, un Lefaucheux 1854, le modèle « Corto ». Voici les principales caractéristiques de l’arme en question : longueur totale 240 mm avec un canon de 123 mm avec un pas de 1240 mm ; six coups. Poids : 1 035 grammes.

Calibre 11,1 mm (sur le dos des rayures, contre 11,7 à fond), poids de la balle 12,8 grammes pour une vitesse initiale de 215 m/s. (on remarquera que le canon de ce modèle est nettement plus court que celui de son prédécesseur, ce qui contribue à lui donner un aspect très moderne). - Carcasse ; sous la portière de rechargement : deux lettres et deux chiffres. La portière par elle-même porte le numéro de série précédé d’un A (face avant). - On trouve aussi des petites lettres difficilement lisibles et partiellement effacées, sur le pontet, l’axe de barillet, le guide de baguette (qui porte aussi un grand M).

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Fonctionnement et Tir

Elles sont classiques et assez intuitives : ouvrir la portière de haut en bas pour accéder aux chambres. Mettre le chien au second cran afin de pouvoir tourner librement le barillet et mettre les six cartouches dans les chambres. Le tir en simple action présente un départ très léger et régulier, la double action par contre est très dure et difficile à maîtriser.

On accède au mécanisme (fort simple) en ôtant les plaquettes retenues par deux vis. L’arme ne comporte pas de portière permettant d’accéder à la platine, en cas de problème, il faut donc enlever les vis de la gâchette, de la détente et du chien après avoir détendu et démonté le ressort principal.

Rechargement des Cartouches

Je me suis contenté de charger l’arme avec ma recette habituelle, à savoir des douilles de 44 magnum (ou de 44-40 au choix) recoupées et des balles à culot rétreint venant de l’armurerie Briano (j’en avais acheté un stock suffisant). La charge officielle est de 0,8 grammes de poudre noire fine, mais d’autres solutions existent, probablement prohibées en France, je ne les aborderais donc pas ici…

Le tir s’effectue à 25 mètres, à simple action et à bras franc (à double action, le départ est vraiment très dur et il faut se limiter à 7 mètres environ pour espérer toucher la C 50 régulièrement). Au niveau précision, on peut atteindre assez régulièrement le visuel en effectuant une contre-visée car l’arme porte bas.

- Préparer des douilles de 44-40 en les recoupant à 18 mm, élargir le puits d’amorce au diamètre 3,5 mm afin de faciliter l’inflammation. Grâce à cette recette, vous pourrez ensuite vous amuser presque sans bruit et pour une somme vraiment modique ; les diabolos étant garantis pour une centaine de coups…mais en réalité, ils semblent vraiment indestructibles ! Afin de ne pas les perdre rapidement, et de pouvoir tirer en intérieur (10-15 mètres), vous devrez aussi réaliser un piège à balles très simplement à base de carton, contreplaqué mince et lanières de plastique (plans disponibles sur le site H&C).

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Procédure de Rechargement Détaillée

Le rechargement de cartouches à broche nécessite de la précision et du soin. Voici les étapes à suivre :

Préparation des Douilles

Pour commencer, il faut préparer les douilles. Voici les étapes à suivre :

  • Recoupe: Recoupez le culot des douilles à la longueur désirée.
  • Nettoyage: Nettoyez l'intérieur des douilles pour enlever tout résidu.
  • Rebouchage: Bouchez le puits d'amorce avec de l'étain ou du Castolin 1802.
  • Ajustement: Ajustez le culot de la cartouche pour qu'il corresponde aux dimensions de la chambre de l'arme.

Perçage et Mise en Place de la Broche

Le perçage pour la broche est une étape délicate :

  • Marquage: Marquez l'emplacement du trou pour la broche avec une fraise carbure.
  • Perçage: Percez un trou de 2 mm pour le passage de l'aiguille.

Chargement de la Cartouche

  • Poudre: Versez la poudre noire (quantité selon le calibre et l'arme)
  • Bourre: Placez une bourre de liège ou de paraffine sur la poudre.
  • Plombs: Ajoutez les plombs de chasse.
  • Sertissage: Sertissez la cartouche en laissant une encoche pour la broche.

Conseils et Astuces

  • Choix des douilles: Pour le calibre 7mm, utilisez des cartouches de pistolet d'alarme 8 mm K en laiton.
  • Modification des douilles: Modifier des cartouches à percussion centrale en cartouches à broche, mais cela nécessite de modifier les drageoirs des canons.
  • Douilles modernes en percussion centrale: Utiliser une douille moderne en percussion centrale de cal. 16 à long culot, avec réduction du bourrelet (adaptée selon l'arme dont on dispose), taraudage de l'orifice d'amorce, vissage d'une vis laiton puis une brasure pour l'étanchéité, perçage d'un orifice pour la broche.
  • Douilles tout plastique: Récupérer des douilles tout plastique, celles dont le culot et le tube sont monobloc, genre cartouche "activ" de trap. Il suffit de faire sauter le bourrelet.

Solutions Alternatives pour les Douilles

Plusieurs solutions alternatives existent pour se procurer des douilles rechargeables pour le calibre 16 à broche :

  • HC.
  • Cartouches de pistolet d'alarme 8 mm K en laiton : Pour le calibre 7mm, il est important de s'assurer qu'elles sont bien en laiton et non pas en fer laitonné car elles seraient difficilement recalibrables.
  • Douilles de 9 parabellum (9 Luger) : Pour le 9 mm, on en trouve dans les poubelles des stands de tir.
  • 280 remington, 7x64, 30/06, 45 ACP ect : Pour le 12 mm ça peut varier, mesurer au préalable le diamètre moyen des chambres du révolver à qui elles sont destinées, il y' a du choix autant utiliser celles qui iront le mieux.
  • Brocantes : On y trouve régulièrement des vieilles cartouches à broches.

Conclusion

Ces armes magnifiques et peu connues font honneur à nos inventeurs et à notre industrie armurière. A l’usage, elles ne déméritent absolument pas en face d’un Colt ou un S&W de la même époque.

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