Le dernier tiers du XIXe siècle est une période importante de progrès technique pour l’industrie armurière. À cette époque, les militaires ont compris que le soldat engagé sur le champ de bataille est vulnérable lorsqu’il recharge son arme : pendant ce laps de temps, il n’est pas en capacité de tirer. L’objectif est donc de réduire le temps de rechargement.
C’est dans cet esprit que le fusil à verrou Steyr-Mannlicher Repetier Gewehr M95 (fusil à répétition Modèle 1895) est développé par le concepteur d’arme autrichien Ferdinand Ritter Von Mannlicher. Directement inspiré du fusil Steyr 1890, le modèle 1895 est fabriqué dans les usines Steyr (Autriche) et à Budapest (Hongrie), de 1895 à 1918. La production totale s’élève à 3 millions d’exemplaires.
Les exemplaires fabriqués en Autriche sont marqués "Steyr M.95" et ceux fabriqués en Hongrie sont marqués "Budapest M.95". Sur le M95, la monture en bois se prolonge presque jusqu'au bout du canon. La crosse est de type demi-pistolet. Un garde main recouvre le canon sur presque toute la longueur du fût.
Les garnitures se composent d'une grenadière, un embouchoir et une plaque de couche en acier. Les organes de visée sont constitués d'un guidon et d'une hausse à curseur gradué. La sécurité est située sur le côté arrière gauche de la culasse.
Dans le paysage des armes règlementaires de la fin du XIXe siècle, la particularité du M95 est d’être doté d’une culasse linéaire. Sur les autres fusils à verrou de l’époque, la manipulation de la culasse nécessite quatre mouvements : basculer le levier vers le haut, tirer la culasse en arrière, repousser la culasse vers l’avant, basculer le levier vers le bas.
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Sur le Steyr 1895, cette opération se fait en deux mouvements seulement : tirer la culasse vers l’arrière, puis la repousser vers l’avant. Cela permet de réduire le temps du rechargement : deux mouvements nécessitent forcément moins de temps que quatre… C’est la raison pour laquelle le M95 est surnommé le "Ruck-Zuck" ("très rapide" en argot allemand).
La conception du M95 le rend donc plus rapide à utiliser. Il peut atteindre une cadence de tir plus rapide que n'importe quel fusil à verrou classique. Mais comme toutes les armes à culasse linéaire, le M95 comporte plus de pièces mobiles, afin de réduire le nombre de mouvements effectués par le tireur pour actionner le levier d’armement.
Et cette complexité mécanique rend l'arme plus susceptible de se bloquer qu'un fusil à verrou classique. Le système de rechargement par clip présente également des avantages et des inconvénients. S'il est maintenu propre, il est plus rapide que tout autre système de rechargement manuel.
Mais l’ouverture située au dessous de l’arme facilite l’entrée de la saleté, la boue et la poussière dans le mécanisme. Les clips peuvent être retirés par le haut (avec la culasse ouverte), en appuyant sur le bouton-poussoir situé à l'intérieur du pontet. Mais un soldat ayant tiré une partie de son clip doit se contenter des balles restantes, ou éjecter le clip afin d’en insérer un nouveau. Sur le champ de bataille, cet inconvénient peut s’avérer désastreux.
Produit à l'origine en calibre 8x50R, le M95 est le fusil règlementaire de l'armée austro-hongroise de 1895 à 1918. L'arme est livrée avec une baïonnette à lame de dix pouces, dont le tranchant est dirigé vers le haut lorsqu'elle est montée sur le fusil.
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Dans les années 1920-1930, Les M95 sont modernisés par les principaux pays utilisateurs et connaissent à nouveau le front durant la Seconde Guerre Mondiale. En 1924, certains M95 sont convertis dans le calibre allemand 8×57 Mauser. Désignés sous l’appellation M95/24, ces fusils servent notamment en Yougoslavie et en Bulgarie.
En 1930, l'Autriche convertit la plupart des M95 en calibre 8x56R (plus puissant), utilisant les mêmes clips que le fusil d’origine. Les exemplaires ainsi modifiés sont connus sous l’appellation 95/30S. La lettre "S", marquée sur le tonnerre, indique la transformation en calibre 8x56R.
En 1931, la Hongrie convertit également la plupart de ses M95 dans le calibre 8x56R. Les exemplaires ainsi modifiés, connus sous l’appellation 95/31M, utilisent les mêmes clips que le fusil d’origine et sont marqués de la lettre "H" sur le tonnerre.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux fusils M95 sont encore utilisés par les armées hongroises, bulgares et italiennes, ainsi que par certaines forces de police allemandes.
Le M95 a été utilisé dans de nombreux conflits, notamment :
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Les pays qui ont utilisé le M95 incluent :
L'Éthiopie a effectué des commandes de fusils M95 entre les deux guerres mondiales. Ces armes ont joué un rôle dans les conflits de cette région.
Outre Steyr-Mannlicher, d'autres fabricants d'armes ont également contribué à l'histoire de l'armement :
Les baïonnettes ont également évolué au fil du temps. La baïonnette modèle 1927 est la première à avoir été conçue en Finlande peu après son indépendance en 1918.
Ces baïonnettes, uniquement fabriquées par (OY Fiskars AB), sont apparues à l’été 1928, elles avaient la particularité d’avoir une lame interchangeable. La baïonnette M-27 était constituée d’une poignée qui intégrait la soie arrondie de la lame, d’une croisière amovible, et de deux plaquettes, le tout maintenu en place grâce à deux rivets à têtes bombées pour permettre leur retrait facile en cas d’échange de la lame.
Jugée trop faible, la conception du système permettant l’échange de la lame fut vite abandonnée. La poignée est munie d’un pommeau oblique qui comporte une rainure en forme de T. Le pommeau ne possède généralement pas de trou de nettoyage, mais par la suite certains de ceux-ci seront perforés. Les plaquettes sont généralement maintenues entre elles par rivets métalliques bombés.
Il est aussi possible de rencontrer des modèles avec plaquettes de remplacement fixées par rivets tubulaires. La croisière munie d’une garde légèrement incurvée est fixée à la soie par deux points de soudure.
La soie du M-1929 est désormais fixée à la poignée par deux rivets soigneusement abrasés, et comme évoqué auparavant la croisière est fixée à la poignée par points de soudure. La lame de finition polie brillant à simple tranchant est munie d’une gouttière sur chaque face, son extrémité se termine en pointe de lance simplement amincie sans usinage particulier.
Ces baïonnettes sont très similaires à première vue au M-1927 dont la lame était interchangeable. La conception du système de fixation de la lame au pommeau jugée trop faible a été modifiée par renforcement de la poignée, la lame n’est donc plus interchangeable.
La poignée est munie d’un pommeau oblique qui comporte une rainure en forme de T. Le pommeau est généralement dépourvu du trou de nettoyage, mais par la suite certains de ceux-ci seront perforés. Sur le dessous de la croisière se trouve un timbre « S « , indiquant que la baïonnette a été adoptée par l’état-major de la garde civile (Fin. Suojeluskuntian Ylieskunta).
A partir de 1918, l‘organisation de protection avait pour tâche du gouvernement de promouvoir la défense du peuple et de défendre le pays de naissance et l’ordre juridique de la société. Le commandant en chef de la Confédération des Gardiens était, au même titre que le chef de l’armée, subordonné au président de la République. Au cours des années 1920 et 1930, le mouvement protectionniste était le plus grand mouvement populaire de Finlande avec 100 000 membres.
La poignée normalement de finition bleuie, est munie d’un pommeau oblique qui comporte une rainure en forme de T. Longueur : env. Ce couteau-baïonnette adopté le 29 mars 1892 fut produit jusqu’à la fin de 1942.
Comparé à d’autres modèles européens conçus à la fin du XXème siècle, celui-ci est de constitution très fragile et peu soignée, produit durant cinquante ans, sa qualité de finition varie en fonction de la période. La poignée possède un pommeau oblique, brasé à la soie, qui comporte une fine rainure en forme de T. Les plaquettes sont maintenues entre elles par rivets sur rondelles.
La croisière est munie d’une garde droite se terminant par une petite sphère. Les exemplaires fabriqués durant la Seconde Guerre mondiale porte sur la croisière le nom du fabricant (par exemple « Gnutti » ou » Rocca ”). Normalement, le numéro de série apparaît sur le bras de garde (une ou deux lettres suivies de quatre chiffres) ou (plus rarement) frappé sur le haut de la soie de la poignée (une lettre et quatre chiffres).
La lame à simple tranchant est munie d’une gouttière sur chaque face, son extrémité se termine généralement en pointe de lance simplement amincie sans usinage particulier. Certains exemplaires peuvent avoir le tranchant et le contre-tranchant en partie affûté. Les baïonnettes fabriquées avant la Seconde Guerre mondiale porte près de la croisière le nom de l’arsenal d’origine (par exemple « Terni » ou « Brescia »).
Ce couteau-baïonnette, comparativement aux divers modèles Vetterli ne se fixe pas sur le côté, mais sous le canon, ce mode de fixation a l’avantage d’améliorer l’équilibre de l’arme au moment du tir. Les baïonnettes étaient toujours livrées à l’arsenal sans numéro, après l’attribution à un fusil, le matricule de l’arme était frappé sur la croisière et le tout livré à l’armée. En cas de remplacement de la baïonnette, le matricule du fusil était frappé sur la croisière.
La poignée est munie d’un pommeau de forme arrondie à l’arrière et légèrement oblique sur le devant, avec rainure en forme de T. Les plaquettes sont maintenues entre elles par tiges filetées et écrous soigneusement polis. Le fourreau est identique au M-1918, seule la cuvette avec ressort interne fixée par une vis à l’arrière est spécifique à la lame du M-1889.
Les baïonnettes étaient toujours livrées à l’arsenal sans numéro, après l’attribution à un fusil, le matricule de l’arme était frappé sur la croisière et le tout livré à l’armée. En cas de remplacement de la baïonnette, le matricule du fusil était frappé sur la croisière.
Une partie des fusils Lee-Enfield (N° 1 MK. III) et (n°4 MkI) ont été fournis au gouvernement italien après la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement les a d’abord délivrés à l’armée qui, après quelques années, les a donnés à la marine. Les fusils ont ensuite été distribués dans les différents arsenaux de la marine italienne. Certains sont restés en stock et d’autres ont été distribués à tous les navires.
Ce rare modèle (de type modèle 1891) construit neuf a été utilisé avec une partie des fusils Lee-Enfield (N° 1 MK.
La poignée : Comparativement au M-1891, dont le pommeau est brasé à la soie, le pommeau et la soie de ce modèle sont forgés d’une seule pièce. Sans démontage, il m’est impossible de savoir comment est fixée la lame. Cette poignée à pommeau plus massif, afin de l’adapter à l’arme est un peu plus longue. Les plaquettes sont maintenues entre elles par rivets sur rondelles.
La croisière de diamètre interne de 16,5 mm est munie d’une garde droite se terminant par une petite sphère. Cette rare baïonnette est indispensable pour tous collectionneurs.
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