Si la Browning Automatic Rifle (BAR) a des origines plutôt « belliqueuses », le fusil-mitrailleur « M1918 », conçu en 1917 par John Moses Browning, sa déclinaison « civile » destinée à la chasse est en réalité de conception totalement différente. L’héritage du fondateur est en effet très présent dans cette carabine semi-automatique que son petit-fils, Bruce Browning, commença à développer en 1966, sous le projet dénommé fort à propos « carbine 66 ».
Avec le soutien de Marcel Olinger de Herstal en Wallonie (siège européen de la société) un boîtier « action longue » - dans le format du calibre «.30-06 Springfield » - en acier gravé, abritant une détente fiable et démontable (mais complexe), ainsi qu’une culasse mobile rotative à sept tenons complétée par un mécanisme à emprunt des gaz indirect à deux barres d’action (système à piston en aluminium et à amortisseur en polyuréthane), forme le cœur d’une arme qui connaîtra en moins de deux décennies un succès planétaire.
Fonctionnelle et bien équilibrée, robuste et fiable, douce au recul et simple à utiliser, mais aussi sécurisante et précise, tels ont été les mots d’ordre qui ont présidé à sa conception. Des promesses qui ont été tenues notamment au regard de son succès fulgurant, lors de son introduction sur le marché français, en 1972. Fabriquée et assemblée en Belgique jusqu’au début des années 70, période à laquelle l’assemblage est transféré sur le site de Viana au Portugal (comme c’est encore le cas aujourd’hui), la Bar connaîtra plusieurs évolutions mineures entre 1967 et 1993.
Les modèles de « Bar High Power Rifle », produits jusqu’en 1975, sont ainsi dénommés « Type 1 », tandis que ceux produits entre 1976 et 1992 sont dénommés « Type 2 ». Concrètement ce qui permet de distinguer ces deux séries se résume majoritairement à des évolutions d’ordre plus souvent « cosmétiques » que fonctionnelles (même si on note une amélioration du système à piston) : type et qualité de crosse, finition du boîtier, longueur du canon, absence ou présence d’organes de visée mécaniques, nouveaux calibres (dont le.270 Win) etc.
C’est donc en 1993 qu’intervient une révolution majeure, la Bar se séparant alors en deux lignées. La nouvelle « Mark II » réserve ainsi le boîtier « tout acier » à la très exclusive « Safari » - qui se voit dotée de bois luxueux et du fameux système de frein de bouche réglable Boss (Ballistic Optimizing Shooting System ) - tandis que l’ensemble des autres modèles prennent la dénomination de « Lightweight » (ou « allégés ») puisque leurs boîtiers sont tous sans exception réalisés en Dural (aluminium).
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Ce choix des matériaux mis à part, la véritable innovation réside dans l’architecture interne totalement renouvelée des deux boîtiers de la « Mark II ». Une fois n’est pas coutume et c’est un ingénieur belge qui en est à l’origine - Joseph Rousseau, aujourd’hui vice-président de l’ingénierie au siège de Morgan dans l’Utah et à qui l’on doit également le « Cynergy » - ce qui rend enfin le démontage de l’arme bien moins fastidieux que par le passé (le démontage de la crosse n’étant plus nécessaire).
Deux axes - goupilles traversantes - maintiennent dorénavant le groupe de détente pour plus de facilité, le système de piston est simplifié pour plus de fiabilité et une commande de libération de culasse est ajoutée pour plus de praticité (maintien de la culasse en position « ouverte » après le dernier coup tiré). Plus légère et il est vrai significativement plus pratique, la « Mark II » conserve toutefois certains petits défauts (communs à bon nombre de « semi-automatiques ») : son boîtier chargeur reste basculant (même aux USA), son armement reste bruyant et son nettoyage toujours conditionné à une introduction de baguette par la bouche (ce qui ne constitue pas la meilleure des techniques).
Dans son sillage Browning inaugurera deux autres nouveautés - dont la filiation n’est certes pas directe mais néanmoins relativement proche - et qui ne connaîtront dans le meilleur des cas qu’un succès d’estime (alors que cela n’était pas pleinement justifié). Il s’agira en 1997 de la BPR (Browning Pump Rifle) que l’on peut qualifier de Bar « à pompe » et en 1999 de la « Acera », qui anticipe alors la « vague » des carabines à réarmement linéaire typique des années 2000.
En 1997, c’est le « ban » Clinton et les tracasseries contre l’automatisme dans certains états qui amena à la réalisation de la BPR à pompe, entrant directement en concurrence avec la Remington 7600, seule carabine de ce type en gros calibres sur le marché US et même mondial. Le look était intentionnellement similaire à la BAR, cachant soigneusement toute la quincaillerie habituelle des tringleries « slide action » et proposant 4 ou 3 coups (en magnum) dans la plupart des calibres (du 22 LR au 300 WM). Le boitier était en alu aéronautique comme la BLR à levier de sous-garde.
Deux ans plus tard, en 1999, l’Acera fut une des pionnières de l’action linéaire, en reprenant les mêmes solutions techniques : verrou rotatif à 7 tenons, même dépose du chargeur, avec le seul geste tirer-pousser permettant de gagner un mouvement et d’être plus rapide au tir. Le fait d’ajouter aux calibres proprement US (270, 7 Rem., 30-06, 300 WM) le 7X64 visait clairement la clientèle européenne, mais tout comme Mauser 96 et Heym SR 30, il ne fut pas suivi.
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Au vu des meilleures ventes de carabines du marché, une firme comme Browning ne pouvait pas rester les bras croisés... C'est chose faite avec la nouvelle carabine Browning Maral, héritière de la première version linéaire Acera. Browning a déjà produit une carabine à culasse linéaire, l'Acera, de 1999 à 2009. Il s'agissait d'une bonne arme, efficace et fiable, mais au maniement quelque peu rugueux. C'est probablement ce qui explique sa faible diffusion. Et aussi ce qui a incité la firme à doter la Maral d'un système inédit de rappel automatique de la culasse vers l'avant, qui en transfigure l'agrément d'utilisation par rapport à toutes les autres carabines du même type.
Pour comprendre pourquoi il est préférable de choisir une carabine linéaire, il faut tout d’abord, expliquer ce qu’est une carabine linéaire. Une carabine à verrou, comme son nom l’indique, dispose d’un levier permettant de verrouiller la culasse. Mais il existe des carabines à verrou linéaires qui permettent de recharger en deux temps deux mouvements (si je puis dire) : on tire et on repousse le levier de culasse de façon linéaire, c’est-à-dire sans qu’il soit nécessaire de le relever ni de l’abaisser (le verrouillage étant automatique !). Cela permet de recharger beaucoup plus rapidement ; son maniement est d’une grande facilité avec beaucoup de fluidité. C’est la raison pour laquelle il est préférable de choisir une carabine linéaire.
Esthétiquement, cette carabine à culasse linéaire reprend la base de la Bar Zenith dont elle peut d'ailleurs partager les crosses et le garde-main. La première prise en main laisse une impression d'équilibre, d'intégration et d'absence de lourdeur. Le rechargement reste manuel avec un levier de culasse coudé qui réussit le grand écart entre une action totalement intégrée dans le boîtier, à l'instar de la Merkel Helix, malgré une course linéaire de 117 mm et une manipulation restant naturelle par rapport à nos habitudes... Ce n'était pas si évident !
En fait, ce mouvement linéaire est ici assisté au retour par un artifice à la fois simple et astucieux, un double ressort de rappel hélicoïdal et deux lames souples intermédiaires enroulées faisant la liaison avec la culasse via deux tiges guides latérales... Ainsi, vous n'avez aucun effort à faire pour réengager une cartouche dans la chambre, il suffit théoriquement de relâcher le levier... La culasse conserve sept tenons en tête et donc une rotation de 60° lors de l'ouverture.
Hormis cela, la Maral emprunte une large part de ses pièces à la Bar, singulièrement dans sa récente version Zénith Wood HC à armement manuel de la percussion. Ce choix garantit d'offrir un modèle à la technique d'emblée parfaitement maîtrisée, de surcroît pour un tarif tout à fait attractif.
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On retrouve aussi sur le col de crosse, l'armeur manuel à bouton-poussoir dont sont dotées les dernières générations de BAR, d'un maniement franc et sans ambiguïté... à l'instar de la BAR Zenith, la Maral peut être personnalisée via ses plaquettes bois ou gravées intégrées à la carcasse et ses crosse et garde-main interchangeables. Les options vont jusqu'au bois de grade 5 avec des profils droit à joue, dos de cochon à joue bavaroise ou Monte-Carlo avec devant tulipé.
La crosse est ajustable par différentes plaques de couche anti-recul Inflex II, livrables en 12, 20 et 25 mm d'épaisseur, auxquelles se rajoutent des intercalaires de 7 et 12 mm. Le canon martelé à froid est d'origine FN Herstal et muni de quatre rayures dextrogyres assez larges. De longueur de 56 cm (58 cm en 300 WM), il est flûté et équipé d'une visée ouverte avec bande de battue et fibres optiques, réglables en site et dérive.
La crosse de la Maral se démonte à l'aide d'une simple clé 6 pans juste derrière la poignée pistolet facilitant la vie des chasseurs voyageurs... Elle est d'ailleurs livrée dans une mallette compacte, rigide, thermoformée et compartimentée pour une optique et des accessoires, comme le verrou de pontet, la clé BTR ou la hausse d'affût ajoutée en plus de la bande de battue. Le démontage de la crosse se fait avec une simple clé Allen...
Cette dernière fait regretter la faible capacité de notre chargeur, mais on peut espérer adapter les chargeurs grande capacité déjà existants de la BAR Longtrac, dont un « 10 coups », mais pour l'heure uniquement en calibre 30-06... La culasse reste en arrière dès que le chargeur est vide...
Il faut un peu d'entraînement pour enchaîner les coups en laissant agir le rappel, mais ça fonctionne à merveille, d'autant que la visée ouverte est très instinctive. La visée optique, un peu haute, est en revanche parfaite au posé et, après réglages, nous avons vidé deux chargeurs dans un cercle de 50 mm à 100 mètres, rien à dire ! La détente a un poids d'usine est bien choisi et devrait s'améliorer en franchise sur les modèles de série. Nous n'avons eu aucun problème d'approvisionnement ou d'éjection, et la percussion, à défaut d'être « virile » est très régulière et parfaitement centrée sur l'amorce. Une carabine précise, bien conçue et très fonctionnelle...
Malgré un léger relèvement dans le calibre 9,3x62, la Maral est très agréable au tir... Variantes : calibres 300 WM, 30-06, 308 Win. Le géant belge revient à la carabine à culasse linéaire, en reprenant la plupart des composants de la Bar.
L'ARMEUR-POUSSOIR Manuel, très sécurisant, allie une discrétion de mise en action et une ergonomie tout à fait convaincantes. La carabine Browning Maral captive par les sensations qu'elle engendre en action. Et le rappel automatique vers l'avant dont bénéficie sa culasse la dote d'une souplesse et d'une vitesse de maniement inouïes. Ces deux points-clés font de la Maral un chef-d'oeuvre de fonctionnalité et d'efficience pour la battue. Elle surpasse aussi toutes les attentes en matière de précision pour ce mode de chasse.
Découvrez la nouvelle carabine Browning MARAL 4X, proposée en version Hunter, Ultimate, Nordic composite (nouveauté) avec système d'armement ultra-rapide. Performance, ergonomie et configuration avec plusieurs systèmes de visée ouverte ou point rouge Kite positionné sur le canon. Tous les canons sont filetés pour un montage de modérateur de son. Nouvelle manette pour un réarmement plus fluide et plus rapide. Amélioration de l'armeur séparé, pour une arme encore plus sécurisée.
Deux finitions de carcasse, noire ou ultimate avec gravures, différentes crosses en grade 2 ou 3 ou crosse bavaroise en grade 2,3 ou ainsi que d'une crosse synthétique avec plusieurs couleurs : noir / brun, brun / noir, noir ou noir /orange fluo. Acceder à notre configurateur MARAL 4X ci-dessous pour configurer votre carabine MARAL. Existe en version gaucher.
La toute nouvelle Browning Maral 4X est la dernière née des carabines linéaires proposées par Browning. Désormais, Browning propose aux chasseurs de configurer leur nouvelle arme en fonction de 4 critères : le choix du boitier (sobre ou finement gravé), du type de crosse (et leur grade pour les versions bois), des organes de visée (ou leur absence) et évidemment du calibre qui conviendra le mieux aux chasses envisagées.
Les crosses et devants iront de paire, que vous partiez sur une version sobre grade 2 ou une version haut de gamme grade 4. Il ne vous restera qu'à choisir entre une crosse droite ou une crosse bavaroise. Côté boitier, la Maral est toujours aussi efficace avec une fenêtre d'éjection large (9 cm), un levier de culasse avec une boule surdimensionnée (configurable), et un indicateur visuel rouge au niveau de la fenêtre d'éjection, permettant au chasseur de s'assurer en un coup d’œil que la culasse est complètement verrouillée (sinon, le doigt d'armement viendra caché ce repère visuel).
Sa tête de culasse à 7 tenons de verrouillage accentue encore la fiabilité de la Maral 4X. Évidemment, le dessus du boitier acier est toujours percé et taraudé pour pouvoir accueillir n'importe quels rails ou embases pour l'installation d'une optique de visée. Le célèbre armeur manuel ("hand cocking" en anglais) qui permet de n'armer qu'au dernier moment le percuteur d'une arme chargée avec un cartouche chambrée, voit ici la longueur de sa course diminuée de 25%, passant de 20 à seulement 15 mm ! Ainsi, cet armeur séparé est encore plus redoutable et permet à son utilisateur de mettre en tension le percuteur en une fraction de seconde, le tout de manière parfaitement silencieuse.
La zone d'appui du prévue pour accueillir le pouce du tireur, a été élargie afin de tomber plus instinctivement sous le doigt, tout en augmentant sa préhension (son "grip") et facilite donc son armement du bout du pouce. Le bouton de vise au repos est souple, une pression et le levier redescend, mettant ainsi le percuteur au repos.
La Maral 4X est équipée d'un canon fluté finition noir mat, fabriqué par l'usine Browning d'Herstal en Belgique. Sa longueur de 53 cm est adaptée aux calibres standard, tandis qu'un canon de 61 cm équipe les calibres magnum. Sa bouche est filetée au pas M14x1 afin de pouvoir accueillir un frein de bouche ou un réducteur de son.
Les organes de visées sont amovibles, notamment le guidon, ce qui permettra également d'installer un modérateur de son "manchonnable", recouvrant ainsi le début du canon sans encombre : une petite révolution ! Ces organes de visée sont eux aussi configurables, avec de nombreux choix : sans organes de visée pour ceux qui ne jurent que par des optiques, bande de battue et guidon fibre optique, hausse "tracker" et guidon fibre optique, hausse affût et guidon fibre optique ou viseur point rouge Reflex K1 Kite Optics à ras du canon. Chaque chasseur pour donc se retrouver avec une visée qui lui convienne, sans pour autant renoncer à l'ajout d'une éventuellement optique de visée au-dessus du boitier en y ajoutant un montage optique.
La Browning Maral vous est proposée dans sa variante Composite Brown, montée dans une crosse synthétique bicolore. Les zones brunes sont moulées dans un polymère robuste capable d’affronter toutes les conditions météo. L’ajout d’une bretelle est rendu possible par des puits pour grenadières rapides à l’avant et sous le corps de crosse. Les grenadières en question sont fournies avec l’arme. Une plaque de couche Inflex habille le talon de crosse, pour mitiger le recul lors du tir. Cette Browning Maral Composite Brown gaucher est chambrée pour le tir du .308 Winchester. Elle bénéficie d’un canon de 22" (56 cm) généreusement flûté. Il se termine par un filetage M14x1, incitant à l’utilisation d’un silencieux.
Côté visée, cette carabine est équipée d’une couple hausse/guidon à fibre optique (vert derrière, rouge devant). Ces deux éléments sont réglables en dérive. Si votre goût vous porte plutôt vers une visée optique (lunette ou point rouge), vous pourrez utiliser le rail hybride Nomad pour son montage. L’ensemble vous est livré dans une mallette Browning propice au transport, avec verrou de pontet en prime. Une arme gauchère on l’a dit, qui fait montre d’une qualité et d’une prodigalité trop souvent réservée aux tireurs droitiers. Un exemple à suivre !
| Type de Crosse | Prix |
|---|---|
| Browning Composite Trou de Pouce Brun /Noir | 599,90 € |
| Crosse Browning Composite MOBUC "Edition Limitée" | 319,90 € |
| Crosse Browning Grade 2 | 279,90 € |
| Crosse Browning Composite Trou de Pouce Noir/Noir | 599,90 € |
| Crosse Browning Grade 3 | 509,90 € |
Notre équipe s’est récemment rendue dans un domaine de chasse de Normandie où notre rédacteur en chef, Baudouin de Saint Léger, a eu la chance de pouvoir tester en avant première la toute nouvelle carabine à réarmement linéaire Browning Maral 4X dans sa version Ultimate. Toujours équipée de sa culasse intégrée, permettant la prise de visée continue lors des tirs, assortie du système « Quick Reloading System » autorisant une cadence de tir inégalée, cette nouvelle version bénéficie d’un armeur séparé aux dimensions plus généreuses et à la course réduite de 25% et son canon directement assemblé par filetage sur la carcasse est gage de fiabilité.
C’est avec un modèle Ultimate chambrée pour la très polyvalente munition de 30.06 Springfield, équipée d’une lunette Kite Optics et dotée d’un modérateur de son Iridium, toujours de chez Browning, que notre ami Baudouin est parti pour une journée de chasse à l’approche où le plan de chasse autorisait des prélèvements de sangliers et de cervidés.
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