Envie de participer ?
Bandeau

Le Husqvarna M33a Rolling Block, surnommé "Fågelstudsare", est une arme à feu qui suscite l'intérêt des collectionneurs et des passionnés d'armes historiques. Cette carabine, conçue pour la chasse au grand tétras en Scandinavie, se distingue par son mécanisme Rolling Block de taille réduite et son calibre unique.

Origines et Conception

Cette arme est un système Rolling Block de taille réduite par rapport au système Remington militaire modèle 1867. Elle est chambrée en 8 x 57R-360, un calibre express dérivé du .360 express, et a des caractéristiques balistiques et dimensionnelles proche du 32-40. Le fut long lui donne, à mon goût, un parfum terriblement démodé, même à l'époque où elle est sortie.

Utilisation et Calibre

Elle servait au tir du Grand Tetra (grand coq de bruyère) en Scandinavie, d'après ce que j'en ai compris (mais n'étant pas particulièrement chasseur, je laisse aux amateurs le soin de m'éclairer ). Selon les normes de l'époque c'était destiné à tous le grand gibier ,mais aujourd'hui il serait cantonné au Chevreuil . Pour ma part il me semble que ce calibre était encore en fabrication dans les années 1970 (S&B ?).

Le nom d'origine de l'arme semble pourtant bien la destiner au tir de volatiles, et toute la littérature scandinave (traduite en Anglais toutefois) fait bien mention du tir, à "longue distance", de ce volatile en particulier, et certainement pas de gibiers quadrupèdes. Je reste en recherche de données factuelles à ce sujet.

Le Tir au Chant

Quelques explications cynégétiques me paraissent utiles à ce stade :

Lire aussi: Améliorations de la Carabine de Combat dans Fallout 4

  • Les Tétras (Coqs de Bruyère) soit le Grand Tétras (+/- 4kg) et le petit (Tétras-Lyre) sont des oiseaux très farouches qui ont la particularité lors de la saison de reproduction de se mettre à chanter soit sur une branche soit plus souvent sur une souche généralement bien dégagée.
  • Or quand il chante ;de manière trés sonore et reconnaissable donc facile à repérer;ils deviennent complètement sourds et aveugles (sans doute pour se concentrer uniquement sur leur "Art"
  • Dès l'apparition des armes rayées ,plus précoce dans les pays germaniques,la pratique du "Tir au Chant" (j'ignore le terme allemand) se répandit car la distance était largement supérieure à la portée des armes à grenaille de l'époque ..et de plus ces gros oiseaux "portent" trés bien le plomb.

En France cette pratique a toujours été considérée comme "déloyale"* et je crois même qu'actuellement elle est interdite dans les endroits ou les Tétras peuvent être chassés. Cette pratique de chasse demandant un tir précis évolua trés vite vers des compétitions de tir sur des cibles reproduisant les oiseaux et engendra des confréries de chasseurs/tireurs comme seuls les germains peuvent les concevoir.

Le même nom est également utilisé en Suède pour les Husqvarna monocoup à verrou système M71 en calibre 25-20, 32-20 et 30-30, qui sont censée utiliser un pas de rayure assez long et donc des projectiles légers pour leur calibre en haut de la galle de vitesse desdits calibres. Ce qui équivaut pour l'époque (fin XIXe, début XXe donc) à des calibres "rasants".

Les mêmes fusils monocoup en 45-70 deviennent des "fusils à élan" (comme le Rolling Block Express en .450 Exp).

Canon Tulipe

Une des particularités de l'arme, qui ne s'apprécie que lorsqu'on l'a en main, est d'avoir un canon tulipé, dans la lignée des armes à chargement par la bouche, Jaëger et long rifles américains: il s'amaigrit faiblement sur les deux premier tiers avant de revenir au même diamètre qu'à la culasse au niveau de la gueule.

Le Système Rolling Block Nagant

Le Rolling Block Nagant est un système d'arme à feu qui a marqué l'histoire. Un vestige de mousqueton Snider belge, puis un fusil court à percussion de style militaire, et maintenant un genre de Rolling Block, assurément belge.

Lire aussi: Tout savoir sur le Tir à la Carabine

Caractéristiques et Marquages

S'il est quasi-complet (ne manque que la baguette), il a bien souffert : le bois très rongé, et pas mal de gnons sur le mécanisme ! Mais ces 50 euros me feront bien plus d'usage qu'investis en places de cinéma ou de concert... Sur le fût à 2 bandes, plutôt court, l'embouchoir et la grenadière sont montés avec des lames-ressort bien ajustées. Un style assez militaire ; aussi pour la numérotation, nette et identique sur canon, boîtier et sous-garde ("MG 2401").

Parmi divers poinçons, le classique ELG sur le canon. L'origine est assumée : "L NAGANT A LIEGE" (ou peut être "x & L NAGANT ...". La paternité mécanique aussi : "BREVET REMINGTON 9930". Ce mécanisme ... n'étant pas spécialiste des RB, je dirais qu'il est analogue au suédois Mle 1867, avec le fameux "losange" pour bloquer les axes (plus élégant que les vis sécantes).

Le mécanisme a souffert ! En plus des coups de marteau ou burin, l'oreille du bloc-culasse est brisée ; une soudure étant sans doute déconseillée sur cette pièce, ce sera plutôt réparé avec une enture à queue d'aronde. L'extracteur paraissait maté dans son logement, laissant présager de grandes difficultés pour l'extraire ! Mais non, le logement serait simplement rempli de plomb ou d'étain ; bizarre... Tout fonctionne, et les ressorts paraissent encore bons ; reste à démonter sans amplifier les dégâts, pour juger de l'état interne.

État et Calibre

Il n'est pas tout de même pas certain que l'arme soit encore apte au tir. Le canon n'est pas fameux, avec des rayures encore très nettes mais fortement piquées. La ferraille est d'ailleurs peu rouillée, sauf la plaque de couche : les dégâts sont surtout des coups, sur le boîtier, les axes, le losange, le bloc-culasse et l'extracteur (et uniquement ces pièces, garnitures, hausse, et sous-garde sont intactes). Il n'en résulte pas de déformations gênant le fonctionnement, mais les chocs auraient-ils causé des fissurations (autres que celle visible sur le losange) ?

Il faudrait déjà identifier le calibre, qui paraît farfelu ! Dès réception, rapide nettoyage pour prendre les empreintes de chambre et canon. Le moulage au soufre n'a pas voulu sortir de la chambre, trop rugueuse et cylindrique ! Il a fallu en dégager l'intérieur au fer chaud, et curieusement il en est resté une carapace creuse, suffisante pour prendre des mesures...

Lire aussi: Carabine à Plomb et Rats : Tout Savoir

Les 5 rayures à droite, à un pas voisin de 600 mm, sont très peu profondes : alésage F = 12.71 en moyenne, fond de rayures Z = 12.97 (12.93 à 13.01). Soit F = .500 et Z = .511, en pouces. Les rayures seraient à peine plus larges que les cloisons (4.0 à 4.2 contre 3.5 à 3.7).

La chambre est quasi-cylindrique, sans collet, avec un brutal et important rétrécissement à la prise de rayures. Ça ressemble furieusement à une chambre de fusil de chasse, pour douilles épaisses en carton.

Hypothèses sur l'Origine

Alors ? Un 50 "genre suédois" rechambré en 32 GA (notre 14 mm), avec léger élargissement du canon sans faire disparaître totalement les rayures ? Ça c'est beaucoup fait, ce genre d'ignominies... Ou un vieux calibre primitif à douille composite, quasi-oublié ?

La bête est-elle connue ? Aurait-elle quelques lettres de noblesse ? N'est-ce qu'un vulgaire fusil de traite, assez malmené qui plus est, ou un réglementaire (belge ou destiné à l'export) ? Sa destinée n'est pas encore définie : décoration murale, tir avec cartouches spéciales, fusil "de cour de ferme" (le RB est bien plus franc à manier que la brisure, le 32 GA rayé digère tout, du petit plomb pour les rats à la balle pour les carnassiers).

Le Mauser-Daudeteau ou Mauser-Dovitiis

Ce qui est sûr dans l’histoire de ces nombreux fusils Mauser, c’est que 10 000 d’entre eux et 5 000 carabines (dont la notre) sont passées par les ateliers de la Société de Fabrication d’Armes Portatives (la SFAP) située à Saint Denis.

Le projet Daudeteau/Dovitiis était de donner, au plus faible coût possible, la portée et la trajectoire des nouveaux petits calibres à des troupes de confiances qui auraient ainsi une supériorité sur celles encore équipées « à l’ancienne ». Rappel: seule l’Argentine disposait à ce moment de Mauser 1891 à répétition.

La transformation des vieux Mausers 71 au calibre 6,5×54 R Daudeteau leur offrit, en plus d’une nouvelle jeunesse, d’une allure bien française de part leurs nouvelles garnitures, hausses et profil de canon.

Comme déjà indiqué, 10.000 fusils Mauser système Daudeteau-Dovitiis ont été produits par la SFAP et seulement 5.000 carabines dont la notre. Lors de la révolution de 1904, ce seront principalement les Mauser 1871 restés « pur sucre » et les Mauser-Daudeteau qui seront de la partie.

Caractéristiques de la Carabine Mauser-Daudeteau

La monture de cette très belle petite carabine est taillée dans un noyer clair, au grain très serré dont fentes et fissures sont absolument absentes. Deux petits coups simplement sont présents sur sa joue droite, il semble qu’elle n’ait pas tendue l’autre car elle est bien moins marquée. Assez peu de traces de manipulations par ailleurs pour une arme qui plus que voyagé. La plaque de couche est nue, dépourvue de tout marquage comme d’oxydation.

La visserie est en excellent état et toutes les pièces sont au numéro 2507 à l’exception de la vis de maintien de la culasse qui fait son originale. C’est très rare. Très belle homogénéité. Tous les poinçons allemands sont bien présents, ce qui laisse penser qu’il ne s’agit pas d’une arme produite pour l’export. Cette carabine a connue une carrière germanique pré-1884. L’arrière du boîtier porte les dates germaniques 1876 et 1877.

La mécanique est massive et pourtant d’une grande fluidité. Le départ est plutôt doux pour une arme militaire. La sûreté à drapeau fonctionne parfaitement. La partie « française » de cette arme uruguayenne, est amorcée par l’emblème de la « SFAP à Saint Denis ». Sa hausse es très proche de celle des mousquetons Berthier, avec des paliers plus plats. Graduée de 200 à 1000m en escalier avant de dépasser les 1500m en la déployant.

Le passant de bretelle de la grenadière est rond et situé sur le dessous comme sur une carabine Berthier premier type. L’embouchoir est également réalisé suivant le même dessin. Aucun dispositif de montage de baïonnette n’est prévu. Du fût dépasse une jolie baguette à tête en laiton. Elle s’ajuste délicatement dans son logement creusé dans le côté gauche de la crosse. Cette baguette est un peu tachée par l’oxydation causée par plus de 100ans de contact avec le bois.

Le canon point central de toute arme à feu est dans un état proche du neuf. Pas la moindre corrosion ou accroc aux rayures bien marquées et saillantes. Ressusciter le calibre que le 6,5 Daudeteau est d’ailleurs à la portée de tous. Refaire cette cartouche demande de réduire la douille de 7,62x54R du Mosin-Nagant, de la passer au diamètre .264 et de monter une ogive adéquate dessus.

Conclusion

Le Husqvarna M33a Rolling Block "Fågelstudsare" et le Mauser-Daudeteau représentent des exemples fascinants de l'ingéniosité armurière de leur époque. Ces armes, avec leurs calibres uniques et leurs histoires riches, continuent de captiver les collectionneurs et les passionnés d'armes à feu.

tags: #carabine #chargement #rapide #nagant #rolling #block

Post popolari: