Au XIIIe siècle, la poudre noire ou poudre à canon est introduite en Europe. Pendant des centaines d'années, les humains n'ont pas pu imaginer la guerre au-delà de la cavalerie et des archers, des murs de forteresse et des catapultes. Des améliorations ont été apportées aux armes de conception antérieure, mais la forme de la guerre est restée en grande partie la même. Jusqu'à ce que les Chinois inventent la poudre à canon.
Alors qu'ils cherchaient à créer une potion d'immortalité, les alchimistes chinois sont tombés sur une solution chimique capable de créer une explosion ardente. Plus d'un millier d'années plus tard, l'importance de l'invention de la poudre à canon est toujours visible dans l'armement militaire moderne et les sociétés du monde moderne.
L'invention de la poudre à canon remonte au milieu du 9ème siècle, sous la dynastie chinoise des Tang. Des alchimistes chinois, utilisant le salpêtre chimique (nitrate de potassium), tentaient de créer une potion d'immortalité. Au lieu de cela, ils ont créé l'un des outils les plus destructeurs de l'histoire de l'humanité : la poudre à canon.
Les premières formules écrites pour la poudre à canon se trouvent dans le Wujing Zongyao, un manuel militaire chinois datant de 1044 de notre ère. Les trois ingrédients principaux de la poudre à canon étaient le salpêtre, le soufre et le charbon de bois. En mélangeant d'autres ingrédients mineurs, les inventeurs chinois ont créé une foule d'armes uniques, allant du terrifiant "nid d'abeilles" (une batterie d'artillerie qui lançait des dizaines de flèches à la fois) aux fusées propulsées par la poudre à canon et aux explosifs portatifs.
Les feux d'artifice chinois remontent à 200 ans avant Jésus-Christ avec l'invention des pétards en bambou. Lorsque les poches d'air des goulottes en bambou étaient chauffées, elles se consumaient et s'élançaient dans les airs. Lorsque la poudre à canon a été inventée au 9e siècle de notre ère, les alchimistes n'avaient pas de feux d'artifice en tête. Au départ, ils cherchaient à créer une potion d'immortalité. Après cette découverte explosive, leur attention s'est portée sur les nouvelles possibilités de l'armement à la poudre à canon. La mise en œuvre de la poudre à canon dans les feux d'artifice chinois a été un effet secondaire de la recherche sur l'armement militaire.
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Après son invention en Chine, la poudre à canon a une histoire longue et riche en histoires, avec de nombreuses inventions et innovations ultérieures. Voyageant par la route de la soie, la poudre à canon a influencé le développement de toutes les armées d'Eurasie au cours du Moyen Âge et au-delà.
Les armes à poudre ont été intégrées à l'armée chinoise dès le 11ème siècle, utilisées pour la défense contre les forces attaquantes. Au 13e siècle, la dynastie Song et le royaume de Xi Xia, dans le nord de la Chine, ont utilisé des flèches et des fusées à poudre pour repousser les envahisseurs mongols. Sous la paix et l'infrastructure de l'empire mongol, la route de la soie a de nouveau prospéré. Avec d'autres marchandises et maladies, la technologie de la poudre à canon s'est répandue dans les terres occidentales d'Europe et du Moyen-Orient.
Les Chinois n'avaient pas l'intention de répandre le secret de la poudre à canon; dès 1076 de notre ère, le commerce du salpêtre en dehors de la Chine a été interdit. Cependant, grâce aux Mongols, des recettes de poudre à canon ont été publiées en Europe à la fin du 13e siècle.
Les alchimistes d'Eurasie ont testé de nombreuses combinaisons d'ingrédients, allant du charbon de bois au salpêtre, en passant par le soufre et même le miel, pour créer de la poudre à canon. Au cours de l'histoire, la poudre à canon s'est développée en quatre sous-groupes :
Alors que la poudre noire était principalement composée de solides (charbon de bois, salpêtre), la propulsion de la poudre à canon sans fumée était principalement constituée de gaz. La poudre à canon sans fumée, inventée au 19ème siècle, a rendu complètement obsolète l'invention de la poudre noire de la Chine du 9ème siècle.
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Le philosophe et érudit Roger Bacon a été le premier à enregistrer une formule de poudre à canon en Europe. Un siècle plus tard seulement, au milieu du XIVe siècle, les canons européens roulaient sur les champs de bataille. Au Moyen-Orient, les Arabes travaillaient déjà d'arrache-pied à la construction du premier fusil à poudre, une arme qui allait révolutionner la guerre à jamais. Ironiquement, le voyage facilité de la poudre à canon vers l'Europe et le Moyen-Orient par les Mongols a permis d'introduire de puissantes armes à poudre à canon pour se défendre contre les futures invasions mongoles.
Depuis le 10e siècle, les armées d'Eurasie ont commencé à s'équiper d'armes à poudre. Ce n'est toutefois qu'au 15ème siècle que la puissance de la poudre à canon a été révélée. En 1453, l'Empire ottoman a achevé un siège de 53 jours de Constantinople, le centre de l'Empire byzantin. Les couches de murs défensifs de Constantinople avaient repoussé les envahisseurs ottomans à trois reprises par le passé, mais grâce au nouveau pouvoir des canons de siège, les Ottomans ont fait s'écrouler les murs de la ville. L'essence même de la guerre avait changé; les anciennes tactiques et armes devenaient caduques. Au XVIIe siècle, les fusils et les canons à poudre étaient monnaie courante dans les armées européennes et asiatiques.
La poudre à canon était principalement utilisée dans les armes à feu et autres armes de combat, comme les canons. Il existe cependant d'autres utilisations de la poudre à canon, notamment :
En outre, le développement des armes à poudre diffère entre la Chine et les pays occidentaux. En Chine, la poudre à canon a été utilisée pour créer des batteries anti-infanterie, car les murailles chinoises étaient construites en épaisses pentes de pierre (qui se sont avérées très résistantes aux premiers tirs de canon). Les murs européens et du Moyen-Orient, en revanche, étaient comparativement plus minces et susceptibles d'être endommagés par les barrages de canons. C'est pourquoi les canons ont été continuellement développés et améliorés en Europe et au Moyen-Orient.
En effet, après moult accidents de ce genre, l'architecture militaire avait créé des poudrières, c'est-à-dire des dépôts de poudre, de munitions ou d'explosifs à base de poudre. Ces magasins, devant lesquels une sentinelle était postée en permanence, se caractérisaient par des bâtiments :
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Par la suite, on construit des unités à bonne distance les unes des autres pour que l'explosion de l'une ne se propage pas aux autres.
En 1544, se présente aux portes de La Rochelle une caraque gênoise chargée de munitions pour la marine royale, mais elle s’échoue dans le chenal. Les deux cents barils de poudre sont rapidement déchargés et stockés dans un cellier appartenant aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans le quartier Saint-Jean du Perrot. On y trouvait alors de nombreux dépôts où l’on entreposait le vin produit dans l’arrière-pays et destiné à l’exportation.
En janvier 1545 à 10h du matin, on entend une explosion qui retentit à plus de 40 km dans l'arrière-pays. Les habitants croyant à la fin du monde paniquent ; on ferme les portes de la ville par sécurité.
Les pertes humaines sont considérables : cent vingt morts et de très nombreux blessés, sans que l'on puisse savoir combien ont survécu en cette période où la médecine était souvent impuissante à soigner. L'explosion simultanée de deux cents barils a causé d'impressionnants dégâts matériels : une douzaine de maisons, l’église Saint-Jean et partiellement le couvent des Carmes sont détruits ainsi que 30 à 40 mètres d'un rempart qui faisait 2m50 d’épaisseur !.
Après enquête, on apprend que des ouvriers avaient été dépêchés ce matin-là pour poser des barreaux de fer sur une fenêtre du cellier. La cause de la détonation serait donc accidentelle. Une question subsiste : pourquoi ne pas avoir placé ces munitions dans la poudrière sise à la Porte Saint-Nicolas ?
Et pourtant, cela n'empêcha pas de nombreuses explosions. Une des plus connues est celle de la poudrerie installée dans le château de la plaine de Grenelle près de l'Ecole militaire à la fin du XVIIIe siècle. Il fallait alimenter les armées révolutionnaires en munitions et dans ce but, de nouvelles méthodes permettant d'augmenter la production journalière de salpêtre (nitrate de potassium) furent adoptées. Deux mille ouvriers y travaillaient dans une absence totale de précautions, broyant les ingrédients à la force des bras dans une atmosphère surchauffée. Malgré les mises en garde répétées du chimiste Jean-Antoine Chaptal auquel on avait confié la direction de la fabrication des poudres de Grenelle, le 31 août 1794, 150 tonnes de poudre explosent. La détonation est entendue jusqu'à Fontainebleau ; il y a des centaines de morts parmi les ouvriers et la population du quartier.
Une des causes les plus fréquentes de ces explosions est la foudre. Cela pouvait aussi être attribué à un phénomène électrique.
Au début de son histoire, la fabrication de la poudre noire n’était pas une opération simple. Les produits de base contenaient de nombreuses impuretés et les mélanges étaient effectués dans des proportions arbitraires, dans l’état naturel des produits, grossièrement pilés et brassés à la main. Les Arabes furent les premiers à apporter à la poudre noire une amélioration importante en utilisant des produits purifiés notamment le salpêtre auquel ils appliquaient un traitement à base de cendres de bois.
La transformation du salpêtre naturel en nitrate de potassium à peu près pur représente une amélioration considérable de la poudre noire qui, de poudre « lente » devient une poudre « vive » à la combustion plus rapide constituant un véritable produit explosif déflagrant pouvant propulser des projectiles à grande vitesse dans un tube principe de base de toute arme à feu.
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