PERAZZI, célèbre marque italienne, est le seul fabricant d’armes lisses à proposer du sur-mesure, pour que le tireur fasse véritablement corps avec son arme. Nous sommes allés dans son fief italien de Botticino, en compagnie de clients de la marque prestigieuse.
« À la façon des dragons de nos anciennes légendes, les armes ont choisi de naître en des lieux beaux et mystérieux, où s’unissent les inconciliables : l’eau et le feu, le fer et le bois. Nous venons d’arriver à la manufacture lombarde PERAZZI. Son bâtiment rouge vif rappelle un rubis serti entre les oliviers et des falaises de marbre beige. Tout juste la porte franchie, la sculpture en bronze d’un épagneul breton, grandeur nature, semble nous faire la fête. Quant à la cimaise, ses murs sont tapissés des photos souvenirs des exploits des champions tirant avec des fusils PERAZZI. Dans l’angle droit, nous reconnaissons George DIGWEED, brandissant victorieusement un trophée de champion du monde. II est le tireur le plus capé de l’histoire du tir, avec 28 titres mondiaux. Nous prolongeons la visite en pénétrant dans le sanctuaire du gigantesque atelier. Tandis qu’à droite, dans une antichambre vitrée une jeune femme, loupe sur les yeux, grave une bascule.
Rappelons qu’en janvier 2016, le groupe TRANCHANT, groupe familial connu pour ses casinos, mais aussi fondateur des Shooting Club en 2011, est devenu l’importateur exclusif de PERAZZI pour la France. Au sein du groupe, c’est Alain GENDREAU qui préside aux destinées de la marque.
Aujourd’hui, Alain accompagne quelques clients privilégiés pour choisir leur nouveau fusil. Fidèles de la marque, ils bénéficieront directement de l’expertise des artisans PERAZZI et de Mauro. Sur le pas de tir, Alain GENDREAU, l’ambassadeur de PERAZZI en France. Dans le monde du tir, Alain est réputé d’une part pour son palmarès (multiple médaillé aux championnats de France, d’Europe et du monde, en Compak Sporting et Parcours de Chasse), et d’autre part pour sa compétence à réaliser les plans de PERAZZI sur-mesure.
Dans le saint des saints, ces clients pourront ainsi choisir sur les conseils d’Alain et de Mauro : un modèle de fusil, la veinure d’un noyer dans le magasin des bois, voire, une gravure ornementale pour leur future bascule. Mais surtout, ils bénéficieront d’une arme sur-mesure dans un délai d’environ 6 mois pour un prix de départ d’une dizaine de milliers d’euros. PERAZZI est la seule manufacture, à la façon du bottier limousin WESTON, à offrir ce service.
Lire aussi: Application Peinture Aspect Canon de Fusil
La manufacture réalisera ensuite le contenu de cette fiche de travail comme un tailleur découpe un vêtement d’après patron. L’efficacité d’un fusil est obtenue pour un tireur donné, par la concordance précise entre son poids, son équilibre, sa balance, son pointage, sa mise en joue et à l’épaule. Il dépend de la force musculaire du tireur, de son style ou encore de sa fonction. Leur longueur, l’épaisseur, les bandes intermédiaires et supérieures contribuent à l’équilibre général.
Certains tireurs souhaitent un équilibre neutre, voire un peu à l’arrière de l’axe de basculage. Dans ce cas, la balance de l’arme est plus vive lors de l’épaulé. À l’inverse un léger porte-à-faux avant lestera la main sur la longuesse, permettant ainsi un meilleur contrôle des trajectoires.
La poignée : sa forme est très souvent de forme pistolet sur nos superposés modernes. Bien étudiées ses cotes permettent à la main de se caler, en position assez verticale, et surtout sans jamais casser le poignet, pour éviter, lors des épaulements successifs, la survenue de gênes et de douleurs. Son volume, d’une préhension agréable, possèdera utilement un renflement au niveau de la paume.
La longueur de crosse : elle est mesurée depuis la détente au milieu de la plaque de couche. La longueur minimum de la crosse doit être définie de manière à ménager une distance suffisante entre le pouce et le nez en position épaulée. Cette mesure est complétée par 2 autres cotes, la longueur au talon et la longueur au bec de crosse.
L’angle obtenu verticalement par rapport à la ligne de visée se nomme la tombée (ou pitch). Sa valeur (environ 90°) sert, en complément de la plaque de couche, à parfaitement positionner la crosse au creux de l’épaule. Elle est déterminée par 2 valeurs principales : La hauteur en tête de busc et la hauteur au talon. Cette dernière est liée à la longueur du cou du tireur.
Lire aussi: Comment Fileter un Canon
On voit trop souvent des crosses trop avantagées au talon. L’idée semble bonne pour aligner l’œil latéralement sur la bande. Mais en réalité, bien souvent, son effet néfaste sera de sortir la plaque de couche du creux de l’épaule, ce qui sera très préjudiciable au confort de tir. On devrait donc avant tout aligner l’œil latéralement sur la ligne de visée en jouant sur l’épaisseur de la crosse à la zone d’appui. En revanche, l’avantage au bec de crosse est toujours nécessaire afin d’éviter le vrillage vertical des canons.
Toutes ces mesures prises, les petites mains de PERAZZI se mettront à l’œuvre pour réaliser les pièces du fusil. Le client bénéficiera du savoir-faire des artisans de la marque, crossier, monteur à bois, ajusteur, graveur, quadrilleur, etc. La conjonction du sur-mesure et d’un artisanat de haute volée, garantira à l’heureux acquéreur d’un fusil PERAZZI, l’excellence et une parfaite symbiose avec son arme.
« Chacun doit oublier son fusil, sans oublier qu’il tue », disait Paul VIALAR**. Tout est dit.
La dynastie armurier est devenu presque un cliché. Chaque fabricant semble t'il prétend être la septième génération d'une lignée d'artisans nés avec de l'huile de fusil sous leurs ongles. Par voie de conséquence, seuls ceux qui ont un certain ADN peut produire des armes fines. L'éducation est tout, et ou vous êtes soit né avec une cuillère d'argent dans la bouche ou vous n'avez pas eu cette cuillère. De tout votre avenir dépendra. Toute les générations se complètent bien sûr - même si tout cela aide à garder la fibre littéraire qui traverse encore quelques publications, un homme en particulier a passé le dernier demi-siècle et même plus et cet homme prouve qu'armurier génie est une compétence acquise, pas un héritage génétique.
Perazzi n'avait aucun lien avec l'industrie. Né en 1932, le troisième de quatre enfants d'une famille ordinaire d'ouvriers, il était heureux de trouver un emploi quand, à l'âge de quatorze ans, il a débuté comme apprenti dans une petite usine de fusils. À 16 ans, il trouve finalement un emploi dans une grande entreprise, prouve son talent inné et dépose un brevet pour un de ses modèles. Il était c'est vrai un apprenti brillant et rapide doublé d'un esprit indépendant. En six ans, il a frappé sur son propre compte, en travaillant dans l'atelier de la cave de sa maison en tant que travailleur à domicile pour les autres entreprises pour ensuite faire les premiers pas dans sa tentative de construction de ses propres armes.
Lire aussi: Le Canon de Fusil de Chasse
Au début des années 1960 deux autres hommes ont joué un rôle majeur dans l'histoire Perazzi. En 1960, il s'associe avec un jeune ingénieur automobile qui avait été formé auprès du géant automobile Fiat. Ivo Fabbri fut une autre personnalité dynamique qui a apporté un regard neuf au processus de fabrication d'armes. Inspiré par les Anglais Boss et Woodward, ils appliquèrent des techniques de production modernes à ces conceptions classiques. Jusqu'alors toutes les fabrications étaient très artisanales, le produit était d'une qualité remarquable mais à des prix inabordables pour la plupart.
La seconde influence clé était tireur piège champion Ennio Matterelli. Comme aujourd'hui d'ailleurs, le ball trap était un sport majeur en Italie et Matterelli une étoile montante de ce sport. Il avait des idées bien arrêtées sur la conception des armes à feu et dans le partenariat Fabbri-Perazzi il a trouvé une entreprise qui pourrait les traduire en acier et en noyer. Le partenariat avec Fabbri fut de courte durée. Perazzi vu astucieusement son avenir dans la production en volume de fusils de haute qualité.En 1965, ils se sont séparés, laissant les collectionneurs se battre à la sortie de leur brève collaboration.
Les premières armes à feu de Perazzi avaient toutes une platine combinant généralement le système de verrouillage. Ce système était fondateur avec le travail de verrouillage de style Woodward. Le nouveau design, un coup de maître de Perazzi appelé le MX8, introduisit pour la première fois le désormais célèbre mécanisme de déclenchement amovible (la batterie amovible). Les encoches ont été usinées sur une plaque qui retient également le déclenchement et la garde, l'unité entière de décrochage du récepteur par la libération d'un verrou. Les avantages pour cette arme face à la concurrence étaient évidents.
Perazzi a favorisé les ressorts en V plutôt qu'un boudin pour le déclenchement supérieure tire. L'inconvénient des ressorts en V est qu'ils quand ils finissent par s'user et casseer sans avertissement. Le MX8 et ses fonctionnalités innovantes ont eu une influence majeure sur la conception des armes à feu. Le scénario parfait aurait été de donner à Matterelli une deuxième médaille d'or au Mexique, mais il ne devait pas en être ainsi. Beaucoup plus de triomphes suivront cependant, et le MX8 est vite devenu l'arme de choix pour les tireurs d'élite du monde entier.
Aujourd'hui, les ateliers Perazzi produisent environ 3 000 armes à feu chaque année dans leur étal'usine de l'art à Botticino Mattina près de Brescia. La signature Perazzi vis à vis de la concurrence est renforcée par l'utilisation du rouge italien de course comme symbole de couleur de la compagnie. La conclusion est claire: Perazzi se veut être pour les armes l'égal de Ferrari en Formule Un.
La société se trouve en dehors de toute zona commerciale de Brescia, à la fois physiquement et spirituellement, avec une usine moderne informatisée loin des limites étroites de la "Val Trompia" qui abrite la plupart de ses fabricants rivaux. Avec une exposition -showroom- impressionnante et une idée très claire de son image à l'international, nous avons là une entreprise qui a une idée très claire de la manière dont elle souhaite interagir avec ses clients. Les clients sont encouragés à se rendre directement à l'usine pour sélectionner leur crosse vierge et le montage final de leur arme.
L'erreur que beaucoup font toutefois est de voir Perazzi simplement comme fournisseurs de matériel de course à l'écoute des tireurs. Parce que la société est orientée vers la finition à la main, il n'y a pratiquement pas de «norme» Perazzi. Chaque arme est un modèle pratiquement unique dans une certaine mesure en raison du nombre incroyable de possibilités. D'autres variables, au choix de l'acheteur, comprennent la longueur du canon, la dqueue de détente, la hauteur de nervure et la largeur et le style de l'avant bois.
Daniele Perazzi a prouvé alors que vous n'avez pas besoin de deux siècles d'histoire de la famille pour être un grand armurier, il est a peut sur d'avoir créé une nouvelle dynastie à la sienne. Aujourd'hui l'entreprise est reprise en main par son fils de 48 ans et sa fille Roberta Mauro. Le génie de Danielle Perazzi se trouve dans l'impressionnant atelier de l'entreprise.
Au début il a identifié une niche entre la production de masse et des armes de poing faites haut de gamme. La réalité à la Perazzi est que tout le travail banal de base est fait sur le site par des machines très sophistiquées, tandis que les finitions sont toutes terminées par des artisans hyper qualifiés. En fait, la haute qualité de la finition à la main est une véritable découverte pour la plupart des visiteurs. C'est le travail sérieux d'une armurerie de très haute qualité.
Autres facteurs clés de l'histoire Perazzi c'est reconnaître l'importance du poids des canons, la qualité du tir de détente et la qualité de la manipulation générale de l'arme et son entretien. Sur place pour commander un fusil, les clients sont équipés avec un fusil d'essai. Si les deux hommes -client et essayeur-peuvent calculer les dimensions de façon assez précises purement sur la vision, le canon d'essai est ensuite utilisé sur la plaque-modèle qui est installée dans un tunnel à la fin de l'atelier.
Il s'agit en fait d'une grande plaque de métal qui circule sur des rails dans le tunnel. La plaque remonte 30 yards, une photo est prise, puis elle est retournée pour révéler l'autre côté pour un deuxième coup. Pour la petite histoire, à proximité se trouve un restaurant familial où les plaques de pâtes faites maison servies avec une carafe de vin fera non seulement passer le temps jusqu'à ce que la crosse soit finie, mais contribuera également à l'expérience. C'est un processus remarquablement efficace et agréable, personnaliser l'achat d'une manière aussi spéciale.
tags: #canon #de #fusil #perazzi #caractéristiques