Le Canon EOS 6D est un boîtier plein format "abordable" conçu pour permettre à un large public d'accéder à la photographie plein format. Son prix oscille entre 1500 et 2000 euros, ce qui le place en concurrence directe avec le Nikon D600.
La prise en main du 6D est très similaire à celle du 5D Mark III, ce qui rassure d'emblée. L'index se pose instinctivement sur le déclencheur, et le pouce se cale fermement dans le renfoncement arrière. Le petit doigt ne passe pas sous la semelle, et même ceux qui ont de grandes mains se sentiront à leur aise.
Nous portons l’œil au viseur et c'est une bonne surprise. Le dégagement oculaire de 21mm permet d'observer clairement la scène alors même que nous portons des lunettes. Dommage que la couverture du viseur ne soit que de 97%...C'est un un peu mesquin au prix de l'appareil, mais il faut en laisser au « grand frère » 5D Mk III.
La touche ISO située sur l'épaule droite de l'appareil possède un minuscule ergo qui permet de la distinguer tactilement des quatre autres touches, même en gardant l’œil dans le viseur. La finition du 6D s'approche plus d'un 60D. Le polycarbonate est massivement employé, et l'alliage de magnésium ne protège que certaines parties du boîtier. Bien que Canon ne parle pas de tropicalisation, des joints protègent les principales ouvertures.
L'écran présente une diagonale de 7,5 cm pour 1,04 millions de points et se révèle agréable à l'usage. Le rendu colorimétrique est plutôt juste, excepté des rouges un peu trop saturés. On regrette non seulement qu'il ne soit pas monté sur rotule, mais surtout l'absence de fonctionnement tactile pourtant déjà vu sur le 650D.
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Les canonistes retrouveront facilement leurs repères, car la navigation dans les menus est rapide et ceux-ci sont clairement agencés avec des pictogrammes lisibles. Le 6D est un appareil photo qui se prend facilement en main, les nombreuses touches de raccourcis rassureront les experts et la visée est confortable.
Sur le terrain, le Canon 6D ne démérite pas. Son silence de fonctionnement est agréable et le claquement du miroir émet un bruit feutré. La vitesse maxi de l'obturateur est de 1/4000 s et la synchro flash est seulement de 1/180 s. La rafale de 4,5 vps est assez faible pour en faire un « vrai » boîtier de reportage ou de sport, mais en condition courantes ces performances restent suffisantes.
Le module autofocus hérité du 60D ne couvre qu'une zone très centrale du champs, mais le collimateur centrale croisé s'avère particulièrement véloce. L'accroche est rapide et surtout la sensibilité du capteur de phase est très performante. Dans l'obscurité tamisée des bars berlinois, il permet de se passer d'assistant AF et accroche presque instantanément sa cible.
Le Canon 6D est le premier reflex 24x36 à intégrer les fonctions Wi-Fi et GPS. Pour la première, il faut au préalable installer une application sur son Smartphone (EOS Remote) afin de pouvoir prendre le contrôle de la visée du 6D via l'écran de votre appareil. Le redimensionnement des images est automatique et l’application est relativement fluide.
Le GPS est une fonction qui peut s'avérer réellement utile lors du tri de ses images. L'activation de celui-ci est simple et sa précision plutôt intéressante. Voir ses images dans l'onglet cartes de Lightroom permet de « revivre » un parcours et surtout facilite le classement.
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Il reste une contre-partie fâcheuse à cet abondance de fonctionnalités « high-tech » : une fois activée elle vide littéralement la batterie. Méfiance donc car si vous ne tiendrez pas une journée complète avec une seule charge de batterie si vous activer le GPS.
Acheter un réflex plein format c'est souvent sacrifier à la compacité ce que l'on gagne en qualité d'image. Si l'amateur veut profiter pleinement du potentiel de son nouveau capteur il devra équiper celui-ci de focales coûteuses et lumineuses...qui lui rendront au centuple son investissent.
Toujours est-il que la qualité d'image du 6D est difficilement critiquable. Les tonalités sont douces et naturelles, la colorimétrie apparaît justement saturée, vive, mais sans excès et surtout les tons chairs sont fidèlement retranscrits. Dans les faits et sur un reportage vous aurez peu de post-production à réaliser pour dynamiser vos images. Les JPeg possèdent déjà ce petit « punch » qui fait la différence tout en restant naturel.
Le capteur CMOS de 20,2 Mpx et le processeur DIGIC 5+ forment un duo plus qu'appréciable et les résultats sont convaincants. Sur la montée en sensibilité le Canon 6D étonne par la finesse de sa granulation et sa gestion du bruit numérique.
Il faut monter à 6400 ISO pour commencer à observer une dégradation notable du contenu de votre image. Cependant, l'image reste absolument exploitable et surtout fait preuve d'une bonne tenue tant en dynamique qu'en colorimétrie. C'est certainement à 12800 ISO que nous atteignons les limites du traitement JPeg car le bruit chromatique se fait trop présent. En revanche vous pourrez toujours imprimer un A4 correctement et si vous tenez un scoop, la presse n'hésitera pas à vous consacrer une double page !
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