Envie de participer ?
Bandeau

L'utilisation de casques balistiques pour les équipages de bombardiers au sein des forces aériennes américaines débute avec l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale au lendemain de l'attaque surprise de Pearl Harbor effectuée par les forces armées japonaises le 7 décembre 1941. Les États-Unis entrent alors en guerre contre les forces de l'Axe, constituées principalement de l'Allemagne et de l'Italie en Europe, et contre le Japon dans le Pacifique.

Les premières activités belligérantes des États-Unis

Les premières activités belligérantes des États-Unis sur le théâtre des opérations européens débutent contre l'Allemagne avec une campagne de bombardements stratégiques diurnes menée par la 8ème Air Force. Cette campagne est menée parallèlement à la campagne britannique effectuée la nuit, qui opère des bombardements de zones, alors que les forces aériennes américaines préconisent le bombardement de précision sur des objectifs jugés primordiales dans l'effort de guerre allemand.

Intervention sur le théâtre d'opération méditerranéen

Les États-Unis débutent leur intervention sur le théâtre d'opération méditerranéen à partir de 1943 avec la 15ème Air Force. Dès le départ ces bombardements entraînent de nombreuses pertes au sein des forces aériennes américaines en raison de la chasse allemande et de la défense anti-aérienne qui deviendra de plus en plus dense au fur et à mesure de l'avancé du conflit.

Les équipages des bombardiers rentrant en Angleterre sont bien souvent blessés et les blessures à la tête trop souvent fatales. Afin de protéger les équipages, il est rapidement décidé d'employer le casque US M-1 adopté le 30 avril 1941 en remplacement du casque US 17 A1 (modernisation du casque US M1917 adopté à la fin de la Première Guerre mondiale). Seule la bombe du casque M-1 est employée et est portée directement sur le serre-tête des membres d'équipages.

Toutefois, le casque M-1 ne présente pas un volume suffisant pour être porté par-dessus les écouteurs de l'équipement de radiocommunication et exerce une trop forte pression sur le crâne. Pour remédier à cela, des membres du 306th Bomb group mettent au point en janvier 1943 une technique pour modifier la forme du casque M-1 à l'aide d'un vérin à vis pour déformer les parties latérales pour former une protubérance permettant l'usage des écouteurs.

Lire aussi: Pistolets à plomb : risques et précautions

Les côtés des liners de ces casques seront découpés afin de permettre le passage des écouteurs. Cette technique sera standardisée à l'ensemble des unités de la 8ème et 15ème Air Force jusqu'à la réception des premiers casques M-3 et M-4 au début de l'année 1944. Fort de ces retours d'expérience, une étude est lancée en 1943 pour la conception d'un casque spécifique aux équipages de bombardiers lors d'une réunion effectuée sur la base de Wright-Patterson dans l'Ohio.

Conception d'un casque spécifique

Ce projet débute le 9 août 1943 et les essais sont menés sur la base de Wright-Patterson. Un prototype est proposé le 30 septembre 1943 au quartier général de l'Air Force qui répond à la plupart des situations de combat dans un bombardier, excepté dans un environnement exigu où seul un serre-tête est envisageable. Nommé "Helmet, Steel, T2", dont la forme est extrapolée à partir du casque M-1, ce casque est accepté pour une mise en production initiale de 7 500 unités.

Ce casque sera rapidement standardisé M-3 puisque le casque M-2 fut conçu en parallèle pour un usage au sein des troupes aéroportées. La fabrication de ce nouveau modèle fut confiée au principal fabricant de casques M-1 : la société "McCord Radiator Manufacturing Company" localisée à Detroit dans l'état du Michigan. La production débute en décembre 1943. Afin d'éviter les problèmes de gels engendrés par les températures négatives rencontrées à haute altitude, ce casque fut doté d'un revêtement antistatique avec une peinture floquée obtenue par ajout de fibre de laine à sa surface.

Le casque M-3 fut fabriqué à 213 543 exemplaires entre décembre 1943 et avril 1945. Parallèlement à l'adoption du casque M-3 au sein des équipages de l'USAAF, une série casques de protection furent mis à l'étude et adopté par l'Air Force américaine.

Autres modèles de casques

Cette série se décline en deux modèles : le casque M-4 composé d'une calotte en acier recouverte d'abord de toile verte, avec une jugulaire fixée en quatre points pour dégager les oreilles. Ce modèle, désigné comme projet T3, sera ensuite recouvert intégralement de cuir, connu sous le nom de casque M-4.

Lire aussi: Prévention des accidents de carabine à plomb

Ce modèle sera ensuite décliné sous la désignation de casque M-4 A1 et sera recouvert de toile, possédant deux volets rabattables à l'instar du casque M-3 en dotation dans l'USAAF. Parallèlement à l'adoption de ces différents modèles, une étude fut lancée dès novembre 1943 pour la création d'un casque d'acier commun à tous les membres volants de l'USAAF.

Ce premier projet connu sous la désignation T6 E4, fut une amélioration du premier projet T2. Amélioré pour donner naissance au prototype T8, ce nouveau modèle supprime les défauts de conception du casque M-3, notamment sa visière héritée du casque M-1 empêchant le port de larges lunettes de protection.

Ce dernier casque permet le port des différents équipements nécessaires au combat en vol, et est doté de la jugulaire en cuir équipant déjà les bonnets de vol A-11. Il reprend la suspension "Riddel" du casque M-3 complété d'un bandeau frontal en cuir pour un meilleur confort. Le prototype T8 fut d'abord évalué par le laboratoire aéro-médical de la base Wright-Patterson.

Les essais furent ensuite menés à Orlando en Floride par l'Air Ordnance Officer, Army Air Forces Board. En janvier 1945, le prototype T8 fut approuvé puis standardisé comme casque M-5. Sa fabrication est confiée à l'entreprise "McCord Radiator Manufacturing Company" qui commence au début de l'année 1945.

Le casque M-5 fut alors approuvé comme casque standard des équipages volant de l'USAAF excepté pour les membres de la tourelle dorsale du B-26 Marauder et des petites tourelles du bombardier B-29, ces membres conservant le casque M-4 A2 plus compact.

Lire aussi: Blessures causées par les pistolets à grenaille : un aperçu

On estime qu'environ 93 495 unités furent produites de janvier à août 1945 lors que la guerre pris fin. La bombe du casque US M-5 est composée de trois parties. Sa partie centrale est extrapolée à partir du casque M-3 dont la forme générale est celle du casque d'infanterie M-1. Les côtés sont découpés pour former de larges échancrures pour permettre l'utilisation d'écouteurs.

Ces échancrures sont couvertes de volets bombés articulés par le biais d'une charnière. Les échancrures latérales sont plus profondes sur le casque M-5 et la visière avant du casque est supprimée. La partie frontale est d'ailleurs relevée pour permettre le port d'un large masque de protection oculaire.

Le casque Adrian M 1915

Le casque Adrian M 1915 était le casque militaire distribué aux troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale. Ces casques sortent des usines Japy et ont été conçus par le contremaître Louis Kuhiv. Le casque Adrian était conçu pour protéger les soldats des éclats des obus qui explosaient au-dessus des tranchées.

La présence d’un cimier est une réminiscence des casques de cavalerie ; il est destiné à amortir des chocs venant par le dessus (le cimier s’écrase, puis le choc est transmis à la bombe du casque). Comme la plupart des casques de cette époque, il n’était pas question d’essayer d’arrêter l’impact direct d’une balle de fusil ou de mitrailleuse. Le casque était fait d’acier doux d’une épaisseur de 7/10 mm il pèse 765 grammes seulement, plus léger que les casques allemands (Stahlhelm) et britanniques (casque Brodie) qui apparurent par la suite (février 1916 pour le casque allemand, fin 1915 pour le casque anglais).

De couleur bleu horizon, il etait, contrairement à ces derniers, constitué de 3 pièces, le casque lui même, la visière avant et la visière arrière, et avait en plus le cimier. Plus de vingt millions de casques Adrian 1915 furent produits, et adoptés largement par d’autres pays, comme l’Italie, la Belgique, la Thaïlande, la Russie, la Roumanie, la Pologne ou la Serbie.

En 1926, une nouvelle version du casque Adrian fut adoptée. Fabriquée en acier plus résistant, d’une seule pièce plus la crête, il en fut produit 3 millions d’exemplaires. A partir de 1935, le kaki remplaça le bleu horizon dans l’armée française et donc la couleur du casque en fut modifiée, de teintes allant du kaki jaune au kaki vert en passant par le marron.

Dans l’armée française, le casque Adrian (essentiellement dans sa version 1926) était l’équipement standard jusqu’après la Seconde Guerre mondiale, et fut utilisé par les forces de police jusque dans les années 1970.

Une étude américaine

Une étude américaine s’est penchée sur le casque Adrian, utilisé par les Poilus au cours de la Première Guerre mondiale. Elle démontre qu’il protège mieux les soldats des traumatismes crâniens que le nouvel équipement moderne des militaires américains.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, des chercheurs de l’Université de Duke, aux États-Unis, ont démontré la plus grande résistance d’un casque de la Première Guerre mondiale à celui utilisé actuellement par l’armée américaine, face aux explosions. Et, cocorico, il est français.

Lutter contre les éclats d’obus dans les tranchées

Nous sommes fin 1914, les combats font rage sur le front. Chaque jour, des centaines de soldats meurent dans les tranchées. La raison ? Principalement des blessures d’obus au niveau de la tête. « 77 % des blessés le sont à la tête et 80 % décèdent. Avec l’arrivée du casque Adrian, ces chiffres chutent », constate le général Roland Stransky, président de la société des membres de la Légion d’honneur, auprès de l’édition du soir, à l’occasion des 100 ans de ce casque.

En 1915, le général Louis-Auguste Adrian met au point un casque de 700 grammes d’acier, équipé de sept pièces de cuir : le casque Adrian. Originaire de Metz, le concepteur éponyme du casque repose aujourd’hui à Genêts, dans la Manche.

En tout, 22 millions de casques Adrian ont été fabriqués et distribués à travers l’Europe. Le casque Adrian ne fait que 700 grammes mais il a permis de sauver la vie de milliers de soldats dans les tranchées. Ce casque léger n’est pas capable d’arrêter directement une balle de fusil ou de mitraillette, mais il est équipé d’un cimier, une pièce de métal fixée sur le sommet, destinée à amortir des chocs venant d’en haut.

C’est cette caractéristique qui lui permet de rivaliser avec les équipements actuels. En effet, d’après les chercheurs américains la pression exercée au-dessus du casque était similaire à celle reconnue pour provoquer des hémorragies cérébrales.

Les tests ont montré que le risque était de 50 % sans casque, de 5 % avec le casque moderne américain et de 1 % seulement avec le casque français. « Les casques ont été testés avec des ondes de choc de force variable, correspondant chacune à un type différent d’obus d’artillerie allemande explosant à une distance d’un à cinq mètres », explique l’université de Duke par voie de communiqué.

« La principale différence, c’est qu’il avait cette crête au sommet du casque. Même si elle avait été conçue pour protéger des éclats de métal, cette caractéristique pourrait bien aussi protéger des ondes de choc », estime Joost Op’t Eynde dans l’étude. Et donc des explosions.

Par la suite, de nouvelles versions du fameux casque Adrian ont été créées en France. D’abord en 1926, il a été conçu avec un métal plus résistant. Puis en 1936, avec cette fois un changement de design. Le casque Adrian a été utilisé dans l’armée jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Tableau comparatif des casques

Casque Poids Matériau Particularités
Adrian M 1915 765 grammes Acier doux Cimier pour amortir les chocs
US M-1 Variable Acier Utilisé par les équipages de bombardiers
Stahlhelm Plus lourd Acier Casque allemand
Casque Brodie Variable Acier Casque britannique

tags: #blessure #casque #mitrailleur #seconde #guerre #mondiale

Post popolari: