L'ajout d'un bipied sur un fusil Schmidt Rubin, notamment le K31, suscite un intérêt particulier parmi les tireurs sportifs et les collectionneurs. Cet article explore les différentes facettes de cette adaptation, en considérant les avantages, les inconvénients et les spécificités des modèles existants.
Il n'existe aucun bipied d'origine pour les modèles 89, 11 et K31. Cependant, des solutions alternatives sont disponibles pour ceux qui souhaitent améliorer la stabilité de leur arme.
Pour installer un bipied sur un K31, il est possible d'utiliser un adaptateur. Un dégagement de 1mm entre l'adaptateur picatinny et l'arme permet d'y mettre un bout de tissu ou de caoutchouc afin de protéger le bois de l'arme avant le serrage de l'adaptateur. Une fois les deux coques posées l'une sur l'autre, l'adaptateur coulisse le long de son axe depuis l'anneau de grenadière jusqu’au porte-baïonnette. Une fois le bois protégé et la position de l'adaptateur trouvé, il ne reste plus qu'a le fixer grâce au 6 couples vis BTR / écrou. Cet adaptateur est en polymères d'acide polylactique (PLA+) haute densité et haute résistance, aussi connu sous le nom de bioplastique car issu de sources renouvelables et totalement biodégradables.
Le bipied très en avant, style fusil-mitrailleur, n'est utilisable qu'en stand, quand on tire sur une direction fixe (et à condition qu'il n'exerce aucune contrainte sur le canon). Dans certain cas même le fusil ne tient pas sans peine tout seul sur son appuis au repos.
Les fusils de tireur d'élite doivent permettre de couvrir un secteur de tir assez large sans avoir à changer de position, ce qui impose de placer le bipied nettement plus en arrière. Pour se satisfaire d'un sol en dévers, ils ne doivent pas bloquer l'arme "droit sur le bipied". Celui du ZFK 55 offre à cet égard une liberté de mouvement incomparable ; il est certes de prime abord un peu déroutant, mais on s'y fait très bien ; et sur un sol naturel inégal encore mieux (alors que les bipieds rigides du genre Harris, faut presque sortir la pelle US pour préparer l'emplacement).
Lire aussi: Choisir un bipied de carabine
Il est important de noter que pour le TLD on ne place pas forcément le bipied le plus en avant possible ; sur la carabine des records de B. Gineste on pouvait avec la main faible atteindre le réglage de hauteur et le blocage de dévers du bipied Phoenix. Le bipied avancé n'est donc pas un critère absolu de précision...Quant au bipied Harris ... En général c'est soit l'un soit l'autre.
Surtout pour le tir en stand, ce genre de bipied n'apporte que des inconvénients. J'ai le souvenir d'une séance au Mq lu 55 (de prêt) où ce dernier refusait de tenir stablement sur ses petites papates...
Le Schmidt-Rubin 31/55 ZFK est une carabine de match en version militaire. C'est une très belle arme construite à 4260 exemplaires. C'est vraiment dommage de tirer avec, un essais ne fait pas de mal, mais c'est vraiment une arme de collection.
Le point faible de cette arme ( la lunette). Avec les année il faut parfois refaire l'étanchéité et comme la firme Kern a été racheté par Leica ( il faut passer chez Leica) Sinon c'est une lunette très bien construite. Toujours veiller à ce que la lunette est au même numéro que l'arme à l'achat et dans sa boîte métallique verte de port à la ceinture.
Cette arme aurait pu être légèrement améliorée si le constructeur n'avait pas eu à respecter le cahier des charges de l'armée. En effet! Son frein de bouche est prévu pour recevoir la fixation d'une baïonnette ( ce qui est inutile pour une arme longue distance) De plus cela altère légèrement sa précision. Il est sensiblement plus précis qu'un K 31, mais il était possible de faire un peu mieux.
Lire aussi: Bipied idéal pour carabine
Tous ceux qui ont utilisés cette arme en parlent avec fierté et satisfaction. Mon avis personnel à l'utilisation! Le bipied aurait du être placé plus en avant et réglable en hauteur. Ce n'est pas un défaut, car c'est une arme de guerre ( il faut simplement enfoncer les bipied plus profondément dans le sol) et le tour est joué. Mais ce n'est pas possible sur une dalle de béton en stand !
La plupart des bipieds placés à cet endroit résultent du choix de faciliter le tir de traverse en mouvement par rapport à un bipied en position avancée, plus stable longitudinalement. C'est toujours un compromis.
L’application de la doctrine pour le classement des armes d’un modèle pré/1900, laisse parfois perplexe sur le classement d’armes d’épaules issues de toute une lignée. Cette arme est due à la collaboration du colonel Rubin pour la munition et du colonel Schmidt pour l’arme. Il s’agit d’un fusil de conception originale avec une culasse coulissante rotative qui permet un tir beaucoup plus rapide qu’une culasse type Mauser à 4 mouvements.
La cartouche conçue pour cette arme, rangée dans un magasin amovible contenant 12 cartouches, est la GP 90 (GP = Gewehr Patrone : cartouche pour fusil) qui est une 7.5x53,5. Elle est dotée d’une balle cylindro-ogivale de 13.8 g, en plomb, calepinée, animée d’une vitesse initiale d’environ 600 m/s dans un canon long de 780 mm à 3 rayures au pas de 270mm. Ces performances correspondent aux standards de l’époque dans les pays voisins.
Nota : sur beaucoup d’IG 89, et sur les armes qui lui succèderont, on trouve souvent frappée sur le tonnerre de l’arme la lettre« P » suivie d’une date.
Lire aussi: Bipied DIY pour carabine
La fragilité du système de verrouillage de l’IG 89 avec une culasse dotée de 2 tenons localisés tout à l’arrière de celle-ci n’était pas exempte de reproche : au tir l’ensemble vibrait beaucoup, ce qui nuisait à la précision. Le colonel Schmidt n’ayant pas voulu revoir sa copie, la modification fut opérée par le contrôleur Vogelsang. Elle consistait à faire migrer les tenons de verrouillage vers le milieu d’une culasse un peu plus courte que la précédente. Toujours doté du canon, long de 780 mm, à 3 rayures au pas de 270 mm, il tire la cartouche GP 90 qui sera suivie de la GP 90/03 dont la balle en plomb est coiffée d’une calotte blindée puis de la cartouche 90/23 qui intègre un projectile chemisé. 1 280 exemplaires de ce modèle resteront en l’état d’où leur relative rareté.
Destinée à la formation des cadets, cette carabine est chambrée pour la munition GP 90 ainsi qu’une munition sous-chargée d’entraînement (kadetten patrone). Cette arme a été fabriquée à environ 7 900 exemplaires, du n° 1 (1898) au n° 15 477 (1927).
Consciente que la balistique de sa munition GP 90 était dépassée par rapport aux évolutions des pays voisins, la commission fédérale met au point une nouvelle cartouche dotée d’un projectile bi-ogival pesant 11.3 g très aérodynamique aux performances balistiques nettement améliorées. Pour adopter cette nouvelle munition, le fusil 89/96 est profondément modifié : nouveau canon à 4 rayures au pas de 270 mm long de 780 mm, hausse plate adaptée à la nouvelle munition étalonnée jusqu’à 2 000 m. Cette cartouche s’avèrera une des meilleures munitions de moyen calibre dans le monde.
La culasse du fusil 89/96 est suffisamment robuste pour être conservée sur le 1896/11. La grande majorité des IG 1889/96 fut transformée pour tirer la nouvelle cartouche GP 11 (à l’exception de 1 280 unités conservés en l’état). La fabrication s’étend du n°1 (1895) au numéro 349 000 (1912).
Mise en garde : Bien que les 2 cartouches mentionnées ici aient une longueur de douille différente (53.5 mm pour la GP 90 et 55 mm pour la GP 11) la plupart des armes chambrées pour la GP 90 chambrent aussi la cartouche GP 11 sans modification (sans doute à cause du free bore généreux nécessaire pour accueillir la balle cylindro-ogivale calepinée de la GP 90 alors que la GP 11 est dotée d’un projectile très effilé).
La GP 90 développe une pression de 2 600 bars dans ses chargements d’origine alors que la pression de la GP 11 culmine à 3 500 bars. La fabrication va de 1906 à 1911. A noter que la numérotation de 1 à 7 900 est passée de 20 001 à 27 900, par ajout du nombre 20 000, lors de la transformation pour tirer la GP 11.
Fabriqué à 130 000 exemplaires environ, ce fusil reprend les différentes caractéristiques du fusil 1896/11. Il est doté d’un canon long de 780 mm à 4 rayures au pas de 270 mm et devient l’arme de dotation de l’armée suisse. Cette arme a été fabriquée à 185 000 exemplaires de 1914 (n°30 001) à 1933 (n°215 100).
Le duo IG11/K11 présentait l’inconvénient d’entretenir une dualité d’armement. Aussi y avait-il nécessité d’avoir une arme guère plus encombrante que le K11 tout en étant aussi précise que le G11, et étant moins chère à fabriquer.
Développée sous la houlette du colonel Adolf Furet, directeur de la Waffenfabrik, les ingénieurs conçurent une culasse totalement nouvelle, toujours à action linéaire, plus courte que les culasses des modèles précédents et adoptant un verrouillage à 2 tenons en tête avec une cuvette de tir enveloppant le culot de la cartouche. Le canon d’une longueur intermédiaire (65 cm) est à 4 rayures au pas de 270 mm comme ses prédécesseurs IG11/K11 et le chargeur, d’un nouveau type, contient 6 cartouches. Il est fabriqué à 528 320 exemplaires, de 1933 (n° 520 010) à 1953 (n°999 999), puis de 1953 (n°215 001) à 1958 (n° 263 330). Il existe également des fabrications de « séries privées » produites entre 1934 et 1972.
Ces 2 modèles confondus ont été fabriqués à 2 241 exemplaires fabriqués de 1944 à 1946 et numérotés de 450 001 à 452 241. Si la conception mécanique conserve une certaine filiation avec celle du K 31, 3 ou 4 pièces seulement sont interchangeables avec ce dernier. Le canon est plus long, plus étoffé et muni d’un frein de bouche. 4 150 exemplaires.
| Modèle | Période de Fabrication | Nombre d'Exemplaires | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| IG 89 | Culasse à 2 tenons, cartouche GP 90 | ||
| Fusil 89/96 | 1895-1912 | 349 000 | Nouveau canon, cartouche GP 11 |
| Fusil 1896/11 | 1906-1911 | Transformation pour tirer la GP 11 | |
| K11 | 1914-1933 | 185 000 | Canon long de 780 mm |
| K31 | 1933-1958 | 528 320 | Culasse plus courte, verrouillage à 2 tenons |
| K31 (séries privées) | 1934-1972 | ||
| ZFK 31/55 | 1944-1946 | 2 241 | Canon plus long avec frein de bouche |
tags: #bipied #fusil #schmid #rubin