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La Bataille de Stalingrad, l'un des tournants décisifs de la Seconde Guerre mondiale, a été le théâtre d'exploits héroïques, notamment ceux des snipers soviétiques. Parmi eux, Vassili Zaitsev est devenu une légende, et son fusil Mosin-Nagant, une relique exposée dans les musées.

Le Cinéma et la Légende du Sniper

Clint Eastwood, dont le cinéma n’est d’ailleurs pas dénué de points communs avec celui de Ford, semble avoir bien retenu cette leçon. Ainsi s’achevait un film lui-même légendaire, L’Homme Qui Tua Liberty Valence, western déjà crépusculaire de John Ford. « Quand la légende surpasse la réalité, imprimez la légende ».

A l’origine des velléités guerrières de ce Chris Kyle, il y a donc la parabole enseignée par son père lors de dîners familiaux peu conviviaux. Dans la vie, il y a les moutons, les chiens de bergers et les loups, martèle le père. Et dans cette famille, il n’y a pas de place pour les moutons. Encore moins pour les loups. Très jeune, ‘The Legend’ se pense donc investi d’une mission sacrée : protéger son prochain.

Mais dans l’étrange genèse narrée par le sévère patriarche de la famille Kyle, il existe aussi une forte symbolique du geste meurtrier. Aussi les attentats du 11 septembre 2001 réveillent-ils un trouble profondément inscrit dans le cœur de Kyle. Cowboy désœuvré, il croit enfin trouver le but de sa vie en s’engageant dans les NAVY Seals, un corps de tireurs d’élites de l’armée américaine.

Mais une fois sur le terrain, la guerre se révèle dans toute l’ampleur sordide de sa réalité. La gâchette ne fait pas de favoritisme ; femme, enfant, terroriste, civil, peu importe ; tout ce qui semble un peu louche y passe. Pourtant le doute n’a pas l’air d’assaillir le héros Eastwoodien. Chris ‘The Legend’ Kyle, interprété par un Bradley Cooper plus massif que jamais, vit la guerre comme un immense jeu vidéo. Un pied sur le lieu des opérations, l’autre auprès de sa femme et de ses enfants, il semble vivre ces deux vies en parallèle, jamais complètement dans l’une ni dans l’autre.

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Et c’est sans doute la grande originalité du film d’Eastwood : c’est peut-être la première fois que l’on voit une guerre au cinéma se dérouler à la fois sur le champ de bataille et dans la vie quotidienne du guerrier, en temps réel, via un simple téléphone cellulaire. Car le principal problème de cet American Sniper est qu’Eastwood lui-même ne semble pas vraiment savoir où il veut en venir, comme s’il n’avait pas réussi à prendre clairement son parti entre le film patriotico-manichéen auquel le sujet se prête un peu trop ; et la critique du traumatisme de guerre qui fut si bien traitée dans le cinéma post-Vietnam.

Les scènes dans lesquelles Eastwood laisse affleurer le doute de son héros, autrement comme taillé dans un rocher immuable, sont pourtant les plus réussies. Ainsi, se distinguent des retrouvailles troublantes avec un frère terrifié et désabusé ; et une rencontre décalée avec un vétéran admiratif qui embarrasse le foudre de guerre, peu disert quant à ses exploits épiques. L’incompréhension, l’inadaptation du héros à rejoindre la vie réelle amorcent des possibilités de réflexion plus profondes qui, hélas, ne sont jamais vraiment exploitées.

Mais surtout, il néglige l’une des pistes les plus intéressantes d’un film globalement trop lisse : la possibilité du duel qui oppose le sniper américain et son rival, un mercenaire tireur d’élite appelé « Mustafa ». De ce personnage, qui aurait pu faire office de contrepoint, de négatif, de mise en abîme, de revers de la médaille qu’incarne Kyle, on ne saura rien. Certes, le procédé avait déjà été utilisé par Jean-Jacques Annaud dans Stalingrad.

Mais ici, point de vision de la guerre dans la bataille intime de deux rivaux ; seul le point de vue de Kyle est présenté ; seul le « Sniper Américain » se voit pourvu d’une épaisseur émotionnelle et psychologique. Si bien que lorsque les lumières se rallument, ne reste qu’un vague sentiment d’inaboutissement qui laisse franchement perplexe. Le problème est peut-être qu’à trop vouloir imprimer la légende, le risque est de mentir plus ou moins malgré soi.

Vassili Zaitsev et son Fusil Mosin-Nagant

Le fusil Mosing Nagant de célèbre Vassili Zaitsev, sniper russe, élément de propagande de l'armée Soviétique pendant la Bataille de Stalingrad, qui fut selon les Soviétiques, l'auteur de 225 tirs au but authentifiés. Il reste cependant un sniper incontournable et causa certainement quelques jolies dégats dans les rangs de la Wehrmacht. Il inspira également le célèbre film, STALINGRAD.

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Son fusil est exposé tel une relique dans un musée, je ne sais plus lequel. Une photo de ce fusil avait été, parmi d'autres, passée dans un article de la revue "Cibles" au cours des années 70. Signé de Mr Guy Trapenat, alors Président des Arquebusiers de France, intitulé "Croix de bois, croix de fer, si je meurs, je vais en enfer", il relatait une promenade dans l'ex Union Soviétique avec diverses visites de musées.

Avant le 10 novembre, il avait déjà tué 32 soldats de l’axe avec son fusil Mosin ordinaire. On estime à 28 le nombre de franc-tireurs qu’il a entraîné. Ceux-ci tuèrent plus de 3 000 soldats ennemis. Zajciev a servi jusqu’en janvier 1943, lorsqu’une blessure aux yeux l’empêcha de se battre.

Après son retour au front, Zajciev a fini la guerre sur le fleuve de Dniestr avec le grade de capitaine. Selon le livre Stalinghrad d’Anthony Beevor, quelques sources soviétiques déclarèrent que les Allemands firent venir le chef de leur école de tireur d’élite, le Major Heinz Thorvald, pour stopper Zajciev.

Zajciev, après une chasse de plusieurs jours, repéra son adversaire se cachant sous un morceau de tôle ondulé et tira. Le viseur télescopique du fusil de Thorvald, prétendument le trophée le plus prisé de Zajciev, est toujours exhibé dans le Musée des forces armées de Moscou. Cependant, l’histoire entière demeure essentiellement non confirmée.

Zajciev est né à Yelino, a grandi dans les montagnes de l’Oural et a appris l’habileté au tir en chassant le cerf.

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Le Mosin-Nagant : Un Fusil Iconique

Le Mosin-Nagant fut décliné en plusieurs versions, et utilisé de 1891 à 1965. Dans les années 1930, Le Mosin-Nagant connait une version de précision (en 1932), et est utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la seconde Guerre mondiale. Trois variantes au moins existent avec 3 lunettes différentes et des montages différents. Tous ont le levier de culasse allongé et coudé.

Un, avec la lunette PU (3,5×22) et un montage latéral, un autre avec la lunette PE, plus élaborée et le dernier avec la lunette PEM et son montage spécifique, vissée à l’avant du boîtier également.

Roza Chanina : Une Autre Héroïne de la Guerre

Roza Chanina se porte volontaire pour servir comme tireur d’élite en première ligne, et on lui attribue un total de 59 ennemis tués. Roza Chanina est née à Edma, petit village russe du gouvernement de Vologda. Elle participe ensuite volontairement au Vsevoboutch - l’entraînement militaire pour les hommes de 16 à 50 ans - et entre plus tard en juin 1943 à l’Académie centrale de formation des femmes tireurs d’élite de Podolsk dans l’oblast de Moscou après deux années d’altercations avec la direction du centre de recrutement, où elle venait régulièrement demander à être engagée.

Le 22 juin 1943, Roza Chanina s’enrôle dans l’Armée rouge et le 2 avril 1944, elle rejoint la 184e division de fusiliers où un peloton féminin de tireurs d’élite avait été formé. Elle combat pendant neuf mois et participe à la grande offensive soviétique sur Vilnius, déclenchée le 5 juin 1944. Un jour, en recevant l’ordre du commandant du bataillon de retourner sans délai à l’arrière, Chanina aurait répondu : « J’y retournerai après la bataille ».

Roza Chanina avait quatre frères et une sœur : Fiodor, Lidiya, Marat, Mikhaïl et Sergueï. Mikhaïl mourut au cours du siège de Léningrad en 1941, Fiodor fut tué la même année pendant la campagne de Crimée et Sergueï ne revint pas non plus de la guerre.

La vie personnelle de Chanina a été contrariée par la guerre. Le 10 octobre 1944, elle écrit dans son journal : « Je ne peux pas accepter que Misha Panarin ne vive plus. Quel bon garçon ! [Il] a été tué… Il m’a aimée, je sais, et moi aussi… Mon cœur est lourd, j’ai vingt ans, mais je n’ai pas d’ami proche ».

En novembre 1944, Chanina écrit qu’elle se « bat dans sa tête et qu’elle [aime] » un homme nommé Nikolai, bien qu’il « ne brille pas par la scolarité et l’éducation ». Dans la même page, elle écrit qu’elle ne pense pas au mariage parce que « ce n’est pas le moment maintenant ». Elle écrit plus tard qu’elle « est sortie » avec Nikolai et lui a « écrit une note dans le sens de « mais je me donne à [celui-ci] et n’aimerai aucun autre » ».

Le correspondant de guerre Pyotr Molchanov, qui avait fréquemment rencontré Roza Chanina au front, l’a décrite comme une personne d’une volonté inhabituelle, dotée d’une nature authentique et brillante. Elle avait un caractère simple, et estimait important le courage et l’absence d’égotisme chez les autres personnes.

Chanina s’est décrite elle-même comme une « bavarde illimitée et téméraire » pendant ses années de collège. Selon la sœur de Chanina, Lidiya Vdovina, Roza avait l’habitude de chanter sa chanson de guerre préférée « Oy tumany moi, rastumany » (« Ô mes brumes ») à chaque fois qu’elle nettoyait son arme.

Roza Chanina a obtenu l’ordre de la Gloire par deux fois, devenant ainsi la première femme à recevoir l’une des plus hautes décorations soviétiques de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui a valu la célébrité dans l’ensemble du pays et la publication d’articles et de photos à son sujet dans les médias. Pendant la guerre, elle est baptisée par les journalistes étrangers la « Terreur invisible de la Prusse orientale », du nom de la région où elle combattait depuis l’automne 1944.

Son journal de combat et plusieurs de ses lettres ont été publiés après sa mort, à partir de 1965, renouvelant l’intérêt pour Chanina dans la presse soviétique. Des rues à Arkhangelsk et dans les localités de Changaly et Stroïevskoïe ont été nommées en son honneur. Son village de Edma (Yedma) possède un musée qui lui est consacré.

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