Le choix d’une balle pour arme à canon lisse est toujours un sujet un peu complexe. Contrairement à un canon rayé qui accepte assez bien tous les types de balles avec les différentes variantes de masses et de profils qui peuvent exister pour un même calibre, le sujet est assez différent pour le canon lisse. Une arme à canon lisse offre des possibilités et une diversité technique sans égal qui complique sensiblement la question balistique.
La qualité très variable des tubes qui constituent le canon, leur longueur, la présence ou non d’un emprunt de gaz et sa technologie, l’épaisseur du tube qui a une incidence sur sa réaction lors de la phase de tir sont des facteurs qui ont une importance relative. Il faut également considérer le diamètre d’âme qui pour le seul calibre 12 est compris entre 18,20 mm et 18,85 mm selon le profil et la nature technologique, le diamètre de chambre, la longueur de chambre et la longueur de son cône de raccordement.
Lorsque l’on sait que la norme pour ce calibre de référence est de 18,50 mm et que la quasi majorité des projectiles possède un diamètre de 18,60 mm, on comprend un peu mieux pourquoi il peut exister des différences de comportement d’une balle à une autre. Lorsque à cela on rajoute la possibilité de tirer trois voir quatre longueurs de douille pour un même calibre avec des résultats très variables, même pour une balle identique, la chose se complique encore. Pour couronner le tout, si l’on fait entrer de plein droit dans l’équation les caractéristiques technologiques propres à chaque chargement et à chaque balle, le problème devient véritablement un casse tête inabordable pour l’utilisateur lambda. Ceci explique peut être pourquoi la grande majorité des chasseurs va chez son armurier pour acheter « une boîte de balle !!! ».
Il y a pourtant depuis 1898 une référence incontournable que chaque chasseur connaît bien ; il s’agit de la balle « Original Brenneke », considérée comme le passe partout qui ne décevra pas quelle que soit l’arme que l’on possède. Très souvent copiée, imitée, contrefaite, elle a malgré tout su s’imposer et conserver une place de choix enviée par beaucoup de fabricants. Certains ont essayé d’améliorer le concept de base au travers d’une technologie moderne plus avancée ; c’est le cas en autre d’une balle d’origine Française qui connaît un engouement croissant ces dernières années.
Dans le but de comparer ce qui peut l’être, c’est-à-dire les caractéristiques de balistique extérieures et de balistique terminale, nous avons procédé à un comparatif sans concession qui permet de mettre en évidence, les qualités et éventuellement les vices de chacune de ces balles. Pour évaluer ces quatre balles assez différentes d’un point de vue technologique, même si elles se ressemblent vaguement, nous avons utilisé un fusil de chasse mono canon étalon qui permet donc bien de tester une balle et non un tube.
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Cette subtilité échappe parfois à certains utilisateurs ; elle est pourtant primordiale. Une balle est un objet étudié d’un point de vu physique, mécanique, et dynamique. Le concepteur s’il possède les compétences nécessaires peut intervenir et maîtriser l’ensemble des paramètres grâce à des lois connues qui font qu’un projectile volera correctement ou non. La meilleure balle du monde tirée dans un tube de mauvaise qualité ou dont les caractéristiques physiques et mécaniques présentent une imperfection d’importance plus ou moins variable donnera de mauvais résultats en terme de balistique extérieure.
Par contre une balle de qualité courante ou basique pourra compenser une partie de la défaillance du tube et donner des résultats acceptables. Comme l’on dit parfois, l’erreur de l’un compense l’erreur de l’autre. Cela est courant pour les armes possédant deux canons.
Il faut donc comprendre qu’une balle vole correctement ou qu’elle est projetée dans l’espace de manière plus ou moins aléatoire en fonction des lois de dynamique et de mécanique des fluides auxquelles elle est confrontée. Hormis ce « détail somme toute banal » toutes les balles volent simplement, plus ou moins bien. Bien malin celui qui est capable d’expliquer le pourquoi et le comment sans connaissance parfaite des lois physiques qui régissent l’ensemble des conditions de vol d’un objet lancé dans l’air. Un caillou catapulté dans l’espace vole ; à sa façon, mais il vole sur une durée variable en fonction de différents paramètres.
Lorsque l’on compare les données de balistique extérieure, on se rend compte que malgré quelques différences notables, les performances générales restent assez proches pour l’ensemble des projectiles considérés. En terme de balistique extérieure, la balle moderne FIER ne se démarque donc pas de ses concurrentes d’une manière très flagrante malgré une technologie très particulière. Il convient toutefois de préciser sa bonne adaptabilité au tir dans des armes aussi diverses que variées ce qui est un point positif.
Sa précision reste souvent très acceptable que ce soit avec une arme dotée d’un ou plusieurs canons ce qui lui permet de rivaliser directement avec les meilleurs chargements dotés de la balle Brenneke. Mais là où elle se différencie réellement, c’est au travers d’une part de l’absence d’emplombage du canon qu’elle laisse propre même au terme de tirs répétés ; et d’autre part eu égard de sa capacité pénétrante.
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Sa technologie particulière qui consiste à placer un pénétrateur profilé en laiton enveloppé d’une masse additionnelle à l’intérieur d’une enveloppe souple en matière plastique accroît sa propension à la pénétration de 15% à 30% selon la nature de la cible. A la distance de 45 mètres, avec une énergie cinétique inférieure de 4% à celle de la balle Original Brenneke, elle dispose d’un potentiel pénétrant de 35% environ supérieur à celui de la balle de référence.
Par rapport à la balle Brenneke Bronze, son potentiel pénétrant est 8% à 10% supérieur, malgré une énergie cinétique inférieure de 37 % environ à la même distance de 45 mètres. Enfin si on la compare à la Brenneke Émeraude, malgré une énergie cinétique inférieure de 18% environ, sa capacité pénétrante potentiel reste de 15% à 25% supérieure dans des conditions analogues de tir.
Cela s’explique par l’effet de freinage brutal de la balle au moment de l’impact qui permet au container de libérer sur une courte durée l’ensemble mécanique constitué du pénétrateur et de la masse additionnelle. Cela a pour effet de réduire la section du projectile dans des proportions importantes générant ainsi un accroissement du taux d’énergie cinétique surfacique qui favorise la pénétration en profondeur.
En terme de quantité de mouvement qui matérialise le stopping power virtuel, la balle Brenneke conserve une supériorité incontestable. A titre de comparaison, à la distance de 45 mètres, la balle FIER possède une quantité de mouvement de l’ordre de 9,77 N.s ; la balle Original Brenneke 10,55 N.s ; la Brenneke Bronze environ 11,51 N.s et la Brenneke Émeraude 11,69 N.s.
Le choix entre les munitions à plomb et celles en acier est un facteur important lors de la préparation de vos sorties de chasse. Les deux types de munitions présentent des caractéristiques distinctes, influençant non seulement l’efficacité de vos tirs, mais aussi votre conformité avec les régulations environnementales.
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Le choix des calibres et des types de cartouches est essentiel pour une chasse réussie. Que vous chassiez du petit gibier comme les lièvres et les faisans ou du gros gibier tel que les sangliers et les cerfs, les cartouches doivent être choisies en fonction de votre arme, des distances de tir, ainsi que du type et de la taille du gibier. La performance de la chasse dépend non seulement de votre technique, mais aussi de l'optimisation de votre équipement.
Sur les forums de chasse, les discussions portent souvent sur la compatibilité des balles Brenneke S avec différents types de fusils, notamment ceux éprouvés à 900 bars. Les utilisateurs partagent leurs expériences et leurs connaissances sur les pressions développées par ces munitions et les risques potentiels pour les canons.
Il est conseillé de vérifier auprès des fabricants (comme Prévôt) pour connaître les pressions spécifiques de chaque munition et de s'assurer de la compatibilité avec son arme. De plus, il est important de prendre en compte le chokage du canon, car certaines balles sont plus adaptées à certains chokes que d'autres.
Les balles sous-calibrées, comme la Brenneke S, sont conçues pour être tirées dans des canons plus chokés. Elles développent généralement moins de pression qu'une balle du calibre, ce qui réduit les contraintes sur le canon.
Les balles ensabotées, quant à elles, sont conçues pour minimiser les pressions et faciliter le glissement dans le tube, ce qui permet de conserver la vitesse et d'éviter un effet "torpédo" au niveau de la bouche.
| Balle | Quantité de mouvement (N.s) à 45m | Potentiel pénétrant |
|---|---|---|
| FIER | 9,77 | Supérieur de 15-30% à la Brenneke Original |
| Original Brenneke | 10,55 | Référence |
| Brenneke Bronze | 11,51 | Inférieur de 8-10% à la FIER |
| Brenneke Émeraude | 11,69 | Inférieur de 15-25% à la FIER |
Il faut retenir qu’il est indispensable de trouver le projectile qui s’adapte à son canon ! Un choix à l’emporte-pièce, a de grande chance de provoquer un manque de précision considérable. C’est alors qu’interviennent une armada de projectiles dédiés à ce cas de figure ! Parmi les plus connus : Brenneke S, balle flèche Sauvestre, balle F.I.E.R , balle Dupleck, winchester rifled, pour ne citer que les principales. Concernant ces nommées, toutes utilisent un principe de fonctionnement qui leur est propre, avec cependant un point commun : un diamètre largement inférieur au diamètre d’âme du canon, et le fait que le projectile n’est jamais en contact direct avec ce dernier !
Certes, l’essais de plusieurs munitions a un coût, il est cependant à notre sens indispensable !
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