La chasse au sanglier occupe une place particulière dans la culture cynégétique européenne. Gibier emblématique par sa force, sa ruse et son adaptabilité, le sanglier est un adversaire redouté et respecté.
Commençons par le commencement. Des cochons furent ensuite importés en Europe et mêlés à ceux domestiqués sur place.
Alors que l’Hexagone comptait à peine quelques dizaines de milliers de sangliers dans les années 1960, ils dépassent le million depuis les années 2000. Les chasseurs en ont lâchés à partir d’élevages.
Les études à ce sujet sont contradictoires. Par exemple, une forte abondance locale en forêt méditerranéenne pourrait faire chuter les effectifs d’oiseaux nichant au sol. Les ongulés ont bon dos. En tête des cultures touchées : les champs de maïs, suivis par les autres céréales et les prairies.
Un autre méfait imputé aux sangliers est celui des collisions routières, dont le nombre est estimé à environ 5 000 par an. Mais qui sont réellement les fautifs : les sangliers ? Ceux qui les font détaler lors des battues ?
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Un fonds d’indemnisation est géré au niveau départemental par les Fédérations des Chasseurs (avec quelques particularités en Alsace-Moselle). Par exemple dans l’Oise, deux techniciens posent des clôtures toute l’année chez les agriculteurs du département.
Tout cet arsenal permet aux chasseurs de pouvoir chasser à peu près partout. En dehors de la période d’ouverture générale de la chasse (de septembre à février), les sangliers peuvent être abattus à partir du mois de juin dans beaucoup de départements, parfois dès le mois d’avril et même la nuit, voire dès le mois de mars.
Certains agriculteurs réclament le droit d’abattre eux-mêmes les sangliers par affût, en dehors du contexte de la chasse. Rares sont les recherches sur des méthodes alternatives, par exemple la stérilisation. Elle serait pourtant envisageable, avec toutes les études préalables et les précautions écologiques qui s’imposent.
La balle Brenneke représente l’une des innovations les plus remarquables de l’industrie munitionière allemande du XXe siècle. Cette munition spécialisée, caractérisée par sa forme torpillée distinctive et son système de bourre de feutre intégrée, témoigne de l’évolution des techniques de chasse au tournant du XXe siècle. La société Wilhelm Brenneke GmbH & Co.
L’émergence de la balle Brenneke s’inscrit dans le contexte de la révolution industrielle allemande de la fin du XIXe siècle. L’Allemagne wilhelminienne, en pleine expansion économique, voyait se développer une bourgeoisie industrielle friande de chasse sportive. Wilhelm Brenneke révolutionna cette approche en développant le concept de projectile unique (slug) pour fusil de chasse.
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La conception technique de la balle Brenneke repose sur plusieurs innovations majeures qui en font un projectile d’exception. Le corps principal, coulé en plomb durci, présente des hachures longitudinales caractéristiques qui favorisent l’expansion contrôlée lors de l’impact. La bourre de feutre constitue l’élément le plus innovant du système. Maintenue par une vis métallique traversante, elle assure une étanchéité maximale avec les gaz propulseurs tout en stabilisant la trajectoire. Les dimensions standardisées varient selon les calibres : une balle calibre 12 mesure environ 18,5 mm de diamètre pour une longueur de 35-40 mm.
L’histoire de Brenneke se caractérise par une innovation constante qui donna naissance à plusieurs gammes spécialisées. La TUG (Torpedo Universal-Geschoß), développée en 1935, marqua une nouvelle étape avec son noyau dur optimisé pour le très gros gibier. L’ère moderne vit naître la TOG (Torpedo Optimal-Geschoß) en 2003, puis la TAG (Torpedo Alternativ-Geschoß) sans plomb en 2007.
L’adoption de la balle Brenneke transforma radicalement les pratiques cynégétiques européennes du XXe siècle. Les sociétés de chasse française adoptèrent massivement cette munition dès les années 1920. L’influence culturelle dépassa le simple cadre technique. La balle Brenneke devint un symbole de modernité dans les milieux cynégétiques, représentant l’alliance parfaite entre tradition et innovation.
L’identification précise d’une balle Brenneke repose sur l’analyse de plusieurs critères morphologiques distinctifs. La forme de la pointe évolua significativement au cours du temps. Le diamètre de la vis centrale offre un critère de datation fiable : 2,5 mm pour les premiers modèles, 3 mm à partir de 1925, puis 3,5 mm pour les versions modernes. Les marquages éventuels sur la base constituent des éléments d’expertise précieux.
Les balles Brenneke authentiques présentent des hachures longitudinales caractéristiques, une vis centrale spécifique et souvent des marquages « BRENNEKE » gravés. Les balles Brenneke historiques utilisaient principalement du plomb durci avec de l’antimoine (2-5%), la vis centrale étant en acier au carbone. Une balle Brenneke calibre 12 authentique mesure 18,5 mm de diamètre pour 35-40 mm de longueur, pesant 28-31 grammes selon la période.
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Jusqu’en 2013, où les munitions d’origine militaire n’ont plus été interdites au public, le marché était principalement détenu par le 7×64, ou le 300WM, et, moins représenté, le 9,3×62. Les deux dernières munitions sont destructrices de la venaison du chevreuil, le 7×64 a longtemps été le choix raisonné de calibre de chasse rayé.
Bien que le 7×64 soit le plus souvent équipé de balles de 11g à 11,5g, le choix de celles des environs de 10g semble être une excellente opportunité : un peu moins de recul, pour une vitesse et une DRO augmentées. Encartouchée par tous les fabricants européens, et les grands internationaux, le 7×64 est proposé dans un choix de balles pléthorique.
Les chasseurs disposent aujourd’hui d’un large éventail de calibres adaptés au sanglier. Les grands classiques européens, tels que le 9,3×62, le 7×64 ou encore le 8×57 JS, jouissent d’une réputation solide bâtie sur des décennies de pratique. Du côté américain, des calibres universels comme le .308 Winchester ou le .30-06 Springfield ont su convaincre par leur polyvalence et la diversité de munitions disponibles. Pour ceux qui privilégient la portée et l’énergie, le 300 Winchester Magnum se révèle redoutable, tandis que d’autres optent pour des calibres plus doux comme le 6,5×55 SE ou même le .243 Winchester, réservés aux jeunes animaux et aux chasseurs recherchant un recul réduit.
Lors de l’achat d’une carabine, celle-ci est en principe conçue pour fonctionner de manière optimale avec certaines munitions. Toutefois, les chasseurs peuvent être amenés à utiliser des projectiles différents selon les modes de chasse ou les conditions rencontrées. Le choix du projectile doit alors respecter l’équilibre initial prévu par le canonnier, car le pas de rayure du canon, lui, est fixe et ne peut être modifié.
Lorsqu’une balle atteint un animal, deux phénomènes physiques fondamentaux entrent en jeu : l’énergie cinétique, responsable du travail de destruction dans les tissus, et la quantité de mouvement, parfois invoquée pour expliquer un prétendu « choc d’arrêt », mais dont l’importance réelle dans la létalité a souvent été surestimée.
Les normes recommandées en France pour le tir des ongulés, notamment celles de l’ANCGG, exigent un minimum de 1 000 Joules à 100 m pour les chevreuils et au moins 2 500 J pour les sangliers ou cervidés adultes. Ces seuils correspondent à l’énergie minimale nécessaire pour assurer une destruction rapide d’organes vitaux avec un effet létal quasi-immédiat, à condition que la balle soit correctement construite (bonded, monolithique, demi-blindée, etc.) et conserve suffisamment de masse lors de la pénétration.
Au coup de feu, le gibier blessé marque souvent le coup. Il est donc important d'apprendre à lire et reconnaître ses réactions, souvent furtives, afin de pouvoir renseigner le conducteur de chien de sang sur la zone présumée touchée. Que faites-vous lorsque vous vous piquez, brûlez, cognez ou coupez ? Vous faites un mouvement de réaction à la douleur. Dans le cadre de la chasse, il en est de même et la réaction d’un gibier au coup de feu peut en apprendre beaucoup au chasseur sur l’endroit touché par son projectile.
Si ce réflexe n’est pas inné, tirer avec les deux yeux ouverts s’avère plus efficace et sécurisant. Garder les deux yeux ouverts offre plusieurs avantages. D’abord, cela élargit significativement le champ visuel au moment du tir. Ensuite, cela permet d’évaluer plus précisément la vitesse de déplacement et la position de la cible dans l’espace. L’œil du côté opposé apporte une sorte de profondeur supplémentaire, une troisième dimension, qui enrichit la perception de l’environnement : relief, obstacles, arbres, et surtout la présence éventuelle d’autres personnes. On prend mieux en compte l’ambiance générale autour de la cible.
A la chasse, question ô combien récurrente ! En fait, le calcul pour déterminer l’avance à mettre sur un gibier qui court, est simple dans sa formulation. Il suffit de multiplier le temps de vol du projectile pour atteindre le point visé, par la vitesse de déplacement du gibier. On obtient ainsi la distance à devancer, ce qui permet d’appliquer, dans le sens du mouvement, la correction en direction, pour toucher la cible.
Imaginons maintenant que ce même sanglier débuche à cette vitesse en plein travers à 100 mètres. Pendant le temps qu’il faudra à la balle pour couper la trajectoire du sanglier, celui-ci se sera donc déplacé de 1,20 mètre (10 m/s x 0,12 s), c'est-à-dire que, sans un accompagnement du mouvement dans le geste du tir, le sanglier est au mieux raté, ou au pire blessé par une balle « arrière », ce qui, de toute façon, n’est pas acceptable pour le chasseur.
Lors d’un tir, le recul est une réalité incontournable. Or, ce phénomène, souvent résumé à une « gifle dans l’épaule », repose en fait sur des bases physiques précises et complexes. Comprendre ses causes, ses manifestations et les moyens de le réduire permet de mieux choisir son arme et ses munitions, mais aussi d’améliorer ses performances.
En pratique, ces trois séquences s’enchaînent si rapidement que le tireur les perçoit comme un seul et unique mouvement.
En 1783, un sanglier commet des ravages affreux dans le parc de Cognac, et même dans les faux-bourgs de cette Ville. Des gentilshommes des provinces de Saintonge & d’Angoumois décident alors de se réunir le 12 Juin de la même année pour le chasser.
Enfin, le 28 Novembre 1786, l’animal indomptable a été poursuivi pendant sept heures par plus de soixante paysans, qui lui tirent au moins quatre-vingt coups de fusils à bout portant, sans pouvoir lui faire la moindre blessure. Le sanglier se jette sur l’un d’eux et lui dévore un bras et une partie du visage.
Le lendemain quatre Gentilshommes se mettent à ses trousses, et le chassent pendant deux heures. Le sanglier traverse l’étang de Solençon quatre fois de suite . En sortant de l’eau, il veut se jeter sur l’un des chasseurs, un Officier au Régiment du Perche. Ce jeune militaire, âgé de 17 ans, lui tire alors un coup de fusil si juste, qu’il le fait tomber raide mort, avec une seule balle.
Si les densités de grand gibier ne cessent de progresser presque partout en France parce que les chasseurs ont appris à gérer les différentes espèces présentes sur leurs territoires, beaucoup d'animaux sont encore tirés avec des armes et des munitions mal adaptées. Ceci provoque la perte de nombreuses pièces mais apporte aussi des arguments supplémentaires aux adversaires des chasseurs, qui prennent de plus en plus de poids et savent utiliser toutes nos faiblesses. Or, pour continuer à exister, le chasseur de la fin du XXe siècle devra avoir un comportement irréprochable.
La chasse moderne du grand gibier, qui ne donnera que peu de prise aux critiques de nos adversaires et permettra le maintien de densités importantes d'animaux, passe obligatoirement par l'emploi de la balle. D'abord imposée par le législateur, la balle est aujourd'hui vantée par la quasi totalité des chasseurs.
Mais pour se révéler réellement efficace, une balle doit être adaptée au gibier tiré, au mode de chasse pratiqué et à l'environnement, et employée dans l'arme qui convient pour chaque cas.
Le fusil est l’arme de chasse la plus polyvalente. D’ailleurs, si on ne devait avoir qu’une arme, il faudrait avoir un fusil ! Depuis la balle ronde en passant par la BRENNEKE, qui a ouvert la voie aux balles modernes, les balles de fusil existent sous des formes très variées, et sont souvent plus techniques que les balles de carabine.
Lors d’une battue, une balle aurait ricoché avant d’atteindre une maison à Roaillan. Le sanglier est la bête noire des agriculteurs mais aussi des chasseurs. Depuis une dizaine d’années, le suidé envahit les campagnes et s’approche des villes. Ils occasionnent de nombreux dégâts et sont source d’inquiétude pour les automobilistes.
Les prévenus qui pratiquent l’activité cynégétique depuis plus de trente ans, reconnaissent avoir fait une erreur . « Depuis ma position, je ne voyais pas la maison », se défend le chasseur. « Cette histoire nous a tous marqués », dit le lieutenant de louveterie.
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