L'histoire des armes de poing est riche et complexe, marquée par des innovations constantes et une évolution des usages. Ces armes, conçues pour être utilisées d'une seule main, ont joué un rôle crucial dans les conflits, la défense personnelle et le tir sportif à travers les siècles.
Les premiers pistolets sont apparus à l'aube de l'histoire des armes à feu. Les plus anciens pistolets connus ont été utilisés lors de la bataille de Towton en Angleterre le 29 mars 1461. Ces armes étaient d'une taille imposante, dotées d'un canon unique à chargement par la gueule et d'un système de mise à feu initialement par mèche, puis par rouet et enfin par silex.
Les premières armes à feu portatives étaient des couleuvrines à main. Elles consistaient en un simple canon percé d'une lumière, avec un fût de bois pour le maintenir à bras. Le chargement se faisait à l'avance, et la mise à feu était réalisée en posant une mèche enflammée directement sur la lumière. Il n'y avait pas d'organes de visée et l'arme étant lourde, elle était posée sur une fourche (qui peut être un pavois spécifique protégeant le tireur). Elle tire une bille ronde de plomb.
Ces systèmes ont permis d'améliorer la mise à feu. La platine à rouet, une sorte de briquet à ressort, était cependant fragile et délicate. La platine à mèche utilisait un bassinet contenant une petite quantité de poudre, enflammée par une mèche attachée à un chien.
Cette invention a marqué une révolution, permettant de tenir une arme à feu sur soi, prête à l'usage. La platine à silex utilisait les étincelles produites par la chute du silex sur une partie cémentée pour enflammer la poudre. La platine a silex ajoute un couvre-bassinet, ce sont les étincelles provoquées par la chute du silex sur la partie cémentée du couvre-bassinet qui produisent les étincelles de mise à feu.
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La découverte du fulminate de mercure a permis de simplifier encore davantage la mise à feu. La simple percussion d'une capsule mettait le feu à la poudre à travers la cheminée, sans l'aide d'un bassinet.
Au XIXe siècle, Samuel Colt a inventé le système du barillet et du revolver (vers 1840). Toujours à percussion (c'est à dire, avec chargement du barillet avec de la poudre en vrac, et une bille de plomb dans chaque chambre préalablement au tir), cette arme présente l'incroyable avantage de pouvoir tirer 6 coups à la suite sans avoir à recharger ou porter autant d'armes que l'on espère tirer de coups, comme les gravures de pirates ^^.
Plus qu'une arme, le colt est un symbole de l'Amérique, de la conquête du Far West, de ses cow-boys bourrus et sans peur. En 1847, à Hartford, sa ville natale, il recrée une manufacture. Cette fois-ci, l'entreprise prospère. Les modèles de revolver qu'elle produit deviennent peu à peu si populaires que les Américains ne disent plus revolvers, mais "colts". Les contrats s'enchaînent, les modèles iconiques aussi : le Dragoon, le Baby Dragoon, ou encore le fameux 1851 Navy.
Durant le XIXème siècle, un nouveau système de mise à feu a vu le jour : le système à percussion (marteau frappant l’arrière de la munition). Comblant les lacunes de la platine à silex, le système à percussion va également modifier les standards des armes à feu ; là où le système à silex fonctionnait avec des cartouches en papier, le nouveau mode de mise à feu fonctionne uniquement avec des cartouches en laiton.
De 1890 à 1900, les progrès de la métallurgie et l’apparition de poudres sans fumée, favorisèrent l’éclosion de nombreuses inventions en matière d’armes d’épaule et d’armes de poing. Pour ces dernières, les nouveautés apparurent surtout dans le domaine des pistolets semi-automatiques car les armuriers et les inventeurs cherchaient à remplacer le revolver, par une arme moins épaisse et plus rapide à recharger.
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À la fin du XIXe siècle, la gendarmerie était équipée d'armes conçues après la guerre de 1870-1871. Les armées françaises ont été dotées de revolvers performants (modèles 1873 et 1874) et du système Gras. La gendarmerie a dû attendre pour rivaliser avec ses homologues étrangers en matière de moyens. Ces nouvelles armes ont permis de mieux lutter contre les hors-la-loi.
La guerre de 1870 a révélé les faiblesses des armées françaises. Le fusil Chassepot a été remplacé par le fusil Gras, qui utilisait une cartouche métallique. La culasse du Chassepot a été modifiée pour des raisons économiques.
La gendarmerie n'a pas reçu le fusil Gras, mais une version carabine (modèle "1874 Modifié 1880"). Cette arme plus courte facilitait les mouvements du cavalier et était plus adaptée aux affrontements de rue.
En 1886, le fusil Lebel a été adopté. Berthier a créé une carabine (modèle 1890) avec un chargeur de quatre cartouches. En 1892, la gendarmerie a adopté la carabine de l'Artillerie. L'arme la plus intéressante de cette série reste le pistolet-revolver 1892.
La Première Guerre mondiale a entraîné un développement important de la fabrication des armes de poing. Les officiers, les spécialistes et les aviateurs étaient souvent équipés de pistolets automatiques.
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Suite aux conditions du traité de Versailles, une partie du personnel de la gendarmerie a expérimenté une arme allemande : le Mauser Bolo 1912. Cette arme, bien que présentant des inconvénients (encombrement et poids), a été attribuée à la prévôté en raison d'un manque d'armes de poing françaises.
Le pistolet Ruby, issu de la Première Guerre mondiale, a été fabriqué par la société Gabilondo et Urresti. C'était une arme simple, chambrée en 7,65 mm et munie d'un chargeur de neuf cartouches. Le Ruby était une copie du Browning 1906 et a été reproduit par d'autres firmes (Astra et Izarra).
Pendant l'entre-deux-guerres, la gendarmerie a reçu un nombre important de pistolets automatiques. Le Berthier 1892 était toujours en service, mais le modèle 1916 était préféré. En matière d'armement, la Seconde Guerre mondiale a provoqué de profonds bouleversements.
Après la défaite de 1940, l'Occupation a entraîné une restriction de l'armement des unités.
Après la Seconde Guerre mondiale, la Gendarmerie nationale disposait d'un arsenal varié, comprenant des armes alliées et ennemies (Thompson, Sten, MP 38, MP 40). Les pistolets Luger P 08 et Walther P 38 ont été utilisés de 1945 au début des années 1970. Ces armes ont été récupérées dans les usines Mauser à Oberndorf.
Le P 08 était une version améliorée du pistolet Borchardt, avec un système d'ouverture à genouillère. Le P 38 a remplacé le P 08 dans l'armée allemande en 1942.
La France a également produit des PA (35 A et 35 S) et un PM (MAS 38). Le PA 35 A était fabriqué par la Société Alsacienne de Construction Mécanique, et le PA 35 S par la MAS. Ces armes utilisaient la munition de 7,65 mm long.
En 1980, l’armée autrichienne souhaite trouver le remplaçant au Walther P38. Elle lance donc un appel d’offre pour le remplacer. Sans la moindre expérience dans la conception des armes à feu, Gaston Glock répond tout de même à l’appel. Elle doit être simple, robuste et performante.
Après deux ans de développement, le pistolet semi-automatique Glock est né ! Il est constitué d’une carcasse en polymère et d’un système Safe Action (breveté). Le Glock “17” original qui fut adopté par l’armée autrichienne était une révolution, sa conception est un ensemble d’une trentaine de pièces, dont plusieurs en polymères. En 1982, le pistolet est officiellement adopté comme arme de dotation sous l’appellation Pistole 80 (P80) par l’armée autrichienne. Peu après, en 1984, le GLOCK 17 a passé avec succès le test de durabilité de l’OTAN.
En 1986, la firme autrichienne débarque sur le sol américain. L’entreprise flaire le bon coup et propose le Glock 17 aux services de police en mettant en avant ses avantages.
Actuellement, les pistolets de la marque autrichienne font partie des armes de poing les plus répondues dans le monde.
La cartouche métallique est un élément essentiel de l'arme de poing. Elle n'a pas fondamentalement évolué dans son principe au cours des 100 dernières années. Les amorces ont abandonné le fulminate de mercure corrosif pour d'autres produits. La poudre a également évolué, passant d'un explosif soufflant à des produits chimiques générateurs de gaz et de pressions plus élevées. La première cartouche métallique pour revolver, qui permet un rechargement rapide et simplifié d'une arme, nait vers 1870.
L'invention des armes est le résultat de contributions de différentes personnes à travers l'histoire. Au VIIIe siècle après Jésus-Christ, les Chinois inventent la poudre noire, un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon de bois. Ce mélange, lorsqu’il est de qualité et comprimé dans un canon, brûle à la vitesse d’environ 300 à 600 mètres par seconde, constituant une explosion de type « déflagration ».
Dès 1150, des armées étrangères (Moyen-Orient) intègrent les systèmes à poudre noire dans leurs armements. Elles prennent la forme d’un canon à main, propulsant une flèche. Cette arme (le Madfaa) est l'ancêtre des armes portatives occidentales (arrivée vers la fin des années 1200).
C’est d’ailleurs en France que le système d’arme à poudre noire connaîtra son baptême du feu en 1324 avec l’utilisation de la bombarde (prédécesseur du canon). Certes rudimentaire (le tube est monté sur des cales en bois, ce qui complique la visée), ce type d’arme procure un avantage non négligeable, notamment avec son effet psychologique.
Cette nouvelle ère des armes débute avec l’arquebuse. Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. Si initialement, les armes à feu s’enclenchent via une mèche, l’arrivée de la platine à silex enterrera cet ancien système de mise à feu. Ni plus ni moins qu’un système de briquet à silex, les fusils utilisant ce système possède de nombreux avantages : une arme plus légère (car moins d’éléments), un système plus compact et plus résistant à des conditions climatiques plus rudes (notamment les temps humides).
Derrière le nom de cette emblématique arme de défense, se trouve un véritable morceau d’histoire. Le poing américain est certainement sa création la plus emblématique et la plus percutante. Il est classé dans cette typologie en raison de sa position recouvrant les articulations des doigts.
Cette typologie d’armes existe depuis l’antiquité voir même avant. Le plus ancien ancêtre du poing américain que nous connaissons est le ceste (caestus en latin). Un gant de combat composé de bandes de cuir sanglé autour des mains. Les Grecs de l’Antiquité les portaient durant les Jeux olympiques antiques pour les épreuves de pancrace et de pugilat. Deux sports de combat antiques très techniques.
Par la suite, les Romains procèdent à quelques modifications. Pointes, plaques, boucles de fer ou bande de cuir équipé de lames coupantes, la liste des options et modifications est assez variée. Chaque variante du gant a un nom propre et des caractéristiques spécialement dédiées pour provoquer des effets uniques. Comme le myrmex conçu pour infliger un maximum de lésions sur les membres ou le sphairai qui tranche la chair avec ses nombreuses lames. Ces armes étaient majoritairement utilisées lors des combats de gladiateurs ou d’esclaves dans les amphithéâtres romains.
Des armes des poings semblables au poing américain ont également été imaginées et utilisées dans tout l’Extrême-Orient. Comme par exemple dans le sud-est de l’Inde avec le Vajra-mushti, qui a un design très proche du poing américain actuel. L’arme recouvre les articulations de son porteur et est légèrement pointue sur les côtés.
Si les spécialistes ignorent d’où vient l’aspect si particulier du poing américain, certaines sources font état de sa présence dès la Guerre de Sécession américaine (1861-1865). Cette arme défensive fut conçue et fabriquée, souvent par les militaires eux-mêmes avec du bois ou des balles fondues, afin d’offrir au soldat la capacité de pouvoir tirer et recharger leurs armes, tels une Winchester ou les Colt 45 tout en gardant un moyen de se protéger au corps-à-corps. Le coup-de-poing-américain ayant la particularité de pouvoir se servir de ses doigts à chaque instant, sa forme ergonomique s’adaptant parfaitement à la main.
En France, le poing américain apparaît au début des années 1900. Notamment à travers le Revolver Apache qui est une véritable œuvre de l’inventeur Belge Louis Dolne qui l’a conçu et produit entre 1860 et 1870. Cet étonnant mélange entre un revolver, un poignard et un poing américain est une arme de corps à corps des plus surprenante.
Mais c’est réellement durant la Première Guerre mondiale et notamment avec l’apparition des tranchées que l’arme que nous connaissons va se rendre célèbre auprès du grand public. Lors des assauts, les « nettoyeurs de tranchées » s’équipent de cette arme pour le combat en corps-à-corps. Leur utilité au combat était telle que beaucoup de soldats alliés possédaient ces armes (en dotation ou obtenue lors d’achats personnels).
L’armée américaine relance même la production de couteaux de tranchée de la Grande Guerre pour équiper ses troupes. Après la Seconde Guerre mondiale, avec un théâtre d’opérations bougeant plus rapidement et des armes plus adaptées au combat à courte portée, le poing américain a commencé à perdre de son utilité. Néanmoins, quelques unités militaires sont toujours équipées du poing américain ou d’une de ses variantes.
Bien que mis de côté par les unités militaires, beaucoup d’opérateurs ont remarqué leur profusion sur certains théâtres d’opérations comme en Afghanistan où ils semblaient être très répandus dans les caches d’armes et chez les civils. Facilement fabricable avec les moyens du bord, il peut être conçu ou taillé à partir de presque tous les matériaux en un temps très court.
Le poing-américain reste une arme défensive assimilée au gangs et au combat urbains. Il est également présent sous différentes formes dans les jeux vidéo, les bandes dessinées ou les films. Dans la réalité, il est totalement interdit dans plus de 24 pays, dont l’Autriche, la Belgique, le Canada, la Grèce, la Russie ou encore la Norvège. En France, les poings américains sont des armes classées en catégorie D2.
Dans le monde des armes à feu à poudre noire, les pistolets de poche occupent une place singulière, souvent méconnue malgré leur rôle essentiel dans la sécurité individuelle. Ces petits pistolets "coups-de-poing" à percussion, grâce à leur simplicité et leur coût abordable, ont démocratisé l'accès aux armes à feu pour un large public. Ils méritent d'être étudiés et collectionnés, d'autant plus qu'ils restent financièrement accessibles.
| Modèle | Période | Caractéristiques | Utilisation |
|---|---|---|---|
| Couleuvrine à Main | Vers 1400 | Canon percé avec fût de bois | Premières armes portatives |
| Platine à Silex | Vers 1700 | Utilisation d'étincelles pour enflammer la poudre | Révolutionnaire pour l'époque |
| Révolver Colt | Vers 1840 | Barillet rotatif permettant plusieurs tirs | Conquête de l'Ouest américain |
| Pistolet Ruby | Première Guerre Mondiale | Automatique, simple et facile à entretenir | Armée française |
| Pistolet MAC modèle 1950 | Après 1946 | Semi-automatique, remplace divers modèles | Armées françaises |
| Pistolet Glock 17 | 1980 | Carcasse en polymère, système Safe Action | Armée autrichienne, forces de police |
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