La munition 9 mm Parabellum, aussi appelée 9x19 mm, est une des cartouches les plus répandues dans le monde. Utilisée par les forces armées, les tireurs sportifs et les forces de l’ordre, elle séduit par sa polyvalence, sa précision et son faible recul. Mais toutes les munitions 9 mm ne se valent pas. Aujourd’hui, nous nous penchons sur un type bien spécifique : les cartouches à balle plomb chemisée (FMJ). Pourquoi sont-elles si populaires dans les stands de tir ? Dans quels cas faut-il les privilégier ? Voici un tour d’horizon clair et technique.
Le terme FMJ (Full Metal Jacket) signifie que la balle est entièrement chemisée d’un métal plus dur (généralement du cuivre), à l’exception de sa base. Le noyau intérieur, lui, reste en plomb. Cette structure présente plusieurs avantages majeurs :
Les tireurs réguliers choisissent souvent les munitions à balle plomb FMJ pour leur excellent rapport qualité/prix et leur comportement stable au tir. Voici les principaux bénéfices :
C’est ce qui explique pourquoi ces cartouches sont omniprésentes dans les clubs de tir et plébiscitées par les tireurs sportifs amateurs ou confirmés.
La munition 9x19 mm est conçue pour une grande variété d’armes de poing ou d’épaule (armes de catégorie B en France). Parmi les modèles compatibles :
Lire aussi: Comprendre les balles de pistolet
La plupart des armes modernes chambrées en 9 mm acceptent sans problème les balles plomb FMJ, à condition d’éviter un canon fileté non adapté au plomb (risque d’encrassement).
Les munitions 9 mm FMJ avec noyau plomb sont particulièrement indiquées pour :
Elles sont déconseillées en situation de défense, car elles traversent facilement les cibles sans expansion, augmentant les risques de surpénétration.
| Type de munition | Composition | Usage principal | Pouvoir d’arrêt | Encrassement |
|---|---|---|---|---|
| FMJ (Full Metal Jacket) | Plomb + chemise cuivre | Entraînement, sport | ❌ Faible | ✅ Faible |
| JHP (Jacketed Hollow Point) | Plomb + chemise creusée | Défense, police | ✅ Excellent | ✅ Faible |
| Plomb nu | 100 % plomb (non chemisé) | Tir ancien, basse vitesse | ⚠️ Moyen | ❌ Fort |
| Syntech | Plomb + enveloppe polymère | Sport intensif, IPSC | ⚠️ Modéré | ✅ Très faible |
Les cartouches à balle plomb FMJ génèrent moins de résidus que les balles en plomb nu. Cela signifie :
Pour les tireurs rechargeant leurs munitions, les ogives FMJ sont également plus faciles à manipuler et mieux tolérées dans les chambres serrées ou les chargeurs courts.
Lire aussi: Le Rechargement
D'après le Dr Boris Karpov, du laboratoire de recherche de l'armée américaine, 1944, on utilise couramment aujourd'hui le coefficient balistique (BC ou G), qui représente non seulement les caractéristiques de la forme et du poids de la balle mais aussi tenir compte de la résistance réelle de l'air à une vitesse déterminée. Les modèles de calcul actuels se basent sur des projectiles standardisés qui sont au nombre de 8, de G1 à G8. L’idée est de ne pas devoir refaire des calculs fous pour chaque nouveau projectile mais de se « raccorder » à un des projectiles standardisés. La principale force qui s’applique sur le projectile en vol (hors vent et gravité) est la trainée pour laquelle on a besoin d’un coefficient de trainée à incidence nulle (CD0). Chaque projectile de 1 à 8 a donc une courbe de coefficient de trainée en fonction du nombre de Mach qui lui est propre et grâce au coefficient balistique on vient se fitter à une courbe existante.
Cependant il faut faire un choix, et de fait l’industrie est encore fort orientée G1 (pour des questions d’accessibilité et financières) mais dans le tir longue distance on se rapproche beaucoup plus du projectile G7 qui est plus allongé et qui dispose d’un rétreint conique à l’arrière. Le coefficient balistique est la performance d’une ogive lors du tir, à maintenir sa vitesse, sa trajectoire, sa résistance aux vents latéraux et sa résistance dans l’air. Aussi le CB est en fonction de la masse, du diamètre, de sa forme (sécante, tangente, hybride) et de sa longueur. La vitesse, joue un grand rôle ici. Si l'ogive maintient bien la vitesse initiale, elle ira plus loin puisqu'elle décélèrera moins vite. Pour cela il faut qu'un des signes particuliers soit d'utiliser pour le profil avant une ogive de forme sécante au lieu de tangente et que le profil arrière de l'ogive soit de forme conique (BT ou Boatail). Ainsi sa résistance engendrée par la traînée sera minime.
Lorsque vous appuyez sur la détente et que l'amorce éclate, la flamme intense créée par le mélange d'amorçage remplit l'intérieur de la douille et allume la charge de poudre au grand complet. La pression montante générée par la poudre en combustion va pousser sur la paroi de l'étui, ce qui va la déformer jusqu'à ce qu'elle s'applique au maximum contre la paroi de la chambre où la cartouche est logée. Les gaz ne pouvant plus se dilater davantage à l'intérieur de l'étui vont emprunter la seule sortie possible et vont alors pousser le projectile dans le canon.
Si le projectile est lourd, et maintenu solidement dans le collet de la cartouche, ou si la pression des rayures sur le projectile est grande, le confinement de la poudre est accentué et la combustion va procéder plus rapidement que si ces conditions n'auraient pas été présentes. Ensuite le projectile entre dans le canon et s'imprime de la rayure exprimée par une fraction 1/x (x étant la distance en pouces parcourue pour 1 rotation) ce qui va donner à l'ogive de se mettre en rotation sur elle-même tout au long de sa progression dans le canon (effet gyroscopique) c'est ce sens de rotation qui va donner la stabilité à l’ogive sur son parcourt jusqu'à la cible.
Le projectile ayant quitté la zone de turbulences propre à la balistique intermédiaire, nous entrons dans le domaine typique de la balistique extérieure. Durant toute la phase de son vol, le projectile sera soumis principalement à deux forces : la force de gravité qui le fera chuter vers le centre de la Terre et la force de traînée, la retardation, due à l’air dans lequel il se déplace, qui le ralentira et l’empêchera d’aller aussi loin que s’il était tiré dans le vide.
Lire aussi: Pistolets à balles caoutchouc : Guide complet
A sa sortie du canon, le projectile va rencontrer, à grande vitesse, l’air ambiant immobile. Il va de ce fait subir un choc que l’on appelle en l’occurrence "la percussion initiale" et aussi "l’onde de choc" et qui tentera également à le déstabiliser.
La charge idéale ou charge de tir est celle qui permet de tirer le meilleur parti d’une arme donnée en tenant compte de la valeur de la chambre où vient se loger l’étui de la cartouche mais aussi de l’état d’usure du canon. Son équilibre et sa précision découlent d’un choix raisonné des composants utilisés. Très peu d’armes sont des cas désespérés. Il suffit parfois de choisir LA balle qui convient le mieux à l’arme en question et surtout à son canon. Forme, diamètre, poids d’un projectile doivent être adaptés au pas des rayures et aux caractéristiques physiques du canon.
Comme le rechargement permet de disposer à volonté d’une très large plage de vitesses initiales et d’un vaste choix de composants, il est possible de régler la cartouche pour obtenir une excellente précision. Cela peut passer par le choix d’une poudre différente, par celui d’une longueur hors tout de la cartouche (et ipso facto de l’enfoncement de la balle dans l’étui) adaptée à la configuration de la chambre et du canon, par des changements de type d’amorce.
La sécurité est toujours un point crucial lors de l’utilisation d’une arme. Nous ne parlerons ici que de la sécurité spécifique liée à l’utilisation de munitions de substitut au plomb dans des fusils de chasse à canon lisse. Il est essentiel de comprendre la signification du poinçon du banc d'épreuves inscrit sur vos canons, ainsi que les cartouches qui peuvent être utilisées en toute sécurité. Il convient de toujours garder à l'esprit la possibilité de ricochets, en particulier dans des environnements aquatiques, autour de branches ou au sein d'une végétation dense. Ne déclenchez jamais un tir à moins d'être certain de votre cible et de la voir clairement.
tags: #balle #9mm #cuivre #cartouche #composition