Grâce aux balles légères qui réhabilitent en Europe le 375 HH comme arme polyvalente, bien sûr « vers le haut », on peut s’intéresser à regarder par curiosité, ces calibres autrefois réservés à la savane, pour des armes qui ne soient pas des « énormes » Nitro Express.
John Rigby, fut dès 1897 et l’avènement de la cordite, un pionnier des hautes vitesses, en faisant le 450 Nitro à partir du 450 Express à poudre noire et balle plomb. En 1908, ayant compris qu’on ne tirerait rien du calibre réglementaire (303 British), il réalisa le 350 Magnum concurrent direct du 9,3X62, et bien sûr le fameux 275 Rigby, copie à son nom du 7X57 allemand dont il était l’importateur londonien. En 1911 il affina ce concept sortant le 416 Rigby poussant, à 100 m des balles de 25,6 grammes à 644m/s et 5482 joules, de quoi donc arrêter à peu près tout sur notre planète.
Un calibre propre à intéresser des chasseurs voulant un peu plus de puissance que le 375 HH, sans se prendre le recul pour le moins « viril » du 460 Weatherby (balles de 32,4 grammes, 700m/s, 7000 joules), et doutant de la cohésion des balles blindées proposées à partir de 1956 par le 458 Winchester Magnum (balles de 33 grammes, 570m/s, 5300 joules).
Heym et Ruger le chambrèrent, mais le célèbre encartoucheur Kynoch arrêtant la production en 1967, celle-ci même reprise par Norma (1970), puis aux USA par Bell et A-Square (avec seulement trois balles : Lion, Deadtough, Solid), ou encore Federal (1989) avec blindées et semi blindées, demeura restreinte.
Dans cette période de latence, quelques wildcats auraient pu combler la brèche : le 416 Taylor sur base 458 Winchester magnum, et le 416 Hoffmann issu du 375HH.
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Mais Remington sortit donc au même moment dans sa ligne « Safari », son 416 Remington Magnum, parce qu’il disposait avec le modèle 700 une arme adaptée presque dix ans plus tôt (1978) au puissant 8mm Remington Magnum. Pas besoin de rallonger la culasse, ni de modifier sa tête, le culot restant identique au 375HH et la munition basée sur le 8 mm RM, le collet était juste élargi pour des ogives de 10,57 mm.
Elle offrait même moins de pression que sa devancière en utilisant des balles de 400 grains un peu sous-calibrées, avec pour corollaire un poil moins de précision à longue distance (chute de 5,5 cm à 137m), ce qui restait quand même pas mal pour une grosse balle de 26 grammes et des performances balistiques peu ou prou proches du 375HH. A 100 m, elle tapait plus que le 458 Winchester Magnum et le 375HH réunis, et avec une balle à plus forte densité de section.
Ses performances avec les mêmes balles de 26 grammes étaient presque identiques au 416 Rigby resté la référence : en balles blindées 623m/s et 5012 joules, et un peu mieux en demi-blindées : 663m/s et 5687 joules.
Bien sûr on ne tire pas là du 22 Long Rifle, et il est prudent de conserver une distance de sécurité (10 cm minimum) avec les oculaires. On reste à mi-chemin entre le tir du 375 HH et du 458WM et avec des armes lourdes (4kg et plus avec les optiques) qui aident à encaisser le coup.
Disons pour simplifier que face au 375 HH, OK pour le buffle, mais un peu juste pour les pachydermes, le 416 est plus polyvalent « vers le haut » que le calibre emblématique de la chasse africaine.
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| Calibre | Masse de la balle (grammes) | Vitesse (m/s) | Énergie (joules) |
|---|---|---|---|
| .416 Rigby | 25.6 | 644 | 5482 |
| .460 Weatherby | 32.4 | 700 | 7000 |
| .458 Winchester Magnum | 33 | 570 | 5300 |
| .416 Remington Magnum (blindée) | 26 | 623 | 5012 |
| .416 Remington Magnum (demi-blindée) | 26 | 663 | 5687 |
John Rigby a créé cette munition avant la guerre de 14 si mes souvenirs sont bons. C’est une .500’’ Express 3’’ un poil raccourcie, à collet rétreint à .416’’ et bourrelet d’étui raboté et remplacé par une gorge. Ce qui a rendu cette munition mythique (déjà peu après sa création) c’est son projectile de 400 grains.
Le projectile FMJ* est tout à fait conventionnel et n’appelle pas de commentaires particuliers, c’est le demi-blindé qui a séduit immédiatement les chasseurs. Il faut savoir qu’avant la guerre de 14, les projectiles expansifs de chasse étaient bien moins étudiés que de nos jours.
D’autre part, la cartouche de .416, créée avec le propulsif** de l’époque -traduction : la cordite- avait miraculeusement une montée en pression compatible avec les fortes chaleurs tropicales. Le problème (il faut bien en trouver un !) vient des dimensions de la cartouche, pas vraiment compatible avec les boîtes de culasse usuelles (Mauser 98, US 17…).
C’est pourquoi, Remington a commercialisé dans les années ´80 une ex wildcat (la .416 Hofmann) sous son nom : .416 Remington Magnum dont les dimensions sont celles d’une munition magnum classique. Je précise que cette réduction dimensionnelle a conservé intactes la balistique et l’énergie du projectile 400 grains de la cartouche Rigby en bénéficiant aussi des progrès importants faits dans la chimie des poudres.
Malheureusement, elle est arrivée trop tard car la grande chasse africaine n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été dans les années ´30 à ´60. J’ai l’immense bonheur d’avoir une Ruger #1 en .416 Rigby, munition que j’avais déjà pratiquée avec une Francotte.
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Ces grosses cartouches de chasse africaine sont bien plus précises qu’on ne peut l’imaginer : mon record avec ce calibre est une tasse à café à 100 mètres C’est tout de même un tir éprouvant qui demande une technique bien spécifique à ces gros calibres : ça ne pardonne aucune erreur.
Un ami pratiquant la chasse au "très gros" m'a un jour confié 4 cartouches de 416 Rigby en me disant "démonte-les pour voir si la poudre est encore bonne et si l'étui est oxydé à l'intérieur" ...J'en ai démonté 2, qui paraissaient OK, et il m'a donné les deux autres ...J'en ai mis une dans la petite vitrine abritant les restes de feue ma collection de cartouches, elle figure en bonne place au milieu de ses camarades de jeu ...C'est une Kynoch, marquée du classique "K" à 6 h, et à l'opposé "RIGBY.416 NITRO". La balle chemisée paraît avoir le nez plat, mais en fait, c'est une "pointe creuse" sur plus de 8 mm.
La cordite n’est pas une poudre à proprement parler. L’aspect évoque tout à fait un vermicelle chinois et la charge est créée par la longueur et le nombre de ces vermicelles (so British !). La vivacité est voisine de l’IMR #3031 ou Tubal 3000.
Voici une photo de Cordite. Ces ‘’vermicelles’’ ont été extraits de cartouches de .303 British (l’étui au milieu). D’abord, on ne recharge pas avec de la Cordite ; elle ne sert qu’en cartoucherie industrielle. En effet, le chargement intervient en cours de formation de l’étui, lorsqu’il est encore cylindrique.
On insère le faisceau de ‘’vermicelles’’ composé d’un nombre précis d’éléments ayant tous une même longueur bien définie. Puis, on finit de former l’étui en lui donnant conicité, épaulement et collet puis on le coupe à la bonne longueur. Enfin, on pose et sertit le projectile.
Du fait que la vivacité de ce propulsif est équivalent à l’IMR 3031 ou Tu3000**, un étui d’une cartouche de l’époque de la PN peut avoir une trop grande chambre à poudre pour un chargement du type ‘’Nitro* for black powder express ‘’, on ajoute alors une bourre sur le faisceau de Cordite avant les étapes finales de formation de l’étui.
La Cordite n’est plus utilisée depuis les années ´90. Ce propulsif avait l’avantage d’émettre une flamme de bouche bien plus discrète que les poudres conventionnelles.* Le mot Nitro vient de la composition de la Cordite : nitroglycérine, nitro cellulose et vaseline. Le mot Cordite vient de la forme de ce propulseur.
D'après le Dr Boris Karpov, du laboratoire de recherche de l’armée américaine, 1944, on utilise couramment aujourd’hui le coefficient balistique (BC ou G), qui représente non seulement les caractéristiques de la forme et du poids de la balle mais aussi Tenir compte de la résistance réelle de l’air à une vitesse déterminée. Les modèles de calcul actuels se basent sur des projectiles standardisés qui sont au nombre de 8, de G1 à G8.
L’idée est de ne pas devoir refaire des calculs fous pour chaque nouveau projectile mais de se « raccorder » à un des projectiles standardisés. La principale force qui s’applique sur le projectile en vol (hors vent et gravité) est la trainée pour laquelle on a besoin d’un coefficient de trainée à incidence nulle (CD0). Chaque projectile de 1 à 8 a donc une courbe de coefficient de trainée en fonction du nombre de Mach qui lui est propre et grâce au coefficient balistique on vient se fitter à une courbe existante.
Cependant il faut faire un choix, et de fait l’industrie est encore fort orientée G1 (pour des questions d’accessibilité et financières) mais dans le tir longue distance on se rapproche beaucoup plus du projectile G7 qui est plus allongé et qui dispose d’un rétreint conique à l’arrière.
Le coefficient balistique est la performance d’une ogive lors du tir, à maintenir sa vitesse, sa trajectoire, sa résistance aux vents latéraux et sa résistance dans l’air. Aussi le CB est en fonction de la masse, du diamètre, de sa forme (sécante, tangente, hybride) et de sa longueur.
En Europe le coefficient est de 0,000 à 1,0. Un coefficient de 0,250 sera moins efficace qu’un coefficient de 0,550. En conclusion plus le coefficient balistique est élevé plus l'ogive ira loin avec une trajectoire plus tendue qu’avec une ogive qui aurait un coefficient balistique plus bas.
Lorsque vous appuyez sur la détente et que l'amorce éclate, la flamme intense créée par le mélange d'amorçage remplit l'intérieur de la douille et allume la charge de poudre au grand complet. La pression montante générée par la poudre en combustion va pousser sur la paroi de l'étui, ce qui va la déformer jusqu'à ce qu'elle s'applique au maximum contre la paroi de la chambre où la cartouche est logée.
Les gaz ne pouvant plus se dilater davantage à l'intérieur de l'étui vont emprunter la seule sortie possible et vont alors pousser le projectile dans le canon. Si le projectile est lourd, et maintenu solidement dans le collet de la cartouche, ou si la pression des rayures sur le projectile est grande, le confinement de la poudre est accentué et la combustion va procéder plus rapidement que si ces conditions n'auraient pas été présentes.
Ensuite le projectile entre dans le canon et s'imprime de la rayure exprimée par une fraction 1/x (x étant la distance en pouces parcourue pour 1 rotation) ce qui va donner à l'ogive de se mettre en rotation sur elle-même tout au long de sa progression dans le canon (effet gyroscopique) c'est ce sens de rotation qui va donner la stabilité à l’ogive sur son parcourt jusqu'à la cible.
Plus le canon sera long, plus la poudre aura de temps de se consumer entièrement dans un milieu clos ce qui va donner plus de pression pour pousser le projectile et donc plus de vitesse à la bouche. Vous avez de plus hautes vélocités avec un plus grand canon, tous les autres facteurs étant égaux.
Le projectile ayant quitté la zone de turbulences propre à la balistique intermédiaire, nous entrons dans le domaine typique de la balistique extérieure. Durant toute la phase de son vol, le projectile sera soumis principalement à deux forces : la force de gravité qui le fera chuter vers le centre de la Terre et la force de traînée, la retardation, due à l’air dans lequel il se déplace, qui le ralentira et l’empêchera d’aller aussi loin que s’il était tiré dans le vide.
A sa sortie du canon, le projectile va rencontrer, à grande vitesse, l’air ambiant immobile. Il va de ce fait subir un choc que l’on appelle en l’occurrence "la percussion initiale" et aussi "l’onde de choc" et qui tentera également à le déstabiliser.
Pour avoir une idée de la forme de la trajectoire d'une balle d'arme à feu, regardez le " drive " d'un golfeur ou le tir d'un footballeur. Le projectile est donc freiné par l'air dans lequel il se propage.
Dès que le projectile entre en contact avec la rayure du canon, il est animé par un mouvement de rotation sur lui-même au fur et à mesure qu'il avance dans le canon. Au contact de l'air et des forces le contraignant dans son avancée vers la cible lointaine, le projectile dévie de sa trajectoire dans le sens de sa rotation (par exemple une ogive de .308 Winchester peut dériver de 31 cm sur une distance de 1.000 mètres par rapport son axe de visée initial).
Il est clair qu'un projectile capable de conserver la stabilité tout au long de son vol ira plus loin et sera plus précis. C'est la capacité d'une ogive d'être le plus stable possible au passage de la vitesse supersonique vers la zone transsonique. Il faut savoir qu'une vitesse de rotation gyroscopique peu élevée dans la zone transsonique augmentera la précession et la nutation, l'ogive sera encore plus sensible aux perturbations climatique (surtout le vent).
Je précisais que pour les novices, qu'il était préférable de commencer avec une munition manufacturée de bonne qualité de type HPBT car elle offrait déjà des possibilités de résultat à longue distance. Ces munitions de qualité HPBT offre des écarts de vitesse entre chaque cartouche tirée de l’ordre de 9 m/s à 12 m/s pour les meilleurs.
Et surtout, lorsque vous rechargez, veillez à former un lot de munition suffisant à vos besoins et que ce lot soit identique en tout point : Même marque d’étui, même marque et modèle de projectile, même marque et modèle d’amorce, même marque et type de poudre. La charge idéale ou charge de tir est celle qui permet de tirer le meilleur parti d’une arme donnée en tenant compte de la valeur de la chambre où vient se loger l’étui de la cartouche mais aussi de l’état d’usure du canon.
Très peu d’armes sont des cas désespérés. Il suffit parfois de choisir LA balle qui convient le mieux à l’arme en question et surtout à son canon. Forme, diamètre, poids d’un projectile doivent être adaptés au pas des rayures et aux caractéristiques physiques du canon. Comme le rechargement permet de disposer à volonté d’une très large plage de vitesses initiales et d’un vaste choix de composants, il est possible de régler la cartouche pour obtenir une excellente précision.
Une fois ce stade atteint, les manipulations qu’on peut faire subir à l’étui (uniformisation des puits et des évents d’amorce, tournage extérieur des collets, sélection par poids ou par capacités) offrent un grand nombre d’opportunités qui permettent d’affiner encore cette précision. La valeur d’enfoncement de la balle, elle aussi, représente un vaste domaine qui influe de façon non négligeable sur la précision intrinsèque d’un couple arme munition.
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