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La baïonnette Chassepot modèle 1866 est un symbole de l'armement militaire français au XIXe siècle. Cet article explore son histoire, sa fabrication et son contexte d'utilisation.

Contexte Historique

Au XIXe siècle, la fabrication des armes militaires légères (fusils et pistolets) a bénéficié des progrès de la Révolution industrielle. De 1850 à 1870, les responsables militaires et politiques ont été confrontés à un double défi : doter l’armée d’un fusil moderne et passer d’une production manuelle à une production mécanisée.

La modernisation de l’arme visait un triple objectif :

  • Supprimer les ratés au départ du coup en remplaçant la platine à silex par une platine à percussion.
  • Obtenir un tir précis à longue portée grâce à l’adoption du canon rayé et de balles profilées.
  • Accroître la cadence de tir en recourant au chargement par la culasse.

En 1864, le conflit prusso-danois a démontré la supériorité des fusils à chargement par la culasse. Face au conservatisme des milieux militaires, Napoléon III a poussé le Comité d’artillerie dans la voie de la modernisation. La victoire de la Prusse sur l’Autriche en 1866 a conduit à adopter le système Chassepot, premier modèle réglementaire français véritablement moderne.

Fabrication et Mécanisation

Normaliser la production en recourant à des machines pour assurer l’exacte reproduction des pièces était une idée déjà ancienne. Les États-Unis ont réussi à réaliser une arme individuelle dont les pièces étaient réellement interchangeables avec le fusil modèle 1842. En France, le procédé d’Honoré Blanc, d’un coût plus élevé que la fabrication artisanale, a été abandonné.

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Le rapport établi en 1868 par le colonel René décrit la situation jusqu’aux années 1860 : « Presque toutes les pièces de l’arme étaient fabriquées à la main. » La volonté de mécanisation s’est heurtée à un certain nombre de difficultés conceptuelles. La recherche permanente de la performance dans les fusils était avant tout le fait d’armuriers, qui imaginaient des solutions techniques sans prendre en compte les éventuels problèmes de fabrication par procédé mécanique.

De plus, à ces limitations conceptuelles s’ajoutait le poids des préoccupations sociales, en d’autres termes, des dégâts humains susceptibles d’être occasionnés par le passage d’un système artisanal à un système mécanisé.

L'usine de Saint-Étienne

De 1863 à 1868, une usine ultramoderne a été construite à Saint-Étienne. Parallèlement, les expériences destinées à choisir un nouveau fusil pour l’armée française ont abouti à retenir le Chassepot modèle 1866. La construction de ce dernier par voie mécanique a débuté aussitôt et n'a cessé de croître jusqu’en 1870, concrétisant le franchissement d’un seuil technologique dans l’armurerie militaire nationale.

Personnel et Organisation

En termes de ressources humaines, les usines d’armement de l’époque possédaient une organisation très stricte. Le personnel des ouvriers comprenait trois catégories : les ouvriers immatriculés, les ouvriers libres et les ouvriers militaires détachés temporairement de leurs corps. Les fonctions d’encadrement étaient réparties entre civils et militaires.

Kreutzberger et la Mécanisation

Né en 1822 à Guebwiller, Kreutzberger a émigré aux États-Unis et a connu une ascension professionnelle rapide chez Remington. Son credo était simple : mécaniser le travail afin d’assurer la parfaite interchangeabilité des pièces. Il a offert ses services au ministre de la Guerre de Napoléon III dès septembre 1855.

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Baïonnette Stehelin

En février 1869, la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) a reçu l’ordre de fabriquer immédiatement 12 000 fusils modèle 1866 modifiés pour le service de la cavalerie d’Afrique et d’y ajuster des sabres baïonnettes de la fabrication de Mr Stechelin. Cependant, en 1872, il a été constaté que les 12 000 sabres baïonnettes étaient restés dans les 3 directions d’Algérie sans emploi. Il a été suggéré de les envoyer à Tulle, qui en manquait toujours.

Marquages et Numérotation

Sur le Chassepot, le numéro de série est frappé :

  • sur la directrice de baïonnette
  • sur le canon, gauche sous la hausse
  • sur la culasse : cylindre et chien
  • sur la crosse à gauche
  • sur la croisière et le fourreau de la baïonnette

Exemple d'une baïonnette Chassepot

Un sabre-baïonnette modèle 1866 fabriqué par la Manufacture Impériale de Tulle en avril 1868 porte le numéro de matricule "R 57734" sur la croisière. Il mesure 69,7 cm de longueur et pèse 670 g.

Tableau Récapitulatif des Marquages

Élément Marquage
Contre-tranchant Mre Impale de Tulle avril 1868
Croisière Numéro de matricule (ex: R 57734)

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