Les premiers avions de chasse apparaissent dans un contexte improvisé, entre 1914 et 1918. Initialement utilisés pour la reconnaissance, les avions sont rapidement armés. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni développent des modèles capables d’engager l’adversaire directement.
Lors de la déclaration de guerre, le 3 août 1914, l’aéronautique débute. Elle ne possède alors que des avions destinés à la reconnaissance. Cette discipline est exécutée, à cette époque, par l’aérostation militaire au moyen de ballons dirigeables ou captifs. Les premiers avions affectés à la mission d’observation et à la reconnaissance sont des Borel BO11, des Farman, des Blériot, des Nieuport… mais aucun n’est armé de mitrailleuses.
Les équipages ont comme armement des pistolets ou des mousquetons de cavalerie pour assurer leur protection. L’aéroplane est piloté par un soldat ou un sous-officier qui possède un brevet d’aviation militaire, ayant à bord un officier de cavalerie ou d’artillerie pour assurer la mission.
Fin août - début septembre, des reconnaissances aériennes observent un changement d’orientation de l’offensive allemande. Au début de la guerre, le combat aérien est bien illusoire. Les avions ennemis ne se livrent à aucune bataille, se respectant avec un certain sens de la chevalerie. Mais bientôt, cette neutralité chevaleresque disparaît en raison de l’agressivité de certains belligérants.
Le 5 octobre 1914, en mission de bombardement sur des rassemblements ennemis situés derrière le Fort de Brimont et de retour vers le terrain de Lhéry, dans la Marne, ils aperçoivent un biplan, légèrement plus haut qu’eux, qui regagne les lignes allemandes. Décidant de l’attaquer, Joseph Frantz manoeuvre de telle façon que sa trajectoire le place derrière, dans l’axe de l’avion allemand. Louis Quenault tire avec son fusil mitrailleur. Surpris, l’aviateur allemand tente de s’échapper en effectuant un piqué, tandis que son observateur tire au fusil sur l’équipage français. Le pilote allemand est mortellement touché. Ce combat ouvre la voie à l’aviation de chasse.
Lire aussi: Jeux de tir avion : Un voyage à travers le temps
Inventé aux USA et perfectionné par le colonel Isaac Lewis, ce fusil mitrailleur (FM) fut d'abord produit en Belgique en 1913 (Armes automatiques Lewis) puis en France, ensuite en Grande-Bretagne (BSA) et enfin aux États-Unis (Savage Arms Company). L'arme peut tirer en théorie 550 cartouches de calibre .303 (7.7 mm) à la minute. L'engin pèse 12,7 kg, soit la moitié du poids des autres mitrailleuses utilisées lors de la Première Guerre mondiale.
Raison pour laquelle, à l'époque, l'arme était tant prisée des soldats, pour ce qu'elle pouvait être transportée par un seul homme. D'un point de vue économique, la Lewis était bon marché, comparativement à une Vickers, qui coûtait près de six fois son prix. De conception simple, l'arme est composée de seulement 62 pièces, et, nécessite 6 fois moins de temps à la fabrication que la Vickers.
Sa légèreté valut à ce fusil-mitrailleur un franc succès comme arme embarquée sur les avions. Notons que le refroidissement du canon était grandement facilité par l'air envoyé à haute vitesse au sein de la mécanique, lors des vols. Cet avantage permettait par exemple de se passer d'un radiateur ou du système de refroidissement, tout en diminuant le poids du matériel emporté.
Le fusil-mitrailleur Lewis Mark I fut une des mitrailleuses légères les plus marquantes du Premier Conflit mondial.
Les mitrailleuses « Darne » intéressent beaucoup de monde et de la documentation sur cette mitrailleuse qui fut un peu délaissée est disponible.
Lire aussi: Pistolet Avion Catapulte : Détails et Avantages
D’une conception absolument nouvelle, les Armes de chasse fabriquées par les Etablissements DARNE ont été inventées, perfectionnées, brevetées, par M. Régis Darne. Elles se sont imposées d'elles-mêmes, chacune faisant sur le terrain de chasse, un véritable prosélytisme.
En 1915, le Gouvernement Français ayant demandé à l'Industrie Française d'assurer dans des délais d'urgence, la fabrication en série de mitrailleuses d'Aviation d'invention anglaise, seul, M. Darne (1) avait osé entreprendre cette fabrication complexe et délicate, dont la mise en œuvre était réputée demander de très longs délais. Il avait ainsi pourvu, par les moyens les plus rapidement improvisés, à l'armement des Avions Français.
Au cours de la fabrication, ayant compris la nécessité d'apporter à l'arme automatique de guerre, bien imparfaite, les mêmes profondes réformes qu'il avait apportées à l'arme de chasse, il y avait rencontré le même succès : la Mitrailleuse DARNE, adoptée par plusieurs Gouvernements, s'est imposée malgré les concurrences les plus puissantes. En France, elle a été adoptée pour armer l'Aviation de la Marine de Guerre. En mai 1940, elle a eu l'honneur d'être citée à l'Ordre de la Nation, pour l’excellence de ses services et l'abondance ultime donnée à la production.
Montage d'une mitrailleuse DARNE modéle 1933 en tourelle sur Chance-Vouht 156 de l'Aeronautique Navale française, ce montage était équipé d'un système de visée avec une palette qui modifie le point de visé en fonction du vent relatif.
« A l'issue de la première guerre mondiale, l'armement des chasseurs français consistait en deux mitrailleuses Vickers de 7,7 mm qui furent conservées sur tous les types de monoplaces jusqu'en 1934. En 1918, ces armes étaient pourtant déjà jugées périmées, avec leur poids de 18 kg et leur cadence de tir n'excédant pas 550 coups par minute. »
Lire aussi: Les avantages du Pistolet Avion Catapulte
La paix revenue, un souci d'économie fit abandonner, puis oublier des armes dont les principes de fonctionnement furent repris pour certaines des plus brillantes réussites d'aujourd'hui (canons bitubes Hugues, canons multitubes Vulcan, canons à barillet Mauser, DEFA, etc.). Il fallut donc se contenter de la Vickers puis, plus tard, d'une arme purement française essayée en 1918 : la Darne de conception classique.
« Dessinée d'origine pour une adaptation aisée (à divers types de munitions, la Darne fut rapidement modifiée pour tirer la nouvelle cartouche de 7,5 mm, mais elle se heurta alors à la concurrence d'armes nouvelles spécialement conçues pour l'utiliser.
En attendant, la Darne modèle 1919 fut adoptée comme mitrailleuse d'« appoint » et achetée en quantités relativement faibles. Nombre d'avions de cette période furent équipés pour recevoir, à la demande, deux Darne tirant hors du champ de l'hélice pour renforcer la paire classique de Vickers synchronisées (chasseurs Dewoitine, Wibault, Gourdou-Leseurre, etc.). Ceci ajoutait 2.400 ou 2.600 c/mn aux 1.100 permis par les Vickers seules, donc triplait la puissance de feu.
Après avoir offert vainement à l'Armée de Terre un fusil-mitrailleur (modèle 1929) rival du célèbre FM. 24/29 de Châtellerault, Darne réussit à faire adopter une mitrailleuse d'avion (modèle 1933) tirant la cartouche de 7,5 mm. Durant les années 1934-1936, elle fut installée sur de nombreux types d'avions, dont les monoplaces Dewoitine 500 (dans les ailes seulement, en début de série, puis également comme armes synchronisées).
Les utilisateurs se plaignirent de nombreux cas d'enrayage principalement dus, semble-t-il, à l'alimentation ou à l'extraction. Il s'agissait d'un problème d'adaptation arme/munition qui aurait dû pouvoir être résolu mais la Mac 1934 apparaissait alors et l'Armée de l'Air préféra standardiser celle-ci.
D'autre part, en Grande-Bretagne où la R.A.F. organisa en 1935 un concours pour remplacer la Lewis, la Darne de 7,7 mm se classa seconde sur une dizaine d'armes proposées, après être restée longtemps la favorite des techniciens.
La Darne, remarquablement conçue, vendue très bon marché (700 F), alimentée indifféremment de gauche ou de droite, capable d'extraordinaires cadences de tir (1.700 c/mn pour une mitrailleuse expérimentale), fut quand même largement exportée. Elle était très en avance sur son temps, d'une trentaine d'années au moins ! »
En fait les mitrailleuses Darne souffrit plus de leur fabrication par une société privée, alors que leur concurrente les MAC 34 étaient fabriquée par une manufacture nationale, que de difficultés technique. Mais même si leur prix était bien inferieur et leurs caractéristiques techniques comparables, une autre difference entre la Darne et la Mac était la finition, l'arme Darne était simple et de fabrication modulaire, rapide et bon marché, alors que la Mac qui était plus élaborée et mieux finie, était beaucoup plus cher...
La Darne était une mitrailleuse de conception moderne pour son époque, très en avance sur la conception d'armes sommaire envisagé pendant et après la guerre( Sten et Mat 49), mais fiable comme plus tard le fut la AA 52.
Entièrement nouvelle dans ses caractéristiques, la mitrailleuse DARNE a été introduite en 1917-1918. Immédiatement, elle a attiré l'attention du gouvernement français, à un point tel que, en août 1918, ce gouvernement a lancé des ordres de fabrication intensive pour infanterie et l'aviation, en vue d'opérations militaires de thé au thé du printemps 1919.
L'armistice intervenant, M. DARNE a demandé de continuer la poursuite des études sur l’amélioration de cet armement automatique. Les services techniques des forces françaises de l'air et de l'artillerie émettait constamment des exigences nouvelles, et à cet égard, M. DARNE proposa l'idée de standardiser divers types d’armement d'automatique pour utilisation par les armées de moderne, afin de simplifier et d’accélérer la production en temps de guerre et de faciliter les formations des mitrailleurs et de la formation des réserves ainsi que de standardiser les stocks de pièces de rechange.
Les fabrications DARNE couvre une gamme complète de types de mitrailleuse aussi bien pour l'Aviation que pour l'infanterie, les éléments de base sont très similaires de manipulation et d'utilisation, chacun des types de ces armes comprenant en outre un certain nombre de pièces et les éléments communs à tous les modèles.
Les armes DARNE sont conformes aux plus rigoureuses conditions prévues par les spécifications officielles et en vigueur dans tous les pays. Ces armes sont utilisés par de nombreuses armées et air forces de par le monde. Et les utilisateur, témoignant de leur supériorité reconnue sur d'autres modèles existants.
Dans les années 30, l’Allemagne souhaite une nouvelle mitrailleuse qu’elle pourrait utiliser de manière défensive sur ses avions, par exemple pour la protection des bombardiers. Evidemment avec le Traité de Versailles après la défaite allemande lors de la Première Guerre Mondiale, le développement de nouvelles armes allemandes va être légalement interdit mais il ne va jamais s’arrêter.
Une des raisons qui explique ce développement pendant l’entre-deux guerre et que la conception de cette mitrailleuse et d’autres armes a été fait en Suisse en partenariat avec l’entreprise Solothurn Waffenfabrik dont l’actionnaire était l’entreprise allemande Rheinmetall, elle-même très liée au gouvernement allemand qui était son actionnaire majoritaire.
Cette nouvelle arme va s’appuyer une arme préexistante, la MG 30 dont elle va en partie reprendre le mécanisme et l’adapter à une utilisation pour l’aviation. Un des avantages de la MG 15 est la finesse de l’arme qui va lui permettre d’être facilement intégrée aux avions. Aussi, cette arme va être alimenté par un double chargeur ou double trommel de 75 cartouches ce qui est plus pratique que d’avoir une bande de munition dans l’habitacle d’un avion.
Il existe également une version de cette mitrailleuse qui était opérée à distance par exemple par le pilote de l’avion. Cette variante était alimentée par bande et la mise à feu ne pouvant s’effectuer avec une détente classique, elle se faisait électriquement via ce qu’on appelle un solénoïde. Cette variante est la MG 17 qui mécaniquement fonctionne de la même manière en dehors de l’alimentation et de la mise à feu.
La MG15 était une excellente mitrailleuse dans le contexte d’une arme d’aviation et pour son époque. Mais avec l’évolution des avions de combat, sa cartouche a laissé sa place à des armes avec des calibres plus importants. Son emploi par des troupes au sol ne faisait pas partie de son cahier des charges initiales et sa forte cadence de tir n’était alors plus vraiment un avantage car il fallait recharger souvent et cela entraînait des problèmes de surchauffe.
Le Fokker Eindecker allemand, introduit en 1915, est équipé d’un système de synchronisation permettant de tirer à travers l’hélice, une avancée technique importante. L’efficacité reste rudimentaire : le pilote fait feu avec un fusil ou une mitrailleuse Vickers synchronisée. Le dogfight, ou combat tournoyant, domine.
Durant l’entre-deux-guerres, les armées investissent dans la modernisation de leurs forces aériennes. L’aviation passe du biplan au monoplan métallique. La vitesse devient une priorité. Les chasseurs atteignent 400 km/h dans les années 1930. Le moteur radial remplace progressivement les moteurs en ligne. L’avion de chasse devient un outil central pour le contrôle de l’espace aérien.
Entre 1939 et 1945, l’avion de combat prend une place stratégique. La diversité des modèles est impressionnante. Le Spitfire, avec son moteur Rolls-Royce Merlin, dépasse les 600 km/h. Il dispose de huit mitrailleuses Browning .303. Le Mustang P-51, doté d’un réservoir longue distance et d’un compresseur, permet l’escorte des bombardiers stratégiques au-dessus de l’Allemagne.
Les performances s’envolent : les moteurs atteignent 1 500 à 2 000 chevaux, les vitesses grimpent à 650 km/h, l’autonomie dépasse 1 000 km. La fin du conflit voit l’apparition des premiers avions militaires à réaction.
L’après-guerre est dominé par la course au réacteur. Le Gloster Meteor (Royaume-Uni) et le Lockheed P-80 Shooting Star (États-Unis) marquent les débuts de l’aviation de chasse moderne. Les conflits comme la guerre de Corée (1950-1953) servent de laboratoire. Le MiG-15 soviétique et le F-86 Sabre américain s’affrontent dans des duels à haute altitude.
Entre 1950 et 1990, l’objectif des grandes puissances est clair : dominer l’espace aérien. Les modèles emblématiques incluent le F-4 Phantom II, le Mirage III, le MiG-21, puis les F-14, MiG-29 et Su-27. Les vitesses atteignent Mach 2 (environ 2 400 km/h) pour les plus rapides. Le Mirage III, fleuron de l’industrie française, est exporté dans plus de 20 pays. Il vole à plus de Mach 2.2 et emporte des missiles Matra R530.
Depuis les années 2000, les avions de chasse sont conçus pour opérer dans des environnements saturés de radars et de missiles sol-air. La furtivité devient un critère central. Le Dassault Rafale, entré en service en 2004, est un avion polyvalent capable de missions air-air, air-sol, reconnaissance, ravitaillement, et dissuasion nucléaire. Il intègre le radar RBE2 AESA, des capteurs optroniques, et une suite de guerre électronique SPECTRA.
La production d’avions militaires n’est plus à l’échelle industrielle comme durant la guerre froide. Un Rafale nécessite plus de 7 000 heures de travail. Les chaînes de production s’étalent sur plusieurs pays. Le choix d’un avion de chasse est aussi politique. La Turquie a été exclue du programme F-35 en 2019 pour avoir acheté des systèmes S-400 russes.
L’histoire des avions de chasse, du Morane-Saulnier au Rafale, est celle d’une progression constante des performances, des systèmes d’armes et de la stratégie aérienne. Mais le rapport coût/efficacité des chasseurs habités est remis en question, au moment où les drones et l’IA modifient les équilibres.
| Mitrailleuse | Calibre | Cadence de tir | Poids | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| Lewis Mark I | .303 (7.7 mm) | 550 coups/minute | 12,7 kg | Légère, refroidissement facilité par l'air |
| Vickers | 7,7 mm | 550 coups/minute | 18 kg | Utilisée jusqu'en 1934, jugée périmée en 1918 |
| Darne Modèle 1933 | 7,5 mm | Variable | Variable | Conception modulaire, alimentation flexible |
| MG 15 | 7,92 mm | Variable | Variable | Alimentation par double chargeur, version à distance |
tags: #avion #fusil #mitrailleur #historique