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Encore un article sur le rechargement du .223 Remington ! Celui-ci a pour objet quelques conseils et rappels utiles pour le rechargeur néophyte ou expérimenté. Le succès rencontré par les AR-15 en compétition TAR n’est aujourd’hui plus à démontrer. Cela fait bien longtemps que les compétiteurs américains de High Power ont (re)découvert les avantages d'une balle relativement légère mais avec un bon équilibre entre vitesse et coefficient balistique élevés.

Malgré la pléthore d'offres de munitions manufacturées à prix abordables, leur disponibilité reste parfois aléatoire. Le rechargement constitue donc toujours une alternative intéressante, à condition d’adapter procédures et composants spécifiques aux armes semi-automatiques en général, et à l’AR-15 en particulier, les clones d'AR-15 représentant la majorité de ces armes en France.

Considérations pour le rechargement des armes semi-automatiques

Le rechargement des cartouches destinées aux armes semi-automatiques nécessite des procédures particulières et obéit à des règles spécifiques. Bien évidemment, la première de ces règles est de toujours privilégier la sécurité à tout autre aspect. Est-il besoin de rappeler que la sécurité est prioritaire sur la précision ou sur la vitesse ?

Le fonctionnement d’une arme semi-automatique implique des contraintes bien plus importantes pour les munitions, que celui d’une arme à répétition. L’extraction rapide de la cartouche hors du magasin par le retour de l’ensemble mobile, puis le chambrage brusque dans le canon impliquent une préparation soigneuse des étuis.

Il est absolument indispensable de procéder à un recalibrage intégral de toutes les douilles destinées à être tirées dans une arme semi-automatique. Le recalibrage partiel, tel que pratiqué communément dans les armes à répétition afin d’en améliorer la précision, est strictement à proscrire. Une cartouche dont la douille a été insuffisamment recalibrée peut entraîner un coincement de la munition dans la chambre.

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L’opération de chambrage s’effectuant de manière violente, le percuteur d'un AR-15, laissé libre dans son canal, contacte par inertie l’amorce et risque de la faire détonner. Il peut s’ensuivre un « Slam Fire » ou départ de coup intempestif inadmissible en concours comme à l’entraînement. Des cartouches insuffisamment recalibrées peuvent entraîner des surpressions (amorce percée ou éjectée, logement d’amorce agrandi ou ovalisé) voire des incidents plus graves si le verrouillage ne s’est pas effectué en totalité (rupture de culot, déverrouillage de la culasse impossible, etc…).

Maintien du projectile et longueur totale

Le maintien du projectile dans le collet doit être suffisant afin d’empêcher la balle de rentrer dans l’étui au moment du cycle d’alimentation ou de sortir de celui-ci lors du chambrage jusqu'à contacter les rayures. Toutes les balles militaires et de nombreuses balles de chasse comportent une gorge de sertissage. Essentiellement de type « Roll Crimp » ou « roulé » sur les matrices de positionnement et d’enfoncement de balles classiques, l’opération de sertissage est obligatoire si la tension du collet est insuffisante.

L’outil de marque Lee Precision, Inc, de type « Factory Crimp » équipé d’un mors spécifique à 4 mâchoires permet de réaliser un sertissage sur des balles dépourvues de cannelure telles celles de Match de type pointe creuse et arrière fuyant (Hollow Point Boat Tail ou HPBT autrement dénommées OTM, Open Tip Match). Lorsque l'on fait fait varier fréquemment le type de projectile, un positionneur muni d'un réglage micrométrique permet de retrouver rapidement et avec précision ses réglages.

Toujours pour raison de sécurité, la longueur totale de la cartouche doit être adaptée à la longueur interne du magasin et de même à la longueur de la prise de rayures de la chambre. En pratique, la longueur totale maximale de cartouche selon le tracé C.I.P., est de 57,4 mm (dimension L6) et ne devra pas être dépassée dans le cas d’une utilisation exclusivement semi-automatique. Une cartouche trop longue provoquera au mieux un défaut d’alimentation par blocage dans le chargeur, au pire un phénomène de surpression en cas de contact avec les rayures.

En cas d’alimentation manuelle de l’AR-15 avec un chargeur muni d’une planchette Sinclair International ou d’un chargeur SLED, cette longueur totale peut être dépassée à la seule condition que la balle ne contacte pas les rayures. Il s’agit là d’un cas bien spécifique concernant, pour l’essentiel, les balles lourdes à fort coefficient balistique destinées au tir à longue distance.

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Amorces et leurs logements

Ne disposant pas de ressort de rappel, le percuteur des AR-15 est libre dans son canal. L’examen de douilles amorcées et recalibrées puis extraites après chambrage dans un AR-15 présente de façon presque systématique une légère indentation provoquée par le percuteur. Pour éviter une percussion intempestive de l’amorce, Il est essentiel que celle-ci soit correctement assujettie dans son logement. Un retrait de 0,2 mm de l’amorce par rapport à la tranche arrière du culot de la douille constitue la norme de sécurité habituelle.

L’utilisation d’amorces moins sensibles à la percussion, tels que les amorces de marque CCI 41 pour les douilles munies d’un logement de type Small Rifle, est à privilégier. La raréfaction de ce type d'amorce peut être compensée par l'utilisation d'amorces RWS 4033, censée être plus dures que la moyenne. Une amorce ne peut être correctement positionnée dans son logement que si celui-ci comporte des dimensions adéquates. Des outils spécifiques permettent de nettoyer et remettre à la côte les logements d’amorce ayant une profondeur trop faible.

Si le logement d’amorce est ovalisé ou déformé, la douille doit être immédiatement écartée et détruite. Si plusieurs douilles du même lot comportent les mêmes défauts, tout le lot est à détruire. Le nettoyage du logement d'amorce a ici toute son importance. L'utilisation de brosses adéquates convient parfaitement, mais avec la contrainte de passer un certain temps à traiter individuellement chacun des étuis. L'emploi d'un Tumbler humide facilite grandement la tâche sans toutefois être exempt de défaut (coinçage d'aiguilles inox dans le logement).

Longueurs des douilles

Au fur et à mesure des tirs, les douilles travaillent : elles gonflent, sont soumises à de fortes températures, et des chocs violents, elles s’écrouissent… L’allongement est notoirement aggravé par l’opération de recalibrage intégral. La vérification de la longueur totale de la douille (côte L3 du tracé C.I.P.) fixée à 44,7 mm pour le .223 Remington / 5,56x45 OTAN, est obligatoire après chaque recalibrage.

Le principe de précaution implique un raccourcissement de la longueur totale de la douille afin d’obtenir une valeur comprise entre 44,4 et 44,6 mm, soit entre 0,1 mm et 0,3 mm en deçà de la côte maximale admise par la C.I.P. La régularité de la longueur obtenue a une conséquence directe en termes de dispersion et de montée de pression, lorsque les projectiles sont par la suite sertis.

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Réutilisation des douilles

Le rechargement successif de mêmes douilles est limité, concernant les armes semi-automatiques comparées aux armes à répétition. Dans ces dernières, la durée de vie des étuis peut se prolonger au-delà de 20 rechargements sans problème spécifique. Il n’en est pas de même pour les fusils semi-auto. Les contraintes bien plus importantes subies par les étuis, tant au moment du tir qu’au recalibrage intégral, devraient limiter leur emploi à trois rechargements au maximum. Cette norme est cependant à relativiser dans le cas de l'AR-15, même si les règles de prudence impliquent de ne pas dépasser ce nombre de réutilisation.

La qualité des douilles est ici prépondérante. Au cours de leur fabrication, elles subissent au moins un traitement thermique. Si le collet est rendu plus élastique par recuit, la base de l’étui doit être plus dure afin de maintenir correctement et le plus longtemps possible l’amorce en place. Lorsque la dureté du culot est insuffisante, le diamètre du logement d’amorce s’agrandit et ne peut retenir de façon satisfaisante l’amorce. Outre le problème de défaut de percussion si l’amorce n’est plus en place une fois la cartouche chambrée, une amorce qui se balade dans le mécanisme peut entraîner un enrayage.

Si un blocage de la détente met fin à un match, il reste bénin face à une percussion intempestive alors que la cartouche n’est pas totalement chambrée. Le passage de ses munitions au chronographe est un excellent moyen pour savoir si le chargement reste dans les limites de sécurité. Toute vitesse excessive doit immédiatement alerter le rechargeur, sous réserve que le chronographe prenne correctement la mesure.

Douilles en acier

La réutilisation de douilles en acier (de marques Barnault, Wolf) ou en acier laqué (L.M.) est à déconseiller fortement dans un AR-15. Outre la difficulté concernant les amorces (Berdan sur les douilles de provenance russe et RWS n° 4069 sur les douilles L.M.), le recalibrage d’étuis en acier reste problématique. Les qualités d’élasticité, comme de dureté et de rétractation, sont bien différentes de celles des étuis en laiton.

L’utilisation intensive dans un AR-15 de cartouches avec douilles en acier laqué, telles les munitions réglementaires F1 prévues pour le FAMAS et sa chambre cannelée, peut générer des problèmes d’extraction, même avec une chambre de 5,56 OTAN. La douille surchauffée en cas de tir soutenu reste collée dans la chambre de l’AR-15, laquelle n’est pas cannelée. Les conséquences peuvent aller d’une simple rupture d’extracteur à un arrachage du tenon de recul proche de l’extracteur (voir photo).

Recalibrage

La munition de .223 Remington / 5,56x45 mm étant très répandue, tous les fabricants de jeu d’outils proposent au moins un type de matrice de recalibrage. Elles se composent, classiquement, du corps de l’outil dans lequel se visse une tige comportant une aiguille de désamorçage, et une olive de recalibrage interne. Sa position peut varier d’une marque à l’autre. Forster Bonanza propose des matrices dont l’olive est montée plus en hauteur sur la tige de désamorçage. Cette caractéristique permet en théorie d’améliorer le centrage de l’olive et donc la concentricité du collet recalibré.

La matrice de recalibrage doit être prioritairement employée avec une griffe de maintien d’étui (Shell Holder) de la même marque. Les tolérances de fabrication et la conception des outils entre fabricants étant ce qu’elles sont, le panachage de matrices de recalibrage et de griffes de maintien de marques différentes peut aboutir à des défauts de recalibrage.

L’opération de recalibrage consiste à redonner à la douille des dimensions compatibles avec celles de la chambre de l’arme pour laquelle elle est prévue. La méthode classique consiste simplement à visser la matrice jusqu’à ce qu’elle entre fermement en contact avec la griffe de maintien d’étui lorsque le bélier de la presse est en butée, en position haute. Cette pratique permet d’obtenir des douilles dont les côtes sont inférieures au tracé C.I.P. de cartouche maxi.

Cependant, toujours pour des questions de tolérances de fabrication, la valeur de recalibrage appliquée à la douille peut être excessive : la matrice va alors refouler l’épaulement de l’étui tout en resserrant le corps sur toute sa circonférence avec un refoulement de l’épaulement supérieur à 0,005 inch, soit 0,12 mm. La valeur de recalibrage ainsi exercée fatiguerait prématurément et inutilement les douilles. Avec un recalibrage excessif, la douille aura tendance à s’étirer au moment du tir de manière trop importante pour épouser les dimensions de la chambre en prenant appui sur la cuvette de tir. Cette élongation se fera au détriment de la base de la douille : la partie située juste au-dessus de la gorge s’allongera ; d'où une réduction de l’épaisseur de laiton à cet endroit. Au cours des tirs suivants, le creux ainsi créé amenuise la paroi de la douille jusqu’à la rupture. Le culot se séparera après quelques rechargements, le corps de l’étui restant collé à la chambre. Même si la pression développée par la cartouche reste dans les tolérances admissibles, sa localisation sur le culot de la douille peut entraîner des problèmes.

Optimisation du tir avec un canon rayé

Un canon rayé se comporte à l'inverse d'un canon lisse : plus le canon est long, plus grande est la dispersion et réciproquement (pour un pas constant de rotation). Le pas de la rayure est de 33'' soit un tour sur 83,82 cm. L'utilisation de la grenaille dans un canon rayé tir à balle dont la longueur est de 62 cm permet d'obtenir une gerbe de 1,80 mètre de diamètre à 15 mètres.

Afin d’améliorer davantage la précision de votre tir, adaptez au mieux votre munition à l’arme avec laquelle vous tirez en la calibrant au chambrage de sa carabine et plus singulièrement, à la prise de rayure de l’arme. C’est ainsi que la longueur totale maximum de votre cartouche pourra être adaptée à la forme de la chambre, à la position de départ des rayures dans le canon, au free bore recherché, à la course de la culasse et à la longueur de votre chargeur. Retenez d’ores et déjà que la forme de votre ogive sera déterminante dans la mesure. Cela signifie qu’à chaque changement de type d’ogive, vous devrez reprendre la mesure exacte et réadapter la longueur de votre munition. L’usure de la chambre du canon nécessitera également de reprendre cette mesure, tous les X milliers de coups.

Le free bore représente la distance sur laquelle votre balle est en vol « libre » avant la prise de rayures. Le tout est de savoir déterminer quelle dimension doit avoir la cartouche lorsque celle-ci vient affleurer, être juste au contact des rayures de votre canon et par quel moyen on peut déterminer cette longueur optimale ?

Plusieurs méthodes vous permettront de déterminer cette dimension avec plus ou moins d’exactitude. Certaines d’entre-elles sont empiriques et procèdent par essais et erreurs jusqu’à l’obtention de la dimension. Par contre, il existe un outil particulièrement adapté pour mener à bien l’opération. Il s’agit de la jauge « Stoney point » qui est commercialisée par plusieurs firmes dont, la jauge O.A.L. ou encore Hornady. Il s’agit toujours de positionner la balle par rapport au début des rayures mais le système proposé facilite grandement la procédure et est beaucoup plus précis. Le système devra être utilisé en combinaison d’un comparateur ou d’un pied à coulisse.

La jauge va reproduire la chambre de votre carabine avec la balle qui entre en léger contact avec les rayures. Le système Hornady consiste en un tube en aluminium rouge avec une tige poussoir interne, en plastique. L’outil s’utilise avec n’importe quel calibre de balle (voir supra). Il en existe deux modèles dont un droit utilisé pour les armes à verrou ou accessibles par l’arrière et un autre qui est courbé et dédié aux armes semi-automatiques, à levier de sous-garde.

Lorsque vous utilisez l’appareil, vous devez prendre des mesures à partir de 3 ou 4 balles différentes car il y aura forcément des petits écarts de mesures dont vous devrez faire la moyenne pour en obtenir la taille à retenir. En pratique, il s’agit de glisser la balle jusqu’à ce que l’on sente une résistance (début de contact avec les rayures) en appuyant sur la tige grise tout en maintenant le corps rouge de la jauge fermement contre l’embouchure de la chambre.

Voici la méthode :

  1. Après avoir vissé le gabarit (la douille) à la jauge, inséré une balle dans le collet, introduisez-là doucement dans la chambre de la carabine;
  2. Glissez la tige poussoir grise doucement vers l’avant jusqu’à ce que vous sentiez une légère résistance, puis l’arrêter ;
  3. Avec le bout du doigt, appuyez sur la tige grise, deux ou trois fois pour obtenir un bon contact de la balle, sans entrer dans les rayures ;
  4. Bloquez cette tige avec la vis moletée et ressortez-la ;
  5. Mesurez maintenant avec la précision d’un pied à coulisse, la longueur du positionneur ;
  6. Par souci de sécurité, comparez cette dimension avec celle qui est préconisée dans les tables des constructeurs de balles (exemple, la table Sierra) et veillez à écarter les valeurs qui s’en écartent dangereusement ;
  7. Reportez la dimension relevée en n’oubliant pas d’en ôter 0,5 mm (de 0,4 à 0,6 mm maximum) pour les armes de tir de précision et jusqu’à 1 mm pour les armes de chasse sur votre outil positionneur de balle pour réaliser le rechargement des balles à cette longueur.

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