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La chasse fait partie de l'histoire humaine depuis la nuit des temps. L'invention de l'arme à feu a bouleversé cette pratique en remplaçant la sagaie et l'arc par les fusils et les carabines toujours plus modernes et plus efficaces. Cet ouvrage nous présente l'histoire des armes de chasse à travers les siècles. Il décrit les différents types de carabines à canon rayé, depuis le système Mauser jusqu'aux express raffinés. Il présente les divers fusils de chasse à canon lisse avec des conseils pour leur choix et celui de leurs munitions. Un banc d'essai de 45 carabines et fusils de chasse est également proposé. Un ouvrage instructif pour tous les pratiquants de cette activité millénaire.

L'Évolution des Carabines de Chasse

À la fin du XIXe siècle, les carabines express destinées à la grande chasse en Afrique sont extrêmement coûteuses. Les toutes nouvelles alors, et beaucoup moins onéreuses, carabines à verrou attirent de nombreux acheteurs. Mais un animal atteint d’une balle non instantanément létale se jette souvent sur le chasseur sans qu’il ait le temps de l’achever d’un second tir. En 1897, l’armurier québécois Charles Ross conçoit une culasse qui accélère considérablement le rechargement. Il suffit de tirer son levier vers l’arrière pour en libérer la tête rotative munie de sept tenons et éjecter la douille, puis de repousser ce levier vers l’avant pour introduire une nouvelle cartouche dans le canon et verrouiller l’ensemble. Les tenons, trop fragiles, provoquent cependant de nombreux accidents.

Au cours des années 1980, l’ingénieur allemand Horst Blaser songe que le temps est venu d’exhumer la culasse « linéaire » à l’aune des progrès techniques de l’armurerie. Les déboires de la culasse Ross provenant de son verrouillage, Horst Blaser pense que pour fonctionner sans faille il ne doit plus être rotatif mais, à l’identique du mouvement de la culasse, linéaire. Il imagine alors de positionner seize tenons qui, lorsque la culasse arrive en butée avant, se déploient en corolle, ces tenons se rétractant à l’inverse dans la culasse lorsque le chasseur la tire vers l’arrière. La Blaser R93 séduit les chasseurs de grand gibier en battue par son rechargement beaucoup plus rapide que celui des carabines à verrou classiques. Son mécanisme présente quelques insuffisances de jeunesse… mais qu’importe, elle inspire vite d’autres réalisations du même type.

Certains concurrents de Blaser, qui réagissent promptement au lancement de la R93, préfèrent recourir à une culasse proche de celle conçue par Charles Ross. Le premier est l’allemand Mauser avec sa carabine M96, remaniée dès l’année suivante en M97. Plusieurs marques plus posées que Mauser parviennent à des résultats tout à fait convaincants avec la culasse à tête rotative, telles Browning avec sa Maral ou Merkel avec son Helix, suivies par la grande majorité des fabricants qui se lancent ensuite sur ce marché. Il s’y ajoute même depuis peu un troisième système, développé par la firme finlandaise Lynx pour sa TD21, qui recourt à un verrou mobile transversal positionné à l’arrière de la culasse. Les trois mécanismes donnent désormais pleine satisfaction.

Les Premiers Combats Aériens et l'Utilisation des Carabines

L'ouvrage de René Chambe, plonge dans les tous premiers combats aériens de la grande guerre, de l'automne 1914 a l'été 1915. Il y est question des tous premiers duels aériens - au sens propre - à une époque où la chasse aérienne impliquait côté français un binôme pilote + observateur-tireur à la carabine embarqués à bord d'un Morane Parasol.

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Il faut se rappeler que l’armement de l’aviation s’est fait lentement et plutôt sur des initiatives personnelles. Pour qui a deja volé en cockpit ouvert, ca devait être une veritable gageure de manipuler une carabine avec le vent et le froid glacial qui gèle les extremitées…On lit bien qu’il est fait mention d’une carabine de cavalerie avec un chargeur de trois cartouches.

Comme dans toutes les guerres, les progrès sont exponentiels , et le mousqueton laissa vite la place aux carabines semi-auto (Winchester 1907 et 1910, Remington 8, notamment). René Chambe servait dans la première escadrille de chasse, nouvellement créée par le commandant de Rose, et à la date de sa première victoire "à la carabine" (2 avril 1915), d'autres ont déjà "descendu" des avions allemands à la mitrailleuse, Frantz et Quénault étant les premiers, avec une "aéromitrailleuse" légère Hotchkiss en 7 x 57, montée dans la nacelle avant de leur Voisin Type III, le 5 octobre 1914.

L'auteur explique bien aussi que les progrès avaient été retardés au démarrage par le peu de considération de certains pour l'aviation naissante, avec fort peu de moyens accordés... jusqu'à ces premières victoires aériennes ! On comprend aussi qu'au début, le nombre d'appareils des deux côtés étant très faible, les "chances" de rencontre étaient rares, au grand désespoir de l'auteur, et de ses camarades !

Winchester 92 94 plutôt je suppose ? Mais non, pas d'allusion à la winchester 94 dans ce bouquin, en tout cas pas utilisée par l'auteur (utilisateur d'une carabine Berthier modèle 1890 donc). En revanche oui, la Winchester en calibre .351 est bien citée comme ayant été utilisée en chasse aérienne !

Dans un post sur le fusil Winchester #1911, j’ai mis la photo d’un aérostier au décollage et il a en main une Winchester #1907 avec un chargeur Dupeyron 10 coups. La logique voudrait que les armes de nos premiers aviateurs aient été semi-automatiques afin de limiter les manipulations dans un environnement pour le moins adverse ! Il a été retrouvé une carabine semi-automatique Dreyse #1906 (calibre .32 ACP !) dans une épave d’avion allemand crashé. Cela dit, il s’agissait là probablement d’une arme personnelle.

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Par exemple, la carabine Mannlicher 1900, donc semi auto compacte avec une munition plutôt vigoureuse, a été, à juste titre adoptée par l’aviation bulgare. Et l’aviation bulgare peut être considérée, après l’aviation italienne, comme précurseur dans les formations militaires. Un décret de 1906 initie un département aéronautique rattaché au bataillon des chemins de fers… Initialement doté de ballons, le premier avion (copie d’un modèle russe) y fera son apparition en 1912. Et le 29 octobre 1912 une premiere intervention militaire sera faite par l’aviation Bulgare à bord d’un Albatros, l’équipage larguant deux bombes improvisées sur la gare de Karaagach, dans la province d’Andrinople (actuellement Edirne en Turquie). En janvier 1913, l’aviation bulgare alignait 29 avions et 13 pilotes, dont 8 étrangers…

Dans le numéro 306 de mai 1972 d’Historia, il y a un historique des débuts de l’aviation militaire française. On y parle du Capitaine Brocard, chef de l’escadrille des Cigognes qui descend un autre avion à coups de Mauser C96.

Charles de Rose : Pionnier de l'Aviation de Chasse

Le commandant Charles de Rose est mort au moment où ses idées, enfin admises par tous, l’avaient fait reconnaître à sa juste valeur. Autant qu’un théoricien, Charles de Rose a été un homme de terrain dont l’action persévérante et décisive a permis la création de l’aviation de chasse. Le squadron leader de Rose, forerunner of the fighter aircraft. The cavalry officer Major Charles de Rose can be regarded as the father of French fighter aviation.

Down to the outbreak of World War One he strove to unlock the potentialities of aeroplanes, notably taking part in exercises involving reconnaissance and aerial spotting for the artillery. In 1911 he was posted to the Vincennes military establishment. There he experimented with arming aeroplanes with machine-guns, collaborating at the start of the war with Roland Garros. The pair perfected a system of bullet deflectors by means of steel plates fitted to the aero-engine’s propellor, enabling the fitting of machine-guns firing in the same direction as the aeroplane was flying.

From February 1916 he was assigned by General Joffre to command the aeronautical services at Verdun. In order to regain air superiority - French fighters at this time being at the mercy of the German Fokkers - he established the first doctrine for the employment of fighter aviation: combat groups, flights made together with fixed timings, resolutely offensive tactics. Charles de Rose was killed in May 1916 whilst making a flying demonstration in his Nieuport. As much a practical man as a theoretician, it was his perseverance and decisions that permitted the creation of a French fighter arm.

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C’est lui qui réorganisa complètement l’aviation de chasse dans le secteur de la RFV 2 et lui donna ses lettres de noblesse. Nommé, le 28 février 1916, commandant de l’aéronautique de l’armée de Verdun, de Rose, non seulement redonna à la France la supériorité aérienne, mais il fit de l’aviation de combat une spécialisation officiellement reconnue par tous en créant un groupement de chasse autonome et en instaurant la première doctrine d’emploi de la chasse. Cette arme nouvelle née à Verdun ne fut pas seulement le résultat de circonstances particulièrement dramatiques, elle fut aussi le fruit d’un long combat en faveur de l’aviation de chasse, combat qui avait débuté bien avant la guerre.

Charles de Rose fut de ceux qui, dès 1911, cherchèrent le moyen d’armer les aéroplanes et réalisèrent dans ce but de nombreuses expériences. L’année 1915 lui donna l’occasion de créer et d’organiser la première escadrille de chasse de l’histoire de l’aviation. Enfin, la bataille de Verdun le poussa à élaborer la première doctrine d’utilisation de l’aviation de combat. Né le 15 octobre 1876, Charles de Tricornot de Rose - plus communément appelé Charles de Rose - était à l’origine, comme de nombreux aviateurs, officier de cavalerie. Il entra dans le service aéronautique de l’armée dès sa création en 1910.

Pour développer son nouveau service aéronautique, le général Roques se vit dans l’obligation de recruter des officiers de toutes armes. Dès le mois d’octobre, une note réclamant des candidats, circula au sein de chaque unité. Charles de Rose se porta immédiatement volontaire et fut détaché à l’École d’aviation Blériot à Pau. Quelques officiers, dont le capitaine d’artillerie Bellenger qui travaillait depuis le début au développement de l’aviation militaire, pensaient que le brevet de l’Aéro-Club, brevet civil, ne suffisait pas aux officiers pilotes. Ils souhaitaient mettre en place un brevet spécifiquement militaire, plus difficile que celui de l’Aéro-Club, qui aurait permis de déterminer les conditions de vol en temps de guerre.

Pendant son séjour à Pau, il avait pu constater qu’il possédait toutes les qualités nécessaires à un bon pilote d’essai : connaissance de la mécanique et des moteurs, habileté de pilotage, présence d’esprit et rapidité de décision. De Rose accepta avec enthousiasme la proposition et le 1er mai 1911, il fut officiellement rattaché à l’Établissement militaire de Vincennes, dirigé par le commandant Estienne. Ce service d’aviation avait été créé par la direction de l’artillerie le 10 novembre 1909. Son but était double : « apprendre à de jeunes officiers de toutes armes la conduite des aéroplanes, en étudier les détails et la construction ; installer un laboratoire d’études où l’on cherchera les métaux et les matières dont l’utilisation sera la meilleure pour la construction des appareils.

Dès 1911, Charles de Rose songea à armer les avions en vue d’éventuels combats aériens. Pour lui, il était évident que les pilotes n’auraient pas à se limiter aux missions de reconnaissances et aux réglages de tirs et qu’ils seraient inévitablement amenés à combattre les avions ennemis. Le capitaine Bellenger partageait cette opinion. Tous les deux, vivement encouragés par Estienne, effectuèrent des expériences en ce sens. Mais l’idée d’une aviation de combat était loin de faire l’unanimité. Ces essais rencontrèrent une forte opposition, notamment au sein des états-majors.

Après ces expériences, Bellenger dut renoncer aux essais. De Rose décida de continuer seul à s’occuper de la question de l’armement. Il effectua des essais à Vincennes pour étudier la possibilité du tir latéral. La première série d’expériences se fit au tunnel 14. L’arme était disposée de manière à tirer transversalement dans un courant d’air. Un dispositif permettait de photographier la balle et le mouvement de l’air rendu apparent par l’émission de filets de fumée. De Rose remarqua que le souffle qui frappait la balle lui donnait un commencement de mouvement à bascule mais que celui-ci s’amortissait rapidement. Il effectua par la suite un certain nombre d’expériences en vol, l’avion rasant le sol.

De Rose ne pouvait pas utiliser des avions à hélice propulsive car ceux-ci étaient lents et lourds et ne correspondaient donc pas aux deux critères indispensables pour de bons avions de combat : vitesse et maniabilité. Il fut ainsi obligé de se servir d’avions à hélice tractive. Mais comment réaliser le tir ? Rapidement, il se rendit compte que le dispositif essayé précédemment avec le canon-revolver n’était pas réalisable car il ne permettait pas d’alimenter l’arme en vol ni d’évacuer les douilles vides. Il fallait par conséquent installer l’arme sur le fuselage, entre le pilote et l’hélice. Les balles devaient nécessairement traverser le plan de rotation de l’hélice dans l’intervalle entre le passage des pales. L’hélice tournait à environ 1 200 tours par minute. Il fallait donc compter quarante passages de pale par seconde. Étant donné la faible distance entre l’axe de l’hélice et le tube de l’arme, les tirs auraient exigé une précision au centième de seconde.

Charles de Rose, de son côté, restait convaincu que l’aviation serait amenée à rendre d’importants services à l’armée, et l’entrée en guerre ne l’empêcha pas de continuer ses expériences en matière d’armement. Le 5 novembre 1914, une fois le front stabilisé, il quitta pour quelques jours le service aéronautique de la 5e armée où il avait été affecté et rejoignit Roland Garros à Paris pour reprendre avec lui cette question de l’armement.

Tableau récapitulatif des carabines utilisées durant la Première Guerre Mondiale

CarabineTypeUtilisation
Berthier 1890Carabine de cavalerieChasse aérienne (France)
Winchester 1907 et 1910Semi-automatiqueAviation (France)
Remington 8Semi-automatiqueAviation (France)
Dreyse 1906Semi-automatiqueAviation (Allemagne) (arme personnelle)
Mannlicher 1900Semi-automatiqueAviation (Bulgarie)

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