À Tel Aviv, les armureries ne désemplissent pas. Presque trois semaines après l'attaque du Hamas, le traumatisme des Israéliens reste immense. Face à la menace terroriste, les habitants de l'État hébreu ont décidé de s'armer.
Dans la banlieue de Tel-Aviv, les armureries ne désemplissent pas. Devant lui, huit personnes, des hommes, des femmes aussi, l'écoutent attentivement. Ces civils viennent chercher de quoi se protéger.
"J’ai acheté un Smith&Wesson. J’avais l’habitude d'utiliser un Glock-19, mais je ne suis plus dans l’armée désormais", explique Ron au micro d'Europe 1, en attendant de pouvoir recevoir son arme. "J’ai l’impression que l’on vit dans une zone sous-haute tension. Et toutes les secondes qui passent, il peut y avoir une menace, même à Tel-Aviv.
L’ancien militaire s’est entraîné au stand de tir mardi soir. Une obligation avant de pouvoir acheter une arme. Régulièrement, le magasin est plein à craquer."On forme presque 100 personnes par jour. C’est comme ça depuis deux semaines maintenant, même des personnes âgées, des femmes. Des gens qui n’avaient, jusqu’à maintenant, jamais envisagé de posséder une arme, se retrouvent aujourd’hui à acheter un pistolet.
Devant l'une des principales armureries de Tel-Aviv, des voitures se sont garées à la hâte en double ou triple file. À l'intérieur de la petite boutique, au comptoir, les clients trépignent et jouent des coudes. Devant la multiplication des attentats palestiniens, de plus en plus d'Israéliens ont décidé de s'armer.
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L'un des clients de l'armurerie repart avec un paquet de balles dans la poche. Il n'aura même pas pris la peine d'enlever son casque de moto et d'interrompre sa conversation téléphonique pour commander et payer ses munitions.
"La dernière fois qu'on a eu autant de monde, c'était peut-être dans les années 1970. Un tel stress et autant de panique, je n'ai jamais vu ça", explique le gérant Iftach Ben-Yehuda, 37 ans. Face à une demande qu'il estime quatre fois supérieure à la normale, il rationne certains articles. "Il y a une pénurie de bombes lacrymogènes depuis plusieurs jours dans le pays. Le commerçant a décidé de ne plus faire payer les séances d'entraînement au tir afin, dit-il, "de participer à l'effort de sécurité publique".
"Quand il y a une attaque au couteau ou une fusillade, un civil armé, s'il est bien entraîné et qu'il réussit à neutraliser le terroriste en quelques secondes, peut complètement changer la donne et créer la différence entre un attentat qui fait un ou des blessés et un attentat qui fait plusieurs morts.""S'il n'a pas la main, ça peut faire plus de dégâts qu'autre chose", assène-t-il.
La loi israélienne stipule qu'en dehors des forces de sécurité, seuls les civils qui habitent ou travaillent dans des zones jugées à risques, comme les colonies de Cisjordanie et Jérusalem, ou qui travaillent dans la sécurité privée sont autorisés à porter une arme à feu. Environ 260 000 Israéliens sont détenteurs du permis de port d'armes, sur une population totale de 8,5 millions d'habitants. Depuis dix jours, l'augmentation des demandes de permis de port d'arme se chiffre "en dizaines de pour cent", a déclaré une porte-parole du ministère de la Sûreté publique.
Les Israéliens semblent avoir entendu les appels répétés de plusieurs responsables à rester en "état d'alerte" et de "vigilance". Les gardes de sécurité ont été priés exceptionnellement de ne plus laisser leurs armes sur leurs lieux de travail, et les civils possédant une licence de port d'arme à porter leur calibre, bien visible sur eux.
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En Cisjordanie occupée, une majorité de colons, hommes et femmes, portent leur calibre à la ceinture, ou coincé dans l'élastique du pantalon dès qu'ils franchissent la barrière et les barbelés qui entourent leur implantation. "La semaine dernière, quand ma voisine a été attaquée par de jeunes Palestiniens masqués qui ont balancé des blocs de pierre sur sa voiture et que l'armée a mis 20 minutes à arriver, je me suis dit : OK, là c'est le moment de sortir le Glock du coffre-fort", explique Aviva Yisraeli, une mère de famille qui habite à Tekoa, colonie du sud de la Cisjordanie.
Traumatisés par le 7 octobre et par l'attaque au couteau, des Israéliens choisissent en nombre d'acheter et de porter des armes. Devant l’armurerie de la zone commerciale à l'entrée de Holon, près de Tel-Aviv, des hommes se pressent, visage fermé. Choqués par l’attaque au couteau qui a fait deux morts dimanche 4 août à un kilomètre d'ici, des Israéliens continuent de se ruer dans les armureries.
Casquette vissée sur le crâne, un homme s'approche. Il porte à sa ceinture un pistolet Glock, bien visible. Shahar Shaked a 49 ans et cela fait cinq ans que ce civil israélien porte une arme. À côté de lui, Shaked El Dod, un ancien militaire âgé de 73 ans, reconnaît être armé en permanence depuis 25 ans.
"On n’a pas le choix. C’est notre réalité malheureusement. Tu as bien vu ce qui s’est passé le 7 octobre...", interpelle Shahar. "Et pas que le 7 octobre. À Holon, deux personnes ont été tuées", complète Shaked.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Sécurité nationale fin décembre 2022, Itamar Ben Gvir pousse la population à s'armer pour renforcer l’autodéfense. Des dizaines de milliers d'Israéliens ont répondu à cet appel, traumatisés par l’attaque du Hamas, le 7 octobre. Les critères d’obtention, dont l’obligation d’avoir fait l’armée, ont été allégés.
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"C'est malheureux d'en arriver là, mais il faut y aller", indique un homme qui s'approche de l'armurerie.
| Facteur | Détails |
|---|---|
| Événements récents | Attaque du Hamas, attaques au couteau |
| Réponse du public | Augmentation de la demande d'armes à feu et de permis de port d'arme |
| Mesures gouvernementales | Allègement des critères d'obtention du permis de port d'arme, encouragements à l'autodéfense |
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