Tout près de Strasbourg se trouve l’un des plus grands musées d’Europe consacrés à la Seconde Guerre mondiale. Dans la zone industrielle de La Wantzenau au nord de Strasbourg, Éric Kauffmann, patron d’une entreprise d’informatique, ESI, a ouvert en mars 2017 une structure de 7 000 m², à mi-chemin entre le musée et le parc d’attraction.
Puis un jour, il décide de la partager avec le grand public. Dans les anciens locaux d’une imprimerie de La Wantzenau, à une quinzaine de kilomètres au nord de Strasbourg, il ouvre ainsi en mars 2017 le MM Park France, un musée militaire original et ludique.
Imaginez un gamin jouant avec ses figurines militaires, rêvant de collectionner un jour ses propres chars grandeur nature…. et qui y parvient. À l’intérieur, un hall immense abrite des chars, des véhicules chenillés ou semi-chenillés, des voitures militaires et de nombreuses salles présentent des uniformes, tenues et autres objets authentiques de la Seconde Guerre mondiale.
Dominique Soulier est le deuxième collectionneur du musée, dont il assure aussi les relations publiques. « Il s’agit d’une collection complètement privée, sans aucun fonds publics. C’est sûrement unique en Europe.
Peu à peu, à force de fouiner, après plus de 30 années de recherches, Éric Kaufmann a déniché de nombreuses pièces. Il achète « au hasard des rencontres, des échanges, des tractations avec d’autres musées ».
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Dominique Soulier raconte que son collègue est allé chercher les pièces « dans le monde entier », comme ces quelques véhicules situés dans un musée belge il y a une quinzaine d’années, vendus aux États-Unis puis rachetés par le fondateur du MM Park. Ou cette histoire insolite du char russe retrouvé dans un lac, vendu à un collectionneur anglais, qui l’a cédé à l’homme d’affaires alsacien.
Notre visite commence par une grande vitrine d’armes de la seconde guerre mondiale, dont une rare carabine anglaise produite à seulement 129 exemplaires. La visite commence par un mur d’armes, des fusils d’assaut, des pièces rares, parfois prêtées à d’autres musées français. On y trouve par exemple une carabine de Lisle. « Sur les 50 qui existaient, il n’en reste que deux dans le monde.
Nous continuons avec une impressionnante collection de costumes, allant des uniformes habituels des Nazis, Américains et Anglais, aux tenues moins connues des Soviétiques, Italiens et même Bulgares. Le reste du musée montre une volonté de dépasser un peu l’uniforme militaire pour témoigner de cette époque de manière plus large, avec des tenues de scouts, de jeunesse hitlérienne, et même de la Légion des Volontaires Français, rangés du côté des nazis.
Parmi les 120 véhicules en présence, il y a aussi les « stars », comme le « Souffleur II », sur lequel a officié Jean Gabin, ou ce véhicule amphibie ayant servi au Débarquement, le LVT-4 Alligator, trouvé chez un particulier près de Paris… Dans de grands halls d’exposition de 7000 m2, le MM Park offre ensuite aux visiteurs la possibilité de découvrir des engins militaires remarquables, comme l’ISU-152, un char russe impressionnant de 45 tonnes reconnaissable à son canon rouge, ou le célèbre Souffleur II, sur lequel Jean Gabin a officié au sein de la 2ème division blindée qui a libéré Strasbourg. Le musée possède également un char de démolition Springer, l’un des deux seuls encore existants dans le monde.
Plus loin, les couloirs du MM Park accueillent la copie d’une exposition itinérante sur la résistance des Alsaciens. L’Association pour des études sur la résistance intérieure des Alsaciens est à l’origine de cette partie du musée. C’est sur cette mémoire de la résistance française que le musée mise également, avec la collection « Sussex 1944 ».
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En plus des engins militaires, le MM Park possède également une collection consacrée au plan Sussex, une opération d’infiltration majeure en France imaginée par l’état-major du général Eisenhower. La collection appartient à Dominique Soulier, dont le père était un agent de renseignement britannique impliqué dans cette opération à haut risque. Son fils décide un jour de rassembler ses objets personnels et de partir sur les traces de ces agents. Ainsi, le visiteur découvre une collection comportant des papiers d’identité, des « stylo-pistolets », une chevalière (cachette de pilule de cyanure), un kit de parachutiste, des armes, des croix de guerre et médailles, ou encore cette carte d’évasion de l’agent Jeannette Guyot pour la mission Pathfinder, retrouvée dans une horloge par sa famille. Vous y verrez des objets dignes d’un film de James Bond, comme un petit stylo pistolet, une chevalière avec sa cachette pour pilule de cyanure, ou encore une station de chiffrement des communications.
Certains chars sont laissés dans leur état d’origine, avec leur robe ocre, abîmée et d’autres sont retapés. Le MM Park dispose de son propre atelier avec trois personnes dédiées, « et tout ce qu’il faut pour soulever un blindé », explique le collectionneur. Rénover un char nécessite près de 3 000 heures de travail.
Ce qui différencie le MM Park des musées traditionnels, c’est la possibilité d’interagir avec les expositions. Après avoir passé des répliques des portes du Mur de l’Atlantique (réalisées par l’atelier), le visiteur tombe nez à nez avec une véritable vedette allemande de la « Kriegsmarine », posée sur un bassin creusé expressément, de 30 mètres de long et 1,60 m de profondeur. Aidé dans son imagination par le bruit de l’eau diffusé par les haut-parleurs, le visiteur peut y monter, se mettre à la barre, s’imaginer à la place des marins allant en mer pour récupérer les pilotes abattus. « Éric [Kauffmann] a un principe, que les gens puissent toucher à des pièces.
Les visiteurs peuvent prendre les commandes d’une défense anti-aérienne, entrer à l’intérieur d’un tobrouk ou se hisser sur une vedette allemande de la Kriegsmarine dans un bassin créé pour l’occasion. Le MM Park propose également une zone d’attractions où l’on peut prendre les commandes d’un avion sur simulateur de vol, s’entraîner au tir de précision avec une carabine à plomb ou sauter d’un avion pour s’élancer sur un parcours en accrobranche.
En visitant le MM Park, les visiteurs peuvent non seulement découvrir l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi la toucher et l’expérimenter de manière immersive. Un côté « parc d’attractions » parfois critiqué par des visiteurs qui s’étonnent aussi de quelques infidélités ou anachronismes.
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L’entrée est payante, 9€ pour les adultes et 4€ pour les enfants. Pour avoir accès aux attractions, il faut un ticket supplémentaire : une formule à 15€ est disponible pour avoir accès à l’ensemble des loisirs.
Vous pouvez y accéder en bus avec la Ligne 72, arrêt “Gutenberg” ou en voiture depuis l’A4, sortie Reichstett puis direction La Wantzenau.
Particulièrement apprécié des Américains et des Britanniques venus faire du tourisme de mémoire en Europe, le lieu est à ma grande surprise assez méconnu des Alsaciens.
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