Si les armes à feu ont inspiré de nombreux artistes contemporains, nous trouvons peu de sources sur un sujet aussi pointu. Heureusement, en parcourant les vastes étendues d'internet, nous découvrons que de nombreux artistes ont exploré les armes à feu comme médium ou sujet d'interrogation.
À moins de deux heures de route de Besançon (Doubs), le Château de Morges, près de Lausanne, rouvre ses portes avec un nouveau parcours inédit. Au bord du lac Léman, derrière les épaisses murailles du Château de Morges (Vaud), on en est persuadé depuis longtemps : l'histoire devient un jeu d'enfant. L'édifice, datant du XIIIe siècle et classé monument historique en 1900, abrite depuis 1974 la plus grande collection de figurines en plat d’étain de Suisse.
Après plusieurs mois de restauration, l'exposition permanente consacrée aux figurines rouvre ses portes avec un nouveau parcours inédit. Une exposition "pensée pour tous les publics, des férus d’histoire aux simples curieux, avec une attention particulière pour les familles", assure la direction du musée. Le nouvel espace muséographique accueille de nombreuses reconstitutions de batailles majeures de la Suisse et du monde.
On redécouvre entre autres le siège d’Alésia en 52 avant notre ère, le sac de Rome, la révolte sanglante des Aztèques contre les Espagnols de 1520-1521 ou encore la victoire des troupes helvètes sur Charles le Téméraire à Morat en 1476. Et pour que ce grand livre d'histoire en "miniatures" soit accessible au plus grand nombre, le Château de Morges a choisi de revoir ses tarifs en 2024. L'Ancienne Morgia est construite sur une ancienne citée lacustre connus depuis le 19eme S. occupé par " La civilisation des Palafittes ou des Lacustres". Construit pour lutter contre l' évéché de Lausanne, d'objectif militaire il se transforma en résidence secondaires des comtes et ducs de Savoie. Utilisé comme arsenal par l' Etat de Vaud en 1932, il est devenu aujourd' hui Musée Militaire.
Morges est aussi une ville très active où de nombreuses manifestations, organisées par les différents services et associations de la ville, ont lieu dans une agréable rue pavée aux maisons rénovées. Les quais invitent à la détente et vous offrent un très beau panorama sur la rive française du Leman, les alpes de Haute-Savoie et sur le Mont Blanc.
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Armatus Corpus, c'est le "corps armé", celui du prince qui entre en guerre, ou qui s'adonne à la joute dans la magnificence des équipements. C'est le corps armé de la chevalerie qui entoure le prince dans ces fêtes d'armes et dans les batailles. Cela désigne également les groupes d'hommes qui sont dévolus à sa protection ou à celle du territoire, des troupes féodales aux milices urbaines, ancêtres des services de protection et de sécurité de nos sociétés contemporaines.
Du règne du Comte Vert, à la fin du XIVe siècle, au règne du duc Charles II, au début du XVIe siècle, "l'armure" s'exprime dans toute sa complexité, et le corps armé évolue jusqu'à son paroxysme grâce aux innovations technologiques, avant d'être distancé par les armes à feu. Cet ouvrage célèbre les 600 ans du duché de Savoie et dévoile des objets inédits ou rarement exposés, présentés au Château de Morges, qui nous racontent ce temps des principautés et de la chevalerie, entre Moyen Âge et Renaissance.
La mitrailleuse et le canon à balles, c'était le "truc" de Napoléon 3. Il a tout fait pour promouvoir ce type d'arme, mais son utilisation par l'artillerie a été un désastre. La Défense Nationale ne s'en soucia plus du tout. Comment grouper dans un même régiment des pièces de 4 et des canons à balle? Les deux ont des portées très différentes et s'utilisent très différemment.
Les artilleurs étaient un peu gênés par ces canons à balle, déstockés des arsenaux juste au début de la guerre, car ils n'en avaient jamais eu l'occasion de s'en servir. Il y avait pourtant 190 canons à balle de Reffye à la fin 1868: 24 batteries de 144 pièces stockées à Meudon et 46 pièces tenues en réserve dans les forts de Paris.
La bataille de Mars la Tour le 16 août 1870 contre la 38° brigade prussienne a néanmoins vu leur emploi avec un immense succès. La France acheta 25 mitrailleuses Gatling à la Gatling Gun Company. Ces 25 Gatling ne sont relatées dans aucun combat de ma connaissance, à part les 3 qui participèrent, encore avec un gros succès, aux combats du Mans les 11 et 12 janvier 1871.
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Après guerre, la République ignora mitrailleuses et canons à balles, et les combats de l'été 1914 rappelèrent que des mitrailleuses convenablement utilisées étaient plus que meurtrières! Quant au canon révolver Hotchkiss 1879, il est le dernier avatar des mitrailleuses manuelles de l'Empire. D'après les commissions qui statuèrent sur leur sort, aucune doctrine d'emploi de ces canons à balle et mitrailleuses n'ayant été adoptée, elles avaient été reconnues justes bonnes dans un usage de flanquement des forts. De plus celles qui tiraient du petit calibre furent reconnues inexploitables.
Tout l'arsenal des canons à balles et mitrailleuses fut donc restocké dans les places fortes. Le tout fut mis à la réforme en 1907 quand le stock de cartouches vieux de 25 ans s'avéra inutilisable. Dans les années 1880/1890 tout de même, quelques régiments de cavalerie testèrent à nouveau des mitrailleuses petit calibre étrangères. Seules les Nordenfeld, Maxim, Gardner et Gatling ont survécu aux essais. Toutes étaient à action manuelle, aucune n'était encore automatique.
C'est la dernière époque où l'on peut réellement constater que la France possédait encore des Gatling. Jusqu'en 1900/1907, aucun règlement d'emploi de la mitrailleuse n'est vraiment décidé (à part un provisoire en 1900) malgré la venue de la Hotchkiss 1900 automatique mais étrangère. La Puteaux 1905 française fera un peu avancer les choses, mais on lui préférera tout de même la Hotchkiss après qu'elle ait subi des aménagements... et dans la cavalerie, toujours pas dans l'infanterie!
Ainsi "l'arme secrète" de Napoléon III aura fait long feu pendant près de 45 ans, les premiers balbutiements en France ayant eu lieu en 1863.
Pendant le siège de Paris, certains établissements construisirent des Gatling sous licence : Ets Cail, Ets Warral, Edgewell and Middleton. Parmi les clients de la Gatling Gun Company depuis 1862 il y a eu les USA (plus de 600 rien que pour l'armée de terre), la Russie (400), la Grande Bretagne, la Chine, l'Egypte, le Japon, la Tunisie, la Roumanie, le Maroc, la Turquie (230 rien qu'en 1870), la plupart des pays d'Amérique du Sud etc... L'armée américaine en comptait encore 131 en 1915! Les dernières sortirent aux USA en calibre 30.06 en 1903.
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Une version à bandes fut testée en calibre .30 Krag aux USA en 1893, ainsi qu'une version électrique dans ce même calibre.
Il semble que le musée de l'armée se soit décidé à commencer à restaurer la de Reffye qui longtemps était sous les arcades en état moyen. Elle aurait sa place en section second empire (on peut rêver... avec sont attelage...) tout comme la Gatling que je ne situe pas trop actuellement (je ne me rappelle pas l'avoir vue sous les arcades).
Une superbe de Reffye est visible au musée du château de Morges en Suisse. Elle avait été donnée par la France pour la remercier d'avoir accueilli l'armée du général Bourbaki en 1871. Pour l'avoir examinée de près, elle est quasiment neuve.
En effet, après guerre il ne nous restait que 48 de Reffye sur les 190 présentes au début. Presque toutes les autres avaient été capturées au cours de la guerre. Une autre se trouve (trouvait?) au musée de Gravelotte, mais sans une partie de son affût. Pour les Gatling, il y avait celle du Musée de l'Armée il y a encore quelques décennies, elle y est peut-être encore?
La fabrication du canon à balles de Reffye a été menée dans le plus grand secret. Toutes les pièces étaient fabriquées secrètement par diverses entreprises parisiennes qui n'avaient aucune idée de ce qu'elles fabriquaient et qui n'avaient aucune liaison entre elles. L'Empereur a effectivement puisé dans sa cassette impériale pour financer ce projet, mais ça n'a pas suffi. La 1° série de 100 exemplaires coûtait alors 286 000 francs-or, dépassant déjà le budget impérial.
Sur ordre de l'Empereur, le commandant de Reffye dut donc demander des crédits au général Susane, directeur de l'artillerie, qui refusa catégoriquement en 1865. Ce dernier fut convoqué par l'Empereur qui lui ordonna de donner tout de même ces crédits. Enfin les 100 puis 90 canons à balle furent fabriqués, testés secrètement au polygone de Versailles pour les premiers puis éprouvés à Meudon pour le gros des séries, puis enfin stockés tout aussi secrètement.
Le "mode d'emploi" ne devant être donné aux artilleurs que lors de la livraison des pièces afin de maintenir le secret, personne ne put donc s'y habituer ni même en connaitre l'existence. Or la livraison ne s'effectua que deux semaines après la déclaration de guerre! L'ordre de lever le secret ne fut en effet rédigé que le 3 août 1870 par le général Lafaille, la guerre ayant été déclarée le 20 juillet... Trop de secrets ont tué dans l'oeuf cette invention qui aurait pu changer le cours de cette guerre.
La Gatling fut en service jusqu'en 1914, où elle participa à des combats. En effet, il ne faut pas oublier la tourelle pour 1 mitrailleuse Gatling, installée au fort de Manonviller et qui interviendra lors de l'attaque du fort. Cette tourelle ne fut pas détruite par les bombardements, malgré son faible cuirassement. Il est à noter également qu'avant l'apparition du canon révolver de 37 et 40 mm pour la défense des fossés des ouvrages de fortification, c'était le canon à balles qui assurait celle-ci.
En effet, la tourelle mitrailleuse du fort de Manoviller est le prototype de 1895, armé à l'époque d'une Gatling à 7 canons en 8 mm. Les tourelles de série, du modèle 1899, auront deux Hotchkiss.
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